Le genre Calibanus (aujourd’hui Beaucarnea)

Calibanus hookeri
Calibanus hookeri en culture

Calibanus Rose est un ancien genre de plantes succulentes à caudex du nord-est et du centre du Mexique, reconnaissables à leur base renflée et liégeuse, semblable à un rocher, d’où sortent des touffes de feuilles fines comme de l’herbe. Ce genre n’est plus reconnu par les botanistes : depuis une étude moléculaire publiée en 2014, Plants of the World Online (POWO) l’inclut dans le genre Beaucarnea, celui des pieds d’éléphant. Calibanus hookeri, la seule espèce courante en collection, s’appelle donc aujourd’hui Beaucarnea hookeri, et Calibanus glassianus est devenu Beaucarnea glassiana. Le nom Calibanus reste pourtant largement utilisé dans le commerce horticole et par les collectionneurs de plantes xérophytes à caudex : cette page le conserve donc comme nom d’usage. D’un point de vue botanique, Calibanus est un synonyme de Beaucarnea pour POWO, et le nom à utiliser est Beaucarnea hookeri. Ces plantes appartiennent à la famille des Asparagaceae, sous-famille des Nolinoideae.

L’essentiel sur Calibanus

  • Statut (POWO) : Calibanus Rose est un synonyme de Beaucarnea ; nom d’usage conservé sur ce site
  • Anciennes espèces et noms acceptés : Calibanus hookeri (Lem.) Trel. = Beaucarnea hookeri (Lem.) Baker ; Calibanus glassianus L.Hern. & Zamudio = Beaucarnea glassiana (L.Hern. & Zamudio) V.Rojas-Piña
  • Autres synonymes : Dasylirion hookeri Lem., Dasylirion caespitosum Scheidw., Calibanus caespitosus (Scheidw.) Rose
  • Famille : Asparagaceae, sous-famille des Nolinoideae (anciennement Nolinacées)
  • Répartition naturelle : Mexique ; San Luis Potosí et Hidalgo pour Beaucarnea hookeri (POWO), Guanajuato pour Beaucarnea glassiana
  • CITES : inscription des deux espèces à l’annexe II adoptée à la CoP20 (novembre-décembre 2025) ; date d’entrée en vigueur à vérifier sur Species+
  • Rusticité documentée : de −7 °C (Ruth Bancroft Garden) à −15 °C (sources de collectionneurs) pour Beaucarnea hookeri, au sec ; valeur exacte inconnue (voir Culture)
  • Exposition et substrat : soleil ou mi-ombre lumineuse, substrat minéral très drainant
  • Port : caudex hémisphérique pouvant atteindre environ 80 cm de diamètre chez les vieux sujets de Beaucarnea hookeri, sans tronc
  • Toxicité : aucune donnée pour ces deux espèces (voir Toxicité et précautions)

Caractères des Calibanus

Un Calibanus se reconnaît à son caudex massif, bas et arrondi, couvert d’une écorce liégeuse fissurée, surmonté de plusieurs touffes de feuilles étroites qui ressemblent à une graminée. Contrairement au pied d’éléphant classique, Beaucarnea recurvata, la plante ne forme pas de tronc dressé : les touffes de feuilles naissent directement au sommet de la base renflée.

Chez Calibanus hookeri, d’après le Ruth Bancroft Garden :

  • le caudex peut atteindre environ 80 cm (2,6 pieds) de diamètre et de hauteur ; d’autres sources citent jusqu’à 1 m ;
  • les feuilles, gris-vert, très étroites et coriaces, mesurent de 30 à 50 cm environ selon les sources ;
  • la floraison a lieu en été, sur des inflorescences ramifiées plus courtes que les feuilles, avec de minuscules fleurs blanc cassé, parfois teintées de rouge ou de pourpre.

Les plantes sont dioïques : un individu porte soit des fleurs mâles, soit des fleurs femelles, et il faut les deux sexes pour obtenir des graines. La floraison ne tue pas la plante. Pour Calibanus glassianus, les descriptions disponibles en ligne se contredisent sur la taille des feuilles et des inflorescences, et la description originale n’a pas pu être consultée : aucune dimension n’est donc donnée ici.

Taxonomie : de Calibanus à Beaucarnea

Calibanus n’est plus un genre accepté : POWO le traite comme synonyme de Beaucarnea, en suivant l’étude de Rojas-Piña, Olson, Alvarado-Cárdenas et Eguiarte parue en 2014 dans la revue Taxon. Cette étude, fondée sur des séquences d’ADN et sur la morphologie, visait d’abord à montrer que Beaucarnea est un genre distinct des Nolina, avec lesquels il avait parfois été fusionné. Elle a aussi montré que les deux espèces de Calibanus sont étroitement apparentées aux Beaucarnea : garder Calibanus comme genre séparé ne correspondait plus à la parenté réelle des plantes. Les auteurs les ont donc transférées dans Beaucarnea.

Concrètement, pour le lecteur :

  • Calibanus hookeri reprend un nom plus ancien, Beaucarnea hookeri (Lem.) Baker, combinaison déjà publiée par Baker, qui devient le nom accepté ;
  • Calibanus glassianus reçoit une nouvelle combinaison, Beaucarnea glassiana (L.Hern. & Zamudio) V.Rojas-Piña, publiée dans Taxon 63(6) : 1207 (2014) ;
  • les étiquettes « Calibanus » du commerce désignent presque toujours Beaucarnea hookeri ;
  • la page Beaucarnea de ce site traite du genre au sens large, tandis que celle-ci reste consacrée aux deux anciennes espèces de Calibanus.

Le genre a connu plusieurs rattachements de famille. Avant la classification APG, Calibanus était rangé dans les Agavacées ou dans les Nolinacées, avec Nolina, Beaucarnea et Dasylirion. Ces genres sont aujourd’hui placés dans la sous-famille des Nolinoideae, au sein des Asparagaceae. L’étude de 2014 elle-même parle encore de « Ruscaceae », nom de famille alors employé pour ce groupe.

Étymologie et histoire

Le nom Calibanus fait référence à Caliban, le personnage monstrueux de La Tempête de Shakespeare ; la raison de ce choix n’est pas expliquée dans les sources consultées, le texte original de Rose n’ayant pas pu être lu. Joseph Nelson Rose a publié le genre en 1906, dans les Contributions from the United States National Herbarium, avec l’espèce Calibanus caespitosus, fondée sur le Dasylirion caespitosum de Scheidweiler. Ce nom a ensuite été mis en synonymie de l’espèce décrite par Lemaire sous le nom de Dasylirion hookeri, d’où la combinaison Calibanus hookeri (Lem.) Trel. L’éponyme de l’épithète hookeri n’a pas pu être vérifié.

Pendant près d’un siècle, le genre n’a compté qu’une espèce. En 2003, L. Hernández-Sandoval et S. Zamudio ont décrit Calibanus glassianus dans la revue Brittonia, d’après une plante récoltée à une dizaine de kilomètres au nord-est de Xichú (Guanajuato). L’épithète honore Charles Glass.

Noms communs

Aucun nom français attesté n’a été trouvé : les collectionneurs disent « calibanus ». En anglais, Beaucarnea hookeri est appelé « Mexican boulder plant », par allusion à son caudex en forme de rocher. Le jardin botanique de Zilker (Austin, Texas) l’étiquette sous le nom espagnol de « sacamecate ». Le nom « pied d’éléphant », courant en français, s’applique à Beaucarnea recurvata et ne doit pas être étendu sans précaution aux anciens Calibanus.

Biogéographie et écologie

Les deux espèces sont endémiques du Mexique, dans les régions semi-arides et montagneuses de la Sierra Madre orientale et de ses abords.

  • Beaucarnea hookeri : POWO donne San Luis Potosí et Hidalgo ; d’autres sources ajoutent le Tamaulipas. Les descriptions de collectionneurs le situent sur des sommets et pentes rocheuses, dans un sol graveleux ; ces précisions n’ont pas été recoupées avec une source botanique.
  • Beaucarnea glassiana : connue des environs de Xichú (Guanajuato), dans la forêt tropicale caducifoliée et le matorral submontagnard de la Sierra Madre orientale.

Réglementation et conservation

Les deux anciens Calibanus relèvent désormais de la CITES, à la suite d’un vote de 2025. Le genre Beaucarnea avait été inscrit à l’annexe II lors de la 17e Conférence des Parties (Johannesburg, 2016), sur proposition du Mexique. Mais Beaucarnea hookeri et Beaucarnea glassiana ne faisaient pas encore partie de Beaucarnea au moment de cette inscription, si bien que leur commerce n’était pas couvert. Le Mexique a donc présenté à la CoP20 (Samarcande, novembre-décembre 2025) la proposition CoP20 Prop. 42, pour les inclure dans l’annexe II avec le reste du genre ; la proposition a été adoptée.

En pratique, le commerce international de ces plantes peut exiger des permis CITES ; la date d’entrée en vigueur et l’éventuelle annotation (parties et produits concernés) n’ont pas pu être vérifiées sur Species+. Aucune évaluation de la Liste rouge de l’UICN ni aucun statut au titre de la norme mexicaine NOM-059 n’ont été trouvés pour ces deux espèces. Achetez des plantes issues de semis en culture. Statuts consultés en septembre 2026 ; ils peuvent évoluer.

Culture des Calibanus

Calibanus hookeri est réputé facile et tolérant envers les erreurs de culture, à condition de rester au sec en hiver. Calibanus glassianus est quasi absent des collections, et aucune donnée de culture n’a été trouvée pour lui.

  • Exposition : plein soleil ou mi-ombre lumineuse, avec de la chaleur en été.
  • Substrat : très poreux et minéral ; en pot, les collectionneurs ajoutent pierre ponce, pouzzolane et perlite à un terreau.
  • Arrosage : modéré pendant la croissance, très réduit le reste de l’année une fois la plante installée.
  • Pot : la plante est souvent cultivée en pot pour mettre en valeur le contraste entre le caudex et le feuillage.

Rusticité et contexte français

La rusticité de Calibanus hookeri est mal établie. Le Ruth Bancroft Garden (Californie) le dit capable de supporter −7 °C, voire moins ; des sites de collectionneurs citent −15 °C, en précisant que la limite exacte est inconnue. Aucune de ces valeurs ne précise l’âge des plantes, la durée du froid ni l’humidité du sol ; toutes insistent sur un sol parfaitement drainé.

Aucun résultat documenté de culture en pleine terre en France n’a été trouvé, ni aucun épisode hivernal avec relevé de dégâts. En l’état, la culture en pot, rentrée ou abritée de la pluie en hiver, reste la solution la plus sûre dans la plupart des régions.

Multiplication

La multiplication se fait par semis, seule méthode citée par les sources consultées : le caudex et les feuilles ne se bouturent pas. Comme les plantes sont dioïques, il faut un pied mâle et un pied femelle fleurissant en même temps pour obtenir des graines. La croissance est lente.

Toxicité et précautions

Aucune donnée de toxicité n’a été trouvée pour Beaucarnea hookeri ni pour Beaucarnea glassiana. Pour une espèce voisine, Beaucarnea recurvata, l’ASPCA indique que la plante n’est pas toxique pour les chiens, les chats et les chevaux ; ce classement ne peut pas être transposé tel quel aux anciens Calibanus. En cas d’ingestion ou de réaction, contactez un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Espèces du genre Calibanus

Les deux espèces qui formaient le genre, avec leur nom accepté par POWO :

  • Calibanus hookeri (Lem.) Trel., aujourd’hui Beaucarnea hookeri (Lem.) Baker : caudex liégeux en forme de rocher, feuilles fines en touffes ; San Luis Potosí, Hidalgo ; la seule espèce courante en culture.
  • Calibanus glassianus L.Hern. & Zamudio, aujourd’hui Beaucarnea glassiana (L.Hern. & Zamudio) V.Rojas-Piña : environs de Xichú (Guanajuato) ; décrite en 2003 ; quasi absente des collections.

FAQ sur les Calibanus

Calibanus et Beaucarnea, est-ce la même chose ?

Oui, pour les botanistes. Depuis l’étude de Rojas-Piña et ses collègues (2014), POWO range les deux Calibanus dans Beaucarnea. Le nom Calibanus reste un nom d’usage dans le commerce.

Quel est le nom actuel de Calibanus hookeri ?

Beaucarnea hookeri (Lem.) Baker. C’est sous ce nom qu’il faut le chercher dans les bases botaniques et, depuis la CoP20, dans les textes de la CITES.

Calibanus hookeri résiste-t-il au gel ?

Oui, au sec, mais sa limite est mal connue. Les valeurs citées vont de −7 °C à −15 °C, sans relevés précis. L’humidité en hiver est le principal danger ; en France, la culture en pot abritée reste la plus sûre.

Peut-on bouturer un Calibanus ?

Non. Les sources consultées indiquent que ni le caudex ni les feuilles ne se bouturent ; seul le semis fonctionne, et il faut des plantes des deux sexes pour obtenir des graines.

Faut-il des papiers CITES pour acheter un Calibanus ?

Cela dépend de la provenance de la plante. Depuis l’inscription adoptée à la CoP20, le commerce international de Beaucarnea hookeri relève de l’annexe II de la CITES, qui encadre les échanges entre pays par des permis. Avant une importation, renseignez-vous sur Species+ et auprès des services CITES nationaux ; cette page ne constitue pas un avis juridique.

Le Calibanus est-il toxique pour les chats ?

On ne sait pas. Aucune donnée n’existe pour ces espèces ; l’ASPCA classe seulement le pied d’éléphant, Beaucarnea recurvata, comme non toxique. En cas d’ingestion, consultez un vétérinaire.

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Sites de référence

Bibliographie

  • Rose, J.N. (1906). Calibanus. Contributions from the United States National Herbarium 10. [Publication du genre ; volume relevé via une source secondaire, page non vérifiée.]
  • Hernández-Sandoval, L. & Zamudio, S. (2003). Description de Calibanus glassianus. Brittonia 55(3) : 228–231. [Littérature primaire ; relevé via IPNI, texte non consulté.]
  • Rojas-Piña, V., Olson, M.E., Alvarado-Cárdenas, L.O. & Eguiarte, L.E. (2014). Molecular phylogenetics and morphology of Beaucarnea (Ruscaceae) as distinct from Nolina, and the submersion of Calibanus into Beaucarnea. Taxon 63(6) : 1193–1211. doi:10.12705/636.31 [Article à comité de lecture ; fusion de Calibanus dans Beaucarnea. Consulté par résumé.]
  • CITES (2025). CoP20 Prop. 42 : inclusion de Beaucarnea hookeri et Beaucarnea glassiana à l’annexe II. Samarcande. [Document officiel.]