Dioon sonorense

Dioon sonorense est une petite cycadale du nord-ouest du Mexique, qui vit dans le sud de l’État de Sonora et le nord du Sinaloa, dans les forêts tropicales sèches, les chênaies et les fourrés xérophiles du piémont de la Sierra Madre occidentale. Espèce du genre Dioon, longtemps connue sous le nom de Dioon tomasellii var. sonorense, elle a été pendant vingt ans le Dioon le plus septentrional : depuis 2018, ses populations les plus au nord forment une espèce distincte, Dioon vovidesii. Elle forme un tronc court, souvent à peine sorti du sol, et des feuilles dressées aux folioles très étroites, légèrement en faucille. Classée en danger par l’UICN, elle est très rare en culture, et sa réputation de rusticité ne repose sur aucune mesure publiée.

L’essentiel sur Dioon sonorense

  • Nom accepté : Dioon sonorense (De Luca, Sabato & Vázq.Torres) Chemnick, T.J.Greg. & Salas-Mor., publié dans Phytologia 83(1), daté de 1997 et paru en 1998 ; accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15), GBIF et Species+ ; également accepté par la World Checklist of Vascular Plants de Kew, base de POWO (version de juin 2026 publiée sur GBIF)
  • Anciens noms et synonymes : Dioon tomasellii var. sonorense De Luca, Sabato & Vázq.Torres (1984), basionyme ; Dioon edule var. sonorense (De Luca, Sabato & Vázq.Torres) McVaugh & Pérez de la Rosa (1992)
  • Famille : Zamiaceae, ordre des Cycadales
  • Noms communs : aucun nom français attesté ; palma de la virgen, peine et peyote au Mexique
  • Répartition naturelle : Mexique, sud de la Sonora et nord du Sinaloa ; la révision de 2020 donne 1 000 à 1 800 m, avec des récoltes plus basses
  • Statut UICN : en danger (EN A2cd+4cd), évaluation de J.D. Bösenberg datée de juin 2019, publiée en 2022
  • CITES et autres protections : annexe II de la CITES ; annexe B dans l’Union européenne ; « en danger d’extinction » (catégorie P) au Mexique selon la norme NOM-059-SEMARNAT-2010
  • Rusticité documentée : aucune mesure publiée ni aucun retour daté documenté ; une pépinière européenne la classe en zone 9b, avec des dégâts possibles sous 0 °C (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : non documentés pour la culture en dehors des pépinières ; dans la nature, pentes sèches et rocailleuses
  • Port et dimensions adultes : plante de 30 à 60 cm de haut ; tronc de 22 à 25 cm de diamètre ; feuilles de 80 à 120 cm (révision de 2020)
  • Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme toutes les cycadales (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Dioon sonorense ?

On reconnaît Dioon sonorense à sa petite taille, à ses feuilles dressées et nombreuses et à ses folioles très étroites, larges de moins de 7 mm, glauques, un peu arquées et bien espacées le long du rachis. La description de 1984 le distinguait de la forme type de Dioon tomasellii par ses folioles glauques et plus étroites, larges de 4,5 à 6,5 mm, et par un pétiole et un rachis presque cylindriques.

La révision du genre publiée en 2020 par Hernández-Tapia, Jiménez-Ramírez et Vovides en donne la description suivante :

  • Port : plante de 30 à 60 cm de haut ; tronc de 22 à 25 cm de diamètre ;
  • Cataphylles : triangulaires et terminées par une longue pointe (aristées), laineuses, de 8 à 16 cm ;
  • Feuilles : 8 à 20 par couronne, de 80 à 120 cm sur 20 à 25 cm, tomenteuses, parfois glabrescentes, à poils brun clair ; pétiole de 8 à 16,5 cm, laineux à la base ; rachis droit à tordu vers le sommet ;
  • Folioles : 70 à 90 paires, en faucille, acuminées, couchées à retombantes, non imbriquées ; les médianes longues de 7,6 à 14,6 cm ; bord entier, parfois avec 1 à 3 petites épines ; 8 à 14 nervures ;
  • Cônes mâles : cylindriques, de 25 à 26,5 cm sur 7 à 8 cm, presque sessiles ;
  • Cônes femelles : cylindriques, d’environ 21 cm sur 15 cm, presque sessiles ; écailles plates, oblongues, en forme de truelle, laineuses sur la face externe ;
  • Graines : globuleuses, d’environ 2 cm, à enveloppe charnue jaune à jaune orangé.

Chemnick, Gregory et Salas-Morales (1997, paru en 1998) ajoutent des caractères visibles sur une plante cultivée : une couronne de feuilles nombreuses, courtes, dressées, parfois tordues en spirale ; un rachis et un pétiole fins, couverts d’une pubescence dense à la sortie puis restant verts ; des folioles souvent armées d’une à trois petites épines vers l’extrémité, espacées d’environ leur propre largeur ; et des jeunes feuilles vert clair, à peine tomenteuses, au rachis couvert d’un duvet argenté. Ces auteurs décrivaient toutefois l’espèce dans son sens ancien, qui incluait encore les populations aujourd’hui rattachées à Dioon vovidesii.

Hybrides

Aucun hybride naturel ou horticole de Dioon sonorense n’est décrit. Dans l’étude génomique de Gutiérrez-Ortega et ses collègues (2021), le modèle le mieux ajusté ne comporte aucun flux de gènes entre Dioon sonorense et Dioon vovidesii, malgré l’absence de barrière géographique nette entre les deux espèces.

Confusions possibles

Avec Dioon vovidesii

C’est la confusion la plus probable, car les deux espèces n’en formaient qu’une jusqu’en 2018, et beaucoup de plantes vendues sous le nom de Dioon sonorense n’ont pas de provenance précise. Dioon vovidesii vit plus au nord, dans le centre de la Sonora. Selon la révision de 2020, il est plus grand (jusqu’à 1,5 m), avec des folioles plus courtes et plus larges, des écailles femelles deltoïdes et des graines ovoïdes ; Dioon sonorense a des folioles plus longues et plus fines, des cataphylles aristées, des écailles femelles en forme de truelle et des graines globuleuses. Les deux espèces diffèrent aussi par l’anatomie de l’épiderme des folioles et par leur génétique (Gutiérrez-Ortega et al., 2018a). Sans étiquette d’origine, une jeune plante reste difficile à attribuer.

Avec Dioon tomasellii

Dioon tomasellii, plus au sud (Durango, Jalisco, Nayarit, Sinaloa), est l’espèce dont Dioon sonorense a été séparé. Selon Chemnick et ses collègues, il a des feuilles moins nombreuses, plus longues et arquées, un rachis plus épais et très tomenteux, et des folioles plus larges, vert foncé, retombantes, en faucille, presque sans épines, gardant un duvet persistant à la face inférieure, très serrées les unes contre les autres ; ses jeunes feuilles sortent couvertes d’un épais duvet brun doré. Les folioles de Dioon sonorense sont plus étroites, glauques, souvent épineuses et espacées, et ses jeunes feuilles sont vert clair. La description de 1984 donnait 7 à 12 mm de large pour les folioles de la variété type, contre 4,5 à 6,5 mm pour la variété sonorense. Les deux espèces sont proches parentes : une étude de l’ADN chloroplastique a trouvé chez Dioon sonorense un haplotype partagé avec Dioon tomasellii (Gutiérrez-Ortega et al., 2014). Dioon stevensonii, du Guerrero et du Michoacán, autrefois inclus dans Dioon tomasellii, s’en distingue de la même façon par ses folioles plus larges.

Avec Dioon edule et Dioon angustifolium

L’espèce a été rattachée un temps à Dioon edule (McVaugh et Pérez de la Rosa, 1992), mais celui-ci vit dans l’est du Mexique et a des folioles plates, à bord entier, insérées à angle droit. Les auteurs de 1984 notaient que les populations les plus septentrionales de Dioon edule et de Dioon tomasellii ont toutes deux des folioles étroites et glauques ; une plante de Dioon angustifolium, du nord-est du Mexique, peut donc ressembler à Dioon sonorense en culture, alors que les deux espèces appartiennent à des lignées différentes du genre. Les folioles un peu arquées et épineuses de Dioon sonorense et la provenance permettent de les séparer.

Taxonomie

Le nom actuel résulte de trois étapes. En 1984, Paolo De Luca, Sergio Sabato et Mario Vázquez Torres décrivent dans Brittonia (36(3) : 223-227) une espèce nouvelle de l’ouest du Mexique, Dion tomasellii (orthographe qu’ils employaient alors), avec deux variétés : la variété type, du Guerrero au Durango, et la variété sonorense, du centre de la Sonora au nord du Sinaloa, aux folioles plus étroites et glauques. Selon la révision de 2020, le type de la variété a été récolté à Álamos (Sonora), vers 950 m (Vázquez Torres 2308). En 1992, McVaugh et Pérez de la Rosa la rattachent à Dioon edule, dans la Flora Novo-Galiciana. Enfin, Jeffrey Chemnick, Timothy Gregory et Silvia Salas-Morales l’élèvent au rang d’espèce dans Phytologia (83(1) : 1-6), dans un numéro daté de juillet 1997 mais paru en 1998 selon The World List of Cycads. Ils s’appuient sur des caractères morphologiques qui se maintiennent en culture, sur l’absence de formes intermédiaires avec Dioon tomasellii, sur des milieux différents et sur une analyse de l’ADN chloroplastique de Moretti et ses collègues (1993), qui comptait dix différences entre les deux taxons, plus qu’entre plusieurs paires d’espèces reconnues.

Le contenu de l’espèce a changé en 2018. Gutiérrez-Ortega et ses collègues ont montré, par la morphologie des feuilles, l’anatomie de la cuticule et de l’épiderme et la génétique des populations, que Dioon sonorense réunissait deux unités biologiques : les populations du sud de la Sonora et du nord du Sinaloa, qui gardent le nom, et les populations les plus septentrionales, décrites sous le nom de Dioon vovidesii (Phytotaxa, 2018a). Une étude génétique de la même année les avait identifiées comme des unités évolutives distinctes (Conservation Genetics, 2018b). En 2021, une étude portant sur 809 marqueurs du génome a confirmé la séparation, placé la limite près du 28e parallèle nord, qui correspond à peu près à la limite nord des forêts tropicales de l’ouest du Mexique, et estimé la divergence à environ 829 000 ans (Gutiérrez-Ortega et al., 2021). Pour le lecteur, cela signifie que les données publiées avant 2018 sur « Dioon sonorense », y compris les retours de culture et les altitudes, peuvent concerner l’une ou l’autre espèce.

Dans la révision de 2020, qui reprend la phylogénie de Dorsey et ses collègues (2018), Dioon sonorense appartient au clade occidental du genre, avec Dioon vovidesii, Dioon tomasellii et Dioon stevensonii. La révision considère comme non valide le nom Dioon edule var. gentryi, cité comme synonyme, faute de publication.

Étymologie et histoire

L’épithète sonorense signifie « de la Sonora », l’État mexicain où l’espèce a été décrite (The World List of Cycads, d’après Haynes, 2022). Le nom de genre vient du grec dis, « deux », et ôon, « œuf », pour les deux graines portées par chaque écaille du cône femelle.

Les Dioon de la Sonora étaient connus bien avant 1984 : la description originale cite des récoltes de Howard Scott Gentry dans les années 1930 et 1940, et rappelle que des plantes de la région avaient été rapportées à tort à Dioon purpusii par Paul C. Standley (1920) ou classées par Joseph N. Rose sous un nom jamais publié. L’histoire de l’espèce en culture est liée à Naples : les auteurs de 1984 illustrent des semis d’un an, issus de graines récoltées en Sonora, cultivés au jardin botanique de Naples. Une photo de 1998 de Geoff Stein, reprise par la Virtual Cycad Encyclopedia des sociétés de palmiers et de cycadales de Floride, montre une plante cultivée dans un jardin privé de Los Angeles.

Noms communs

Aucun nom français n’est attesté. La description de 1984 donne « palma de la virgen » pour le sud de la Sonora et « peine » (peigne) pour le centre de la Sonora. La révision de 2020, d’après Bonta et Osborne (2007), cite palma de la virgen, peine et peyote, et la norme mexicaine NOM-059-SEMARNAT-2010 palma de la virgen (Sonora, Sinaloa) et peyote (Sonora) ; Species+ retient palma de la virgen. Ces noms sont ambigus : palma de la virgen désigne aussi Dioon tomasellii et d’autres Dioon, et les noms relevés avant 2018 en Sonora centrale peuvent concerner Dioon vovidesii.

Dans la nature

Dioon sonorense vit dans le sud de la Sonora et le nord du Sinaloa, sur le versant pacifique de la Sierra Madre occidentale. L’étude de 2021 a échantillonné ses populations d’Álamos et de Choquincahui, et la révision de 2020 cite des récoltes d’Álamos et de Choix (Sinaloa) ; les coordonnées précises ne sont pas publiées, pour décourager les prélèvements. La révision situe l’espèce dans les fourrés xérophiles, les chênaies et la forêt tropicale décidue, et à la transition entre ces milieux, entre 1 000 et 1 800 m, sous des climats semi-arides ; plusieurs spécimens qu’elle cite ont pourtant été récoltés plus bas, jusque vers 300 m. Les plantes récoltées au Chihuahua sont des plantes cultivées.

Gutiérrez-Ortega et ses collègues (2021) précisent que Dioon sonorense vit dans des forêts sèches saisonnières d’origine tropicale, alors que Dioon vovidesii occupe plus au nord des fourrés xérophiles et des chênaies. Le climat de ses stations est plus chaud, moins saisonnier et plus arrosé que celui de Dioon vovidesii, dont les hivers sont plus froids. Les chiffres souvent cités pour « l’espèce la plus septentrionale », 615 à 1 200 m d’altitude et 250 à 500 mm de pluie par an sur des pentes raides et très sèches (Chemnick et al., 1997), décrivaient l’espèce dans son sens ancien, essentiellement en Sonora centrale : ils s’appliquent en bonne partie à ce qui est aujourd’hui Dioon vovidesii.

Statut de conservation et réglementation

Dioon sonorense est classé en danger (EN) sur la Liste rouge de l’UICN, au titre des critères A2cd+4cd : réduction de la population d’au moins 50 % sur trois générations, passée et en cours, due à la dégradation de l’habitat et à l’exploitation. L’évaluation, de J.D. Bösenberg, est datée du 28 juin 2019 et a été publiée en 2022 (The World List of Cycads ; Crossref) ; l’évaluation précédente, de 2010, était signée par J. Chemnick et T. Gregory. Selon la révision de 2020, la fabrication d’alcool à partir du tronc (sotol, bacanora) a fortement réduit les populations, jusqu’au bord de l’extinction ; Bonta et ses collègues (2019) écrivent qu’en Sonora, l’extraction de l’amidon des troncs de Dioon pour l’alcool de sotol a fait disparaître des populations entières. En 2014, Gutiérrez-Ortega et ses collègues notaient que seules les populations du sud étaient protégées dans une aire de conservation.

L’espèce relève de l’annexe II de la CITES, comme tout le genre depuis le 4 février 1977, avec l’annotation #4 (version issue de la CoP20, en vigueur depuis le 5 mars 2026), qui exempte notamment les graines et le pollen ; le commerce international des plantes vivantes exige un permis. Dans l’Union européenne, elle relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Au Mexique, la norme NOM-059-SEMARNAT-2010, antérieure à la séparation de Dioon vovidesii, la classe « en danger d’extinction » (catégorie P), selon le texte du Diario Oficial de la Federación consulté le 19 octobre 2026.

Bases consultées le 19 octobre 2026 (Species+, GBIF, The World List of Cycads, Crossref). Ces informations ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat et préférez des plantes issues de semis en culture.

Culture

Dioon sonorense est très rare en culture et presque rien n’a été publié sur ses besoins ; les seules indications viennent d’une pépinière. La pépinière spécialisée Cycadales.eu, qui en propose des rejets enracinés, la présente comme une petite espèce de conditions très sèches, au feuillage bleuté dans sa jeunesse puis plus vert, de culture facile « du moment qu’on lui apporte de la chaleur et de l’eau en été », avec un engrais de préférence à libération lente, à condition de la protéger du froid ; elle précise qu’elle pousse très bien en sol calcaire, qu’elle est sensible aux excès d’eau quand il fait froid et que c’est une plante de milieux chauds.

La rareté de l’espèce en culture et sa séparation récente d’avec Dioon vovidesii imposent de vérifier la provenance des plantes vendues sous ce nom. Les recettes de substrat et les calendriers d’arrosage qui circulent pour cette espèce ne reposent sur aucune source qui lui soit propre ; pour les principes généraux, voir la page du genre.

Aucune observation de Dioon sonorense n’est publiée pour le Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures.

Multiplication

Dioon sonorense se multiplie par semis, et la pépinière Cycadales.eu en vend aussi des rejets enracinés, ce qui montre que l’espèce peut former des rejets à la base. Comme toutes les cycadales, elle est dioïque : il faut un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines fertiles. Les auteurs de 1984 ont fait germer à Naples des graines récoltées en Sonora ; ils notent que ses plantules sont plus petites que celles des populations plus au sud, avec des folioles très glauques et étroites. Les graines étant exemptées de la CITES, c’est la façon la plus simple d’obtenir des plantes de provenance connue. Aucune publication spécifique ne porte sur la germination.

Maladies et ravageurs

Aucune maladie ni aucun ravageur propre à l’espèce n’est documenté. La pépinière Cycadales.eu signale sa sensibilité aux excès d’eau par temps froid : comme chez les autres Dioon, la pourriture des racines et du tronc en sol froid et détrempé est le principal risque en culture.

Rusticité

On ne sait pas quel froid supporte Dioon sonorense. L’espèce est souvent présentée comme l’un des Dioon les plus rustiques ou les plus résistants à la sécheresse, parce qu’elle a longtemps été le Dioon le plus septentrional ; mais aucune température minimale n’a été publiée pour ses stations, aucun essai de culture au froid n’est documenté, et depuis 2018 les populations du nord, aux hivers plus froids, appartiennent à Dioon vovidesii. Les valeurs qui circulent (de −3 à −6 °C, zones USDA 9b à 11) sont des estimations sans source.

En France

Aucun retour de culture n’est documenté. Aucune donnée n’existe donc pour le littoral méditerranéen, la façade atlantique ou l’intérieur. En l’absence de données, une plante de cette espèce rare et menacée se cultive de préférence en pot, rentrée à l’abri du gel et de la pluie en hiver.

Repères internationaux

  • Europe : la pépinière Cycadales.eu la classe en zone 9b, avec des dégâts possibles dès que la température descend sous 0 °C.
  • Italie : les semis cultivés à Naples en 1984 sont la seule trace de culture documentée dans le pays.
  • États-Unis : l’espèce est cultivée en Californie (photo de 1998 dans un jardin de Los Angeles) ; aucune source datée ne le documente.

Toxicité et précautions

Aucune étude de toxicité n’est documentée pour Dioon sonorense, mais il faut le considérer comme toxique, comme toutes les cycadales. Les cycadales contiennent des glycosides toxiques (cycasine, macrozamine), dont dérive le méthylazoxyméthanol, une toxine du foie et du système nerveux ; les graines sont la partie la plus dangereuse. Bonta et ses collègues (2019) signalent en outre, dans l’ouest du Mexique, des effets hallucinogènes attribués localement aux cycadales appelées « peyote », dont Dioon sonorense.

Portez des gants pour manipuler les graines, et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Selon la révision de 2020, l’espèce est utilisée comme plante ornementale, son tronc sert à fabriquer de l’alcool (sotol et bacanora), et elle est employée en médecine traditionnelle contre les piqûres d’insectes, les morsures de serpent et les douleurs articulaires. Bonta et al. (2019) mentionnent l’usage du mucilage contre les troubles des articulations. Ces usages ont été relevés avant ou pendant la séparation de Dioon vovidesii, et les sources ne précisent pas toujours de quelles populations il s’agit. Ne tentez jamais de consommer ou d’utiliser une partie de la plante.

FAQ

Dioon sonorense est-il le Dioon le plus rustique ?

Rien ne permet de l’affirmer. Il a longtemps été le Dioon le plus septentrional, d’où sa réputation, mais aucune mesure de froid n’a été publiée et les populations du nord, aux hivers plus froids, sont devenues Dioon vovidesii en 2018. Une pépinière européenne le classe en zone 9b, avec des dégâts possibles sous 0 °C.

Est-ce toujours le Dioon le plus septentrional ?

Non. Depuis 2018, ce titre revient à Dioon vovidesii, qui atteint la Sierra de Mazatán, près du 29e parallèle. Dioon sonorense au sens actuel ne vit que dans le sud de la Sonora et le nord du Sinaloa, au sud du 28e parallèle environ.

Comment le distinguer de Dioon tomasellii ?

Par les folioles et les jeunes feuilles. Dioon sonorense a des folioles étroites (moins de 7 mm), glauques, souvent épineuses et espacées, et des jeunes feuilles vert clair ; Dioon tomasellii a des folioles plus larges, vert foncé, retombantes et serrées, et des jeunes feuilles couvertes d’un duvet brun doré.

Supporte-t-il la sécheresse ?

Probablement bien, mais ce n’est pas mesuré en culture. Il vit dans des forêts sèches saisonnières et des fourrés sur pentes rocailleuses, avec une longue saison sèche. Les chiffres de 250 à 500 mm de pluie souvent cités concernaient l’ancien concept de l’espèce, surtout la Sonora centrale.

Peut-on le cultiver en pleine terre en France ?

On ne sait pas. Aucun essai n’a été publié en France. Par prudence, cultivez-le en pot, dans un substrat très drainant, et rentrez-le à l’abri du gel et de la pluie en hiver.

Est-il toxique ?

Oui, il faut le considérer comme toxique, comme toutes les cycadales, surtout ses graines. Gardez-les hors de portée des enfants et des animaux, et appelez un centre antipoison en cas d’ingestion.

Est-il menacé ?

Oui. Il est classé en danger par l’UICN (évaluation publiée en 2022) et en danger d’extinction au Mexique. La fabrication d’alcool à partir des troncs et la perte d’habitat ont détruit des populations entières.

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Sites de référence

Bibliographie

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