Cycas seshachalamensis est un cycas d’Inde du Sud, connu seulement des contreforts des collines de Seshachalam, dans le district de Chittoor (Andhra Pradesh), où il pousse en forêt sèche décidue entre 200 et 600 m d’altitude. Ce membre du genre Cycas a été décrit en 2016 par des forestiers et des botanistes indiens, qui l’ont découvert lors d’un inventaire de la réserve de biosphère de Seshachalam. Il se distingue par une tige souterraine traçante d’où s’élève un tronc à base brusquement renflée, et par des feuilles portant jusqu’à 231 folioles. L’UICN ne l’a pas encore évalué ; ses auteurs le jugent en danger critique.
L’essentiel sur Cycas seshachalamensis
- Nom accepté : Cycas seshachalamensis P.V.C.Rao, N.V.S.Prasad, P.M.Babu, K.Prasad & Prasanna (2016), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté
- Anciens noms et synonymes : aucun
- Famille : Cycadaceae, ordre des Cycadales
- Noms communs : aucun nom attesté
- Répartition naturelle : Inde, Andhra Pradesh, collines de Seshachalam (district de Chittoor)
- Statut UICN : non évalué (NE) ; proposé en danger critique par ses auteurs
- CITES et autres protections : annexe II de la CITES (graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne
- Rusticité documentée : aucune donnée (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : en nature, forêt sèche décidue, entre 200 et 600 m ; aucune donnée de culture
- Port et dimensions adultes : tronc de 2 à 4,5 m, à base renflée, ramifié ou non ; feuilles de 1,57 à 1,86 m
- Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme tous les cycas (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Cycas seshachalamensis
Cycas seshachalamensis se distingue de ses voisins indiens par sa tige souterraine traçante, d’où s’élève un tronc cylindrique à base brusquement renflée, par ses feuilles à 145 à 231 folioles, par ses cataphylles poilues et par ses cônes mâles fuselés (Rao et al. 2016). La description qui suit est celle du protologue.
Le tronc, ramifié ou non, mesure 2 à 4,5 m, pour un diamètre d’environ 104 cm selon le protologue ; l’écorce, gris clair et épaisse, garde les bases des feuilles. Les feuilles, vert foncé brillant, mesurent 1,57 à 1,86 m ; plates en coupe, elles portent 145 à 231 folioles et un duvet brun qui tombe à mesure qu’elles s’étalent ; le rachis ne se termine pas par une épine. Le pétiole, de 26 à 37 cm, est glabre et porte de courtes épines droites de 2 mm sur 30 à 60 % de sa longueur. Les folioles médianes, fortement arquées, mesurent 21 à 31,5 cm sur 9 à 10 mm, à bords légèrement recourbés et pointe aiguë ou piquante ; elles sont espacées de 8 à 11 mm. Les cataphylles, étroitement triangulaires et piquantes, longues de 5,5 à 6,5 cm, portent un épais duvet brun orangé.
Les cônes mâles, fuselés, brun orangé ou brun clair, mesurent 26 à 30,5 cm sur 9 à 12 cm ; les microsporophylles, fermes, ont une extrémité stérile de 6 à 11 mm et une épine terminale saillante, étalée ou un peu relevée, de 11 à 13 mm. Les mégasporophylles, longs de 15 à 20 cm et couverts d’un duvet brun orangé ou gris, portent 8 à 12 ovules glabres ; leur limbe stérile, largement ovale, est bordé de 18 à 30 épines latérales courtes (2 à 4 mm) et terminé par une épine de 8 à 12 mm. Les graines, presque sphériques, mesurent 2 à 3 cm sur 2 à 2,5 cm ; leur enveloppe charnue, verte puis jaune, épaisse de 3 à 4 mm, n’a pas de couche fibreuse, et la coque, lisse, n’a pas de couche spongieuse.
Hybrides
Aucun hybride n’est documenté pour cette espèce.
Confusions possibles
Les auteurs l’ont comparé à trois espèces indiennes de la même sous-section. Cycas circinalis a un tronc non souterrain, moins de folioles (54 à 110), des cônes mâles ovoïdes à coniques et des graines allongées plus grosses (3 à 3,9 cm). Cycas sphaerica a 55 à 130 folioles, une épine terminale de mégasporophylle plus longue (17 à 29 mm) et des épines latérales plus longues (5 à 10 mm). Cycas swamyi, que The World List of Cycads rattache aujourd’hui à Cycas indica, a des feuilles plus courtes (75 à 150 cm), des folioles plus petites (13 à 21 cm sur 6 à 9 mm) et des graines brun rouge à maturité (Rao et al. 2016). Le protologue écrit « Cycas spherica » ; le nom accepté est Cycas sphaerica.
Taxonomie
Cycas seshachalamensis est un nom accepté par The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté. L’espèce a été décrite en 2016 dans l’Asian Journal of Conservation Biology (5(1) : 55-58) par P.V. Chalapathi Rao, conservateur des forêts de l’Andhra Pradesh, N.V. Sivaram Prasad, P. Madhu Babu, K. Prasad et P.V. Prasanna, ces deux derniers du Botanical Survey of India. Le type a été récolté le 24 mai 2012 près de Mayurasarovaram, dans la zone forestière de Bakarapet (rang de Chamala), à 520 m d’altitude (holotype à l’herbier national central de l’Inde, CAL ; isotype à l’herbier du Botanical Survey of India à Hyderabad, BSID).
Les caractères des graines et des mégasporophylles placent l’espèce dans la section Cycas, sous-section Cycas, groupe d’une quinzaine d’espèces réparties de l’Inde et du Sri Lanka à Luçon et à la Nouvelle-Guinée, dont l’Inde abrite une part importante (Rao et al. 2016). The World List of Cycads accepte l’espèce, sans synonyme.
Étymologie et histoire
L’épithète renvoie à la localité type, les collines de Seshachalam, d’où l’espèce est connue (Rao et al. 2016 ; Haynes 2022). Elle a été repérée lors de l’inventaire de la biodiversité de la réserve de biosphère de Seshachalam, partie des Ghâts orientaux, au pied de la réserve, dans le rang forestier de Chamala. Aucune introduction en culture n’est documentée.
Noms communs
Aucun nom commun n’est attesté pour cette espèce, en français, en anglais ou en télougou.
Dans la nature
Cycas seshachalamensis est rare, au pied des collines de Seshachalam, dans le district de Chittoor, en Andhra Pradesh. Il pousse en général en forêt sèche décidue, entre 200 et 600 m d’altitude. Les spécimens cités ont été récoltés entre 500 et 540 m, entre 2012 et 2014. Les cônes apparaissent de février à mai (Rao et al. 2016). La pollinisation n’est pas documentée.
Statut de conservation et réglementation
Cycas seshachalamensis n’a pas été évalué par l’UICN (NE), selon The World List of Cycads. Ses auteurs estiment son étendue d’occurrence à moins de 100 km² et sa zone d’occupation à moins de 10 km², et proposent la catégorie « en danger critique » (CR, critères B1ab(iii,v)+2ab(iii,v)). Ils ne détaillent pas les menaces.
Comme toutes les espèces du genre à l’exception de Cycas beddomei, Cycas seshachalamensis relève de l’annexe II de la CITES, où la famille des Cycadaceae figure depuis le 4 février 1977. L’inscription porte l’annotation #4 (version issue de la CoP20, en vigueur depuis le 5 mars 2026) : les graines, le pollen, les plantules et cultures de tissus obtenues in vitro et transportées en conteneurs stériles, ainsi que les fleurs coupées de plantes reproduites artificiellement, ne sont pas soumis à la CITES. Le commerce international des plantes elles-mêmes exige en revanche un permis d’exportation. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Species+, la base officielle de la CITES, ne répertorie pas encore ce nom, publié en 2016 (recherche du 3 octobre 2026) : la protection découle de l’inscription de toute la famille, qui couvre chaque espèce, nommée ou non.
Ces informations générales ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, demandez au vendeur les justificatifs de provenance et préférez des plantes issues de semis en culture.
Culture
Cycas seshachalamensis n’est documenté en culture par aucune institution, et aucun retour n’est documenté sur les forums francophones ou italiens. Plante de forêt sèche décidue, elle relèverait en France de la serre ou de la véranda chaude, en pot.
Multiplication
La plante est dioïque : il faut un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines. Aucune donnée de germination propre à l’espèce n’a été publiée. Les graines sont exemptées de la CITES par l’annotation #4.
Maladies et ravageurs
Aucun ravageur ni aucune maladie propre à l’espèce n’est documenté.
Rusticité
Aucune donnée de résistance au froid n’existe pour Cycas seshachalamensis. Il vit dans un climat tropical à saison sèche, sans gel : rien ne permet d’affirmer qu’il le supporte.
En France
Aucun résultat de culture n’a été publié en France métropolitaine pour Cycas seshachalamensis, ni en pleine terre ni en pot, quelle que soit la zone (littoral méditerranéen, façade atlantique, Bretagne, intérieur continental, montagne). Aucun retour de résistance au froid n’est documenté pour cette espèce, et aucun épisode de gel daté ne la concerne.
Repères internationaux
Aucun relevé de froid ni aucun retour de culture daté n’est documenté hors de France, ni sur les forums ni dans les jardins botaniques.
Toxicité et précautions
Aucune analyse de toxicité propre à Cycas seshachalamensis n’est documentée. Le risque est en revanche bien documenté dans le genre : les tissus des Cycas, et surtout leurs graines, contiennent de la cycasine, que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. L’ASPCA classe le sagou du Japon (Cycas revoluta) parmi les plantes toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux. Faute de preuve contraire, considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Aucun usage n’est documenté pour cette espèce.
FAQ
Où pousse Cycas seshachalamensis ?
Uniquement au pied des collines de Seshachalam, dans le district de Chittoor (Andhra Pradesh, Inde), en forêt sèche décidue entre 200 et 600 m.
Quand a-t-il été décrit ?
En 2016, d’après des plantes repérées lors d’un inventaire de la réserve de biosphère de Seshachalam ; le type a été récolté en mai 2012.
Comment le reconnaître ?
Par sa tige souterraine traçante, son tronc à base brusquement renflée, ses feuilles à 145-231 folioles et ses cônes mâles fuselés.
En quoi diffère-t-il de Cycas circinalis ?
Cycas circinalis n’a pas de tige souterraine, porte moins de folioles et a des graines allongées plus grosses.
Est-il menacé ?
Probablement. L’UICN ne l’a pas évalué, mais ses auteurs le jugent en danger critique, avec une zone d’occupation de moins de 10 km².
Est-il rustique ?
Non, selon toute vraisemblance. Aucune donnée de froid n’existe ; c’est une plante tropicale.
Est-il toxique ?
Il faut le supposer. Aucune analyse propre à l’espèce n’existe, mais tous les cycas étudiés contiennent des toxines graves, surtout dans les graines.
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Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Cycas seshachalamensis : https://cycadlist.org/scientific_name/815 — auteurs, protologue, type, répartition, statut UICN (NE), étymologie. Liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN ; consultée directement le 3 octobre 2026.
- Species+ (PNUE-WCMC), genre Cycas : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/12839/legal — inscription de la famille des Cycadaceae à l’annexe II de la CITES depuis le 4 février 1977 (annotation #4) et à l’annexe B de l’Union européenne ; le nom de l’espèce n’y figure pas encore. Base officielle de la CITES et de l’UE ; interrogée le 3 octobre 2026.
- Règlement (UE) 2026/1383 de la Commission : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/PDF/?uri=OJ:L_202601383 — annexes du règlement (CE) n° 338/97 en vigueur depuis le 29 juin 2026. Texte officiel.
- ASPCA Animal Poison Control, Sago Palm : https://www.aspca.org/pet-care/aspca-poison-control/toxic-and-non-toxic-plants/sago-palm — toxicité des cycas pour les chiens, les chats et les chevaux. Centre antipoison vétérinaire, fiable ; donnée de niveau genre.
Bibliographie
- Rao, P.V.C., Prasad, N.V.S., Babu, P.M., Prasad, K. & Prasanna, P.V. (2016). Cycas seshachalamensis (Cycadaceae), a new cycad from Andhra Pradesh, India. Asian Journal of Conservation Biology 5(1) : 55-58. [Protologue ; texte intégral consulté.]
- Lindström, A.J. & Hill, K.D. (2007). The genus Cycas (Cycadaceae) in India. Telopea 11(4) : 463-488. [Révision des cycas de l’Inde, citée par le protologue ; non consultée pour cette fiche.]
- Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Source des étymologies reprises par The World List of Cycads ; non consulté directement.]
- Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]