Zamia oreillyi est une petite cycadale à tige souterraine de la côte caraïbe du Honduras, connue d’une seule localité du département d’Atlántida, à l’est de La Ceiba, vers 200 m d’altitude, en forêt tropicale humide. Décrite par le botaniste hondurien Cyril Hardy Nelson Sutherland, cette espèce du genre Zamia se signale par ses folioles étroites et par un minuscule cône mâle porté au bout d’un pédoncule de 16 cm. L’UICN la classe en danger critique d’extinction (évaluation de 2022).
L’essentiel sur Zamia oreillyi
- Nom accepté : Zamia oreillyi C.Nelson, accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
- Anciens noms et synonymes : aucun
- Famille : Zamiaceae, ordre des Cycadales
- Noms communs : aucun nom français ; « camotillo » au Honduras (protologue)
- Répartition naturelle : Honduras, département d’Atlántida (Hacienda Agua Caliente, près de Jutiapa), 200 m
- Statut UICN : en danger critique (CR), critères A2acd+3cd+4acd ; C2a(ii), évaluation de 2022
- CITES et autres protections : annexe II de la CITES (graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne
- Rusticité documentée : aucune donnée (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : forêt tropicale humide de basse altitude ; substrat non documenté
- Port et dimensions adultes : tige souterraine tubéreuse ; feuille de 78 cm décrite dans le protologue, à 29-31 paires de folioles
- Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; les Zamia du Honduras sont réputés très toxiques (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Zamia oreillyi
Zamia oreillyi n’est connu que par une description courte, publiée dans la revue hondurienne Ceiba, et le cône femelle n’a jamais été décrit. Le protologue donne :
- Tige : tubercule souterrain.
- Feuilles : elliptiques, de 78,2 cm ; pétiole de 47 cm, glabre, sillonné, parsemé de petites épines de 1 mm ; rachis étroit (2 mm), sillonné, sans épines, portant 29 à 31 paires de folioles.
- Folioles : linéaires-lancéolées à oblongues, rétrécies à la base, progressivement acuminées ; marge régulièrement épineuse dans la moitié supérieure, épines jusqu’à 3 mm ; celles du milieu mesurent 16 cm sur 1 cm seulement, avec 20 nervures au plus.
- Cône mâle : brun, cylindrique, de 2,9 cm de long seulement, sur un pédoncule glabre de 15,9 cm ; écailles de 4 mm sur 2 mm ; pollen blanc.
- Cône femelle : inconnu.
L’auteur souligne deux traits remarquables : le contraste entre ce très petit cône mâle et son long pédoncule, et des feuilles qui « rappellent le genre Chigua », aujourd’hui fondu dans Zamia.
Hybrides
Aucun hybride, naturel ou obtenu en culture, n’est documenté.
Confusions possibles
Le Honduras compte quatre Zamia indigènes, selon une synthèse de l’herbier du CICY (2016) ; trois ont une tige souterraine et vivent dans le nord du pays :
- Zamia sandovalii, décrit dans le même article et lui aussi de l’Atlántida : plante de falaise, folioles larges de 2 à 3 cm et longues de 16 à 31 cm, cônes mâles brun rougeâtre de 11,2 cm sur un pédoncule de 16,7 cm ;
- Zamia standleyi, plus répandu : six départements du nord du Honduras et l’Izabal, au Guatemala, selon The World List of Cycads ;
- Zamia onan-reyesii, de la montagne du Merendón, se distingue d’emblée par son tronc aérien jusqu’à 2 m.
Faute de description du cône femelle et de clé publiée incluant l’espèce dans les sources consultées, l’identification repose surtout sur les folioles étroites (1 cm) et le minuscule cône mâle.
Taxonomie
Zamia oreillyi est un nom accepté par The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté directement. Il a été publié par Cyril Hardy Nelson Sutherland, botaniste de l’Université nationale autonome du Honduras, dans un article décrivant deux nouveaux Zamia du littoral atlantique du pays, Zamia sandovalii et Zamia oreillyi.
La date et la pagination de cet article varient selon les sources : le fascicule porte « Ceiba, 2005, volume 46(1-2) : 55-58 » ; The World List of Cycads cite « Ceiba 46(1) : 42 » et date le nom de 2007 ; l’article de 2008 décrivant Zamia onan-reyesii écrit « 2005 [2007] », ce qui signifie que le volume daté de 2005 n’est paru qu’en 2007. C’est la date de parution effective qui compte pour la nomenclature. Le nom n’a jamais été mis en synonymie. The World List of Cycads cite la révision de 2009 des Zamia de Méga-Mexique parmi ses références ; une étude moléculaire de 2011 n’a pas pu l’échantillonner, faute de matériel.
Étymologie et histoire
L’épithète honore Carlos Manuel O’Reilly, alors étudiant en biologie à l’Université nationale autonome du Honduras et bénévole à l’herbier TEFH, qui a participé aux expéditions au cours desquelles la plante a été trouvée.
Le type a été récolté le 8 avril 2006 à l’Hacienda Agua Caliente, 2 km avant l’embranchement de Jutiapa, à 32 km à l’est de La Ceiba (Atlántida), en forêt tropicale humide, à 200 m d’altitude, par German Sandoval, Carlos O’Reilly et cinq autres membres de l’expédition (n° 1157). Il est conservé à l’herbier de l’Université nationale autonome du Honduras (TEFH).
Noms communs
Aucun nom français n’est attesté. Le protologue donne le nom espagnol local « camotillo », qui s’applique à tous les Zamia du Honduras. Une synthèse de 2016 attribue aussi à Zamia oreillyi le nom « yuca de ratón », que le protologue ne donne que pour Zamia sandovalii.
Dans la nature
Zamia oreillyi est endémique du Honduras et n’est connu que de sa localité type, près de Jutiapa, dans le département d’Atlántida, sur la côte caraïbe, à environ 200 m d’altitude, en forêt tropicale humide. Une étude de 2011 le range dans la forêt tropicale sempervirente. Ni le sol, ni la phénologie, ni le pollinisateur ne sont documentés dans les sources consultées.
Statut de conservation et réglementation
Zamia oreillyi est classé en danger critique d’extinction (CR) par l’UICN, dans une évaluation d’Anders Lindstrom et Cyril Hardy Nelson Sutherland publiée en 2022. Les critères retenus, A2acd+3cd+4acd et C2a(ii), désignent, selon les définitions de l’UICN, une réduction d’au moins 80 % de la population, passée, en cours ou attendue, et une population de moins de 250 adultes en déclin, regroupés pour au moins 90 % dans une seule sous-population. La Liste rouge n’a pas pu être consultée directement : le détail des menaces n’est pas connu ici.
Comme tous les Zamia à l’exception de Zamia restrepoi, Zamia oreillyi relève de l’annexe II de la CITES, où le genre figure depuis le 4 février 1977. L’inscription porte l’annotation #4 (version issue de la CoP20, en vigueur au 5 mars 2026) : les graines, le pollen, les plantules et cultures de tissus obtenues in vitro et transportées en conteneurs stériles, ainsi que les fleurs coupées de plantes reproduites artificiellement, ne sont pas soumis à la CITES. Le commerce international des plantes elles-mêmes exige en revanche un permis d’exportation. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Species+, la base officielle de la CITES, nomme l’espèce et confirme ce statut (consultation du 3 octobre 2026).
Ces informations générales ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, demandez au vendeur les justificatifs de provenance et préférez des plantes issues de semis en culture.
Culture
Le jardin botanique de l’Université nationale autonome du Honduras, à Tegucigalpa, conserve un pied de Zamia oreillyi ; une étude publiée en 2026 indique que toutes les espèces de la collection, sauf Ceratozamia hondurensis, y ont produit des cônes. Aucune recommandation de culture n’a été publiée, et aucune plante cultivée hors du Honduras n’est signalée.
Multiplication
La plante est dioïque : il faut un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines, et le cône femelle n’a même pas été décrit. Aucune donnée de germination n’existe. Les graines sont exemptées de la CITES par l’annotation #4 ; il faut s’assurer qu’elles viennent de plantes cultivées.
Maladies et ravageurs
Aucun ravageur ni aucune maladie propre à l’espèce n’est documenté.
Rusticité
Aucune donnée de résistance au froid n’existe pour Zamia oreillyi. C’est une plante de forêt tropicale humide de basse altitude ; rien ne permet de supposer qu’elle supporte le gel.
En France
Aucun résultat de culture n’a été publié en France métropolitaine pour Zamia oreillyi, ni en pleine terre ni en pot, quelle que soit la zone (littoral méditerranéen, façade atlantique, Bretagne, intérieur continental, montagne). Une recherche sur le forum des Fous de palmiers et sur le forum italien Tropicamente n’a donné aucun retour de culture pour cette espèce, et aucun épisode de gel daté ne la concerne. Aucune plante cultivée en France n’a été signalée.
Repères internationaux
Aucun relevé de froid ni retour de culture n’a été trouvé hors du Honduras, ni sur les forums ni dans les jardins botaniques.
Toxicité et précautions
Aucune étude de toxicité propre à Zamia oreillyi n’a été trouvée. Le risque est en revanche bien documenté chez les cycadales : leurs tissus, et surtout leurs graines, contiennent de la cycasine et de la macrozamine, que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. Dans le genre Zamia, l’ASPCA classe Zamia furfuracea parmi les plantes toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux. Au Honduras, les tiges et les racines des « camotillos » sont réputées très toxiques et ont servi, selon une synthèse de 2016, à empoisonner des personnes et des animaux ; cette réputation concerne les Zamia du pays en général. Faute de preuve contraire, considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Aucun usage propre à l’espèce n’est documenté. La réputation de poison des « camotillos » du Honduras est décrite à la section Toxicité.
FAQ
Où pousse Zamia oreillyi ?
Uniquement au Honduras, dans une seule localité connue près de Jutiapa (Atlántida), à l’est de La Ceiba, vers 200 m d’altitude, en forêt tropicale humide.
Comment le reconnaître ?
À sa tige souterraine, à ses feuilles portant 29 à 31 paires de folioles étroites (1 cm), épineuses dans la moitié supérieure, et à son minuscule cône mâle de 2,9 cm sur un pédoncule de 16 cm.
D’où vient son nom ?
De Carlos Manuel O’Reilly, étudiant de l’Université nationale autonome du Honduras qui a participé aux expéditions de découverte.
Quand a-t-il été décrit ?
Dans le volume 46 de la revue Ceiba, daté de 2005 mais paru en 2007 selon les sources ; The World List of Cycads retient 2007.
Est-il menacé ?
Oui, gravement. L’UICN le classe en danger critique d’extinction (2022) : moins de 250 adultes, presque tous dans une seule population.
Est-il rustique ?
Non, selon toute vraisemblance. Aucune donnée de froid n’existe ; c’est une plante de forêt tropicale de basse altitude.
Est-il toxique ?
Il faut le supposer. Au Honduras, les Zamia (« camotillos ») sont réputés très toxiques, et les cycadales étudiées contiennent des toxines graves.
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Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Zamia oreillyi : https://cycadlist.org/scientific_name/530 — auteurs, protologue, type, répartition, statut UICN (CR, évaluation de 2022), étymologie. Liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN ; consultée directement le 3 octobre 2026.
- Ceiba, Dos plantas nuevas del género Zamia (Zamiaceae, Gymnospermae) en Honduras : https://revistas.zamorano.edu/CEIBA/article/download/522/500/651 — protologue : description, type, nom commun, étymologie ; description de Zamia sandovalii. Revue scientifique ; texte intégral consulté.
- Ceiba, Una especie nueva de Zamia (Zamiaceae) de Honduras (2008) : https://camjol.info/index.php/CEIBA/article/download/299/226/965 — date de parution « 2005 [2007] » de l’article décrivant Zamia oreillyi. Revue scientifique ; texte intégral consulté.
- Desde el Herbario CICY, Los venenosos camotillos en Honduras (2016) : https://cicy.repositorioinstitucional.mx/jspui/bitstream/1003/2404/1/2016-05-26-Rivera-Garcia-Los-venenosos-camotillos-en-Honduras.pdf — Zamia du Honduras, noms communs, réputation toxique. Bulletin d’herbier ; synthèse de vulgarisation.
- Revista Portal de la Ciencia, Interacciones ecológicas y signos de estrés ambiental en la familia Zamiaceae del Jardín Botánico de la UNAH (2026) : https://doi.org/10.5377/pc.v1i21.23095 — plante cultivée à Tegucigalpa. Revue universitaire ; texte intégral consulté.
- Species+ (PNUE-WCMC), Zamia oreillyi : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/65557/legal — annexe II de la CITES (inscription du genre depuis le 4 février 1977, annotation #4), annexe B de l’Union européenne. Base officielle de la CITES et de l’UE ; interrogée le 3 octobre 2026.
- Règlement (UE) 2026/1383 de la Commission : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/PDF/?uri=OJ:L_202601383 — annexes du règlement (CE) n° 338/97 en vigueur depuis le 29 juin 2026. Texte officiel.
Bibliographie
- Nelson Sutherland, C.H. (2005 [2007]). Dos plantas nuevas del género Zamia (Zamiaceae, Gymnospermae) en Honduras. Ceiba 46(1-2) : 55-58. [Protologue ; texte intégral consulté. The World List of Cycads cite « Ceiba 46(1) : 42 ».]
- Nicolalde-Morejón, F., González-Astorga, J., Vergara-Silva, F. & Vovides, A.P. (2011). Perspectivas sistemáticas de Zamia (Zamiaceae) en Megaméxico : de la taxonomía alfa a los códigos de barras genéticos. Revista Mexicana de Biodiversidad 82 : 341-355. [Texte intégral consulté.]
- Rivera García, I.S. (2016). Los venenosos camotillos en Honduras : el género Zamia (Zamiaceae). Desde el Herbario CICY 8 : 77-80. [Texte intégral consulté.]
- García, P.A., Banegas, S.C., Álvarez, M.N., Sanabria, D.L. & Rodríguez, M.J. (2026). Interacciones ecológicas y signos de estrés ambiental observadas en la familia Zamiaceae del Jardín Botánico de la Universidad Nacional Autónoma de Honduras. Revista Portal de la Ciencia 21 : 65-76. doi:10.5377/pc.v1i21.23095 [Texte intégral consulté.]
- Lindstrom, A. & Nelson Sutherland, C.H. (2022). Zamia oreillyi. The IUCN Red List of Threatened Species 2022 : e.T178884A69832636. doi:10.2305/IUCN.UK.2022-1.RLTS.T178884A69832636.en [Évaluation de la Liste rouge ; référence relevée sur The World List of Cycads et vérifiée sur Crossref, page de la Liste rouge non consultée (accès bloqué).]
- Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Source des étymologies reprises par The World List of Cycads ; non consulté directement.]
- Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]