Macrozamia conferta est une petite cycadale du sud-est du Queensland, en Australie, limitée à quelques forêts d’État à l’ouest de Warwick, sur les Darling Downs, où elle pousse en forêt claire d’eucalyptus entre 600 et 750 m d’altitude. Cette espèce du genre Macrozamia, décrite en 1994, est l’une des plus petites cycadales du Queensland : quelques feuilles raides de 35 à 60 cm, tordues en spirale, garnies de folioles étroites, vert vif et luisantes, très serrées sur l’axe, d’où son nom. Elle est classée vulnérable en Australie et sur la Liste rouge de l’UICN.
L’essentiel sur Macrozamia conferta
- Nom accepté : Macrozamia conferta D.L.Jones & P.I.Forst. (1994), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
- Anciens noms et synonymes : aucun ; avant sa description, nom provisoire Macrozamia sp. (Warwick K.Hill 3825)
- Famille : Zamiaceae
- Noms communs : aucun nom attesté, ni en français ni en anglais, dans les sources consultées
- Répartition naturelle : Australie, sud-est du Queensland : Darling Downs, entre Inglewood, Leyburn et Warwick, de 600 à 750 m d’altitude
- Statut UICN : vulnérable (VU), évaluation publiée en 2022 ; vulnérable au Queensland et au niveau fédéral australien (loi EPBC)
- CITES et autres protections : annexe II de la CITES (tout le genre) ; annexe B dans l’Union européenne
- Rusticité documentée : aucun retour de culture (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : dans la nature, forêt claire d’eucalyptus, limons gris-blanc farineux ou sols squelettiques sur pentes ; en culture, non documenté
- Port et dimensions adultes : tronc souterrain ramifié, jusqu’à 12 couronnes par touffe ; 1 à 5 feuilles de 35 à 60 cm par couronne
- Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; risque documenté pour le genre (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Macrozamia conferta ?
On le reconnaît à sa petite taille, à ses feuilles raides et dressées, tordues deux ou trois fois en spirale, et à ses folioles étroites (2 à 6 mm), vert vif et luisantes sur les deux faces, si serrées sur l’axe qu’elles se touchent presque. La description originale de David Jones et Paul Forster (1994) donne les caractères suivants :
- Tronc : souterrain, à peu près ovoïde, de 15 à 30 cm de diamètre, ramifié en touffes de jusqu’à 12 couronnes ;
- Feuilles : 1 à 5 par couronne, dressées, de 35 à 60 cm, vert foncé et luisantes ; jeunes feuilles soyeuses sur l’axe et le pétiole ; base élargie couverte d’une laine fauve clair ; pétiole de 7 à 21 cm ; axe tordu 2 à 3 fois ;
- Folioles : 90 à 160 par feuille, linéaires, de 6 à 30 cm sur 2 à 6 mm, vert vif et luisantes sur les deux faces, creusées en gouttière, très serrées (1 à 17 mm d’intervalle), à base verdâtre à jaune verdâtre, rarement rougeâtre ; les folioles inférieures ne sont pas réduites en épines ;
- Cônes mâles : à peu près cylindriques, de 7 à 18 cm sur 2,5 à 4 cm, droits ou un peu arqués ;
- Cônes femelles : ovoïdes, dressés, de 6 à 12 cm sur 3,5 à 6 cm, sur un pédoncule laineux de 10 à 15 cm ;
- Graines : ovoïdes, de 2 à 2,5 cm sur 1,6 à 2 cm, à chair rouge.
La Flora of Australia donne un tronc de 9 à 15 cm de diamètre et des folioles de 7 à 21 cm aux bords enroulés, et résume l’espèce par ses feuilles raides fortement spiralées, à pétiole court, large et souvent velu, et par ses folioles raides, serrées, vert moyen.
Hybrides
Aucun hybride n’a été signalé dans les sources consultées.
Confusions possibles
Jones et Forster (1994) rattachent l’espèce au complexe de Macrozamia plurinervia, une espèce du nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Macrozamia conferta s’en distingue facilement par ses folioles bien plus étroites, vert vif, luisantes et serrées, et par ses cônes verts et ses graines nettement plus petits ; Macrozamia plurinervia a des folioles de 4 à 9 mm, gris-vert, très glauques dessous, et des cônes glauques.
Dans leur clé des espèces du Queensland, les mêmes auteurs l’opposent à Macrozamia fearnsidei, dont les folioles, aussi creusées, sont bien plus grandes (20 à 60 cm sur 6 à 11 mm) et largement espacées. Les autres petites espèces des Darling Downs, Macrozamia cranei, Macrozamia machinii, Macrozamia occidua et Macrozamia viridis, lui ressemblent ; elles vivent chacune dans un secteur distinct, si bien que la provenance aide à les identifier.
Taxonomie
Macrozamia conferta D.L.Jones & P.I.Forst. a été publié en 1994 dans la revue Austrobaileya (vol. 4, n° 2, p. 271-273), dans un article qui décrivait sept nouvelles espèces de la section Parazamia du sud-est du Queensland. Cette section réunit des plantes petites, à tronc souterrain, à feuilles généralement tordues, sans folioles inférieures réduites en épines et sans canaux à mucilage dans les folioles. The World List of Cycads accepte l’espèce, sans synonyme, et n’emploie pas les sections.
Les auteurs voyaient dans ces espèces étroitement localisées le résultat d’un isolement géographique prolongé. Melinda Laidlaw et Paul Forster (2012) rappellent qu’on pourrait aussi les considérer comme cinq métapopulations d’une seule « superespèce » variable des Darling Downs ; les espèces restent toutefois reconnues séparément.
Le type a été récolté le 20 avril 1992 près de Warwick par Paul Forster et Peter Machin (plante mâle, n° 9800B) ; l’holotype est à Brisbane, un isotype à Canberra. The World List of Cycads écrit « 98008 », ce qui semble une erreur de transcription.
Étymologie et histoire
L’épithète vient du latin confertus, « serré, pressé », et fait allusion aux folioles serrées sur l’axe de la feuille (Jones et Forster, 1994). Le nom de genre, Macrozamia, associe le grec makros, « grand », au nom de genre Zamia. Selon les auteurs, la plante semble avoir été découverte en 1987 par le botaniste A.R. Bean alors qu’il récoltait des eucalyptus près de Warwick, mais aucun spécimen n’avait alors été déposé en herbier.
Noms communs
Aucun nom commun n’est attesté, ni en français ni en anglais, dans les sources consultées. On emploie le nom scientifique.
Dans la nature
L’espèce vit seulement sur les Darling Downs, au sud-est du Queensland. En 1994, elle n’était connue que de deux forêts d’État près de Warwick ; WildNet, la base de données du gouvernement du Queensland, la donne aujourd’hui entre Inglewood, Leyburn et Warwick, et un plan de gestion de 2022 situe la plupart des populations connues dans un secteur d’environ 25 km² comprenant les forêts d’État de Durikai, Bringalily et Devine, à l’ouest de Warwick. Elle pousse entre 600 et 750 m d’altitude, en forêt claire d’eucalyptus (Eucalyptus fibrosa, Eucalyptus melliodora, Eucalyptus crebra, Eucalyptus moluccana), soit sur terrain plat ou crêtes basses dans un limon gris cendré à blanc et farineux, soit sur des pentes raides aux sols squelettiques gris-blanc.
Les cônes mûrissent en octobre et novembre et les graines en février et mars. La pollinisation est assurée par un charançon du genre Tranes, dans une relation de dépendance mutuelle obligatoire (Forster et al., 1994). Laidlaw et Forster (2012) notent que ces cônes produisent de la chaleur, comme ceux des espèces voisines. Selon le plan de gestion de 2022, qui s’appuie sur Laidlaw et Forster (2012), les graines, lourdes, ne sont guère dispersées à plus de 100 m, et une génération dure de 20 à 25 ans.
Les relevés faits avant la construction d’un parc éolien, à l’ouest de Warwick, donnent une idée de ces populations : de 1 à 592 plantes par hectare, une femelle pour huit mâles en moyenne et 96 % d’adultes.
Statut de conservation et réglementation
Macrozamia conferta est classé vulnérable (VU) sur la Liste rouge de l’UICN, selon l’évaluation de J.D. Bösenberg publiée en 2022, telle que l’affiche The World List of Cycads (Liste rouge non consultée directement), qui cite les critères A2c et B1ab(iii,v)+2ab(iii,v) : un déclin passé de l’habitat et une aire très restreinte. Il est aussi inscrit comme vulnérable au Queensland et au titre de la loi fédérale australienne sur la protection de l’environnement (EPBC), depuis le 16 juillet 2000 selon la Flora of Australia.
Les menaces retenues par l’avis de conservation fédéral de 2008, repris par le plan de gestion de 2022, sont l’arrachage illégal des plantes adultes, l’empoisonnement des cycadales par les éleveurs (kérosène, arsenic ou herbicides appliqués autrefois sur le cœur des plantes pour protéger le bétail), les incendies intenses pendant les années de forte production de graines, l’exploitation forestière et la perte des pollinisateurs. Laidlaw et Forster (2012) prévoient que son aire favorable se resserrera autour des populations actuelles avec le réchauffement, sa répartition dépendant plus du sol et de la végétation que de la température.
En 2022, la construction du parc éolien de MacIntyre et de sa ligne électrique devait toucher 3 664 plantes qui ne pouvaient être évitées ; l’autorisation fédérale imposait leur transplantation dans un site voisin, la récolte et le semis de leurs graines, et l’obtention en 20 ans d’une population viable au moins égale à celle touchée.
Comme toutes les cycadales du genre, l’espèce relève de l’annexe II de la CITES et, dans l’Union européenne, de l’annexe B (Species+, consulté le 2 octobre 2026). N’achetez que des plantes issues de culture, avec leurs documents, et vérifiez la réglementation en vigueur.
Culture
Aucune source consultée ne décrit la culture de Macrozamia conferta par des amateurs, en Australie comme en Europe. Les seules indications de culture viennent du plan de transplantation de 2022, qui prévoit d’élever les semis en pépinière en pot de 140 mm jusqu’à ce que les racines remplissent le pot (9 à 12 mois), puis en pot de 300 mm. Son milieu naturel suggère un sol pauvre, très drainant, et une exposition lumineuse de forêt claire. C’est une plante petite, qui tient en pot.
Multiplication
La multiplication se fait par semis, les plantes étant mâles ou femelles. Selon Paul Forster, cité dans le plan de 2022, les graines récoltées à la chute du cône, encore entourées de leur chair, ne sont pas prêtes : l’embryon a besoin de 8 à 12 mois pour se développer. On les conserve dans des sacs en papier, au sec et à l’abri des extrêmes de température ; les graines qui flottent dans l’eau sont jetées. Le semis se fait de préférence pendant les mois chauds, la graine nettoyée simplement pressée à la surface du substrat, sans être enterrée.
Maladies et ravageurs
Aucun problème propre à l’espèce n’est documenté en culture. Dans la nature, le feuillage est consommé par des insectes indigènes qui dépendent des cycadales, et les plantes adultes repoussent après un incendie, contrairement aux graines et aux semis (plan de gestion de 2022).
Rusticité
Aucun retour de culture n’a été trouvé pour Macrozamia conferta, ni en France ni ailleurs. La recherche de son nom sur le forum des Fous de palmiers et sur le forum italien Tropicamente ne donne aucun retour de culture.
En France
Aucune donnée n’existe, quelle que soit la région. En 2014, sur le forum des Fous de palmiers, un cultivateur de l’Ain et de l’Hérault rapportait l’avis d’un pépiniériste australien spécialisé dans les cycadales, qui rangeait Macrozamia conferta parmi les espèces « moins rustiques » de l’intérieur du Queensland. Ce classement ne donne aucune température.
Repères internationaux
Aucun résultat de culture n’a été trouvé. La région des Darling Downs où vit l’espèce connaît une température moyenne annuelle de 11,9 à 18,4 °C et des précipitations de 602 à 1 061 mm par an (Laidlaw et Forster, 2012), mais nous n’avons pas trouvé de données publiées sur les gelées dans ses stations. Toute valeur de rusticité serait une estimation : nous n’en donnons pas.
Toxicité et précautions
Aucune analyse propre à Macrozamia conferta n’a été trouvée, mais le risque est documenté pour le genre : les Macrozamia contiennent de la cycasine, qui peut provoquer des troubles graves ou la mort des mammifères qui en consomment assez, et la consommation des feuilles par le bétail peut tuer ou blesser gravement les animaux (sources citées par le plan de gestion de 2022 ; voir aussi la page du genre). Portez des gants pour manipuler les graines, gardez-les hors de portée des enfants, des chiens et du bétail, et contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire en cas d’ingestion.
Usages traditionnels
Aucun usage propre à cette espèce n’a été trouvé. D’autres Macrozamia fournissaient aux peuples aborigènes des graines comestibles après de longs traitements (voir la page du genre).
FAQ
Pourquoi s’appelle-t-il conferta ?
Parce que ses folioles sont serrées. Le latin confertus signifie « serré, pressé » : les folioles ne sont séparées que de 1 à 17 mm sur l’axe de la feuille.
Est-il menacé ?
Oui, il est vulnérable. Il est inscrit comme tel par l’UICN (2022), le Queensland et la loi fédérale australienne, en raison de son aire très réduite et des menaces qui pèsent sur ses populations.
Qui pollinise ses cônes ?
Un charançon du genre Tranes. La plante et l’insecte dépendent l’un de l’autre pour se reproduire.
Comment le distinguer de Macrozamia plurinervia ?
Par ses folioles et ses cônes. Celles de Macrozamia conferta sont plus étroites, vert vif et luisantes, très serrées, et ses cônes sont verts et plus petits, alors que Macrozamia plurinervia a des folioles gris-vert, glauques dessous, et des cônes glauques.
Comment faire germer ses graines ?
En les laissant mûrir. Les graines fraîchement tombées ont besoin de 8 à 12 mois avant de germer ; on les sème ensuite à chaud, posées à la surface du substrat.
Peut-on le cultiver en France ?
On ne sait pas. Aucun cultivateur n’a publié d’expérience, et un avis d’expert le range parmi les Macrozamia moins rustiques ; sa petite taille permet toutefois une culture en pot, hivernée à l’abri du gel.
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Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Macrozamia conferta : https://cycadlist.org/scientific_name/378 — auteur, protologue, type, répartition, statut et critères UICN de 2022, étymologie. Liste de référence des spécialistes des cycadales ; consultée directement le 2 octobre 2026.
- Flora of Australia (ABRS), Macrozamia conferta : https://profiles.ala.org.au/opus/foa/profile/Macrozamia%20conferta — description, caractères distinctifs, habitat, pollinisation, statuts (texte d’après le volume 48 de 1998, mis à jour). Flore nationale, fiable ; consultée directement.
- WildNet (gouvernement du Queensland), Macrozamia conferta : https://apps.des.qld.gov.au/species-search/details/?id=6525 — description, habitat, répartition, statuts au Queensland et au niveau fédéral. Base officielle ; données lues par le service de données de la base le 2 octobre 2026.
- ACCIONA Energy, MacIntyre Wind Farm and OHTL Macrozamia conferta Translocation Management Plan (EPBC 2020/8756, 2020/8759), révision 1 du 4 mai 2022 : https://www.acciona.com.au/content/dam/accionaau/media/u2gcncb3/miwf-and-ohtl-macrozamia-conferta-translocation-management-plan-rev1.pdf — écologie, menaces d’après l’avis de conservation fédéral, effectifs touchés, méthodes de conservation et de semis des graines. Document d’entreprise exigé par l’autorisation fédérale, à croiser avec les sources scientifiques ; lu en entier.
- Species+ (PNUE-WCMC), Macrozamia conferta : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/26475/legal — annexe II de la CITES, annexe B de l’Union européenne. Base officielle ; consultée le 2 octobre 2026.
- Forum des Fous de palmiers, fil « Notes concernant la rusticité des Macrozamia » (2014) : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?t=17538 — classement de rusticité rapporté (#p323061). Forum de cultivateurs, à valeur indicative ; fil lu en entier.
Bibliographie
- Jones, D.L. & Forster, P.I. (1994). Seven new species of Macrozamia section Parazamia (Miq.) Miq. (Zamiaceae section Parazamia) from Queensland. Austrobaileya 4(2) : 269-288. [Protologue : diagnose, description, type, habitat, phénologie, affinités, statut, étymologie, clé ; texte intégral consulté (PDF diffusé par The World List of Cycads).]
- Laidlaw, M.J. & Forster, P.I. (2012). Climate predictions accelerate decline for threatened Macrozamia cycads from Queensland, Australia. Biology 1(3) : 880-894. doi:10.3390/biology1030880 [Climat de la région, cônes thermogènes, facteurs limitant la répartition, effets prévus du réchauffement ; texte intégral consulté.]
- Forster, P.I., Machin, P., Mound, L. & Wilson, G. (1994). Insects associated with the reproductive structures of cycads in Queensland and north-east New South Wales, Australia. Biotropica 26 : 217-222. [Pollinisation par un charançon Tranes ; non consulté, cité d’après la Flora of Australia et WildNet.]
- Hill, K.D. (1998). Zamiaceae. In : Flora of Australia 48. ABRS/CSIRO, Melbourne. [Description ; consultée dans la version en ligne de la flore.]
- Bösenberg, J.D. (2022). Macrozamia conferta. The IUCN Red List of Threatened Species 2022 : e.T41953A48715936. [Catégorie VU ; référence relevée sur The World List of Cycads, page de la Liste rouge non consultée.]
- Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]