Zamia angustifolia

Zamia angustifolia est une cycadale caribéenne de petite taille, distribuée dans l’est de Cuba et aux Bahamas, et l’une des plus anciennement décrites du genre Zamia — sa publication remonte à Nikolaus Joseph von Jacquin en 1791. L’épithète angustifolia traduit littéralement le caractère diagnostique principal de l’espèce : ses folioles linéaires extrêmement étroites, parmi les plus fines du genre, conférant à la plante une silhouette aérienne et presque graminoïde. Cette cycadale à caudex tubéreux subterrané fusiforme se développe en sous-bois de forêts sèches semi-décidues à Cuba et sur dunes sableuses côtières aux Bahamas, où elle est sévèrement menacée par l’urbanisation. Zamia angustifolia présente une rusticité au froid inhabituelle pour un Zamia tropical (jusqu’à environ -3 °C tolérés en culture sur sujets adultes), héritage de son adaptation à un climat subtropical à saisons marquées, ce qui en fait l’une des espèces les plus cultivables hors zone strictement tropicale parmi les Zamia du Nouveau Monde. Sa taxonomie reste partiellement débattue : la relation entre les populations bahamiennes et cubaines mérite des études complémentaires, plusieurs auteurs ayant suggéré qu’elles pourraient correspondre à des taxons distincts.

Comment reconnaître Zamia angustifolia

L’identification de Zamia angustifolia repose principalement sur l’étroitesse remarquable de ses folioles, qui la distingue de l’ensemble des autres Zamia à folioles linéaires.

Le tronc est entièrement subterrané, tubéreux, fusiforme (en forme de fuseau), atteignant rarement plus de quelques centimètres à une dizaine de centimètres de diamètre. Seul l’apex affleure souvent à la surface du sol, portant la couronne foliaire. Cette anatomie strictement souterraine confère à l’espèce une protection thermique notable, qui explique en partie sa tolérance au froid relatif.

La couronne foliaire se compose généralement de quelques frondes à une dizaine de frondes selon l’âge et la vigueur du sujet, atteignant cinquante centimètres à un mètre trente de longueur totale chez les sujets adultes. Les frondes sont pennées, à port légèrement arqué, gracieuses.

Les folioles constituent le caractère identifiant cardinal : on en compte typiquement quatorze à vingt paires par fronde, linéaires à linéaires-falciformes, extrêmement étroites (souvent moins d’un centimètre de large pour plusieurs centimètres à plus de quinze centimètres de longueur), à nervation parallèle, légèrement carénées sur la face supérieure, à marges entières. La texture est cartacée, légèrement coriace, et la couleur d’un vert pâle à vert grisâtre. Cette finesse foliaire vaut à l’espèce son épithète angustifolia (« à folioles étroites ») et reste sa marque distinctive. Les jeunes plants peuvent être confondus avec des graminées par les observateurs non avertis.

L’émergence des nouvelles feuilles présente une coloration souvent teintée de rouge-bronze chez les frondes naissantes, virant rapidement au vert pâle puis au vert grisâtre à maturité.

Le caractère dioïque impose la séparation des sexes sur des pieds distincts. Les cônes mâles sont cylindriques, compacts, atteignant cinq centimètres de long, gris foncé à noirâtres à maturité avec apex acuminés — caractère chromatique distinctif au sein du genre, plusieurs autres Zamia présentant des cônes mâles plus clairs (crème, fauve, brun clair). Les cônes femelles, plus volumineux, oblongs à cylindriques, atteignent douze à quinze centimètres de long, tomenteux, également de teinte sombre à maturité. Chaque mégasporophylle porte deux ovules. Les graines sont à sarcotesta charnue, orange-rouge à maturité.

Hybrides connues

Aucun hybride naturel validé scientifiquement n’est documenté pour Zamia angustifolia. Aux Bahamas, Zamia integrifolia L.f. est également présente sur l’île d’Eleuthera, mais les aires des deux espèces ne se recouvrent pas selon les relevés disponibles, ce qui exclut les contacts naturels actuels susceptibles d’aboutir à une hybridation. À Cuba, les autres Zamia présents (notamment Zamia pumila sensu lato et taxons apparentés) occupent des habitats différents et sont géographiquement séparés.

En culture, aucun hybride horticole stabilisé n’est rapporté à ce jour. Les croisements expérimentaux avec Zamia integrifolia et Zamia pumila — taxons proches morphologiquement — restent possibles mais n’ont pas fait l’objet de publications formelles.

Confusion avec d’autres espèces

Zamia angustifolia peut être confondue avec plusieurs autres Zamia à folioles étroites du complexe caribéen ou nord-américain, mais son extrême étroitesse foliaire combinée à ses cônes sombres permet une identification fiable à l’âge adulte.

Zamia integrifolia L.f., présente à Cuba, en Floride, dans les Bahamas et autres îles caribéennes, s’en distingue par des folioles nettement plus larges (généralement plus d’un centimètre de large), à marges entières ou irrégulièrement dentées dans la moitié distale, et des cônes habituellement plus clairs (fauves à brun clair). Sur l’île d’Eleuthera, où les deux espèces coexistent, leurs aires ne se recouvrent pas et les caractères discriminants sont aisément observables sur le terrain.

Zamia pumila L., type historique du genre, occupe République dominicaine, Haïti et Porto Rico, mais a longtemps été confondue avec d’autres Zamia caribéens dans la littérature. Sa morphologie présente des folioles plus larges que celles de Zamia angustifolia.

Zamia portoricensis Urb., endémique de Porto Rico, présente des folioles plus larges et un port différent.

Zamia erosa O.F.Cook & G.N.Collins (anciennement Z. amblyphyllidia), autre espèce caribéenne, se distingue par des folioles plus larges aux marges nettement dentelées en pointe et un port plus robuste.

À l’échelle du genre, Zamia spartea DC. (mexicaine) partage avec Zamia angustifolia l’étroitesse des folioles linéaires, mais sa distribution mexicaine et certaines différences morphologiques excluent toute confusion en pratique.

La distinction historique avec les populations cubaines mérite d’être notée : la position taxonomique des plantes de l’est de Cuba (provinces de Guantánamo, anciennement Oriente, et Santiago de Cuba) reste discutée, certains auteurs estimant qu’elles pourraient représenter un taxon distinct des populations bahamiennes. POWO maintient toutefois aujourd’hui une circonscription large incluant l’ensemble.

Taxonomie

Zamia angustifolia a été décrite en 1791 par Nikolaus Joseph von Jacquin (1727-1817), botaniste néerlandais établi à Vienne et l’un des plus prolifiques descripteurs botaniques du XVIIIᵉ siècle, dans l’ouvrage Collectanea ad botanicam, chemiam, et historiam naturalem spectantia (volume 3, pages 263-265). La description originale a été établie à partir de matériel cultivé en Autriche provenant des Bahamas. Une illustration accompagnant la description a été publiée l’année suivante (1792) sur la planche 636 de l’ouvrage Icones Plantarum Rariorum du même auteur. L’identifiant IPNI de l’espèce est 270503-2.

Sur le plan typologique, le statut du matériel-type a fait l’objet d’une clarification importante. Eckenwalder (1980, Journal of the Arnold Arboretum 61 : 715) avait désigné la planche 636 des Icones comme lectotype de l’espèce. Toutefois, comme cette illustration a été publiée en 1792, soit après le protologue de 1791, sa désignation typologique constitue formellement un néotype et non un lectotype au sens strict du Code international de nomenclature. La fiche cycadlist détaille précisément cette nuance nomenclaturale.

L’épithète spécifique angustifolia dérive du latin angustus (« étroit ») et folium (« feuille »), faisant référence directement aux folioles très étroites de l’espèce (Haynes, 2022). Cette étymologie morphologique transparente est cohérente avec le caractère diagnostique principal de la cycadale.

Sur le plan nomenclatural, POWO reconnaît une quinzaine de synonymes à Zamia angustifolia, témoignage d’une histoire taxonomique riche étalée sur plus de deux siècles. Le synonyme homotypique principal est Palmifolium angustifolium (Jacq.) Kuntze (Revisio Generum Plantarum 2 : 803, 1891), résultant d’une tentative générique aujourd’hui caduque. Les synonymes hétérotypiques incluent notamment Zamia angustissima Miq. (1851), Zamia yatesii Miq. (1851), Zamia multifoliolata A.DC. (1868), Zamia angustifolia var. angustissima (Miq.) Regel (1878), Zamia angustifolia var. yatesii (Miq.) Regel (1878), Zamia linifolia Regel (1878, pro syn.), Zamia linearifolia Linden, Zamia brachyphylla J.Schust. (1932, pro syn.), Zamia verbruggiana J.Schust. (1932, pro syn.) et Zamia guggenheimiana Carabia (1941). Cette diversité reflète à la fois la variation morphologique de l’espèce sur son aire de distribution et la circulation horticole de matériel cultivé sous différents noms européens au XIXᵉ siècle.

Plusieurs auteurs contemporains ont souligné que la relation taxonomique entre les populations bahamiennes et cubaines demanderait des études complémentaires (morphologiques, moléculaires) pour évaluer s’il s’agit d’un taxon unique ou de taxons distincts ayant convergé morphologiquement. POWO maintient actuellement une circonscription large, mais cette question n’est pas définitivement tranchée.

Dans la nature

Zamia angustifolia est distribuée selon POWO de l’est de Cuba aux Bahamas, avec deux aires géographiquement disjointes :

À Cuba, l’espèce occupe les provinces orientales de Guantánamo, Oriente (ancienne province) et Santiago de Cuba, où elle pousse en sous-bois de forêts sèches semi-décidues sur sols variés, généralement bien drainés. Elle y reste abondante localement, contrastant avec sa rareté ailleurs.

Aux Bahamas, l’espèce n’est connue que de deux sites sur l’île d’Eleuthera, sur dunes sableuses côtières et substrats rocheux dits « rouges » caractéristiques des îles bahamiennes. La population bahamienne est très réduite, estimée à environ 150 plantes lors d’un inventaire au début des années 2010. L’espèce est également mentionnée historiquement de l’île de New Providence, mais sa présence actuelle dans cette localité est incertaine.

L’habitat typique combine donc des stations très contrastées : sous-bois de forêts sèches semi-décidues à Cuba (intérieur des terres), dunes côtières aux Bahamas (littoral). Cette amplitude écologique illustre la plasticité écologique de l’espèce, ou potentiellement l’existence de taxons distincts comme discuté ci-dessus.

Le climat local des Bahamas est subtropical maritime, avec des températures estivales de 27-30 °C, des moyennes hivernales d’environ 21 °C et des minima occasionnels de 9-10 °C. Les précipitations annuelles avoisinent 1 100 mm, dont environ 75 % tombent en saison chaude (mai-octobre). À Cuba oriental, le climat est similaire mais avec une saison sèche plus prononcée à l’intérieur des terres.

L’évaluation IUCN classe Zamia angustifolia en Vulnérable (Vulnerable, VU) sur la Liste rouge des espèces menacées (Stevenson, 2010), reflétant principalement la précarité de la population bahamienne — petite, fragmentée, exposée au développement urbain et touristique (résidentialisation des dunes côtières d’Eleuthera) — ainsi que la conversion progressive des forêts cubaines, notamment pour l’extension des plantations d’ananas et d’autres cultures. La population cubaine, plus abondante, contribue toutefois à maintenir l’espèce en dehors des catégories de menace les plus élevées.

Comme l’ensemble des Cycadales, l’espèce est inscrite à l’annexe II de la CITES, ce qui réglemente strictement son commerce international.

Le système racinaire héberge, comme chez l’ensemble des cycadales, des racines coralloïdes abritant des cyanobactéries du genre Nostoc fixatrices d’azote, contribuant à la nutrition azotée de la plante en sols sableux ou rocheux parfois pauvres.

Culture de Zamia angustifolia

Zamia angustifolia compte parmi les Zamia caribéens les plus aisément cultivables, en raison de sa petite taille, de sa croissance régulière, de sa relative tolérance solaire et thermique, et de son adaptation à des conditions plus saisonnières que la plupart des Zamia strictement tropicaux. Elle est appréciée des collectionneurs pour son port aérien et son feuillage fin et graminoïde.

Culture en pot

La culture en conteneur est la formule la plus courante hors zone biogéographique compatible. On choisira un pot profond pour accueillir le caudex tubéreux fusiforme et le système racinaire pivotant, drainé par plusieurs orifices, en plastique épais, terre cuite ou matériau plus stable. Un pot de quinze à vingt-cinq centimètres de diamètre convient aux sujets adultes.

Le substrat doit être bien drainant et minéralisé, reproduisant les sols sableux ou rocheux bien aérés de l’habitat naturel. Un mélange équilibré associant sable grossier, perlite ou pouzzolane fine, terreau forestier et un peu d’écorces de pin compostées convient parfaitement. La rétention organique doit rester modérée, l’espèce étant adaptée à des sols relativement pauvres en matière organique. Le pH peut être neutre à légèrement alcalin (pour reproduire les conditions calcaires bahamiennes) ou neutre à légèrement acide (pour reproduire les conditions de forêt sèche cubaine).

L’exposition doit être lumineuse, voire vive : Zamia angustifolia présente une tolérance solaire remarquable parmi les Zamia, supportant le plein soleil tropical adulte en climat continental modéré, à condition d’une bonne acclimatation. En air sec et chaud, une légère exposition au soleil direct peut toutefois provoquer un blanchiment des folioles. En culture sous abri ou en climat froid, une lumière indirecte vive ou un ensoleillement filtré convient parfaitement.

Les arrosages doivent reproduire la saisonnalité de l’habitat : arrosages réguliers et soutenus en saison chaude et humide, ralentissement marqué en saison fraîche/sèche, conforme au repos végétatif naturel. Le substrat doit pouvoir s’assécher modérément entre deux arrosages, l’espèce supportant mal l’engorgement chronique mais s’accommodant de périodes de sécheresse relative grâce à son caudex tubéreux. L’hygrométrie ambiante modérée convient ; Zamia angustifolia tolère mieux que la plupart des Zamia tropicaux les ambiances un peu plus sèches. La fertilisation s’effectue avec un engrais équilibré faiblement dosé en saison de croissance, complété par un apport ponctuel de magnésium et d’oligo-éléments — les Cycadales étant sensibles aux carences en manganèse et magnésium qui se manifestent par des chloroses internervaires sur les folioles matures.

L’hivernage doit garantir un minimum thermique opérationnel (voir section Rusticité) et une diminution sensible des arrosages, conforme à la saisonnalité naturelle.

Culture en pleine terre

La mise en pleine terre est envisageable en climat subtropical à tempéré chaud, jusque dans certaines zones tempérées chaudes à hivers doux, sur des sites bien drainants, ensoleillés à mi-ombragés. La rusticité relative de Zamia angustifolia — l’une des meilleures du genre Zamia — élargit significativement les possibilités d’usage paysager comparé aux Zamia tropicaux.

Une rocaille à substrat sableux ou rocheux, un emplacement en bordure de massif ensoleillé, ou une situation sous canopée légère sur sol drainant conviennent. Un paillage minéral (gravier, pouzzolane) reproduit les conditions naturelles de surface et évite les pourritures basales. La croissance reste lente : plusieurs années sont nécessaires pour qu’un jeune sujet développe sa couronne foliaire adulte.

Multiplication

La multiplication de Zamia angustifolia s’effectue essentiellement par semis. L’espèce produit également occasionnellement des rejets latéraux exploitables sur les sujets âgés.

Le caractère dioïque impose la coexistence de sujets adultes des deux sexes pour obtenir des graines viables, ce qui suppose plusieurs plantes parvenues à maturité sexuelle. Une particularité notable de Zamia angustifolia est sa croissance rapide pour un Zamia : les sujets cultivés peuvent atteindre la maturité sexuelle et produire des cônes en seulement trois à cinq ans selon les conditions, ce qui en fait l’une des cycadales les plus précoces à fleurir en culture. La pollinisation naturelle dans les populations sauvages est assurée par des charançons spécialisés (Curculionidae) inféodés aux cycadales, attirés par un mécanisme combinant thermogenèse cônique, émissions olfactives et signaux visuels. En culture, la pollinisation manuelle s’effectue par récolte du pollen sur un cône mâle en pleine déhiscence et application au pinceau ou par insufflation sur les sporophylles d’un cône femelle réceptif.

Les graines mûres se reconnaissent à la coloration orange-rouge de leur sarcotesta. On les débarrasse de cette pulpe charnue par macération dans l’eau tiède pendant 24 à 48 heures puis frottement (gants impératifs : la sarcotesta contient des cycasines et macrozamines toxiques irritantes pour la peau et les muqueuses). Les semences nues, rincées, doivent être semées rapidement, leur viabilité décroissant dans les semaines suivant la récolte.

Le semis se fait à plat ou à demi-enterré sur un substrat très drainant à base de perlite ou sable grossier additionné d’un peu de matière organique, maintenu humide mais jamais détrempé, à une température constante de 22 à 28 °C sous hygrométrie modérée. La germination, hypogée, peut intervenir en quelques semaines à plusieurs mois selon les lots, avec un taux de réussite relativement élevé pour le genre. Le repiquage s’effectue après émission de la première fronde, dans des godets profonds adaptés au système racinaire pivotant.

La multiplication végétative par division des rejets latéraux est envisageable chez les sujets âgés. Les rejets bien pourvus de racines fonctionnelles peuvent être prélevés et enracinés directement, en veillant à laisser cicatriser les sections avant rempotage dans un substrat très drainant.

Maladies et ravageurs

Zamia angustifolia partage avec l’ensemble des cycadales cultivées une sensibilité à un nombre limité mais bien identifié d’organismes nuisibles.

La cochenille asiatique des cycas, Aulacaspis yasumatsui, demeure à l’échelle mondiale le ravageur le plus préoccupant des collections de cycadales depuis sa dispersion accidentelle hors d’Asie du Sud-Est à partir des années 1990. Cette cochenille à bouclier blanc colonise massivement la face inférieure des folioles puis l’ensemble de la plante, provoquant en quelques mois la chlorose, le dessèchement et la mort en l’absence de traitement. La lutte combine traitements systémiques à base d’imidaclopride ou de dinotéfurane, applications topiques d’huiles minérales et, dans les régions où ces auxiliaires sont établis, mobilisation du prédateur Cybocephalus nipponicus et du parasitoïde Coccobius fulvus dans des programmes intégrés. Les folioles très fines de Zamia angustifolia sont particulièrement vulnérables à la dégradation rapide en cas d’infestation.

Les pourritures racinaires et caulinaires d’origine fongique (Pythium, Phytophthora, Fusarium) constituent un risque réel pour cette espèce à caudex tubéreux subterrané, particulièrement en cas d’arrosage excessif ou de substrat insuffisamment drainant. Zamia angustifolia, adaptée à des sols bien drainants en milieu naturel, supporte particulièrement mal l’humidité stagnante. Une aération correcte du substrat, un drainage rigoureux et un suivi attentif des plantules limitent ces incidents.

Les cochenilles farineuses et les acariens apparaissent occasionnellement en serre ou en intérieur lors d’épisodes secs ; un bassinage régulier du feuillage en saison chaude et une hygrométrie modérée les tiennent généralement à distance.

Sur le plan sanitaire humain, toutes les parties de la plante — feuilles, tige, graines — contiennent des composés neurotoxiques (cycasines, macrozamines, BMAA) responsables d’intoxications graves en cas d’ingestion non préparée. La sarcotesta charnue orange-rouge des graines, particulièrement attractive, doit être tenue hors de portée des enfants et des animaux domestiques.

Rusticité

Zamia angustifolia présente l’une des meilleures rusticités au froid du genre Zamia, propriété notable qui élargit considérablement les possibilités de culture par rapport aux espèces strictement tropicales équatoriales.

Son habitat naturel aux Bahamas connaît des températures hivernales descendant occasionnellement à 9-10 °C, et l’espèce est documentée comme tolérant des gelées légères occasionnelles chez les sujets bien établis. Les sources horticoles spécialisées rapportent une tolérance opérationnelle aux environs de -3 °C (26 °F) chez les sujets adultes, à condition d’une bonne acclimatation et d’un drainage parfait. L’espèce se place ainsi en zone USDA 9b à 10, position favorable qui la distingue de la plupart des Zamia tropicaux strictement.

Le caudex strictement subterrané confère par ailleurs une protection thermique notable : même en cas de dépérissement du feuillage aérien par le froid, le caudex souterrain conserve sa viabilité grâce à l’inertie thermique du sol et peut reformer une nouvelle couronne foliaire au printemps suivant. Cette résilience caulinaire constitue un atout majeur pour la culture en climat tempéré chaud à hivers doux.

En culture extérieure, l’espèce est envisageable dans les climats subtropicaux à tempérés chauds sans gel sévère prolongé, sur emplacement bien drainant et ensoleillé à mi-ombragé. Les sujets en pot peuvent passer l’hiver à l’extérieur dans les zones limites à condition d’un substrat parfaitement drainant et d’une protection contre les pluies hivernales prolongées. Sous climats à hivers plus rigoureux (zone USDA 8 et plus froide), la culture en serre froide à tempérée hors gel ou en intérieur lumineux est préférable, avec un minimum thermique opérationnel maintenu entre 5 et 10 °C en repos hivernal — un régime nettement plus permissif que celui exigé par les Zamia tropicaux.

Usages traditionnels éventuels

L’ethnobotanique de Zamia angustifolia est documentée principalement à Cuba, où l’espèce porte plusieurs noms vernaculaires en espagnol cubain : yuquilla de ratón (« petit manioc de souris », en référence au caudex tubéreux), guayacancillo, camarón guayaru. Ces dénominations témoignent d’une connaissance locale ancienne et d’une identification claire dans le paysage culturel cubain.

Comme l’ensemble des cycadales caribéennes, Zamia angustifolia a historiquement fait l’objet d’usages alimentaires reposant sur l’extraction d’amidon à partir du caudex tubéreux, après détoxification rigoureuse (lessivages prolongés, fermentations, cuissons successives) destinée à neutraliser les cycasines et macrozamines neurotoxiques. Ces pratiques rappellent celles attestées pour Zamia integrifolia en Floride (où l’amidon a alimenté l’industrie du « coontie » jusqu’au début du XXᵉ siècle) et pour d’autres Zamia caribéens. Toutefois, en raison de la rareté actuelle de l’espèce et de son statut conservationniste, ces usages alimentaires sont aujourd’hui considérés comme proscrits sauf en situation de pénurie alimentaire majeure.

Dans l’herboristerie afro-cubaine traditionnelle, Zamia angustifolia est mentionnée parmi les plantes utilisées localement (Quirós-Morán, 2009), généralement en application externe après préparation soigneuse, mais ces usages relèvent davantage du patrimoine ethnobotanique que de pratiques cliniques validées.

Sur le plan horticole et ornemental, Zamia angustifolia est appréciée des collectionneurs spécialisés pour la finesse de son feuillage, sa relative facilité de culture, sa rusticité au froid inhabituelle pour le genre et la rapidité de sa mise à fleur. La diffusion horticole responsable s’effectue désormais à partir de semences produites en collections internationales spécialisées, dans le respect du cadre CITES.

FAQ pour Zamia angustifolia

Pourquoi cette espèce s’appelle-t-elle « angustifolia » ? L’épithète angustifolia dérive du latin angustus (« étroit ») et folium (« feuille »), faisant référence directement aux folioles très étroites de l’espèce, parmi les plus fines du genre Zamia. Cette caractéristique morphologique transparente justifie le choix nomenclatural de Jacquin (1791).

Comment distinguer Zamia angustifolia de Zamia integrifolia ? Les deux espèces se rencontrent aux Bahamas (sur Eleuthera notamment), où leurs aires sont géographiquement séparées. Zamia angustifolia présente des folioles linéaires extrêmement étroites (souvent moins d’un centimètre de large) et des cônes mâles caractéristiquement sombres (gris foncé à noirâtres) à apex acuminés. Zamia integrifolia a au contraire des folioles nettement plus larges (généralement plus d’un centimètre), à marges entières ou irrégulièrement dentées dans la moitié distale, et des cônes habituellement plus clairs (fauves à brun clair).

Quel substrat utiliser pour le rempotage ? Un mélange minéral et drainant : sable grossier, perlite ou pouzzolane, terreau forestier et un peu d’écorces de pin compostées. La rétention organique doit rester modérée, l’espèce étant adaptée à des sols sableux ou rocheux. Le pH peut être neutre à légèrement alcalin (style bahamien) ou neutre à légèrement acide (style cubain).

Peut-on cultiver Zamia angustifolia à l’extérieur dans les régions tempérées ? Oui, c’est l’une des Zamia les plus aisément cultivables hors zone tropicale stricte. Les sujets adultes bien établis tolèrent des gelées légères occasionnelles (jusqu’à environ -3 °C) à condition d’un drainage parfait et d’une exposition lumineuse. L’espèce convient aux zones USDA 9b et 10, soit aux climats subtropicaux à tempérés chauds à hivers doux. Dans les climats plus froids, la culture en pot rentré hors gel l’hiver reste possible.

Pourquoi mes folioles deviennent-elles blanchâtres au plein soleil ? Zamia angustifolia tolère le plein soleil mieux que la plupart des Zamia, mais en conditions de fort ensoleillement combiné à un air sec, un blanchiment partiel des folioles peut apparaître (phénomène de « photoblanchiment »). Cette dégradation est généralement réversible avec un retour à une exposition plus filtrée ou une augmentation de l’hygrométrie locale.

Pourquoi mes folioles présentent-elles des taches jaunâtres et un aspect crayeux sur la face inférieure ? Ces symptômes évoquent une infestation par la cochenille asiatique des cycas (Aulacaspis yasumatsui), parasite majeur des cycadales en collection. Inspecter attentivement la face inférieure des frondes ; en cas de confirmation, un traitement systémique combiné à des huiles minérales s’impose sans délai. Les folioles fines de Zamia angustifolia sont particulièrement vulnérables.

Les graines sont-elles toxiques ? Oui. Toutes les parties de la plante, y compris la sarcotesta charnue orange-rouge des graines, contiennent des cycasines, macrozamines et BMAA neurotoxiques. La manipulation des graines lors du dépulpage s’effectue avec des gants, et l’accès aux cônes mûrs doit être interdit aux enfants et aux animaux domestiques.

Sites de référence

Plants of the World Online (POWO, Kew) — fiche taxonomique officielle : https://powo.science.kew.org/taxon/urn:lsid:ipni.org:names:270503-2

International Plant Names Index (IPNI) — protologue et identifiant nomenclatural : https://www.ipni.org/n/270503-2

World List of Cycads (Calonje, Stevenson et collaborateurs) — fiche détaillée sur Cycadlist : https://cycadlist.org/scientific_name/441

World Flora Online — traitement de l’espèce : https://www.worldfloraonline.org/taxon/wfo-0000429855

IUCN Red List of Threatened Species — évaluation du statut de conservation : https://www.iucnredlist.org/

CITES Species+ — statut commercial international (annexe II) : https://www.speciesplus.net/

Wikipedia (langue anglaise) — synthèse référencée : https://en.wikipedia.org/wiki/Zamia_angustifolia

Bibliographie

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Eckenwalder, J.E. 1980. Taxonomy of the West Indian cycads. Journal of the Arnold Arboretum 61(4) : 701-722. [Traitement taxonomique des cycadales des Antilles ; désigne un type pour Zamia angustifolia à partir de la planche 636 de Jacquin (1792), désignation aujourd’hui considérée comme néotype et non lectotype.]

Haynes, J.L. 2022. Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. [Compendium étymologique de référence ; précise l’origine de l’épithète angustifolia en référence aux folioles étroites.]

Jacquin, N.J. von 1791. Zamia angustifolia. Collectanea ad botanicam, chemiam, et historiam naturalem spectantia 3 : 263-265. Vienne. [Protologue de l’espèce, à partir de matériel cultivé en Autriche provenant des Bahamas.]

Jacquin, N.J. von 1792. Zamia angustifolia. Icones Plantarum Rariorum 3 : planche 636. Vienne. [Illustration originale de l’espèce, publiée l’année suivant le protologue ; planche désignée par Eckenwalder (1980) comme néotype.]

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