Cycas dharmrajii

Cycas dharmrajii est un grand cycas des îles Andaman, en Inde, décrit en 2017 par Lal Ji Singh, du Botanical Survey of India, à partir de plantes du nord de l’archipel. Ce membre du genre Cycas se signale par un tronc géant à base renflée, qui se ramifie de façon irrégulière, et par des racines aériennes. Un temps placé en synonymie de Cycas sainathii, lui-même rattaché à Cycas zeylanica, il est de nouveau accepté depuis 2020 par The World List of Cycads ; la Liste rouge de l’UICN, elle, l’inclut encore dans Cycas sainathii, classé vulnérable.

L’essentiel sur Cycas dharmrajii

  • Nom accepté : Cycas dharmrajii L.J.Singh (2017), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) et, d’après un extrait de recherche, par POWO
  • Anciens noms et synonymes : aucun synonyme ; un temps considéré comme synonyme de Cycas sainathii, traitement que conserve la Liste rouge de l’UICN (voir Taxonomie)
  • Famille : Cycadaceae, ordre des Cycadales
  • Noms communs : aucun nom attesté, en français ou dans une autre langue
  • Répartition naturelle : Inde, îles Andaman (Andaman du Nord, région de Diglipur)
  • Statut UICN : non évalué sous ce nom (NE) selon The World List of Cycads ; la Liste rouge l’inclut dans Cycas sainathii, classé vulnérable (VU, évaluation publiée en 2022)
  • CITES et autres protections : annexe II de la CITES (graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne
  • Rusticité documentée : aucune donnée (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : non documentés ; type récolté à 12 m d’altitude
  • Port et dimensions adultes : tronc « géant », renflé à la base, à ramification irrégulière ; feuilles de taille moyenne ; dimensions chiffrées non consultées
  • Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme tous les cycas (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Cycas dharmrajii

Selon le résumé du protologue (Singh 2017), Cycas dharmrajii se distingue de tous les cycas connus par une combinaison de caractères :

  • un tronc géant, à base renflée, qui se ramifie de façon anormale ;
  • des racines aériennes polymorphes, souvent ramifiées ;
  • des feuilles de taille moyenne ;
  • des mégasporophylles portant 10 à 28 paires de structures latérales bien marquées, en forme de crochet, et 1 à 3 paires d’ovules ;
  • deux canaux à mucilage schizo-lysigènes dans chaque foliole, et des ponctuations caractéristiques sur les parois des cellules de l’épiderme des folioles.

Les dimensions détaillées (hauteur, longueur des feuilles, cônes, graines) figurent dans l’article original, qui n’a pas pu être consulté en entier (accès payant) : elles ne sont pas reprises ici.

Hybrides

Aucun hybride n’est documenté pour cette espèce.

Confusions possibles

The World List of Cycads accepte trois espèces aux îles Andaman. Les caractères ci-dessous viennent de leurs descriptions publiées :

  • Cycas zeylanica, cycas littoral du Sri Lanka et des Andaman : tronc de 2,3 à 3,1 m, peu renflé à la base ; partie stérile des mégasporophylles lancéolée, obscurément dentée (6 à 12 petites dents de 2 mm au plus), d’après Lindström et Hill (2007) ;
  • Cycas pschannae, l’autre grand cycas de l’archipel : arbre jusqu’à 12 m, à tronc non renflé à la base ; partie stérile des mégasporophylles triangulaire, munie à sa base de deux dents latérales inégales en forme de corne, d’après sa description originale (Srivastava et Singh 2015) ;
  • Cycas dharmrajii : tronc géant renflé à la base, ramifié de façon inhabituelle ; mégasporophylles portant 10 à 28 paires de structures latérales en crochet (résumé de Singh 2017).

Les clés des cycas de l’archipel publiées par Singh (2017) puis par Singh et Misra (2020) n’ont pas pu être lues : la comparaison ci-dessus repose uniquement sur les descriptions publiées de chaque espèce.

Taxonomie

Cycas dharmrajii est un nom accepté par The World List of Cycads ; POWO l’accepte aussi d’après un extrait de recherche, la page n’ayant pas pu être consultée. Lal Ji Singh, du centre régional des îles Andaman et Nicobar du Botanical Survey of India, l’a décrit en janvier 2017 dans le Nordic Journal of Botany (volume 35, pages 69 à 76), avec une clé des Cycas de l’archipel.

Son statut a varié. The World List of Cycads l’a d’abord traité comme synonyme de Cycas sainathii, un autre nom décrit des Andaman en 2014 et que la liste range aujourd’hui sous Cycas zeylanica. Il a été rétabli comme espèce à la suite de la révision des cycas des îles Andaman-et-Nicobar publiée en 2020 par Lal Ji Singh et Dharam Raj Misra, de l’université d’Allahabad, dans l’Indian Journal of Forestry (volume 43, pages 46 à 57). Seul le résumé de cet article a pu être lu : il range Cycas andamanica sous Cycas pschannae, Cycas darshii sous Cycas sphaerica et Cycas sainathii sous Cycas zeylanica, et propose une clé des espèces de l’archipel, mais ne dit rien de Cycas dharmrajii : les arguments de son rétablissement ne sont donc pas exposés ici. La place de l’espèce dans les sections du genre n’est pas précisée par les sources consultées.

La Liste rouge de l’UICN n’a pas suivi ce traitement : dans son évaluation publiée en 2022, elle retient Cycas sainathii au sens large et y range Cycas dharmrajii, Cycas pschannae et Cycas andamanica comme synonymes (jeu de données de la Liste rouge diffusé par GBIF, version de juillet 2026). Une même plante des Andaman peut donc être étiquetée sous des noms différents selon la base consultée.

Étymologie et histoire

L’épithète honore Dharm Raj Misra, professeur au département de botanique de l’université d’Allahabad, en Inde, pour son « inspiration » et sa « contribution exceptionnelle à la connaissance des gymnospermes », selon les mots du protologue repris par The World List of Cycads.

Le type a été récolté par Lal Ji Singh le 26 décembre 2013 à Table Excelsior, près de Diglipur, dans l’Andaman du Nord, à 12 m d’altitude (L.J. Singh 29600, holotype à l’herbier central de Calcutta, CAL ; isotype à Port Blair, PBL). La description a été relayée en 2017 par la presse indienne, en même temps que celle de Cycas pschannae (GKToday, 2017).

Noms communs

Aucun nom commun n’est attesté pour cette espèce, en français, en anglais ou dans une langue des Andaman, dans les sources consultées.

Dans la nature

Cycas dharmrajii n’est connu, selon The World List of Cycads, que des îles Andaman ; le type vient de la région de Diglipur, dans l’Andaman du Nord, à basse altitude. Le milieu, l’étendue des populations, le pollinisateur et la phénologie ne sont pas documentés dans les sources consultées.

Statut de conservation et réglementation

Le statut dépend du nom retenu. Pour The World List of Cycads, qui accepte l’espèce, Cycas dharmrajii n’a pas été évalué (NE). La Liste rouge de l’UICN l’inclut en revanche dans Cycas sainathii, classé vulnérable (VU) dans l’évaluation de L.J. Singh publiée en 2022 (version 2022-1), d’après le jeu de données de la Liste rouge diffusé par GBIF (juillet 2026). Les critères et les menaces retenus n’ont pas pu être lus, la Liste rouge n’ayant pas pu être consultée directement. Le protologue de 2017 propose aussi un statut de conservation, mais sa catégorie n’a pas pu être lue (article payant). Aucune protection nationale propre à l’espèce n’a été trouvée.

Comme toutes les espèces du genre à l’exception de Cycas beddomei, Cycas dharmrajii relève de l’annexe II de la CITES, où la famille des Cycadaceae figure depuis le 4 février 1977. L’inscription porte l’annotation #4 (version issue de la CoP20, en vigueur depuis le 5 mars 2026) : les graines, le pollen, les plantules et cultures de tissus obtenues in vitro et transportées en conteneurs stériles, ainsi que les fleurs coupées de plantes reproduites artificiellement, ne sont pas soumis à la CITES. Le commerce international des plantes elles-mêmes exige en revanche un permis d’exportation. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Species+, la base officielle de la CITES, ne répertorie pas encore ce nom, publié en 2017 (recherche du 3 octobre 2026) : la protection découle de l’inscription de toute la famille, qui couvre chaque espèce, nommée ou non.

Ces informations générales ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, demandez au vendeur les justificatifs de provenance et préférez des plantes issues de semis en culture.

Culture

Cycas dharmrajii n’est documenté en culture nulle part : aucune institution n’a publié de recommandation et aucun retour n’a été trouvé sur les forums francophones ou italiens. Originaire d’un archipel tropical, il relèverait selon toute vraisemblance en France de la serre chaude ; c’est une déduction tirée de son origine, non une donnée documentée. Rien n’indique qu’il soit présent dans le commerce.

Multiplication

La plante est dioïque : il faut un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines. Aucune donnée de germination propre à l’espèce n’a été publiée. Les graines sont exemptées de la CITES par l’annotation #4.

Maladies et ravageurs

Un ravageur est documenté sur l’espèce dans la nature. Purti, Singh et Pandey (2022) ont signalé pour la première fois aux îles Andaman-et-Nicobar l’azuré des cycas, Luthrodes pandava, un petit papillon dont les chenilles s’attaquent à toutes les parties aériennes des cycas ; ils citent Cycas dharmrajii et Cycas pschannae comme nouvelles plantes hôtes et jugent les cycas endémiques de l’archipel plus sensibles que les espèces introduites. Aucune maladie propre à l’espèce n’est publiée. En culture, les cochenilles des cycas, dont Aulacaspis yasumatsui, peuvent toucher toutes les espèces.

Rusticité

Aucune donnée de résistance au froid n’existe pour Cycas dharmrajii. C’est un cycas des îles Andaman, dans la zone tropicale, et rien ne permet d’affirmer qu’il supporte le gel.

En France

Aucun résultat de culture n’a été publié en France métropolitaine pour Cycas dharmrajii, ni en pleine terre ni en pot, quelle que soit la zone (littoral méditerranéen, façade atlantique, Bretagne, intérieur continental, montagne). Une recherche sur le forum des Fous de palmiers et sur le forum italien Tropicamente n’a donné aucun retour de résistance au froid pour cette espèce, aucun épisode de gel daté ne la concerne, et le Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures n’a publié aucune observation à son sujet.

Repères internationaux

Aucun relevé de froid ni aucun retour de culture daté n’a été trouvé hors de France, ni sur les forums ni dans les jardins botaniques.

Toxicité et précautions

Aucune analyse de toxicité propre à Cycas dharmrajii n’a été trouvée. Le risque est en revanche bien documenté dans le genre : les tissus des Cycas, et surtout leurs graines, contiennent de la cycasine, que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. L’ASPCA classe le sagou du Japon (Cycas revoluta) parmi les plantes toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux. Faute de preuve contraire, considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Aucun usage n’est documenté pour cette espèce.

FAQ

Où pousse Cycas dharmrajii ?

Aux îles Andaman, en Inde : le type vient de la région de Diglipur, dans l’Andaman du Nord.

Comment le reconnaître ?

Par son tronc géant renflé à la base, qui se ramifie, ses racines aériennes et ses mégasporophylles portant de nombreuses paires de crochets latéraux.

Est-ce une forme de Cycas zeylanica ?

Non, selon The World List of Cycads. Il a été un temps rattaché à Cycas sainathii, aujourd’hui synonyme de Cycas zeylanica pour cette liste, puis rétabli comme espèce en 2020. La Liste rouge de l’UICN le range encore sous Cycas sainathii, qu’elle traite comme une espèce distincte.

D’où vient son nom ?

Il honore Dharm Raj Misra, professeur de botanique à l’université d’Allahabad, spécialiste des gymnospermes.

Est-il menacé ?

Cela dépend du nom retenu. Sous le nom Cycas dharmrajii, il n’a pas été évalué ; la Liste rouge de l’UICN l’inclut dans Cycas sainathii, classé vulnérable en 2022. L’état de ses populations n’est pas documenté dans les sources accessibles, et la chenille de l’azuré des cycas s’attaque à l’espèce aux Andaman.

Est-il rustique ?

Non, selon toute vraisemblance. Aucune donnée de froid n’existe ; c’est une plante d’île tropicale.

Est-il toxique ?

Il faut le supposer. Aucune analyse propre à l’espèce n’existe, mais tous les cycas étudiés contiennent des toxines graves, surtout dans les graines.

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Sites de référence

Bibliographie

  • Singh, L.J. (2017). Cycas dharmrajii sp. nov. (Cycadaceae) from Andaman and Nicobar Islands, India. Nordic Journal of Botany 35(1) : 69-76. doi:10.1111/njb.01284 [Protologue ; seul le résumé a été consulté (Crossref), texte intégral payant.]
  • Singh, L.J. & Misra, D.R. (2020). Reappraisal of the genus Cycas L. (Cycadaceae) in Andaman and Nicobar Islands, India. Indian Journal of Forestry 43(1) : 46-57. doi:10.54207/bsmps1000-2021-513ETJ [Révision à la suite de laquelle The World List of Cycads a rétabli l’espèce ; seul le résumé a été lu (Crossref), il ne mentionne pas Cycas dharmrajii.]
  • Srivastava, R.C. & Singh, L.J. (2015). A new species of Indian Cycas. International Journal of Current Research in Biosciences and Plant Biology 2(8) : 35-37. [Description originale de Cycas pschannae ; texte intégral consulté.]
  • Lindström, A.J. & Hill, K.D. (2007). The genus Cycas (Cycadaceae) in India. Telopea 11(4) : 463-488. [Révision des cycas indiens ; description de Cycas zeylanica utilisée pour la comparaison ; texte intégral consulté.]
  • Singh, L. (2022). Cycas sainathii. The IUCN Red List of Threatened Species : e.T103631608A243419871. doi:10.2305/IUCN.UK.2022-1.RLTS.T103631608A243419871.en [Évaluation VU de Cycas sainathii au sens large, incluant Cycas dharmrajii ; référence relevée sur Crossref et GBIF ; page de la Liste rouge non consultée.]
  • Purti, N., Singh, L.J. & Pandey, A.K. (2022). New hosts for the cycad blue butterfly, Luthrodes pandava, Horsfield (Lepidoptera: Lycaenidae) in an island ecosystem. Feddes Repertorium 133(3) : 234-243. doi:10.1002/fedr.202100024 [Premier signalement du ravageur aux Andaman-et-Nicobar, Cycas dharmrajii nouvel hôte ; article à comité de lecture, résumé lu.]
  • Srivastava, R.C. (2014). Cycas sainathii. Indian Journal of Plant Sciences 3(1) : 109-110. [Nom auquel l’espèce a été un temps rattachée ; cité d’après The World List of Cycads, non consulté.]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Source des étymologies reprises par The World List of Cycads ; non consulté directement.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]