Zamia pseudomonticola est une cycadale des montagnes du sud du Costa Rica et de l’ouest du Panama, qui pousse dans le sous-bois des forêts très humides et des forêts pluviales de moyenne altitude, surtout entre 800 et 1 600 m, sur le versant pacifique de la cordillère de Talamanca, dans la Fila Costeña et dans la province panaméenne de Chiriquí. Cette espèce du genre Zamia ressemble tant à Zamia fairchildiana, l’espèce des basses terres voisines, que sa validité est discutée depuis sa description par le botaniste costaricien Luis Diego Gómez en 1982 ; son nom n’a été validement publié qu’en 1986. The World List of Cycads l’accepte, et l’UICN la classe en préoccupation mineure.
L’essentiel sur Zamia pseudomonticola
- Nom accepté : Zamia pseudomonticola L.D.Gómez ex D.W.Stev. & Sabato (1986), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
- Anciens noms et synonymes : aucun synonyme ; plusieurs auteurs l’ont rangée dans Zamia fairchildiana, et des plantes de cette espèce ont circulé sous ce nom
- Famille : Zamiaceae, ordre des Cycadales
- Noms communs : aucun nom attesté, ni en français ni dans une autre langue
- Répartition naturelle : Costa Rica (Puntarenas ; aussi San José selon Acuña-Castillo, 2010) et Panama (Chiriquí) ; sous-bois de forêts prémontagnardes et montagnardes basses, de 800 à 1 600 m
- Statut UICN : préoccupation mineure (LC, 2022)
- CITES et autres protections : annexe II de la CITES (inscription de la famille des Zamiaceae, graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne ; quota d’exportation nul fixé par le Panama pour les spécimens prélevés dans la nature
- Rusticité documentée : aucune donnée (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : dans la nature, sous-bois de forêts très humides à pluviales, sur pentes modérées à fortes ; aucune recommandation de culture propre à l’espèce
- Port et dimensions adultes : tronc jusqu’à 2 m de haut et 20 cm de diamètre, 6 à 18 feuilles de 80 à 250 cm (Acuña-Castillo, 2010) ; la description originale ne donnait qu’un tronc de 30 cm
- Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme toutes les cycadales (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Zamia pseudomonticola
Sur le feuillage seul, elle se distingue mal de Zamia fairchildiana ; ses cônes, verdâtres et portés par un pédoncule court, et ses folioles à bord entier près de la pointe sont les meilleurs repères, avec l’altitude. La description la plus complète est celle de la révision des Zamia du Costa Rica d’Acuña-Castillo (2010), un mémoire universitaire établi sur de nombreux spécimens ; elle diffère beaucoup de la description originale de Gómez (1982), fondée sur un seul spécimen (voir plus bas).
Tronc et feuilles
Selon Acuña-Castillo (2010), les plantes adultes ont un tronc cylindrique, à demi enterré ou dressé hors du sol, jusqu’à 2 m de haut et 20 cm de diamètre, à écorce brune et rugueuse ; Lindström et collaborateurs (2013) parlent eux aussi de tiges de plus de 2 m. La plante porte 6 à 18 feuilles de 80 à 250 cm. Le pétiole, droit ou un peu arqué, mesure 29 à 95 cm et le rachis, arqué, 51 à 150 cm ; tous deux sont inermes ou armés d’aiguillons. Chaque feuille compte 10 à 40 paires de folioles. Les folioles médianes, de 16 à 33 cm sur 3 à 6 cm, quatre à sept fois plus longues que larges, sont lancéolées à falquées-lancéolées, asymétriques, lisses et brillantes, à bord entier, parfois avec une encoche profonde ; leur pointe, courte (moins de 20 % de la longueur), est aiguë et fine.
Taylor Blake et Holzman (2012) décrivent pour les plantes panaméennes un pétiole et un rachis nettement aiguillonnés jusqu’à la base du rachis, des folioles à pli longitudinal marqué, presque entières, et une pointe souvent longue de moins de 3 cm, contre plus de 3 cm chez Zamia fairchildiana.
Cônes et graines
L’espèce est dioïque. Les cônes mâles, presque cylindriques, mesurent 9,5 à 14 cm sur 2,7 à 4,7 cm, sur un pédoncule duveteux brun de 8 à 10 cm ; leurs écailles fertiles, brun verdâtre, portent des sacs polliniques sur les deux faces, un caractère partagé avec Zamia fairchildiana et rare dans le genre (Lindström et collaborateurs, 2013). Le cône femelle, solitaire, en forme de tonneau, mesure 10 à 35 cm sur 8 à 11 cm, sur un pédoncule court, de 4 à 5 cm ; ses écailles hexagonales sont verdâtres, avec un fin duvet brun rougeâtre épars (Acuña-Castillo, 2010). Lindström et collaborateurs (2013) le décrivent glabre, vert foncé, à pointe stérile courte et obtuse, avec un pédoncule caché par les cataphylles, alors qu’Acuña-Castillo (2010) lui donne une pointe stérile conique et longue, parfois de plus de 3 cm. Les graines sont « couleur abricot » et presque sphériques, de 1,3 à 1,7 cm de diamètre, selon la description originale, orange à rosées selon Acuña-Castillo (2010) ; Taylor et collaborateurs (2012) écrivent au contraire que toutes les graines des Zamia de l’isthme sont rouges, sauf celles de Zamia pseudoparasitica.
Ce que disait la description originale
La description de Gómez (1982), fondée sur le seul spécimen type, décrit une plante bien plus petite : tronc dressé de 30 cm au plus pour 5 à 7 cm de diamètre, 3 à 10 feuilles de 80 cm à 1 m portant 9 à 14 paires de folioles opposées, elliptiques-lancéolées, falquées et acuminées, à pointe droite ou recourbée vers l’arrière, entières, de 15 à 22 cm sur 3,5 à 4,5 cm, et surtout un pétiole glabre et sans aiguillons. Les cônes mâles, dressés, mesurent 8 à 9,5 cm sur un pédoncule de 4 à 6 cm. Acuña-Castillo (2010) explique que ce pétiole inerme, exact pour l’holotype, est très variable dans la nature comme en culture, même à la localité type : des plantes cultivées sans aiguillons sur leurs premières feuilles en développent des années plus tard. Cette mention a beaucoup contribué à la confusion avec Zamia fairchildiana.
Hybrides
Aucun hybride n’est démontré, mais une hybridation avec Zamia fairchildiana est soupçonnée. Selon L.D. Gómez, cité par Acuña-Castillo (2010), elle pourrait se produire dans les piémonts de la Fila Costeña Sur, entre 800 et 1 200 m, où certains spécimens stériles ne peuvent être attribués avec certitude à l’une ou l’autre espèce. Acuña-Castillo ne la croit pas fréquente, les deux espèces occupant en général des altitudes différentes, et rappelle que seule une analyse génétique pourrait la confirmer.
Confusions possibles
La confusion principale concerne Zamia fairchildiana. Acuña-Castillo (2010) retient ces différences :
- folioles : bord inférieur entier près de la pointe chez Zamia pseudomonticola, finement denté chez Zamia fairchildiana, dont la pointe s’amincit aussi plus progressivement ;
- cônes mâles mûrs : moins de 14 cm, contre en général plus de 20 cm ;
- cônes femelles : pédoncule de moins de 5 cm et écailles verdâtres, contre un pédoncule de 5 cm ou plus et des écailles grisâtres ;
- altitude : surtout au-dessus de 1 000 m, contre surtout en dessous de 1 000 m pour Zamia fairchildiana ;
- anatomie : poils et faisceaux de fibres des feuilles différents, d’après des travaux inédits.
D’autres espèces peuvent prêter à confusion :
- Zamia acuminata (versant pacifique du Costa Rica, province de San José) : plus petite, à tige souterraine ou courte, à sacs polliniques sur la seule face inférieure des écailles mâles et à cônes femelles gris-brun duveteux (Lindström et collaborateurs, 2013) ; Gómez (1982) la distinguait déjà par ses folioles moins nombreuses, à pointe caudée, et son pétiole épineux ;
- Zamia gomeziana (Costa Rica) : folioles plus allongées, à bord inférieur droit et à pointe bien plus longue ; chez Zamia pseudomonticola, les folioles sont moins de sept fois plus longues que larges, à bord inférieur convexe, et les cônes, verdâtres, ont des pédoncules plus courts (Acuña-Castillo, 2010) ;
- Zamia elegantissima et Zamia stevensonii (centre du Panama) : pétiole presque sans aiguillons, folioles planes sans pli longitudinal, sacs polliniques sur la seule face inférieure (Taylor Blake et Holzman, 2012) ;
- Zamia monticola (Guatemala) : seulement par le nom ; Gómez (1982) la jugeait proche, mais la distinguait par son pétiole glabre et inerme, l’absence de bases de feuilles persistantes et les cônes.
Taxonomie
Zamia pseudomonticola L.D.Gómez ex D.W.Stev. & Sabato est un nom accepté par The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté directement. Luis Diego Gómez a décrit l’espèce en 1982 dans Phytologia (volume 50, page 402), dans un article où il décrivait aussi Zamia fairchildiana. Sa citation du type ne donnait ni récolteur ni numéro, une référence exigée par le Code de nomenclature ; Stevenson et Sabato l’ont fournie en 1986, dans Taxon (volume 35, page 141), après avoir vu l’holotype, ce qui fixe la date de publication valide à 1986 et explique la mention « ex D.W.Stev. & Sabato » (The World List of Cycads, d’après Tropicos). L’holotype, récolté par Gómez sous le numéro 18118 selon Acuña-Castillo (2010), provient du site de Cotón, au pied sud-ouest du cerro Pando, à Sabalito (Coto Brus, province de Puntarenas), à 1 300 m, dans une forêt mixte de chênes (Quercus), de Wimmeria et de Symplocos ; il est conservé à l’herbier national du Costa Rica (CR), avec des isotypes dans les herbiers F et ND.
Une espèce discutée
La validité de l’espèce est discutée depuis sa description. Schutzman, Vovides et Adams (1998) la jugeaient conspécifique de Zamia fairchildiana : selon eux, elle n’en différait que par un caractère des folioles, variable en continu d’une population à l’autre, et Gómez n’avait cité qu’un spécimen. Le traitement des Zamiaceae du Manual de plantas de Costa Rica (Merello, 2003 selon The World List of Cycads, 2004 selon Acuña-Castillo) l’a aussi mise en doute. Jay Vannini (2019) rapporte, d’après Whitelock (2002) et Calonje (2006), que des recherches à la localité type n’avaient pas retrouvé de plantes conformes à la description, ce qui laissait penser à une simple forme de Zamia fairchildiana ; Acuña-Castillo (2010) écrit au contraire que l’espèce est localement commune sur les pentes du cerro Pando.
D’autres auteurs la maintiennent. Acuña-Castillo (2010) a trouvé, par une analyse statistique des proportions des feuilles, des différences significatives entre les deux espèces, qui s’ajoutent à celles des cônes, et cite l’avis de Gómez et de Stevenson (2007) en faveur de deux espèces. Lindström et collaborateurs (2013) la présentent comme l’espèce sœur de Zamia fairchildiana, et The World List of Cycads l’accepte. En 2014, sur le forum des Fous de palmiers, un cultivateur spécialiste restait sceptique : selon lui, les différences de folioles et de cônes pourraient tenir aux conditions du milieu. Pour le lecteur, la conséquence est qu’une plante du sud du Costa Rica étiquetée « Zamia fairchildiana » peut appartenir à cette espèce, surtout si elle vient de plus de 1 000 m.
Étymologie et histoire
L’épithète associe le grec pseudo-, « faux », au nom de Zamia monticola, cycadale du Guatemala : elle évoque la ressemblance et la parenté supposées entre les deux espèces (Haynes, 2022, repris par The World List of Cycads ; Acuña-Castillo, 2010). Gómez (1982) écrivait en effet que sa nouvelle espèce était apparentée à Zamia monticola, tout en la distinguant par plusieurs caractères.
L’espèce a été décrite dans le cadre d’une révision des Zamia du Costa Rica et du Panama, jusque-là classés sous Zamia skinneri ou Zamia pseudoparasitica dans les herbiers. Gómez prévoyait sa présence dans les régions voisines du Panama ; Acuña-Castillo (2010) signale, d’après Taylor (2007), qu’elle y a été récoltée récemment, dans l’ouest de la province de Chiriquí, près de la frontière. Gómez et ses collaborateurs l’ont étudiée à la station biologique de Las Cruces de 1985 à 1995, mais ces travaux sont restés inédits.
Noms communs
Aucun nom français n’existe, et aucun nom vernaculaire n’est attesté dans une autre langue ; Species+ n’en cite aucun.
Dans la nature
Selon Acuña-Castillo (2010), Zamia pseudomonticola est endémique des cordillères du sud du Costa Rica (versant pacifique de la cordillère de Talamanca, dans les provinces de San José et de Puntarenas, et Fila Costeña Sur, dans la province de Puntarenas) et de l’ouest du Panama (Chiriquí). Au Costa Rica, elle vit dans le sous-bois des forêts prémontagnardes et montagnardes basses, très humides à pluviales, entre 800 et 1 600 m, sur des pentes modérées à fortes. Elle est localement commune dans la réserve biologique de Las Cruces et sur les pentes du cerro Pando, plus rare vers le nord le long de la Talamanca, au moins jusqu’au pied du cerro Chirripó. The World List of Cycads ne cite que la province de Puntarenas pour le Costa Rica.
Au Panama, Taylor Blake et Holzman (2012) la placent au-dessus de 1 000 m dans la province de Chiriquí, tantôt dans le nord-ouest, tantôt dans le nord-est de la province selon les passages de leur article. Taylor et collaborateurs (2012) la rangent parmi les espèces des forêts sempervirentes submontagnardes, entre 700 et 1 200 m, sous des pluies de plus de 3 000 mm par an et des températures de 21 à 24 °C, tout en la citant ailleurs comme exemple d’espèce d’altitude, au-dessus de 1 500 m.
Écologie
Acuña-Castillo (2010) rapporte plusieurs observations. À Las Cruces, la plante accumule entre la base de ses feuilles beaucoup de débris végétaux, comme certains palmiers en rosette, ce qui favorise des champignons saprophytes au sommet de la tige et sur les pétioles. Les chenilles de papillons du genre Eumaeus mangent ses feuilles et peuvent parfois défolier entièrement une plante et abîmer ses bourgeons et ses cônes. Son cycle de reproduction n’est pas strictement saisonnier et dépend surtout de la lumière disponible en sous-bois. Les plantules ne portent qu’une feuille à quatre folioles, sur un pétiole inerme ou à quelques petits aiguillons.
Dans une expérience inédite à Las Cruces, L.D. Gómez a obtenu autant de graines sur des cônes protégés des insectes que sur des cônes laissés libres, ce qui suggère selon lui un rôle important du vent dans la pollinisation, bien que des coléoptères (érotylidés et charançons) soient fréquents dans les cônes ; Acuña-Castillo rappelle que les spécialistes considèrent aujourd’hui les coléoptères comme les principaux pollinisateurs des cycadales. Une autre étude de Gómez (1993), au jardin Wilson, attribue la dispersion des graines, à quelques dizaines de mètres, à des oiseaux : un tangara (Ramphocelus costaricensis), un saltator (Saltator striatipectus) et un merle (Turdus grayi). Publiée sous le nom de Zamia fairchildiana, elle concerne selon Acuña-Castillo des plantes de Zamia pseudomonticola, et il juge probable qu’une grande partie des observations inédites de Gómez sur Zamia fairchildiana se rapporte en fait à cette espèce.
Statut de conservation et réglementation
Zamia pseudomonticola est classée en préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge de l’UICN, selon l’évaluation de J.D. Bösenberg datée du 26 juin 2020 et publiée en 2022 (catégorie confirmée par GBIF le 18 octobre 2026 ; page de la Liste rouge non consultée, accès bloqué). Une évaluation antérieure, de D.W. Stevenson, avait été publiée en 2010 ; sa catégorie n’a pas pu être vérifiée. L’espèce est localement commune à Las Cruces et sur le cerro Pando (Acuña-Castillo, 2010) ; aucune menace propre à l’espèce n’a été décrite.
Sur le plan réglementaire, Zamia pseudomonticola relève de l’annexe II de la CITES au titre de l’inscription de la famille des Zamiaceae (sauf les espèces de l’annexe I), en vigueur depuis le 4 février 1977 selon Species+. L’annotation #4 (version en vigueur depuis le 5 mars 2026) exempte notamment les graines, le pollen, les plantules et cultures de tissus obtenues in vitro et transportées en conteneurs stériles, ainsi que les fleurs coupées de plantes reproduites artificiellement ; le commerce international des plantes elles-mêmes exige un permis. Dans l’Union européenne, l’espèce figure à l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026 ; Species+ indique l’annexe A jusqu’en février 2017. Pour les plantes du Panama, Species+ signale aussi, depuis le 19 juin 2025, un quota d’exportation nul fixé par ce pays pour les spécimens sauvages prélevés dans la nature (notification CITES n° 2025/079), sauf usages scientifiques, personnels, médicaux, éducatifs ou judiciaires.
Ces informations générales, relevées le 18 octobre 2026, ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, demandez au vendeur les justificatifs de provenance et préférez des plantes issues de semis en culture.
Culture
Aucun guide de culture propre à Zamia pseudomonticola n’a été publié. Les seules données de culture sont indirectes :
- au Costa Rica, l’espèce est cultivée au jardin botanique Wilson, près de San Vito : Acuña-Castillo (2010) publie la photographie d’un cône femelle d’une plante de ce jardin ; un visiteur y a vu en 2009 de nombreux Zamia plantés dans tout le jardin, présentés comme Zamia fairchildiana, identification qu’Acuña-Castillo conteste pour les plantes de ce jardin ;
- en culture, des plantes sans aiguillons sur leurs premières feuilles en développent des années plus tard (Acuña-Castillo, 2010) ;
- Cycadales.eu, pépinière spécialisée de Montpellier, range l’espèce dans le groupe des Zamia d’Amérique centrale et des forêts de basse altitude, jugé « difficile » hors des tropiques, et conseille pour ce groupe un substrat drainant neutre à acide, environ 22 °C la nuit (brefs passages tolérés vers 15 °C), 28 à 30 °C le jour et une humidité de l’air de 70 à 90 % (Lavaud, 2023). Ce classement surprend pour une espèce de 800 à 1 600 m, et ces conseils de groupe ne reposent sur aucune mesure faite sur Zamia pseudomonticola.
Le milieu naturel suggère une plante d’ombre, de sol humide et d’air très humide, mais aucune source ne l’a vérifié en culture. L’accumulation de débris au cœur de la plante observée dans la nature, qui favorise des champignons, invite à garder le sommet de la tige propre et aéré ; c’est une déduction, non un conseil publié.
Multiplication
L’espèce se multiplie par graines, après pollinisation d’une plante femelle par une plante mâle en cônes au même moment ; en culture, la pollinisation est en général manuelle, même si l’expérience de Gómez suggère un rôle du vent. Aucun protocole de semis propre à l’espèce n’a été publié ; comme pour les autres Zamia, il faut semer des graines fraîches, débarrassées de leur enveloppe charnue avec des gants. Les plantules portent une première feuille à quatre folioles (Acuña-Castillo, 2010). Les graines sont exemptées de la CITES par l’annotation #4, mais elles doivent provenir de plantes cultivées d’origine légale ; vu la confusion des noms, l’identité des graines vendues sous ce nom mérite d’être vérifiée.
Maladies et ravageurs
Dans la nature, les chenilles d’Eumaeus peuvent défolier entièrement une plante, et des champignons saprophytes se développent sur les débris accumulés au sommet de la tige et sur les pétioles (Acuña-Castillo, 2010). Aucune maladie de culture propre à l’espèce n’est documentée. En culture, les Zamia craignent surtout la pourriture des racines et de la tige dans un substrat froid et détrempé, ainsi que les cochenilles. Parmi elles, Aulacaspis yasumatsui (« Asian cycad scale » en anglais), capable de tuer un cycas adulte en quelques mois (voir l’article lié plus bas), compte le genre Zamia parmi ses plantes hôtes selon la base de données de l’OEPP, d’après Marler, Lindström et Watson (2021) ; aucune attaque n’a été signalée sur Zamia pseudomonticola en particulier.
Rusticité
Aucune donnée de résistance au froid n’existe pour Zamia pseudomonticola, ni dans la nature ni en culture. C’est une espèce tropicale de moyenne montagne : la seule indication climatique publiée est la plage de 21 à 24 °C donnée par Taylor et collaborateurs (2012) pour les forêts submontagnardes du Panama où ils la rangent. Elle ne permet pas d’estimer une limite de survie, et rien ne montre que l’altitude de son aire lui donne une résistance au gel.
En France
Aucune culture en pleine terre ni en pot n’a été signalée en France, quelle que soit la zone (littoral méditerranéen, façade atlantique, Bretagne, intérieur continental, montagne), et aucun épisode de gel daté ne concerne l’espèce. Les messages du forum des Fous de palmiers qui la citent (2012-2014) portent sur sa validité, sans donnée de culture. Au Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures, dans le Var, aucune observation n’a été publiée sur cette espèce. Faute de données, un abri chauffé, serre ou véranda, reste la seule culture prudente en France.
Repères internationaux
Aucun retour de froid n’a été publié, dans aucun pays. La seule culture documentée est celle du jardin Wilson, au Costa Rica, dans l’aire naturelle de l’espèce.
Toxicité et précautions
Aucune étude de toxicité propre à Zamia pseudomonticola n’a été publiée. Le risque est en revanche documenté dans le genre et chez les autres cycadales : des études pharmacologiques citées par The Gymnosperm Database ont trouvé chez les Zamia des glycosides toxiques (cycasine, macrozamine), dont dérive le méthylazoxyméthanol (voir aussi l’article du site sur la toxicité des cycadales, lié plus bas), et l’ASPCA cite pour Zamia furfuracea la cycasine et la BMAA, un acide aminé neurotoxique, avec chez le chien, le chat et le cheval des vomissements, des diarrhées sanglantes et une atteinte du foie ; les graines sont la partie la plus dangereuse. Faute de preuve contraire, considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Aucun usage traditionnel de Zamia pseudomonticola n’est documenté.
FAQ
Zamia pseudomonticola est-elle une vraie espèce ?
Oui, pour The World List of Cycads, qui l’accepte, mais le débat n’est pas clos. Plusieurs auteurs l’ont rangée dans Zamia fairchildiana ; d’autres, dont Acuña-Castillo (2010) et Lindström et collaborateurs (2013), la maintiennent d’après les cônes et les proportions des feuilles.
Comment la distinguer de Zamia fairchildiana ?
Surtout par les cônes et l’altitude. Zamia pseudomonticola a des cônes mâles de moins de 14 cm et des cônes femelles verdâtres sur un pédoncule de moins de 5 cm, et vit surtout au-dessus de 1 000 m ; Zamia fairchildiana, des basses terres, a des cônes plus grands, des écailles femelles grisâtres et des folioles finement dentées près de la pointe.
Son pétiole est-il épineux ?
Cela dépend des plantes. La description originale parlait d’un pétiole sans aiguillons, mais c’était le cas du seul spécimen type ; Acuña-Castillo (2010) le décrit inerme ou aiguillonné, et Taylor Blake et Holzman (2012) aiguillonné jusqu’à la base du rachis au Panama. Des plantes cultivées acquièrent des aiguillons avec l’âge.
D’où vient son nom ?
Du grec pseudo-, « faux », et de Zamia monticola, une cycadale du Guatemala à laquelle Gómez la jugeait apparentée. Le nom signifie donc « faux monticola ».
Est-elle menacée ?
Non, selon l’UICN, qui la classe en préoccupation mineure (LC, 2022). Elle est localement commune dans certaines forêts de montagne du sud du Costa Rica, comme la réserve biologique de Las Cruces.
Peut-on la cultiver en France ?
Seulement sous abri chauffé, et sans repère publié. Aucune résistance au froid n’est connue ; venue de forêts de moyenne montagne, elle n’a jamais été testée au froid, et la pleine terre n’est envisageable dans aucune région française.
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Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Zamia pseudomonticola : https://cycadlist.org/scientific_name/540 — auteurs, publication (Taxon 35(1) : 141, 1986), explication de la validation (d’après Tropicos), type (Sitio Cotón, cerro Pando, 1 300 m, holotype CR, isotypes F et ND), répartition, statut UICN, étymologie (Haynes 2022). Liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN ; consultée directement le 18 octobre 2026.
- The Cycad Society, Gómez 1982, « Plantae mesoamericanae novae II » (PDF) : https://www.cycad.org/documents/descriptions/Zamia/Zamia-pseudomonticola.pdf — description originale : diagnose latine, dimensions, couleur des graines, type, comparaison avec Zamia monticola et Zamia acuminata, clé des Zamia du Costa Rica et du Panama. Source primaire (Phytologia 50 : 401-404) ; texte intégral lu le 18 octobre 2026.
- Repositorio Kérwá (Université du Costa Rica), Acuña-Castillo 2010, Revisión taxonómica y morfológica y distribución de Zamia (Zamiaceae) en Costa Rica : https://kerwa.ucr.ac.cr/handle/10669/84075 — description détaillée, numéro de l’holotype, répartition, altitudes, écologie, pollinisation, dispersion, différences avec Zamia fairchildiana et Zamia gomeziana, hybridation possible, analyse morphométrique. Mémoire de maîtrise en libre accès, non publié en revue ; texte intégral relu le 18 octobre 2026.
- The Cycad Society, Lindström et al. 2013 (PDF) : https://www.cycad.org/documents/descriptions/Zamia/Zamia-nana.pdf — Zamia pseudomonticola espèce sœur de Zamia fairchildiana, tiges de plus de 2 m, sacs polliniques sur les deux faces, cônes femelles glabres vert foncé. Article à comité de lecture (Phytotaxa) ; texte intégral lu le 18 octobre 2026.
- The Cycad Society, Taylor Blake et Holzman 2012 (PDF) : https://www.cycad.org/documents/descriptions/Zamia/Zamia-stevensonii.pdf — répartition au Panama (Chiriquí, au-dessus de 1 000 m), clé (aiguillons, pli des folioles, longueur de la pointe). Article à comité de lecture (Botanical Review) ; texte intégral lu le 18 octobre 2026.
- IntechOpen, Taylor et al. 2012, « Biogeographic Insights in Central American Cycad Biology » : https://doi.org/10.5772/32253 — présence au Panama et au Costa Rica, forêts sempervirentes submontagnardes (700-1 200 m, 21-24 °C), couleur des graines des Zamia de l’isthme. Chapitre d’ouvrage scientifique en accès libre ; texte intégral lu le 18 octobre 2026.
- The Cycad Society, Schutzman, Vovides et Adams 1998 (PDF) : https://www.cycad.org/documents/descriptions/Zamia/Zamia-elegantissima.pdf — mise en synonymie de Zamia pseudomonticola avec Zamia fairchildiana. Article de revue botanique ; texte intégral lu (scan, OCR) le 18 octobre 2026.
- Exotica Esoterica, « Central American and Panamanian Cycads in Field and Greenhouse » (Jay Vannini, 17 février 2019) : https://www.exoticaesoterica.com/magazine/central-american-and-panamanian-cycads-in-field-and-greenhouse — doutes sur la validité de l’espèce, recherches infructueuses à la localité type (d’après Whitelock 2002 et Calonje 2006). Article de naturaliste et collectionneur ; valeur indicative ; lu le 18 octobre 2026.
- Cycadales.eu, « Comment cultiver les Zamia en climat tempéré » (Simon Lavaud, 6 janvier 2023, mis à jour le 27 mai 2023) : https://cycadales.eu/comment-cultiver-les-zamia-en-climat-tempere/ — Zamia pseudomonticola dans le groupe des forêts de basse altitude, conditions conseillées pour le groupe. Pépinière spécialisée française : conseils d’expérience par groupe d’espèces ; relue le 18 octobre 2026.
- Forum des Fous de palmiers, messages sur Zamia pseudomonticola et le jardin Wilson : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=319831#p319831 ; https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=70410#p70410 — scepticisme d’un cultivateur spécialiste sur la distinction avec Zamia fairchildiana (février 2014) ; Zamia plantés dans tout le jardin Wilson (novembre 2009). Forum français d’amateurs ; valeur indicative.
- Species+ (PNUE-WCMC), Zamia pseudomonticola : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/17745/legal — annexe II de la CITES (inscription des Zamiaceae) depuis le 4 février 1977, annotation #4 ; annexe B de l’Union européenne ; quota d’exportation nul du Panama (2025) ; répartition (Costa Rica, Panama). Base officielle de la CITES et de l’UE ; interrogée par son API publique le 18 octobre 2026.
- EUR-Lex, règlement (UE) 2026/1383 de la Commission : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/PDF/?uri=OJ:L_202601383 — annexes du règlement (CE) n° 338/97 en vigueur depuis le 29 juin 2026. Texte officiel.
- GBIF (API), Zamia pseudomonticola : https://api.gbif.org/v1/species/8148495/iucnRedListCategory — catégorie actuelle de la Liste rouge de l’UICN (LC), relayée depuis l’UICN. Infrastructure de données de référence ; consultée le 18 octobre 2026.
- The Gymnosperm Database (archive de l’université de Hambourg), Zamia : https://www-archiv.fdm.uni-hamburg.de/b-online/earle/za/za/index.htm — glycosides du méthylazoxyméthanol (cycasine, macrozamine) trouvés dans le genre par des études pharmacologiques. Page ancienne (1999), base spécialisée sérieuse ; donnée de niveau genre.
- Base de données mondiale de l’OEPP, Aulacaspis yasumatsui, plantes hôtes : https://gd.eppo.int/taxon/AULSYA/hosts — le genre Zamia figure parmi les plantes hôtes, d’après Marler, Lindström et Watson (2021). Organisation intergouvernementale, fiable.
- ASPCA, Cardboard Cycad : https://www.aspca.org/pet-care/aspca-poison-control/toxic-and-non-toxic-plants/cardboard-cycad — toxicité de Zamia furfuracea pour les chiens, chats et chevaux (cycasine, BMAA), citée ici au niveau du genre. Centre antipoison vétérinaire, fiable.
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