Zamia purpurea est une cycadale mexicaine du genre Zamia, endémique du sud du Mexique, dans les États de Veracruz et d’Oaxaca. Son nom, du latin purpureus (« pourpre »), évoque la teinte rouge-pourpre profond de ses jeunes feuilles et de ses cônes femelles immatures, coloration qui la rend unique parmi les Zamia mexicaines. Plante de sous-bois de forêt pluvieuse de basse altitude, elle donne son nom au clade « Purpurea », auquel se rattachent également Zamia cremnophila, Zamia splendens, Zamia lacandona et Zamia grijalvensis. Décrite en 1983, elle est aujourd’hui classée en danger critique d’extinction, mais se maintient en culture où son feuillage coloré la rend très ornementale.
Comment reconnaître Zamia purpurea ?
Zamia purpurea possède une tige souterraine, se ramifiant de façon dichotome avec l’âge, longue jusqu’à 30 cm pour 4 à 6 cm de diamètre. Le houppier ne porte qu’une à six feuilles, ascendantes à étalées, longues de 34 à 90 cm. Le pétiole, noirâtre sur les feuilles jeunes, est armé d’aiguillons simples atteignant 4 mm.
Le caractère le plus frappant est la coloration : les jeunes feuilles émergent rouge-pourpre à rouge-brun avant de virer au vert puis au vert foncé à maturité. Les folioles, peu nombreuses (trois à quatre, parfois six paires), sont larges, coriaces, elliptiques à lancéolées, luisantes et marquées de nervures saillantes sur la face supérieure ; leur apex est aigu. Cette combinaison de folioles peu nombreuses, brillantes et nervurées, et d’un feuillage juvénile coloré, distingue Zamia purpurea des autres cycadales mexicaines.
L’espèce est dioïque. Le cône femelle, d’environ 7 cm de long pour 3,5 cm de diamètre, est pourpre-brun couvert d’un fin tomentum brun clair lorsqu’il est jeune, puis devient noirâtre ; son apex est en forme de dôme. Les graines, d’environ 1 cm de long, sont enveloppées d’une sarcotesta charnue rose à rouge.
Hybrides connus
Aucun hybride formellement nommé n’est rattaché à Zamia purpurea, et aucun cultivar n’est documenté. L’espèce appartient toutefois à un groupe mexicain, le clade « Purpurea », au sein duquel des phénomènes d’hybridation ont été décrits chez des espèces voisines, notamment dans l’origine supposée hybride de Zamia katzeriana.
Confusion
Zamia purpurea est, en réalité, l’une des Zamia mexicaines les plus reconnaissables : elle est considérée comme la seule espèce du genre à présenter à la fois des feuilles émergentes d’un rouge-pourpre franc et de jeunes cônes femelles pourprés. Cette double coloration, jointe à la brillance et aux nervures saillantes de ses folioles, la distingue de ses congénères.
Sur le plan des affinités, elle est proche de Zamia splendens, avec laquelle elle partage un feuillage luisant et un débourrement coloré. Toutes deux appartiennent au clade « Purpurea », groupe d’espèces mexicaines réunissant également Zamia cremnophila, Zamia lacandona et Zamia grijalvensis, toutes à tige souterraine, pétiole armé et folioles denticulées. C’est au sein de ce groupe que les risques de confusion sont les plus réels, mais la coloration pourpre du feuillage juvénile et des cônes jeunes reste, chez Zamia purpurea, un repère fiable.
Taxonomie
Zamia purpurea a été décrite en 1983 par Andrew P. Vovides, J. D. Rees et Mario Vázquez-Torres, dans le fascicule 26 de la Flora de Veracruz (pages 28 à 31). L’holotype, récolté par Vovides au Veracruz le 30 janvier 1982, est conservé à l’herbier de l’Institut d’écologie de Xalapa (XAL). L’épithète purpurea, du latin purpureus (« pourpre »), fait référence à la couleur rouge-pourpre profond des cônes femelles immatures.
Dès sa description, Zamia purpurea a été distinguée des autres cycadales mexicaines par la couleur de ses feuilles émergentes et glabres, par les nervures saillantes et par la brillance de ses folioles. Son nombre chromosomique diploïde est de 2n = 16.
Sur le plan phylogénétique, Zamia purpurea donne son nom au clade « Purpurea », groupe d’espèces mexicaines inclus dans le sous-clade « mexicain » des Zamia, caractérisé par des tiges souterraines, des pétioles armés et des marges de folioles denticulées, et réunissant aussi Zamia cremnophila, Zamia lacandona, Zamia splendens et Zamia grijalvensis. Le genre Zamia, le plus diversifié des cycadales avec environ 80 espèces néotropicales, est le plus largement réparti du Nouveau Monde, de la Floride à la Bolivie, et le Mexique en constitue l’un des principaux foyers de diversité et d’endémisme.
Dans la nature
Zamia purpurea est endémique du sud du Mexique, où elle est cantonnée au bassin du Río Uxpanapa, à cheval sur les États de Veracruz et d’Oaxaca. Elle croît à basse altitude, autour de 50 à 200 m, dans la forêt pluvieuse sempervirente à subsempervirente, en sous-bois, souvent sur affleurements calcaires. Comme toutes les Zamiaceae, elle développe des racines coralloïdes hébergeant des cyanobactéries fixatrices d’azote.
Sur le plan de la conservation, Zamia purpurea est classée en danger critique d’extinction sur la liste rouge mondiale de l’UICN, sur la base d’un déclin estimé de 50 à 70 % au cours des trois dernières générations et d’une population réduite à quelques milliers d’individus matures. La destruction de son habitat forestier, défriché pour les cultures et le pâturage, en est la cause principale. Comme l’ensemble des cycadales, l’espèce est inscrite à l’Annexe II de la CITES.
Culture
Zamia purpurea est recherchée en culture ornementale pour le débourrement rouge-pourpre de son feuillage. Plante de sous-bois pluvieux de plaine, elle réclame chaleur, humidité et ombrage.
Culture en pleine terre. La culture extérieure permanente n’est envisageable que sous climat chaud, humide et sans gelée. Elle demande une exposition ombragée à lumineuse sans soleil direct, une humidité atmosphérique élevée et un sol riche et bien drainé, idéalement à composante calcaire conforme à son habitat. La tige souterraine est sensible à l’humidité stagnante au niveau du collet.
Culture en pot. Hors des régions tropicales et subtropicales chaudes, la culture en pot sous serre ou véranda est la règle. On privilégiera un substrat drainant et riche, des arrosages réguliers en saison de croissance, une bonne hygrométrie, de la chaleur et une lumière tamisée. Une culture soignée est récompensée par la coloration pourpre des feuilles nouvelles.
Multiplication
La multiplication se fait par semis. Zamia purpurea étant dioïque, l’obtention de graines suppose la présence de pieds mâles et femelles et, en culture, une pollinisation manuelle. Les graines, à sarcotesta rose à rouge, se nettoient de leur pulpe avant d’être semées sur un substrat drainant maintenu chaud et humide ; comme chez toutes les cycadales, la germination est lente. Pour une espèce aussi menacée dans la nature, la culture ex situ présente un intérêt conservatoire évident.
Maladies et ravageurs
En culture, Zamia purpurea est exposée, comme les autres cycadales, aux cochenilles et tout particulièrement à la cochenille asiatique des cycas (Aulacaspis yasumatsui), ravageur redoutable en collection et sous serre. Le second risque est la pourriture de la tige souterraine et des racines, favorisée par un substrat trop humide, mal drainé ou maintenu trop frais. Une atmosphère chaude et aérée, associée à un arrosage mesuré, limite ces problèmes.
Rusticité
Zamia purpurea n’est pas rustique. Espèce mexicaine de forêt pluvieuse de basse altitude, elle ne tolère pas le gel et redoute déjà les températures fraîches prolongées. Aucune donnée de culture documentant une résistance au froid n’a été trouvée, ni dans la littérature horticole ni sur les forums spécialisés, ce qui est cohérent avec son origine strictement tropicale de plaine ; en l’absence de tout retour de culture chiffré, on se gardera d’avancer un seuil de température. Comme pour les autres cycadales, l’humidité froide stagnante est particulièrement dommageable. Hors climat chaud et sans gel, sa culture relève de la serre chaude ou de la véranda tropicale maintenue hors gel et à forte hygrométrie.
Usages traditionnels
Aucun usage traditionnel propre à Zamia purpurea n’est documenté de façon fiable dans la littérature accessible. Espèce étroitement localisée et rare, elle n’a fait l’objet d’aucun emploi rapporté qui lui soit directement attribuable.
Une mise en garde s’impose en tout état de cause : comme toutes les cycadales, Zamia purpurea contient de la cycasine et des composés apparentés, hautement toxiques pour l’humain comme pour les animaux. La plante doit être tenue hors de portée des enfants et des animaux domestiques.
FAQ
Est-ce un palmier ? Non. Malgré son feuillage, Zamia purpurea est une cycadale (Zamiaceae), gymnosperme se reproduisant par cônes, sans lien de parenté étroit avec les palmiers.
D’où vient-elle ? Elle est endémique du sud du Mexique, dans le bassin du Río Uxpanapa, à cheval sur les États de Veracruz et d’Oaxaca, en forêt pluvieuse de basse altitude.
Pourquoi ce nom ? Purpurea signifie « pourpre » en latin, en référence à la couleur rouge-pourpre des cônes femelles immatures, écho de celle des jeunes feuilles.
Qu’a-t-elle de particulier ? C’est la seule Zamia connue à présenter à la fois des feuilles émergentes franchement rouge-pourpre et de jeunes cônes femelles pourprés, sur un feuillage luisant et nervuré.
Est-elle menacée ? Oui, gravement : elle est classée en danger critique d’extinction par l’UICN, du fait de la destruction de son habitat.
Est-elle toxique ? Oui. Toutes ses parties contiennent de la cycasine, toxique pour l’humain et les animaux.
Sites de référence
Plants of the World Online (POWO) — base taxonomique des Jardins botaniques royaux de Kew : https://powo.science.kew.org/taxon/urn:lsid:ipni.org:names:903408-1
International Plant Names Index (IPNI) — données nomenclaturales : https://www.ipni.org/n/903408-1
World Flora Online (WFO) — fiche taxonomique et description : https://www.worldfloraonline.org/taxon/wfo-0000429949
World List of Cycads (WLoC) — liste mondiale de référence des cycadales : https://cycadlist.org/scientific_name/544
UICN — liste rouge mondiale des espèces menacées : https://www.iucnredlist.org/species/42137/10663702
Bibliographie
Vovides, A.P., Rees, J.D. & Vázquez-Torres, M. (1983). Zamiaceae. Flora de Veracruz, fascicule 26 : 28-31. [Protologue de Zamia purpurea ; description, habitat, caryologie (2n = 16).]
Nicolalde-Morejón, F., Vovides, A.P. & Stevenson, D.W. (2009). Taxonomic revision of Zamia in Mega-Mexico. Brittonia 61(4) : 301-335. [Révision taxonomique des Zamia du Mexique élargi.]
Calonje, M., Meerow, A.W., Griffith, M.P., Salas-Leiva, D., Vovides, A.P., Coiro, M. & Francisco-Ortega, J. (2019). A time-calibrated species tree phylogeny of the New World cycad genus Zamia L. (Zamiaceae, Cycadales). International Journal of Plant Sciences 180(4) : 286-314. [Cadre phylogénétique ; clade « Purpurea ».]
Vovides, A., Chemnick, J. & Gregory, T. (2010). Zamia purpurea. The IUCN Red List of Threatened Species 2010 : e.T42137A10663702. [Évaluation En danger critique ; menaces.]
Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. [Origine de l’épithète purpurea.]
Osborne, R., Calonje, M.A., Hill, K.D., Stanberg, L. & Stevenson, D.W. (2012). The world list of Cycads. Memoirs of the New York Botanical Garden 106 : 480-510. [Référence taxonomique et répartition par pays.]
