Le genre Espostoa

Le genre Espostoa rassemble des cactus colonnaires des Andes du sud de l’Équateur et du Pérou, reconnaissables à la laine blanche qui enveloppe leurs tiges. Ces cactées forment des cierges simples ou ramifiés, parfois de véritables petits arbres, et développent à l’âge adulte une bande latérale de poils denses, le céphalium, d’où sortent les fleurs nocturnes. Plants of the World Online (POWO), la base de référence des jardins botaniques royaux de Kew, y reconnaît une dizaine d’espèces, dont la plus cultivée est Espostoa lanata, vendue en anglais sous le nom de « Peruvian old man cactus ». Plusieurs anciens genres y ont été fondus, et les collectionneurs rencontrent encore les noms de Pseudoespostoa et de Thrixanthocereus sur des étiquettes. Frileux, ces cactus se cultivent en France surtout en pot, à l’abri du gel.

L’essentiel sur Espostoa

  • Nom accepté (POWO) : Espostoa Britton & Rose (1920), espèce type Espostoa lanata
  • Nombre d’espèces acceptées : 11 selon POWO (liste relevée par extraits de recherche, non lue directement sur POWO) ; Wikipédia en cite 16 d’après des décomptes plus anciens
  • Anciens noms de genre : Binghamia, Pseudoespostoa, Thrixanthocereus (synonymes d’Espostoa)
  • Famille : Cactaceae, sous-famille des Cactoideae
  • Noms communs : aucun nom français bien attesté ; en anglais, Peruvian old man cactus, cotton ball cactus, snowball cactus pour Espostoa lanata
  • Répartition naturelle : Andes du sud de l’Équateur et du Pérou
  • CITES : annexe II, comme toutes les Cactaceae hors exceptions ; aucune espèce à l’annexe I
  • UICN : Espostoa frutescens quasi menacé ; Espostoa melanostele en préoccupation mineure (2011)
  • Rusticité documentée : faible ; Espostoa lanata est classé H2 par la Royal Horticultural Society, c’est-à-dire non résistant au gel (voir Culture)
  • Exposition et substrat : plein soleil, substrat drainant
  • Port : cierges de 2 à 7 m dans la nature, plus modestes en culture
  • Toxicité : aucune donnée trouvée (voir Toxicité et précautions)

Caractères du genre Espostoa

Un Espostoa se reconnaît à ses tiges côtelées couvertes d’un feutrage de poils blancs, mêlés d’épines souvent jaunâtres à brunes, et, chez les sujets adultes, à un céphalium latéral : une bande de laine épaisse qui court le long d’un côté de la tige, au sommet des branches fertiles.

  • Tiges : colonnes dressées, simples ou ramifiées ; celles d’Espostoa lanata portent 20 à 30 côtes et atteignent jusqu’à 7 m dans la nature, rarement plus de 2 m en culture.
  • Céphalium : il n’apparaît que sur les tiges reproductrices des plantes adultes ; en culture, beaucoup de sujets n’atteignent jamais ce stade et ne fleurissent donc pas.
  • Fleurs : nocturnes, naissant dans le céphalium ; jusqu’à 5 cm de diamètre chez Espostoa lanata.
  • Laine : la page actuelle de Succulentes attribue ce pelage à une protection contre le fort ensoleillement d’altitude et à la condensation de la rosée ; ces fonctions sont couramment avancées pour les cactus laineux, mais aucune étude propre au genre ne les a confirmées dans les sources consultées.

Taxonomie et classification

Espostoa est un genre accepté par POWO. Il a absorbé plusieurs genres créés dans la première moitié du XXe siècle, dont les noms reviennent encore dans le commerce :

  • Binghamia Britton & Rose (1920), fondé sur Binghamia melanostele ;
  • Pseudoespostoa Backeb. (1933), d’où le nom Pseudoespostoa melanostele, aujourd’hui Espostoa melanostele ;
  • Thrixanthocereus Backeb. (1937), d’où Thrixanthocereus blossfeldiorum, aujourd’hui Espostoa blossfeldiorum.

Les sources consultées n’indiquent pas l’étude précise qui a motivé chacune de ces mises en synonymie ; elles figurent dans la liste CITES des cactus de Kew et sont suivies par POWO. À l’inverse, deux noms parfois associés au genre en restent séparés pour POWO :

  • Vatricania guentheri, un cierge de Bolivie à céphalium, longtemps vendu sous le nom d’Espostoa guentheri, est accepté dans un genre à une seule espèce, Vatricania ;
  • Espostoopsis, genre du nord-est du Brésil, est distinct malgré son nom.

POWO accepte aussi le genre hybride × Haagespostoa, créé par Gordon Rowley pour les croisements entre Haageocereus et Espostoa. Enfin, certains noms d’espèces ont disparu : Espostoa ritteri est placé en synonymie d’Espostoa lanata, et Espostoa baumannii d’Espostoa mirabilis.

Étymologie et histoire du genre

Le genre a été décrit par les botanistes américains Nathaniel Lord Britton et Joseph Nelson Rose en 1920, dans leur monographie The Cactaceae. Il honore Nicolas E. Esposto, botaniste de Lima. L’espèce type est Espostoa lanata, décrite d’abord par Kunth dans un autre genre, d’où son nom entre parenthèses dans l’autorité ; l’épithète lanata signifie « laineuse » en latin. Aucune source fiable consultée ne précise l’histoire de son introduction en culture en Europe.

Noms communs

Aucun nom français ne s’est imposé. Un article de Futura-Sciences mentionne le surnom de « vieil homme péruvien », calque de l’anglais, mais aucun ouvrage de référence ne l’atteste. En anglais, Espostoa lanata est vendu sous les noms de « Peruvian old man cactus », « cotton ball cactus » et « snowball cactus ». Attention : « old man cactus » désigne d’abord Cephalocereus senilis, un cactus mexicain.

Biogéographie et écologie

Les Espostoa vivent dans les vallées sèches et sur les versants arides des Andes, du sud de l’Équateur (provinces d’Azuay, d’El Oro et de Loja) au Pérou, où se trouve l’essentiel des espèces. Selon POWO :

  • Espostoa lanata s’étend de l’Équateur au Pérou, sur le versant occidental des Andes ;
  • Espostoa frutescens est équatorien ;
  • Espostoa blossfeldiorum vit dans le nord et le centre du Pérou, Espostoa superba et Espostoa hylaea dans le nord et le nord-est, Espostoa senilis dans le centre, Espostoa calva dans la région d’Amazonas.

Le céphalium joue un rôle étonnant dans la pollinisation. Chez Espostoa frutescens, étudié dans une vallée sèche près d’Oña, dans la province d’Azuay, Ralph Simon et ses collègues ont montré que cette zone laineuse absorbe fortement les ultrasons émis par la chauve-souris nectarivore Anoura geoffroyi, principal pollinisateur, avec une atténuation d’environ 14 décibels aux fréquences d’écholocation. Les fleurs ressortent ainsi « en relief acoustique » sur un fond silencieux, ce qui aiderait les chauves-souris à les trouver (Journal of Experimental Biology, 2023).

Réglementation et conservation

Toutes les espèces d’Espostoa sont inscrites à l’annexe II de la CITES, comme l’ensemble des Cactaceae sauf exceptions ; aucune n’est à l’annexe I. Dans l’Union européenne, cette inscription est reprise par le règlement (CE) n° 338/97. Sur la Liste rouge de l’UICN, Espostoa frutescens est classé quasi menacé et Espostoa melanostele en préoccupation mineure depuis 2011 ; aucun statut n’a été trouvé pour les autres espèces. Ces données ont été relevées via des sources secondaires en septembre 2026, sans accès direct à la Liste rouge ni à Species+ ; la réglementation en vigueur doit être vérifiée auprès des bases officielles. Les plantes du commerce européen sont issues de semis.

Culture des Espostoa

Les Espostoa sont des cactus de collection faciles à condition de leur offrir beaucoup de lumière et un hiver sec et hors gel. Leur croissance peut atteindre une vingtaine de centimètres par an dans de bonnes conditions, selon Wikipédia.

  • Exposition : plein soleil.
  • Substrat : fertile mais très drainant.
  • Arrosage : copieux en été, en laissant sécher entre deux apports, avec un engrais pour cactus une fois par mois ; au sec en hiver.
  • Ravageurs : les cochenilles, parmi les ravageurs les plus fréquents des cactus cultivés, sont plus difficiles à repérer dans la laine ; une inspection régulière s’impose.

Contexte français

Les sources divergent sur la résistance au froid d’Espostoa lanata. La Royal Horticultural Society le classe H2 : il tolère des températures basses, entre 1 et 5 °C, mais ne survit pas au gel. Les fiches de pépinières le placent en zones USDA 9b à 11, soit un minimum d’environ −4 °C. Wikipédia indique qu’au sec la température peut descendre jusqu’à −12 °C, tout en conseillant d’éviter le gel ; cette valeur n’est appuyée par aucun relevé publié. Aucun résultat documenté de culture en pleine terre n’a été trouvé en France, quelle que soit la zone, ni aucun épisode de froid avec des dégâts relevés. En pratique, les Espostoa se cultivent en pot, dehors l’été et rentrés hors gel l’hiver, en serre froide ou en véranda lumineuse.

Toxicité et précautions

Aucune donnée de toxicité n’a été trouvée pour les Espostoa, ni pour l’humain ni pour les animaux domestiques ; l’absence de données ne garantit pas l’innocuité. Sous la laine se cachent des épines fines et piquantes : des gants sont utiles au rempotage. En cas d’ingestion, contactez un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Selon Wikipédia, la laine des céphaliums d’Espostoa lanata a servi au Pérou à rembourrer des oreillers. Aucune autre utilisation documentée n’a été trouvée.

Espèces du genre Espostoa

Espèces acceptées par POWO, avec leur aire lorsqu’elle a pu être vérifiée :

  • Espostoa blossfeldiorum : nord et centre du Pérou ; ancien Thrixanthocereus blossfeldiorum.
  • Espostoa calva : Pérou (Amazonas).
  • Espostoa cremnophila : Pérou.
  • Espostoa frutescens : Équateur ; pollinisé par les chauves-souris, quasi menacé.
  • Espostoa hylaea : nord-est du Pérou.
  • Espostoa lanata : de l’Équateur au Pérou ; espèce type, la plus cultivée ; comprend une sous-espèce huanucoensis (Huánuco).
  • Espostoa melanostele : Pérou ; ancien Pseudoespostoa melanostele.
  • Espostoa mirabilis : Pérou ; inclut Espostoa baumannii.
  • Espostoa senilis : centre du Pérou.
  • Espostoa superba : nord du Pérou.
  • Espostoa utcubambensis : Pérou.

FAQ sur les Espostoa

Espostoa lanata supporte-t-il le gel ?

Non, en règle générale. La Royal Horticultural Society le classe parmi les plantes qui ne survivent pas au gel. Certaines sources évoquent quelques degrés négatifs en sol sec, sans relevé à l’appui ; mieux vaut l’hiverner hors gel.

À quoi sert la laine des Espostoa ?

En partie à la reproduction, pour le céphalium. Chez Espostoa frutescens, cette zone laineuse absorbe les ultrasons des chauves-souris pollinisatrices et fait ressortir les fleurs. Le rôle protecteur du reste du pelage contre le soleil ou le froid est souvent avancé mais n’a pas été démontré pour ce genre dans les sources consultées.

Pourquoi mon Espostoa ne fleurit-il pas ?

Parce qu’il n’est probablement pas assez âgé. Les fleurs naissent uniquement dans le céphalium, qui n’apparaît que sur les tiges adultes. En culture en pot, beaucoup de plantes n’atteignent jamais ce stade.

Quelle différence entre Espostoa lanata et Cephalocereus senilis ?

L’origine et l’aspect de la laine. Espostoa lanata vient des Andes d’Équateur et du Pérou, et ses épines restent visibles à travers un feutrage de poils ; Cephalocereus senilis, la « tête de vieillard », est mexicain et porte de longs poils blancs retombants. Tous deux sont vendus comme « old man cactus » en anglais.

Pseudoespostoa et Thrixanthocereus existent-ils encore ?

Non, ce sont des synonymes d’Espostoa. Pseudoespostoa melanostele se nomme aujourd’hui Espostoa melanostele, et Thrixanthocereus blossfeldiorum est devenu Espostoa blossfeldiorum. En revanche, Vatricania guentheri reste un genre à part pour POWO.

Quelle taille atteint un Espostoa lanata ?

Jusqu’à 7 m dans la nature, rarement plus de 2 m en culture. Dans de bonnes conditions de lumière, d’eau et d’espace, sa croissance peut atteindre une vingtaine de centimètres par an. En pot, il reste longtemps une colonne de taille modeste.

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Sites de référence

Bibliographie

  • Britton, N.L. & Rose, J.N. (1920). The Cactaceae, vol. 2. Carnegie Institution of Washington. [Publication des genres Espostoa et Binghamia ; texte original non consulté, page non vérifiée.]
  • Hunt, D. (2016). CITES Cactaceae Checklist, 3e édition. Royal Botanic Gardens, Kew. [Liste officielle ; synonymie des genres.]
  • Simon, R. et al. (2023). An ultrasound-absorbing inflorescence zone enhances echo-acoustic contrast of bat-pollinated cactus flowers. Journal of Experimental Biology 226 : jeb245263. [Article à comité de lecture ; coauteurs non relevés.]