Encephalartos lebomboensis

Encephalartos lebomboensis est une grande cycadale d’Afrique australe, aux feuilles vert brillant et aux folioles dentées, qui pousse sur les falaises et les pentes rocheuses des monts Lebombo et de la vallée de la Pongola, entre le nord-est de l’Afrique du Sud, l’Eswatini et la frontière du Mozambique. Cette espèce du genre Encephalartos, décrite en 1949 par Inez Verdoorn, a longtemps englobé toutes les cycadales des Lebombo ; en 1996, Piet Vorster en a séparé Encephalartos senticosus, et bien des plantes cultivées sous le nom de lebomboensis appartiennent en fait à cette seconde espèce. Classée en danger par l’UICN, elle a perdu au moins la moitié de ses effectifs sauvages, surtout à cause des prélèvements. En culture, elle est réputée facile et assez rapide, et supporte de légères gelées.

L’essentiel sur Encephalartos lebomboensis

  • Nom accepté : Encephalartos lebomboensis I.Verd. (1949), nom accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15), GBIF et Species+
  • Anciens noms et synonymes : aucun synonyme ; jusqu’en 1996, le nom couvrait aussi les plantes aujourd’hui nommées Encephalartos senticosus Vorster
  • Famille : Zamiaceae
  • Noms communs : aucun nom français attesté ; en anglais « Lebombo cycad » (PlantZAfrica, Species+)
  • Répartition naturelle : Afrique du Sud (Mpumalanga, KwaZulu-Natal), Eswatini et Mozambique, en sous-populations fragmentées ; zone d’occurrence d’environ 3 900 km² (SANBI, 2023)
  • Statut UICN : en danger (EN, critères A2acd; B1ab(ii,iii,v)+2ab(ii,iii,v)), évaluation de J.D. Bösenberg datée de mai 2020, publiée en 2022
  • CITES et autres protections : annexe I de la CITES (tout le genre, depuis 1977) ; annexe A dans l’Union européenne, avec un avis défavorable de l’UE pour les plantes reproduites artificiellement d’Afrique du Sud depuis 2013
  • Rusticité documentée : supporte de légères gelées, mais peut souffrir de fortes gelées (PlantZAfrica) ; en pleine terre depuis plusieurs années au Domaine du Rayol, dans le Var (2012) ; aucun relevé de température publié en France (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : plein soleil ou ombre légère, drainage excellent (PlantZAfrica)
  • Port et dimensions adultes : tronc jusqu’à 4 m de haut et environ 30 cm de diamètre, souvent couché ; jusqu’à huit troncs par touffe ; feuilles de 1 à 2 m
  • Toxicité : graines et tissus à considérer comme toxiques, comme chez les autres Encephalartos (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Encephalartos lebomboensis ?

C’est un grand Encephalartos vert, aux feuilles droites ou un peu recourbées vers le sommet et aux folioles étroites, dentées sur les deux bords. Verdoorn (1949) le décrit ainsi, complétée par Dyer (1965) et PlantZAfrica :

  • Tronc : jusqu’à 4 m de haut et environ 30 cm de diamètre, à sommet en dôme laineux ; il est souvent couché (PlantZAfrica), seul ou en touffe de huit troncs au plus, avec de nombreux rejets à la base et parfois sur le tronc ;
  • Feuilles : nombreuses, en couronne dense, dressées-étalées, droites mais recourbées ou tordues vers le sommet, de 1 à 2 m, vert clair à foncé et brillantes (PlantZAfrica) ; pétiole de 3 à 10 cm jusqu’au premier piquant, finement duveteux puis glabre ;
  • Folioles : linéaires-lancéolées, les médianes de 12 à 17 cm sur 1,2 à 2,2 cm, portant le plus souvent une à quatre dents en aiguille sur les deux bords, surtout sur le bord inférieur, parfois entières dans le haut de la feuille ; vers la base de la feuille, elles se réduisent à des piquants, d’abord lobés puis droits ;
  • Cônes mâles : le cône du type, jaune abricot et vert vers le sommet, noircissant quand il est meurtri, mesurait 46 cm sur 13 cm, sur un pédoncule de 3 cm (Verdoorn, 1949) ; PlantZAfrica les décrit étroitement cylindriques, d’environ 45 cm sur 12 à 15 cm, jaunes à abricot, à écailles saillantes mais non prolongées en bec pendant ;
  • Cônes femelles : jaune abricot ou vert clair, ovoïdes ou en tonneau, de 40 à 45 cm sur 22 à 30 cm, à écailles presque lisses, saillantes d’environ 1 cm, avec une dépression centrale couverte de poils gris ou roux (Verdoorn, 1949 ; PlantZAfrica) ;
  • Graines : à enveloppe charnue écarlate, d’environ 4 cm sur 1,8 à 2,2 cm (Verdoorn, 1949 ; Dyer, 1965).

Selon Vorster (1996) et PlantZAfrica, les cônes sont le plus souvent solitaires chez Encephalartos lebomboensis, les femelles étant parfois par deux dans la forme de Mananga. PlantZAfrica distingue deux formes : celle de Piet Retief, au sud, a des troncs plus courts et plus trapus, des folioles plus étroites et des cônes femelles en général solitaires, en tonneau et vert crème ; celle de Mananga, au nord, des cônes femelles plus ovoïdes, jaune abricot.

Encephalartos lebomboensis
Encephalartos lebomboensis cultivé au Jardin botanique de la Ville de Nice.

Hybrides

Aucun hybride naturel n’est décrit pour Encephalartos lebomboensis au sens actuel. Dyer (1965), qui prenait l’espèce au sens large, signalait près de Pongola Poort, là où elle côtoie Encephalartos villosus, de jeunes plantes laissant supposer des croisements naturels ; ce secteur, celui du barrage de Jozini, relève aujourd’hui d’Encephalartos senticosus selon PlantZAfrica. En culture, comme chez les autres Encephalartos, des hybrides se forment dès que plusieurs espèces portent des cônes en même temps : une plante issue de graines de collection n’est pas forcément pure.

Confusions possibles

La distinction essentielle se fait avec Encephalartos senticosus, que Vorster a séparé en 1996 et qui lui ressemble beaucoup par le feuillage. Selon la description de Vorster (1996), les deux espèces diffèrent surtout par les cônes :

  • Cônes mâles : le plus souvent solitaires et sessiles, à écailles relevées en pyramide chez Encephalartos lebomboensis ; trois ou quatre par tige, portés par un pédoncule pouvant atteindre 10 cm, à écailles étirées en becs pendants chez Encephalartos senticosus ;
  • Cônes femelles : solitaires ou rarement par deux, à écailles presque plates chez Encephalartos lebomboensis ; deux ou trois par tige, à écailles relevées en pyramide chez Encephalartos senticosus.

PlantZAfrica (fiche d’Encephalartos senticosus, 2011) ajoute que les cônes mâles d’Encephalartos senticosus sont laineux, ceux d’Encephalartos lebomboensis jamais, et que ses cônes femelles ont une surface rugueuse. Le pédoncule de 3 cm décrit par Verdoorn sur le cône mâle du type contraste avec les cônes « sessiles » retenus par Vorster pour l’espèce ; les sources publiées n’expliquent pas cet écart. Sans cônes, l’identification repose sur l’origine de la plante, ce qui est rarement possible pour les sujets du commerce.

Dyer (1965) distinguait l’espèce d’Encephalartos natalensis, plus au sud, par la face plus lisse et plus plate des écailles des cônes femelles, des feuilles plus droites, une base de pétiole plus densément épineuse et des folioles plus étroites ; selon lui, les deux espèces ne se chevauchent pas, Encephalartos lebomboensis ne descendant pas au sud du bassin de la Pongola et Encephalartos natalensis ne remontant pas au nord de celui de l’Umfolozi. Verdoorn (1949) le séparait d’Encephalartos altensteinii, sous le nom duquel il circulait, par une plante plus petite en tout, des folioles plus étroites (1 à 2,2 cm contre 1,5 à 3,2 cm), toujours réduites à des piquants à la base de la feuille, et des écailles de cônes moins saillantes.

Taxonomie

Encephalartos lebomboensis est un nom accepté par The World List of Cycads, GBIF et Species+. Inez Clare Verdoorn l’a décrit en décembre 1949 dans The Flowering Plants of Africa (vol. 27, planches 1078 et 1079). Le type (Keith, herbier national de Pretoria 28362 a et b, plantes mâle et femelle) a été récolté en juillet 1948 dans le jardin du capitaine D.R. Keith, à Ravelston, près de Stegi (aujourd’hui Siteki), au Swaziland, sur des plantes venues d’un site des monts Lebombo situé à environ 7 milles ; Verdoorn citait aussi des récoltes du Zoulouland, au col de Cecil Mack et à Ingwavuma. L’holotype est conservé à Pretoria (PRE), des isotypes à Bolus (BOL) et à Durban (NH) (The World List of Cycads).

En 1995, Piet Vorster a montré que le nom avait été mal appliqué depuis sa publication : selon lui, il désigne les plantes de la vallée de la Pongola et une population isolée des monts Lebombo, au Mpumalanga, tandis que les plantes de la crête des Lebombo du nord du KwaZulu-Natal et du Swaziland forment une espèce distincte, qu’il a décrite en 1996 sous le nom d’Encephalartos senticosus (type : réserve de Mlawula, au nord-est de Siteki). Encephalartos senticosus occupe, d’après Vorster (1996), le sommet des Lebombo depuis le sud du barrage de Jozini jusqu’à quelques kilomètres au nord de Siteki, où la population septentrionale d’Encephalartos lebomboensis prend le relais ; PlantZAfrica situe cette limite à 50 km au nord de Siteki. Les sources consultées n’expliquent pas comment le type de Verdoorn, issu des environs de Stegi, se situe par rapport à cette nouvelle limite ; l’article de Vorster (1995), qui en traite, n’a pas pu être consulté. PlantZAfrica précise enfin que la répartition de l’espèce en deux secteurs est « discutée par certains ». Cette page s’en tient aux deux espèces acceptées par The World List of Cycads.

Étymologie et histoire

L’épithète lebomboensis signifie « des Lebombo », d’après les monts Lebombo (PlantZAfrica ; Haynes, 2022, via The World List of Cycads).

Verdoorn (1949) raconte l’histoire de la description. Depuis plus de vingt ans, le capitaine Keith cultivait chez lui, à Ravelston, une allée de ces cycadales prélevées sur les crêtes rocheuses voisines ; on les lui avait présentées comme Encephalartos altensteinii, et il en avait envoyé sous ce nom au jardin botanique de Kirstenbosch et au jardin de H.B. Christian, en Rhodésie du Sud. M.R. Henderson les avait déjà séparées en 1945 sous le nom informel de « West’s Cycad », d’après une récolte d’O. West près d’Ingwavuma. Dyer (1965) note que, dans ce même jardin, des cônes femelles avaient donné en 1947 un tapis de semis autour de la plante mère, fait rare chez les Encephalartos cultivés.

Dans les années 1960, avant la mise en eau du barrage de Jozini sur la Pongola, plusieurs milliers de plantes ont été déplacées par l’organisation « Operation Wild Flower » et distribuées aux jardins publics et aux amateurs (Dyer, 1965). Ces plantes sont entrées dans le commerce sous le nom d’Encephalartos lebomboensis, mais relèvent aujourd’hui d’Encephalartos senticosus (PlantZAfrica).

Noms communs

Aucun nom français n’est attesté pour Encephalartos lebomboensis. PlantZAfrica et Species+ donnent en anglais « Lebombo cycad ». Le nom zoulou isiGqiki-somkhovu, « oreiller du zombie », cité pour l’espèce au sens large par Palmer et Pitman (1972, via la Gymnosperm Database), est aujourd’hui rattaché par PlantZAfrica à Encephalartos senticosus, tout comme « Lebombo cycad » et le nom afrikaans « lebombobroodboom ».

Dans la nature

Les sources ne délimitent pas l’aire de la même façon, puisqu’elles ne suivent pas toutes la séparation de 1996. Pour PlantZAfrica, Encephalartos lebomboensis occupe deux secteurs : au nord, les monts Lebombo autour de Mananga, à la frontière du Mpumalanga et de l’Eswatini, et au sud, la haute vallée de la Pongola autour de Piet Retief. Le document d’avis de commerce non préjudiciable de la SANBI (approuvé en 2023, mis à jour en juin 2025) décrit des sous-populations fragmentées au KwaZulu-Natal et au Mpumalanga, débordant marginalement en Eswatini et au Mozambique, avec une zone d’occurrence d’environ 3 900 km², une zone d’occupation d’environ 200 km² et moins de cinq localités. The World List of Cycads et Species+ citent l’Eswatini, le Mozambique et l’Afrique du Sud.

L’espèce pousse sur les pentes des hautes crêtes et sur les falaises qui bordent les vallées, en plein soleil (PlantZAfrica), dans la prairie et la savane, sur de grands affleurements rocheux à buissons épars et sur les falaises des ravins, avec une préférence pour les sols profonds et fertiles (SANBI, 2023). L’une de ses principales végétations, le « Lebombo Summit Sourveld », figure sur la liste nationale des écosystèmes menacés. Les étés sont chauds, avec 625 à 750 mm de pluie par an, et les hivers frais, souvent brumeux (PlantZAfrica, d’après Whitelock, 2002).

Chaque plante porte en moyenne un à trois cônes tous les trois ans ; la pollinisation est efficace, plus de 70 % des graines testées étant fécondées, et les semis abondent au pied des plantes mères, mais les jeunes plantes de 5 à 15 cm de diamètre sont rares, peut-être à cause du feu, du pâturage ou des prélèvements (SANBI, 2023). Selon des rapports provinciaux, les babouins, les singes vervets, les écureuils, les damans et les calaos couronnés dispersent les graines au Mpumalanga, mais des observations récentes montrent la plupart des semis à moins d’un mètre des adultes.

Statut de conservation et réglementation

Encephalartos lebomboensis est classé en danger (EN) sur la Liste rouge de l’UICN, selon les critères A2acd; B1ab(ii,iii,v)+2ab(ii,iii,v), qui combinent un déclin de la population et une aire restreinte et fragmentée, en régression. L’évaluation, due à J.D. Bösenberg, est datée du 19 mai 2020 et a été publiée en 2022 (The World List of Cycads, GBIF, Crossref). PlantZAfrica, dans un texte de 2003, la disait en danger critique, surtout la forme de Mananga, après l’avoir vue classée « rare à vulnérable » en 1996 ; ce n’est pas le classement de l’évaluation UICN actuelle. Encephalartos senticosus est, lui, classé vulnérable (VU A2acd).

Le plan d’action de l’UICN pour les cycadales (Donaldson, 2003) le classait déjà en danger, avec environ 5 000 plantes, un déclin élevé, la surcollecte et la destruction de l’habitat comme menaces ; il le cite comme une espèce « ravagée par les collectionneurs » pour laquelle une pépinière communautaire a été créée à Mananga. Le document de la SANBI de 2023 estime la population sauvage à environ 5 000 plantes : un survol du KwaZulu-Natal a compté 807 plantes dans une sous-population en 2022, sans doute plus de 1 000 en réalité, et la plus grande sous-population du Mpumalanga, qui comptait 4 000 à 5 000 plantes en 1984, n’en aurait plus que 1 000 à 3 000. Le déclin dépasse 50 % en 90 ans, surtout à cause des prélèvements pour les jardins et l’aménagement paysager ; des trous laissés par des plantes arrachées ont encore été notés lors de relevés récents. S’y ajoutent l’extension des cultures et les plantes envahissantes (Lantana camara, Chromolaena odorata), qui augmentent le risque d’incendie.

En Afrique du Sud, la récolte de cycadales sauvages est interdite depuis 2012 (avis gouvernemental n° 371), et l’espèce fait partie du plan national de gestion des cycadales les plus menacées, en vigueur depuis 2017. Ce plan (Journal officiel n° 40793, avril 2017) estimait la population sauvage à environ 5 000 plantes, sans inventaire récent, et notait une récolte accrue, non confirmée, de plantes adultes pour le marché des plantes médicinales ; il prévoit des inventaires au sol au KwaZulu-Natal et au Mpumalanga, l’arrachage du lantana et de Chromolaena odorata sur les monts Lebombo à Mananga, la recherche de l’espèce dans les aires protégées de SANParks et des semis de renforcement, 2 000 graines à Mananga et 1 000 dans l’aire historique de Piet Retief, où une banque de gènes plantée produit déjà des cônes. Il signale aussi des collections ex situ viables dans les jardins botaniques nationaux. À la fin des années 1990, l’agence de conservation du Mpumalanga a organisé la récolte de graines et une pépinière communautaire, qui a mis environ 180 000 plants sur le marché en près de neuf ans (SANBI, 2023). Comme toutes les espèces du genre, Encephalartos lebomboensis est inscrit à l’annexe I de la CITES depuis le 4 février 1977 et à l’annexe A du règlement européen sur le commerce des espèces sauvages (liste en vigueur : règlement (UE) 2026/1383), selon Species+. Pour les plantes reproduites artificiellement provenant d’Afrique du Sud, l’Union européenne maintient depuis le 7 février 2013 un avis défavorable ; les suspensions de commerce qui visaient le Mozambique (UE de 2008 à 2017, CITES de 2012 à 2018) ne sont plus en vigueur, et une nouvelle consultation sur l’ensemble du genre est ouverte depuis le 16 septembre 2026. En France, une plante proposée à la vente doit être issue de culture et accompagnée des documents CITES et européens exigés. Bases consultées le 20 octobre 2026 ; vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat.

Culture

PlantZAfrica présente Encephalartos lebomboensis comme l’une des cycadales les plus populaires en culture, facile, robuste en plein soleil comme à mi-ombre légère, à croissance assez rapide, qui se transplante facilement ; il lui faut un drainage excellent, et il convient aux régions tropicales et tempérées chaudes. Selon le document de la SANBI de 2023, des plantes de culture peuvent dépasser 40 cm en dix ans, selon la fertilisation. Les deux formes, de Mananga et de Piet Retief, sont courantes en pépinière en Afrique du Sud (PlantZAfrica) ; en Europe, beaucoup de plantes vendues sous ce nom peuvent être des Encephalartos senticosus.

Dans le Var, un cultivateur signale sur le forum Fous de palmiers (octobre 2012) qu’un bel Encephalartos lebomboensis pousse depuis plusieurs années en pleine terre au Domaine du Rayol, sur un talus bien exposé et un sol bien drainant, au bord de la mer (photo ci-dessous). L’espèce est aussi cultivée au jardin botanique de Nice (photo ci-dessus). En Bretagne, des membres du même forum mentionnent des essais au jardin exotique de Roscoff (2012) et une plante étiquetée Encephalartos lebomboensis vue en février 2015 ; aucune donnée de culture ou de froid n’est publiée.

Encephalartos lebomboensis
Encephalartos lebomboensis, plante cultivée au Jardin du Rayol (Var)

Multiplication

Encephalartos lebomboensis se multiplie par graines ou par ses rejets, qui se transplantent facilement (PlantZAfrica). Pour obtenir des graines, il faut féconder un cône femelle avec le pollen d’un mâle de la même espèce, au bon stade ; dans un jardin où d’autres Encephalartos portent des cônes, le risque d’hybridation est réel. Les graines, à enveloppe charnue écarlate, sont toxiques : portez des gants pour les nettoyer. Elles relèvent, comme les plantes, de l’annexe I de la CITES.

Maladies et ravageurs

PlantZAfrica renvoie, pour les ravageurs, aux cycadales d’Afrique australe en général : chenilles et pucerons sur les feuilles, charançons sur les cônes, larves de coléoptères dans les tiges, fourmis et termites sur les racines. En culture en Europe, le risque principal reste la pourriture des racines et du tronc dans un sol froid et humide.

Rusticité

PlantZAfrica indique qu’Encephalartos lebomboensis supporte de légères gelées mais peut être abîmé par de fortes gelées ; son habitat a des hivers frais et brumeux. Les retours datés et mesurés manquent, en France comme ailleurs, et la confusion avec Encephalartos senticosus rend incertaine l’identité de beaucoup de plantes cultivées. Comme pour tous les Encephalartos, les survies au froid concernent souvent de jeunes plants dont le caudex est encore enterré, protégé par l’inertie thermique du sol ; un sujet adulte à tronc aérien n’a pas cette protection.

En France

Au Domaine du Rayol, dans le Var, une plante pousse en pleine terre depuis plusieurs années (forum Fous de palmiers, 2012), sur la côte, sans relevé de température publié. Le jardin exotique de Roscoff, dans le Finistère, cultive une plante étiquetée sous ce nom (2015). Le Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures n’a publié aucune observation sur cette espèce. Aucun retour daté avec une température minimale n’est documenté.

Repères internationaux

Au Japon, une pépinière rapporte dans un article commercial de juillet 2022 qu’un très gros sujet, au caudex de 45 cm, est resté dehors tout l’hiver sous la pluie chez son précédent propriétaire, avec des minimums de −7 °C ; ni le lieu ni l’année ne sont précisés, et l’identité de la plante n’est pas vérifiable. En Afrique du Sud, PlantZAfrica le recommande pour les régions tropicales et tempérées chaudes.

Toxicité et précautions

Aucune étude de toxicité propre à Encephalartos lebomboensis n’est documentée. Le risque est documenté dans le genre : la toxicité d’Encephalartos horridus a été démontrée dès 1944 (Van der Walt), et les cycadales contiennent des glycosides toxiques (cycasine, macrozamine), dont dérive le méthylazoxyméthanol, une toxine du foie et du système nerveux ; les graines sont la partie la plus dangereuse. Il faut donc considérer cette espèce comme toxique : portez des gants pour manipuler les graines et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

L’espèce est récoltée pour la médecine traditionnelle : des fragments d’Encephalartos lebomboensis ont été identifiés par code-barres ADN parmi les produits vendus au marché de médecine traditionnelle de Faraday, dans le Gauteng (Williamson et al., 2016, cité par la SANBI, 2023). Le document de la SANBI rappelle que les récolteurs ne distinguent pas les espèces de cycadales. Lehmann (1834) rapporte, pour l’ensemble des Encephalartos d’Afrique australe, que l’on préparait du pain avec leur moelle ; aucune source publiée ne décrit cet usage pour cette espèce en particulier.

Questions fréquentes

Comment distinguer Encephalartos lebomboensis d’Encephalartos senticosus ?

Par les cônes. Chez Encephalartos lebomboensis, ils sont le plus souvent solitaires, les mâles sans pédoncule net et à écailles relevées en pyramide ; chez Encephalartos senticosus, ils sont groupés par trois ou quatre, les mâles portés par un pédoncule et à écailles en bec pendant. Le feuillage ne suffit pas.

Mon « lebomboensis » est-il vraiment un Encephalartos lebomboensis ?

Pas forcément. Jusqu’en 1996, toutes les cycadales des Lebombo portaient ce nom, et les milliers de plantes déplacées avant la construction du barrage de Jozini, largement diffusées, sont aujourd’hui des Encephalartos senticosus. Seuls les cônes ou une origine documentée permettent de trancher.

Est-il rustique en France ?

On manque de retours mesurés. Il pousse en pleine terre au Domaine du Rayol, sur la côte varoise ; PlantZAfrica le dit capable de supporter de légères gelées, mais pas de fortes gelées. Ailleurs, un pot rentré l’hiver reste plus prudent.

Pousse-t-il vite ?

Oui, pour un Encephalartos. PlantZAfrica le dit assez rapide, et la SANBI indique que des plantes de culture peuvent dépasser 40 cm en dix ans.

Combien de troncs peut-il former ?

Jusqu’à huit. Il produit de nombreux rejets à la base, parfois sur le tronc, et forme avec le temps de grosses touffes.

Est-il menacé ?

Oui, il est classé en danger. La population sauvage, estimée à environ 5 000 plantes, a perdu au moins la moitié de ses effectifs, surtout à cause des prélèvements.

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Sites de référence

Bibliographie

  • Verdoorn, I.C. (1949). Encephalartos lebomboensis. The Flowering Plants of Africa 27 : planches 1078-1079. [Description originale.]
  • Henderson, M.R. (1945). [Révision d’Encephalartos transvenosus et « West’s Cycad ».] Journal of South African Botany 11(1). [Cité par Verdoorn (1949).]
  • Dyer, R.A. (1965). The cycads of southern Africa. Bothalia 8 : 405-515. [Description, répartition au sens large, distinction d’avec Encephalartos natalensis, hybrides avec Encephalartos villosus, barrage de Jozini, semis chez Keith.]
  • Palmer, E. & Pitman, N. (1972). Trees of Southern Africa. Balkema, Le Cap. [Nom zoulou, cité par la Gymnosperm Database.]
  • Osborne, R. (1988). Focus on Encephalartos lebomboensis. Encephalartos 15 : 6-15. [Revue de la Cycad Society of South Africa, réservée aux membres ; citée par la SANBI et The World List of Cycads.]
  • Vorster, P. (1995). The identity of Encephalartos lebomboensis. In : Vorster, P. (éd.), Proceedings of the Third International Conference on Cycad Biology : 245-254. Cycad Society of South Africa, Stellenbosch. [Cité par Vorster (1996).]
  • Vorster, P. (1996). Encephalartos senticosus (Zamiaceae): a new species from northern KwaZulu-Natal and Swaziland. South African Journal of Botany 62(2) : 76-79.
  • Donaldson, J.S. (éd.) (2003). Cycads. Status Survey and Conservation Action Plan. IUCN/SSC Cycad Specialist Group, Gland et Cambridge. [Tableau des statuts, pépinière communautaire de Mananga.]
  • Williamson, J. et al. (2016). [Identification par code-barres ADN des cycadales vendues sur les marchés de médecine traditionnelle.] [Cité par la SANBI (2023).]
  • Van der Walt, S.J. (1944). Recent investigations into the toxicity of plants, etc., in the Union of South Africa. Onderstepoort Journal of Veterinary Science and Animal Industry 20(1). [Toxicité d’Encephalartos horridus.]
  • Bösenberg, J.D. (2022). Encephalartos lebomboensis. The IUCN Red List of Threatened Species 2022 : e.T41907A51049248. [Évaluation citée par The World List of Cycads, la SANBI et Crossref.]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. [Étymologie, via The World List of Cycads.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence.]