Cycas saxatilis est un cycas rupestre de l’île de Palawan, aux Philippines, qui pousse sans sol, dans les fissures des falaises calcaires verticales du massif de Saint-Paul, d’où ses tiges pendent dans le vide. Ce membre du genre Cycas a été décrit en 2008 par K.D. Hill et A.J. Lindström, qui l’ont classé avec Cycas wadei et Cycas curranii dans la section Wadeae, un petit groupe propre aux Philippines. Il reste mal connu : ses cônes femelles et ses graines n’ont pas été décrits par ses auteurs. L’UICN le classe comme vulnérable.
L’essentiel sur Cycas saxatilis
- Nom accepté : Cycas saxatilis K.D.Hill & A.Lindstr. (2008), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté
- Anciens noms et synonymes : aucun
- Famille : Cycadaceae, ordre des Cycadales
- Noms communs : aucun nom attesté
- Répartition naturelle : Philippines, île de Palawan (massif calcaire de Saint-Paul)
- Statut UICN : vulnérable (VU, critère D2), évaluation de J.D. Bösenberg (2010)
- CITES et autres protections : annexe II de la CITES (graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne ; aire en grande partie dans le parc national de St Paul’s Bay, selon Lindström et al. (2008)
- Rusticité documentée : aucune donnée (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : en nature, fissures de falaises calcaires verticales, sans sol, en situation exposée ; aucune donnée de culture
- Port et dimensions adultes : tiges de 0,5 à 4 m, de 20 à 25 cm de diamètre, pendantes ; feuilles de 1,60 à 1,90 m
- Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme tous les cycas (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Cycas saxatilis
Cycas saxatilis se distingue de tous les autres cycas de la région par son habitat de falaise calcaire, par ses cônes mâles étroits et allongés et par ses microsporophylles mous, sans épine terminale (Lindström et al. 2008). Dans la clé des cycas des Philippines, il se sépare de Cycas wadei par des folioles larges (10 à 14 mm) ; Agoo et Madulid (2012) lui attribuent des graines côtelées de 40 mm au plus, sans qu’aucune description de graine n’ait été publiée par ses auteurs.
Les tiges, arborescentes, mesurent 0,5 à 4 m pour 20 à 25 cm de diamètre au point le plus étroit ; elles poussent sur des falaises nues et ne sont pas renflées à la base ; l’écorce est mince et lisse. Les feuilles, vert vif, très brillantes, mesurent 1,60 à 1,90 m ; légèrement carénées ou plates, elles portent 170 à 380 folioles et se terminent par une paire de folioles. Le pétiole, de 40 à 60 cm, est glabre et épineux sur 50 à 90 % de sa longueur. Les folioles médianes mesurent 22 à 34 cm sur 9 à 12 mm, nettement bicolores, à bords plats ou un peu recourbés et pointe aiguë, espacées de 10 à 17 mm.
Le cône mâle, ovoïde, crème ou vert, mesure environ 49 cm de long pour 5 cm de diamètre ; les microsporophylles sont mous, non épaissis, à épine terminale rudimentaire. Les mégasporophylles et les graines n’ont pas été vus par les auteurs de l’espèce (Lindström et al. 2008).
Hybrides
Aucun hybride n’est documenté pour cette espèce.
Confusions possibles
Le spécimen type, composé de feuilles et d’un cône mâle, ressemble surtout à Cycas curranii, autre espèce de Palawan. C’est l’observation sur le terrain qui a conduit à séparer les deux : Cycas curranii est un grand cycas dressé de la forêt pluviale sur serpentine, alors que les plantes de St Paul’s Bay pendent de falaises calcaires exposées (Lindström et al. 2008). Cycas wadei, de l’île de Culion, se reconnaît à ses folioles étroites (3 à 8 mm) et à ses feuilles plus carénées.
Taxonomie
Cycas saxatilis est un nom accepté par The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté. K.D. Hill et A.J. Lindström l’ont décrit en 2008 dans la révision des cycas des Philippines de Lindström, Hill et Stanberg (Telopea 12(1) : 128-129), d’après un spécimen récolté par Podzorski le 6 avril 1984 sur une falaise calcaire au sud-est de St Paul’s Bay, à Palawan, où il pendait de la paroi (holotype à l’herbier de Leyde, L).
Les auteurs l’ont placé dans la section Wadeae, créée dans le même article, avec Cycas wadei et Cycas curranii. Cette section, isolée dans le genre et propre aux Philippines, se définit par des cônes mâles et des microsporophylles mous et cireux, des mégasporophylles à extrémité pectinée, des ovules glabres et des graines jaunes dont la coque dure porte de fortes côtes longitudinales. Lindström et al. y voient un groupe relictuel, apparenté aux groupes d’Asie continentale et peut-être isolé par la dérive des terres au début du Tertiaire. Comme les graines de Cycas saxatilis n’ont pas été décrites, son appartenance à la section repose sur les caractères des feuilles et du cône mâle.
Étymologie et histoire
L’épithète vient du latin saxatilis, « qui vit parmi les rochers », en référence à son habitat de falaise, sans sol (Lindström et al. 2008 ; Haynes 2022).
L’espèce a été reconnue d’après la récolte de Podzorski (1984) et une observation de Hill et Lindström le long de la route de St Paul’s Bay, le 25 juin 2001, sans spécimen d’herbier. Aucune introduction en culture n’est documentée.
Noms communs
Aucun nom commun n’est attesté pour cette espèce, en français ou dans une langue des Philippines, dans les sources consultées.
Dans la nature
Cycas saxatilis n’est connu que des affleurements calcaires du massif du mont Saint-Paul, sur l’île de Palawan. Il pousse dans les fissures de falaises calcaires verticales, sans sol, dans des situations exposées (Lindström et al. 2008). Le massif est assez étendu, et les plantes y sont abondantes, en grandes populations non perturbées, dans les sites les plus inaccessibles. La pollinisation et la phénologie ne sont pas documentées.
À Palawan, la cochenille Aulacaspis yasumatsui, qui ravage les cycas cultivés ailleurs aux Philippines, semble contrôlée naturellement par des prédateurs indigènes (Lindström et al. 2008).
Statut de conservation et réglementation
L’UICN classe Cycas saxatilis comme vulnérable (VU), au titre du critère D2, qui s’applique aux espèces connues d’un très petit nombre de localités ; l’évaluation est de J.D. Bösenberg (2010). Lindström et al. (2008) recommandaient au contraire la catégorie « préoccupation mineure » : bien que connue d’une seule localité, l’espèce est abondante dans un massif étendu, et la plus grande partie de son aire se trouve dans le parc national de St Paul’s Bay. Agoo et Madulid (2012) rappellent le statut vulnérable.
Comme toutes les espèces du genre à l’exception de Cycas beddomei, Cycas saxatilis relève de l’annexe II de la CITES, où la famille des Cycadaceae figure depuis le 4 février 1977. L’inscription porte l’annotation #4 (version issue de la CoP20, en vigueur depuis le 5 mars 2026) : les graines, le pollen, les plantules et cultures de tissus obtenues in vitro et transportées en conteneurs stériles, ainsi que les fleurs coupées de plantes reproduites artificiellement, ne sont pas soumis à la CITES. Le commerce international des plantes elles-mêmes exige en revanche un permis d’exportation. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Species+, la base officielle de la CITES, nomme l’espèce et confirme ce statut (consultation du 3 octobre 2026).
Ces informations générales ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, demandez au vendeur les justificatifs de provenance et préférez des plantes issues de semis en culture.
Culture
Cycas saxatilis n’est documenté en culture par aucune institution consultée, et aucun retour de cultivateur n’a été trouvé sur les forums francophones ou italiens. Sa vie sur falaise, sans sol, laisse supposer un besoin de drainage parfait, mais aucune donnée de culture ne le confirme. En France, il relèverait de la serre chaude.
Multiplication
La plante est dioïque : il faut un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines. Aucune donnée de germination n’existe, les graines n’ayant pas été décrites. Les graines sont exemptées de la CITES par l’annotation #4.
Maladies et ravageurs
Aucun ravageur ni aucune maladie propre à l’espèce n’est documenté.
Rusticité
Aucune donnée de résistance au froid n’existe pour Cycas saxatilis. Palawan a un climat tropical sans gel : rien ne permet d’affirmer que la plante le supporte.
En France
Aucun résultat de culture n’a été publié en France métropolitaine pour Cycas saxatilis, ni en pleine terre ni en pot, quelle que soit la zone (littoral méditerranéen, façade atlantique, Bretagne, intérieur continental, montagne). Une recherche sur le forum des Fous de palmiers et sur le forum italien Tropicamente n’a donné aucun retour de résistance au froid pour cette espèce, et aucun épisode de gel daté ne la concerne.
Repères internationaux
Aucun relevé de froid ni aucun retour de culture daté n’a été trouvé hors de France, ni sur les forums ni dans les jardins botaniques consultés.
Toxicité et précautions
Aucune analyse de toxicité propre à Cycas saxatilis n’a été trouvée. Le risque est en revanche bien documenté dans le genre : les tissus des Cycas, et surtout leurs graines, contiennent de la cycasine, que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. L’ASPCA classe le sagou du Japon (Cycas revoluta) parmi les plantes toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux. Faute de preuve contraire, considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Aucun usage n’est documenté pour cette espèce.
FAQ
Que signifie saxatilis ?
« Qui vit parmi les rochers » en latin : l’espèce pousse dans les fissures de falaises calcaires, sans sol.
Où pousse Cycas saxatilis ?
Uniquement sur l’île de Palawan, aux Philippines, sur les falaises du massif calcaire du mont Saint-Paul.
En quoi diffère-t-il de Cycas curranii ?
Cycas curranii est un grand cycas dressé de la forêt sur serpentine ; Cycas saxatilis pend de falaises calcaires exposées et a des cônes mâles plus étroits.
Qu’est-ce que la section Wadeae ?
Un petit groupe de trois cycas propres aux Philippines, à cônes mâles mous et cireux et à graines côtelées.
Est-il menacé ?
L’UICN le classe vulnérable, car il n’est connu que d’un massif ; ses descripteurs le jugeaient pourtant abondant et en grande partie protégé.
Le trouve-t-on en culture ?
Aucune plante cultivée n’est documentée dans les sources consultées.
Est-il toxique ?
Il faut le supposer. Aucune analyse propre à l’espèce n’existe, mais tous les cycas étudiés contiennent des toxines graves, surtout dans les graines.
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Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Cycas saxatilis : https://cycadlist.org/scientific_name/203 — auteurs, protologue, type, répartition, statut UICN (VU), étymologie. Liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN ; consultée directement le 3 octobre 2026.
- Species+ (PNUE-WCMC), Cycas saxatilis : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/65526/legal — annexe II de la CITES (famille inscrite depuis le 4 février 1977, annotation #4), annexe B de l’Union européenne. Base officielle de la CITES et de l’UE ; interrogée le 3 octobre 2026.
- Règlement (UE) 2026/1383 de la Commission : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/PDF/?uri=OJ:L_202601383 — annexes du règlement (CE) n° 338/97 en vigueur depuis le 29 juin 2026. Texte officiel.
- ASPCA Animal Poison Control, Sago Palm : https://www.aspca.org/pet-care/aspca-poison-control/toxic-and-non-toxic-plants/sago-palm — toxicité des cycas pour les chiens, les chats et les chevaux. Centre antipoison vétérinaire, fiable ; donnée de niveau genre.
Bibliographie
- Lindström, A.J., Hill, K.D. & Stanberg, L.C. (2008). The genus Cycas (Cycadaceae) in The Philippines. Telopea 12(1) : 119-145. doi:10.7751/telopea20085805 [Protologue (p. 128-129, fig. 2), section Wadeae, statut ; texte intégral consulté.]
- Agoo, E.M.G. & Madulid, D.A. (2012). Cycas sancti-lasallei (Cycadaceae), a new species from the Philippines. Blumea 57(2) : 131-133. doi:10.3767/000651912X657503 [Clé des cycas des Philippines, habitat et statut ; texte intégral consulté.]
- Bösenberg, J.D. (2010). Cycas saxatilis. The IUCN Red List of Threatened Species : e.T178864A7630617. [Évaluation de la Liste rouge ; référence relevée sur The World List of Cycads et Crossref, page de la Liste rouge non consultée (accès bloqué).]
- Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Source des étymologies reprises par The World List of Cycads ; non consulté directement.]
- Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]