Encephalartos ituriensis est une grande cycadale arborescente endémique du nord-est de la République démocratique du Congo, où elle ne pousse que sur quelques dômes granitiques qui émergent de la forêt de l’Ituri, entre 1 100 et 1 200 m d’altitude. Décrite en 1990 par les botanistes Paul Bamps, du Jardin botanique national de Belgique, et Stanislas Lisowski, de l’université de Poznań, cette espèce du genre Encephalartos forme des troncs pouvant atteindre 6 m, souvent couchés, couronnés de feuilles vert foncé et luisantes de 2 à 3 m. Sa description a été corrigée en 1998, quand on a découvert que ses cônes femelles mûrs mesurent environ 55 cm, et non 20 cm comme on l’avait d’abord écrit. L’UICN la classe vulnérable depuis 2022, en raison du petit nombre de plantes adultes. En France, elle se cultive en pot, hivernée à l’abri, et ses jeunes plants craignent l’excès d’eau.
L’essentiel sur Encephalartos ituriensis
- Nom accepté : Encephalartos ituriensis Bamps & Lisowski (1990), nom accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15), Species+ et GBIF ; description amendée par Vorster et Gereau (1998)
- Anciens noms et synonymes : aucun synonyme ; les premières récoltes avaient été provisoirement nommées Encephalartos hildebrandtii
- Famille : Zamiaceae
- Noms communs : aucun nom français attesté ; « Ituri forest cycad » en anglais (Species+)
- Répartition naturelle : nord-est de la République démocratique du Congo (forêt de l’Ituri), cinq localités connues sur environ 160 km, entre Nzaro et Nyankunde, de 1 100 à 1 200 m ; une présence en Ouganda, envisagée en 1990 et encore indiquée par Species+, n’est pas retenue par The World List of Cycads
- Statut UICN : vulnérable (VU, critère D1), évaluation de J.D. Bösenberg datée du 5 mars 2020 et publiée en 2022 ; quasi menacée (NT) auparavant
- CITES et autres protections : annexe I de la CITES (tout le genre, depuis 1977) ; annexe A dans l’Union européenne
- Rusticité documentée : aucune valeur mesurée ; les retours de culture datés concernent de jeunes plantes en pot, hivernées à l’abri (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : dans la nature, dômes granitiques exposés, hors de la forêt, à flore xérophile et sol très drainant ; en culture, lumière vive, substrat drainant, arrosages très prudents en hiver
- Port et dimensions adultes : tronc jusqu’à 6 m de long et 40 à 50 cm d’épaisseur, généralement couché ; feuilles de 2 à 3 m ; cônes femelles d’environ 55 cm sur 20 cm (Vorster et Gereau, 1998)
- Toxicité : graines toxiques, comme chez toutes les cycadales (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Encephalartos ituriensis ?
On le reconnaît à son tronc souvent couché dont seule l’extrémité se redresse, à sa couronne en demi-sphère de feuilles droites, vert foncé et luisantes, à ses folioles assez souples, aux bords enroulés et munis de petites dents, et à ses cônes vert glauque qui jaunissent à maturité. La description amendée de Vorster et Gereau (1998), fondée sur des plantes vues dans la nature, donne les caractères suivants :
- Tronc : non ramifié mais drageonnant parfois à la base, long de 6 m au plus et épais de 40 à 50 cm, généralement couché, l’extrémité redressée quand il dépasse 2 m, couvert de bases de feuilles disposées régulièrement ; sommet glabre, sauf un duvet fauve sur les cataphylles ;
- Feuilles : nombreuses, étalées-ascendantes, droites, vert foncé luisant, longues de 2 à 3 m, sans pétiole ; base du rachis couverte d’un court duvet fauve ;
- Folioles : environ 80 paires, réduites progressivement à une série d’épines vers la base de la feuille ; les médianes étroitement oblongues-lancéolées, à pointe aiguë mais non piquante, peu ou pas falciformes, longues de 19 à 30 cm et larges de 2 à 3 cm, portant (3-)4 à 6(-9) dents régulièrement réparties sur les deux bords et environ trois dents serrées près de la base du bord supérieur ; bords enroulés, texture assez souple, sans chevauchement ;
- Cônes mâles : connus seulement par la description originale, étroitement ellipsoïdes, d’environ 26 cm sur 7 cm, sur un pédoncule épais pouvant atteindre 16 cm ;
- Cônes femelles : un à quatre, ovoïdes-cylindriques, d’environ 55 cm sur 20 cm, sur un pédoncule d’environ 10 cm, vert glauque puis vert jaunâtre à maturité, glabres ; écailles à face externe saillante, d’environ 7 cm sur 4,5 cm, lisse à l’état frais ;
- Graines : sarcotesta rouge à l’état frais, brun une fois sec ; 37 à 39 mm sur 21 à 28 mm avec le sarcotesta.
La description originale de Bamps et Lisowski (1990) donnait des cônes femelles de 20 cm sur 12 cm et des folioles terminées par une seule épine. Vorster et Gereau ont montré que ces cônes étaient chétifs ou pas encore développés, et que les plantes de Nzaro, plus grandes et plus vigoureuses que celles de Nduye, ont des folioles plus longues et des cônes beaucoup plus gros, sans que ces différences justifient de les séparer.
Hybrides
Aucun hybride naturel ni cultivé d’Encephalartos ituriensis n’est documenté. Isolée sur ses dômes granitiques, loin des autres espèces du genre, elle n’a pas de voisine connue avec laquelle se croiser dans la nature.
Confusions possibles
Les premières récoltes, faites par Lisowski, avaient été rapportées à Encephalartos hildebrandtii, du littoral du Kenya et de la Tanzanie. Bamps et Lisowski (1990) l’en distinguent, ainsi que d’Encephalartos laurentianus, par leurs folioles médianes : chez ces deux espèces, elles se terminent par deux dents épineuses ou plus et sont plus grandes (jusqu’à 35 cm sur 4,5 cm chez Encephalartos hildebrandtii, 35 à 50 cm sur 4 à 7 cm chez Encephalartos laurentianus). Ils jugent aussi probablement erronée la mention d’Encephalartos laurentianus en Ituri par Walter Robyns (1948), fondée sur du matériel stérile.
Vorster et Gereau (1998) précisent les comparaisons. L’espèce la plus proche géographiquement est Encephalartos whitelockii, de l’ouest de l’Ouganda, dont la vallée du Rift la sépare : les deux espèces ont des cônes vert glauque qui jaunissent parfois à maturité, des cônes mâles à long pédoncule, des écailles femelles lisses et glabres et des folioles qui se chevauchent peu ou pas. Encephalartos whitelockii s’en distingue par des folioles dures, sans groupe de dents près de la base du bord supérieur, et par des cônes mâles plus nombreux, jusqu’à huit ensemble. La seule autre espèce proche de l’équateur à folioles souples est Encephalartos laurentianus, de la vallée du Kwango, plus grande, avec des folioles atteignant 50 cm sur 5 cm, des cônes femelles longuement pédonculés et un duvet rougeâtre sur les cônes des deux sexes.
Les planches publiées par Goode (1989), un an avant la description de l’espèce, ne doivent pas servir de référence : selon Vorster et Gereau, la plante illustrée poussait en culture au bord du lac Kivu et ses cônes provenaient d’une autre plante, reçue du Zimbabwe sans localité.
Taxonomie
Paul Bamps (Jardin botanique national de Belgique, Meise) et Stanislas Lisowski (université Adam-Mickiewicz, Poznań) ont décrit l’espèce en mars 1990 dans les Memoirs of the New York Botanical Garden (57 : 152-155). Le type est une récolte de Lisowski (n° 42909) faite en avril 1976 au mont Mukonza, près de Nduye, en lisière de forêt, à 1 180 m ; l’holotype est conservé à Meise (BR) et un isotype à Poznań (POZG). Les autres récoltes citées viennent du même mont (un cône mâle à 1 200 m en avril 1976, une plante mâle sur les rochers en août 1975) et du mont Tatotudu, près de Nduye (un jeune plant sur une pente forestière, à 1 100 m).
Les auteurs rattachaient avec doute à la nouvelle espèce d’autres échantillons de l’Ituri : une jeune feuille récoltée par Bequaert en 1914 dans une forêt-galerie près d’Irumu, une récolte stérile de Nyankunde (1955) et des photographies d’un cône femelle environ deux fois plus long que ceux de Lisowski. Ils envisageaient aussi que des plantes d’Ouganda, des gorges de la rivière Mpanga, que Melville avait placées dans Encephalartos hildebrandtii, puissent lui appartenir. Ces plantes de la Mpanga ont été décrites en 1995 comme une espèce distincte, Encephalartos whitelockii.
En 1998, Piet Vorster (université de Stellenbosch) et Roy Gereau (jardin botanique du Missouri) ont publié dans Adansonia (20(1) : 211-216) une description amendée, fondée sur un spécimen de la récolte Lisowski 41057 et sur les plantes de Nzaro (Gereau et al. 5413), à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Nduye, qu’ils ont jugées conspécifiques. Cette description fait aujourd’hui référence. The World List of Cycads ne mentionne aucun synonyme.
Étymologie et histoire
L’épithète ituriensis renvoie à la forêt de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, seule région où l’espèce est connue (Haynes, 2022, cité par The World List of Cycads).
L’histoire de l’espèce commence avec les récoltes de Lisowski en 1975 et 1976, autour de Nduye, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Mambasa : il y a trouvé des groupes d’Encephalartos sur des dômes granitiques émergeant d’une forêt dense dominée par Cynometra alexandri. Il a fallu quatorze ans pour que l’espèce soit décrite, puis huit autres années et de nouvelles observations sur le terrain pour en connaître les cônes femelles mûrs. Depuis 2015, l’espèce est présentée au public au zoo de Rotterdam (Diergaarde Blijdorp), dans la partie consacrée à la forêt tropicale d’Afrique centrale, près des okapis, selon l’association néerlandaise des jardins botaniques (NVBT).
Noms communs
Aucun nom français n’est attesté. Species+ et la NVBT emploient le nom anglais « Ituri forest cycad », c’est-à-dire « cycadale de la forêt de l’Ituri ». Aucun nom vernaculaire local n’est documenté.
Dans la nature
Encephalartos ituriensis n’est connu avec certitude que de la forêt de l’Ituri. Vorster et Gereau (1998) le signalent dans cinq localités, entre 1 100 et 1 200 m, disposées en arc sur environ 160 km, des environs de Nzaro, au nord-ouest, à ceux de Nyankunde, au sud-est, entre 1° et 2° de latitude nord ; pour le protéger, ils n’en publient pas les coordonnées précises.
La forêt environnante est une mosaïque de forêts denses humides semi-sempervirentes, mixtes ou dominées par une seule espèce. Mais la cycadale vit hors de la forêt, un peu plus haut, sur des dômes granitiques exposés qui portent une flore xérophile, avec plusieurs plantes isolées loin de leur aire principale et peut-être endémiques. Dans une localité, elle pousse parmi les graminées d’une végétation de savane, une formation secondaire dégradée par le pâturage du bétail (Vorster et Gereau, 1998).
Le climat de l’Ituri est marqué par une seule saison sèche. Les cônes mâles ne sont connus qu’en avril, les cônes femelles en mars et en avril, à la fin de la saison sèche et au début des pluies ; Vorster et Gereau jugent probable que la croissance et la production de graines y soient réglées par les pluies, d’autant que ses sites, extrêmement drainants, sont secs par nature. Aucune donnée n’est publiée sur les pollinisateurs, la dispersion des graines ou les effectifs précis.
Statut de conservation et réglementation
Encephalartos ituriensis est classé vulnérable (VU) sur la Liste rouge de l’UICN, selon le critère D1, qui s’applique aux espèces comptant moins de 1 000 individus adultes. L’évaluation en vigueur, de J.D. Bösenberg, est datée du 5 mars 2020 et a été publiée en 2022 (GBIF, Crossref). Le tableau des changements de catégorie publié par l’UICN pour la version 2022-1 indique un passage de « quasi menacé » (NT) à « vulnérable », dû à de nouvelles informations et non à une dégradation réelle de la situation. En 2003 déjà, le plan d’action de l’UICN la classait quasi menacée, avec plus de 1 000 plantes et un déclin jugé faible. Le texte de l’évaluation n’a pas pu être lu, et les menaces précises ne sont pas documentées. La NVBT indique que l’espèce est présente dans la Réserve de faune à okapis ; les sources primaires lues ne le précisent pas.
Comme toutes les espèces du genre, Encephalartos ituriensis est inscrit à l’annexe I de la CITES depuis le 4 février 1977 et à l’annexe A du règlement européen sur le commerce des espèces sauvages (liste en vigueur : règlement (UE) 2026/1383), selon Species+. L’Union européenne avait émis le 3 décembre 2010 un avis défavorable visant tout le genre pour les plantes reproduites artificiellement provenant d’Afrique du Sud, levé le 11 mars 2011. Pour cette espèce, Species+ affiche un avis favorable du 20 juin 2011 pour les plantes de ce pays dont le caudex ne dépasse pas 7 cm de diamètre, et un avis défavorable, confirmé le 7 février 2013, au-delà. Species+ signale aussi des suspensions du commerce visant la République démocratique du Congo (2014 et 2015), qui ne sont plus en vigueur. Les graines relèvent de l’annexe I au même titre que les plantes. En France, une plante proposée à la vente doit être issue de culture et accompagnée des documents CITES et européens exigés. Bases consultées le 21 octobre 2026 ; vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat.
Culture
Les sources fiables sur la culture d’Encephalartos ituriensis sont rares : les retours datés trouvés concernent tous de jeunes plantes en pot, hivernées à l’abri. Ils s’accordent sur un point : l’excès d’eau, surtout en hiver, est le principal danger. Dans la nature, l’espèce vit sur des dômes de granite exposés et extrêmement drainants, dans une région à une seule saison sèche : un substrat très drainant, une lumière vive et des arrosages réservés à la saison de croissance lui conviennent.
En France
À Agen (Lot-et-Garonne), un cultivateur indiquait sur Fous de palmiers, en décembre 2009, avoir perdu plusieurs plantules d’Encephalartos ituriensis, et conseillait de les arroser très peu. Le même mois, un cultivateur de Belley (Ain) et Montpellier (Hérault) présentait un semis d’environ un an et demi qui sortait sa troisième feuille, alors que son système racinaire avait été presque entièrement détruit l’hiver précédent ; il avait cessé de l’arroser en cette saison. En novembre, il signalait déjà qu’un semis de l’espèce venait de faire une feuille, en serre, après un an sans pousse. Dans les Deux-Sèvres, un autre cultivateur montrait en octobre 2010 un jeune plant en pleine pousse.
Aucun essai de pleine terre en France n’est documenté, ni aucune observation du Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures sur cette espèce.
Repères internationaux
En Pologne, un cultivateur qui avait semé deux Encephalartos ituriensis fin 2009 notait sur Fous de palmiers, en septembre 2013, qu’ils poussaient beaucoup moins vite que son Encephalartos whitelockii du même âge, cultivé dans les mêmes conditions de pot et de substrat : ils n’avaient que deux ou trois feuilles. En 2012, les nouvelles feuilles de ses jeunes Encephalartos sortis dehors avaient été abîmées par le vent pendant leur formation ; en 2013, seul Encephalartos ituriensis en avait encore souffert. En février 2015, il regrettait que ses plantes aient sorti de nouvelles feuilles en janvier, et de ne pas les avoir hivernées dans une pièce plus fraîche.
Multiplication
Le semis est la seule méthode documentée. À Agen, un cultivateur obtenait en décembre 2008 une première germination au bout de huit jours, en boîte hermétique, sur un papier absorbant humide recouvert d’environ 1 cm de vermiculite sèche, à 30 °C jour et nuit (Fous de palmiers). Dans les Deux-Sèvres, la germination avait demandé deux à trois semaines (Fous de palmiers, 2010) ; ce cultivateur rappelait qu’elle dépend de la maturité de l’embryon et peut prendre plusieurs mois. Les plantes adultes drageonnent parfois à la base (Vorster et Gereau, 1998), mais aucune source publiée ne décrit le prélèvement de rejets. Les graines relèvent elles aussi de l’annexe I de la CITES.
Maladies et ravageurs
Aucune maladie ni aucun ravageur propre à Encephalartos ituriensis n’est documenté. En culture, le principal risque observé est la pourriture des racines des jeunes plants arrosés en période fraîche : un cultivateur a perdu plusieurs plantules, un autre a vu le système racinaire d’un semis presque détruit en un hiver (Fous de palmiers, 2009).
Rusticité
Aucune valeur de résistance au froid mesurée n’est documentée pour Encephalartos ituriensis, ni aucun relevé de température dans son habitat, une région équatoriale de moyenne altitude.
En France
Aucun relevé n’a été publié pour une plante cultivée en France : les plantes citées sur Fous de palmiers sont jeunes, en pot, et hivernées en serre ou dans la maison. Comme pour les autres Encephalartos, les survies au froid rapportées pour le genre concernent souvent de jeunes plants à caudex souterrain, protégés par l’inertie thermique du sol et parfois par la neige ; une plante adulte à tronc aérien, comme le devient cette espèce, n’en bénéficie pas. En pratique, un grand bac hiverné hors gel et presque au sec reste le choix prudent, même sur le littoral méditerranéen.
Repères internationaux
En Pologne, les jeunes plantes sont hivernées dans la maison (Fous de palmiers, 2013-2015).
Toxicité et précautions
Comme les autres cycadales, Encephalartos ituriensis contient des glycosides toxiques (cycasine, macrozamine), dont dérive le méthylazoxyméthanol, une toxine du foie et du système nerveux ; les graines sont la partie la plus dangereuse. Aucune étude ne porte sur la toxicité propre à l’espèce, mais ce risque, documenté chez d’autres espèces du genre, impose de ne pas la considérer comme inoffensive. Portez des gants pour nettoyer les graines, et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Aucun usage traditionnel d’Encephalartos ituriensis n’est documenté. Deux publications de 2025 (Diambu et Çevik) ont étudié des fibres extraites de la plante comme renfort de matériaux composites biosourcés ; leurs résumés ne précisent pas l’origine des plantes utilisées.
Questions fréquentes
Où pousse Encephalartos ituriensis ?
Uniquement dans la forêt de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. On l’y connaît dans cinq localités, sur des dômes de granite qui émergent de la forêt, entre 1 100 et 1 200 m d’altitude.
Pousse-t-il aussi en Ouganda ?
Non, d’après les données actuelles. En 1990, ses auteurs envisageaient que des plantes de la Mpanga, en Ouganda, lui appartiennent, mais elles ont été décrites en 1995 sous le nom d’Encephalartos whitelockii. The World List of Cycads ne le cite que de la République démocratique du Congo, même si Species+ mentionne encore l’Ouganda.
Quelle taille atteint-il ?
Un grand arbre pour une cycadale : jusqu’à 6 m de tronc, généralement couché, et des feuilles de 2 à 3 m. Les cônes femelles mûrs mesurent environ 55 cm de long.
Comment le distinguer d’Encephalartos whitelockii ?
Par les folioles et les cônes mâles. Celles d’Encephalartos ituriensis sont assez souples et portent un petit groupe de dents près de la base du bord supérieur ; celles d’Encephalartos whitelockii sont dures et n’en ont pas, et cette espèce porte jusqu’à huit cônes mâles ensemble.
Pousse-t-il vite ?
Cela dépend des conditions, mais les retours datés le montrent plutôt lent quand il est jeune. Un cultivateur polonais notait en 2013 que ses semis de 2009 poussaient beaucoup moins vite qu’un Encephalartos whitelockii du même âge, et un cultivateur français a vu un semis rester un an sans nouvelle feuille.
Comment l’arroser ?
Avec prudence, surtout en hiver. Des cultivateurs français ont perdu des plantules ou vu leurs racines détruites par l’excès d’eau, et conseillent de ne presque pas arroser les jeunes plants pendant la saison fraîche.
Est-il toxique ?
Il faut le considérer comme tel, comme toutes les cycadales, en particulier ses graines.
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Sites de référence
- The World List of Cycads, Encephalartos ituriensis : https://cycadlist.org/scientific_name/308 — nom accepté, auteurs, publication, type (Lisowski 42909, mont Mukonza, 1 180 m, 12 avril 1976, holotype BR, isotype POZG), répartition, statut UICN (VU D1), étymologie. Liste de référence des cycadales (version 2026.08.15), fiable ; consultée directement le 21 octobre 2026.
- Muséum national d’Histoire naturelle, Adansonia 20(1) (1998) : https://sciencepress.mnhn.fr/sites/default/files/articles/pdf/a1998n1a11.pdf — description amendée de Vorster et Gereau : morphologie, cônes femelles mûrs, cinq localités, habitat, phénologie, comparaison avec Encephalartos whitelockii et Encephalartos laurentianus, critique des planches de Goode. Article à comité de lecture ; texte intégral lu.
- Species+ (PNUE-WCMC), Encephalartos ituriensis : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/21767/legal — annexe I de la CITES, annexe A de l’UE, avis de l’UE (2011, 2013), suspensions visant la RDC (2014-2015), nom anglais, pays (RDC, Ouganda). Base officielle de la CITES et de l’UE, fiable ; consultée par son API publique le 21 octobre 2026.
- GBIF, Encephalartos ituriensis : https://www.gbif.org/species/2683746 — statut UICN en vigueur (VU, Bösenberg 2022). Base de référence, fiable ; consultée par son API le 21 octobre 2026.
- Crossref, évaluations UICN : https://doi.org/10.2305/IUCN.UK.2022-1.RLTS.T41932A243427735.en et https://doi.org/10.2305/IUCN.UK.2010-3.RLTS.T41932A10603511.en — auteur et dates des évaluations (5 mars 2020 ; 31 octobre 2009). Métadonnées officielles ; consultées par l’API.
- UICN, Liste rouge, version 2022-1, tableau 7 : https://nc.iucnredlist.org/redlist/content/attachment_files/2022-1_RL_Stats_Table_7.pdf — passage de NT à VU en 2022, changement « non réel » (nouvelles informations). Document officiel de l’UICN, fiable ; lu le 21 octobre 2026.
- NVBT (association néerlandaise des jardins botaniques), Ituri forest cycad : https://www.botanischetuinen.nl/en/plant_en/1566/ituri-forest-cycad — présentation au zoo de Rotterdam depuis 2015, mention de la Réserve de faune à okapis. Fiche institutionnelle de vulgarisation, valeur indicative ; consultée le 21 octobre 2026.
- Forum Fous de palmiers : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=43836 et https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=43845 (Agen, 2008), https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=70267, https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=72300, https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=72303 et https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=72308 (2009), https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=107425 et https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=108008 (Deux-Sèvres, 2010), https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=286286, https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=288029 et https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=358306 (Pologne, 2013-2015). Forum de cultivateurs, valeur indicative ; messages lus le 21 octobre 2026.
Bibliographie
- Bamps, P. & Lisowski, S. (1990). A new species of Encephalartos (Zamiaceae) from northeastern Zaire. Memoirs of the New York Botanical Garden 57 : 152-155. [Description originale : diagnose, type et autres récoltes, habitat, tableau comparatif avec Encephalartos hildebrandtii et Encephalartos laurentianus ; texte intégral lu (copie de The World List of Cycads).]
- Vorster, P. & Gereau, R.E. (1998). Encephalartos ituriensis (Zamiaceae): an emended description. Adansonia, sér. 3, 20(1) : 211-216. [Description amendée, répartition, habitat, phénologie, affinités ; texte intégral lu.]
- Donaldson, J.S. (éd.) (2003). Cycads. Status Survey and Conservation Action Plan. IUCN/SSC Cycad Specialist Group, Gland et Cambridge. [Statut NT en 2003, plus de 1 000 plantes, déclin faible ; lu directement.]
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- Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. [Étymologie, via The World List of Cycads.]
- Goode, D. (1989). Cycads of Africa. Struik Winchester, Le Cap. [Planches attribuées à l’espèce avant sa description, écartées par Vorster et Gereau ; non consulté.]
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- Diambu, A.N. & Çevik, M. (2025). Extraction and comprehensive characterization of novel Encephalartos ituriensis fiber for biocomposite reinforcement. Cellulose. doi:10.1007/s10570-025-06750-1 [Étude de matériaux ; titre et résumé de la communication associée lus via Crossref.]
- Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]