Encephalartos altensteinii est une grande cycadale à tronc d’Afrique du Sud, qui pousse dans les fourrés côtiers et les forêts de vallée du Cap-Oriental, de la rivière Bushmans jusqu’aux abords du KwaZulu-Natal. Cette espèce du genre Encephalartos, décrite en 1834 par Johann Georg Christian Lehmann, forme avec l’âge un ou plusieurs troncs de 4 m, parfois 7 m, coiffés de longues feuilles vert brillant aux folioles dentées. C’est l’une des cycadales les plus cultivées au monde : le célèbre spécimen en pot du jardin botanique de Kew, à Londres, y est arrivé en 1775. Elle est classée vulnérable par l’UICN, et sa rusticité, modeste, limite la culture en pleine terre en France aux situations les plus douces.
L’essentiel sur Encephalartos altensteinii
- Nom accepté : Encephalartos altensteinii Lehm. (1834), nom accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15), GBIF et Species+ ; POWO n’a pas pu être consulté directement
- Anciens noms et synonymes : Encephalartos marumii de Vriese (1838), Encephalartos vroomii Mast. et Zamia vernicosa Mast. (1868), Encephalartos regalis W.Bull (1889) et plusieurs variétés décrites par Miquel et Regel au XIXᵉ siècle, toutes en synonymie selon The World List of Cycads
- Famille : Zamiaceae
- Noms communs : aucun nom français attesté ; en anglais « Eastern Cape cycad » et « Eastern Cape giant cycad », en afrikaans « oos-kaapse broodboom », en xhosa « umphanga », « umguza » et « isundu » (PlantZAfrica)
- Répartition naturelle : Afrique du Sud, Cap-Oriental, de la rivière Bushmans (district d’Alexandria) jusqu’à la limite sud du KwaZulu-Natal, surtout près de la côte
- Statut UICN : vulnérable (VU, critères A2acd), évaluation de J.D. Bösenberg datée de mai 2020, publiée en 2022
- CITES et autres protections : annexe I de la CITES (tout le genre, depuis 1977) ; annexe A dans l’Union européenne
- Rusticité documentée : feuillage gelé vers −4 °C selon un cultivateur du Var ; pertes rapportées à −6 et −7 °C en Roussillon ; survie défoliée, sans protection, à −13 à −16 °C en Caroline du Nord pendant l’hiver 2013-2014 (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : plein soleil ou ombre légère, sol bien drainé ; dans la nature, fourrés côtiers, berges boisées et pentes rocheuses
- Port et dimensions adultes : tronc simple ou ramifié à la base, jusqu’à environ 4 m (rarement 7 m, alors couché) et 25 à 35 cm de diamètre ; feuilles de 1,5 à 3 m, rarement 4 m (Dyer, 1965)
- Toxicité : graines et tissus à considérer comme toxiques, comme chez les autres Encephalartos (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Encephalartos altensteinii ?
On le reconnaît à ses grands troncs nus, à ses feuilles vert vif et brillantes, et surtout à la base du pétiole, qui ne porte pas la série d’épines que l’on voit chez les espèces voisines. Dans sa révision des cycadales d’Afrique australe, R. Allen Dyer (1965) en donne la description suivante :
- Tronc : simple ou ramifié à la base, jusqu’à environ 4 m de haut, rarement 7 m et alors en général couché, de 25 à 35 cm de diamètre, avec un peu de laine au sommet ;
- Feuilles : de 1,5 à 3 m, rarement 4 m, presque droites en situation exposée et recourbées à l’ombre, velues dans leur jeunesse puis glabres ; les folioles diminuent vers la base de la feuille sans se réduire à une série d’épines ;
- Folioles : les médianes jusqu’à environ 15 cm de long et 2 à 5 cm de large, assez rigides en plein soleil, peu effilées, terminées par une pointe piquante, avec une ou deux dents (plus rarement trois à cinq) sur l’une ou les deux marges ;
- Cônes : deux à cinq ensemble, rarement un seul, vert jaunâtre ; cônes mâles subcylindriques, jusqu’à environ 50 cm sur 12 cm, aux écailles prolongées par un bec recourbé ; cônes femelles plus ou moins ovoïdes, de 40 à 55 cm sur 20 à 28 cm, aux écailles ridées et bosselées ;
- Graines : écarlates, de 3,5 à 4 cm sur 2 à 2,5 cm.
Le nombre et la taille des dents des folioles varient beaucoup. Dyer note que la planche du type montre des dents nombreuses et régulières, comme chez les plantes de la rive ouest de la rivière Bushmans, alors que plus à l’est on trouve des plantes presque sans dents. La description originale de Lehmann (1834) décrit déjà un tronc nu, de 4 à 5 pieds, des feuilles de 4 à 5 pieds et 30 à 40 paires de folioles brillantes, armées de deux à cinq dents espacées sur chaque bord. PlantZAfrica précise que les jeunes feuilles sont vert clair, qu’elles atteignent 2 à 3 m à l’ombre et restent plus courtes en plein soleil, et que la plante émet une couronne de feuilles au printemps, mais pas forcément chaque année.

Hybrides
Encephalartos altensteinii est l’espèce du genre la plus impliquée dans l’hybridation naturelle, selon Dyer (1965). Dans les vallées des rivières Bushmans, Great Fish et Buffalo, il pousse au contact d’Encephalartos trispinosus et d’Encephalartos villosus, et non loin d’Encephalartos arenarius et d’Encephalartos latifrons ; on y trouve des plantes intermédiaires qui suggèrent fortement des croisements. Dyer considère l’hybridation avec Encephalartos villosus comme « pratiquement prouvée » là où les deux espèces se rencontrent. Un article de la Cycad Society (Wrinkle, 1983) cite des hybrides avec ces quatre espèces et décrit, près de la rivière Bushmans, une forme très robuste aux folioles armées de grandes épines, qu’il attribue à l’influence d’Encephalartos trispinosus.
En culture, les croisements sont faciles quand plusieurs espèces conent en même temps : une plante issue de graines de collection n’est pas forcément pure.
Confusions possibles
La confusion la plus fréquente est avec Encephalartos natalensis, longtemps inclus dans une conception large d’Encephalartos altensteinii. Dyer (1965) indique que les plantes des Midlands du Natal autrefois nommées Encephalartos altensteinii relèvent d’Encephalartos natalensis, et donne un caractère assez constant pour les séparer : chez Encephalartos natalensis, les folioles se réduisent à plusieurs épines de chaque côté de la base du pétiole ; chez Encephalartos altensteinii, elles diminuent sans devenir des épines. Les deux espèces diffèrent aussi par leur habitat : la première est cantonnée aux falaises et ravins de l’intérieur, la seconde est fréquente dans la végétation côtière.
PlantZAfrica le rapproche aussi d’Encephalartos lebomboensis, espèce des monts Lebombo, plus au nord. Dyer souligne qu’un hybride entre Encephalartos altensteinii et Encephalartos villosus mènerait, dans sa clé, plutôt à Encephalartos natalensis ou à Encephalartos lebomboensis : une plante d’origine inconnue peut donc être mal nommée. Encephalartos longifolius, proche parent selon Dyer, se distingue par ses folioles en général entières et souvent bleutées ; une plante d’Encephalartos altensteinii cultivée en plein soleil peut cependant prêter à confusion. Dans la nature, leurs aires ne se chevauchent pas.
En France, une plante photographiée sous le nom d’Encephalartos altensteinii à la villa Thuret, à Antibes, a été identifiée en 2014 par un membre du forum Fous de palmiers comme un Encephalartos trispinosus ou un hybride, plutôt que comme l’espèce elle-même. Ce cas illustre la prudence nécessaire avec les étiquettes des vieilles plantes de jardin.
Taxonomie
Encephalartos altensteinii est un nom accepté par The World List of Cycads, GBIF et Species+. Lehmann l’a publié le 15 mars 1834 dans l’Allgemeine Gartenzeitung (volume 2, n° 11, p. 85), puis la même année dans le sixième fascicule de ses Novarum et minus cognitarum stirpium pugillus (p. 11, planches 4 et 5). Le type est désigné par The World List of Cycads comme un lectotype probable, constitué par ces planches. Lehmann y créait en même temps le genre Encephalartos pour les cycadales d’Afrique australe, jusque-là rangées dans Zamia.
Le nom n’a pas changé depuis sa publication, mais la conception de l’espèce s’est resserrée. Au XIXᵉ siècle, de nombreuses plantes cultivées en Europe ont reçu des noms distincts, aujourd’hui en synonymie selon The World List of Cycads : Encephalartos marumii de Vriese (1838), Encephalartos vroomii Mast. et Zamia vernicosa Mast. (1868), Encephalartos longifolius var. hookeri Miq. (1868), Encephalartos regalis W.Bull (1889), ainsi que les variétés angustifolius et semidentatus de Miquel (1842) et distans, grandis, macrophyllus, parvifolius et spinosior de Regel (1874-1875). Au XXᵉ siècle, les plantes de l’intérieur du Natal ont été séparées sous le nom d’Encephalartos natalensis (voir Confusions possibles). Enfin, le premier Encephalartos woodii, découvert en 1895, a d’abord été mentionné par John Medley Wood sous le nom d’« Encephalartos altensteinii var. bispinosa » dans son rapport annuel de 1906-1907, avant d’être décrit comme espèce en 1908 (Dyer, 1965).
Étymologie et histoire
L’épithète rend hommage au baron Karl vom Stein zum Altenstein (1770-1840), homme d’État prussien à la cour du roi Frédéric-Guillaume III et protecteur des sciences (Haynes, 2022, via The World List of Cycads ; PlantZAfrica). Le nom de genre, créé par Lehmann, vient du grec enkephalos (ce qui est dans la tête, la moelle) et artos (pain), parce que les habitants tiraient une sorte de pain de la moelle des troncs ; Lehmann ajoute, d’après Thunberg, que les colons venus d’Europe appelaient ces plantes « broodboom », l’arbre à pain.
Selon Lehmann (1834), Christian Ecklon et Karl Zeyher ont trouvé en 1832 trois nouvelles espèces d’Encephalartos, dont celle-ci, dans le pays des Thembu, à plus de 800 milles de la ville du Cap, au milieu de fourrés d’arbustes succulents, de Rhamnaceae et de Celastraceae ; il situe Encephalartos altensteinii sur les sols riches en humus des collines. Dyer (1965) pense pour sa part que la plante figurée sur la planche type venait probablement de la rive ouest de la rivière Bushmans, première région atteinte par les botanistes venus de l’ouest.
L’espèce était pourtant en culture en Europe bien avant d’avoir un nom. Le spécimen du jardin botanique royal de Kew a été rapporté du Cap-Oriental en 1775 par Francis Masson, premier collecteur de plantes de Kew, selon un article de Live Science (2011) fondé sur les informations de Kew. Il fut l’une des premières plantes installées dans la grande serre des palmiers à son ouverture, en 1848, n’aurait produit qu’un seul cône, en 1819, et a été rempoté en 2009 dans un bac spécial, la plante dépassant une tonne. La page de Kew consacrée à ce spécimen n’a pas pu être consultée directement.
Noms communs
Aucun nom français n’est attesté pour Encephalartos altensteinii. PlantZAfrica (SANBI) donne les noms anglais « Eastern Cape cycad » et « Eastern Cape giant cycad », le nom afrikaans « oos-kaapse broodboom » et les noms xhosa « umphanga », « umguza » et « isundu » ; Species+ retient les deux noms anglais. La Gymnosperm Database cite, d’après Palmer et Pitman (1972), « broodboom » et le nom zoulou « uJobane ». Le mot « broodboom » (arbre à pain) s’applique en Afrique du Sud à l’ensemble des Encephalartos, et pas seulement à cette espèce.
Dans la nature
Encephalartos altensteinii est endémique d’Afrique du Sud. Selon Dyer (1965), il atteint sa limite occidentale dans les fourrés côtiers de la rive ouest de la rivière Bushmans, dans le district d’Alexandria, s’éloigne le plus de la mer dans le district de King William’s Town et s’étend vers l’est jusqu’à la limite sud du Natal. PlantZAfrica le décrit dans le « coastal bush » de la rivière Bushmans à la limite sud du KwaZulu-Natal, et à l’intérieur des terres à Komga, Kei Road et King William’s Town, sur des collines rocheuses et des escarpements exposés. The World List of Cycads ne mentionne que le Cap-Oriental. Un article de la Cycad Society (Wrinkle, 1983) décrit des plantes au bord de rivières boisées au nord d’East London, cachées parmi de grands arbres.
Le climat y est chaud l’été et frais l’hiver, avec de rares gelées, et les pluies annuelles atteignent 800 à 1 000 mm (PlantZAfrica). Comme toutes les espèces du genre, il est pollinisé par des insectes. Les cônes femelles se désagrègent à maturité et exposent les graines rouges, mangées par le touraco louri (« Knysna Loerie ») et le calao trompette, qui digèrent l’enveloppe charnue et régurgitent la graine, assurant sa dispersion (PlantZAfrica).
Statut de conservation et réglementation
Encephalartos altensteinii est classé vulnérable (VU) sur la Liste rouge de l’UICN, selon le critère A2acd, c’est-à-dire pour une réduction passée de la population. L’évaluation, due à J.D. Bösenberg, est datée du 28 mai 2020 et a été publiée en 2022 (The World List of Cycads, GBIF, Crossref) ; la Liste rouge elle-même n’a pas pu être consultée directement.
PlantZAfrica, qui reprend la Liste rouge des plantes d’Afrique du Sud, indique un déclin de 30 à 50 % de la population sauvage en cent ans et environ 10 000 individus adultes restants. Le prélèvement de grandes plantes pour les jardins en est la cause principale ; la construction de stations balnéaires et la récolte pour la médecine traditionnelle y contribuent. Le plan d’action de l’UICN pour les cycadales (Donaldson, 2003) le classait déjà vulnérable (A2cd), avec 8 000 à 10 000 plantes, un déclin faible, des menaces de surcollecte, de destruction de l’habitat et d’usage traditionnel, et une partie des populations en réserve. Il cite l’un des plus grands cas de collecte illégale en Afrique du Sud : plus de 300 troncs arrachés pour décorer un casino. La Liste rouge des plantes d’Afrique du Sud (SANBI) n’a pas pu être consultée directement (accès refusé).
Comme toutes les espèces du genre, il est inscrit à l’annexe I de la CITES depuis le 4 février 1977 et à l’annexe A du règlement européen sur le commerce des espèces sauvages (liste en vigueur : règlement (UE) 2026/1383), selon Species+. Pour les plantes reproduites artificiellement provenant d’Afrique du Sud, Species+ indique un avis favorable de l’Union européenne en vigueur depuis le 20 juin 2011, limité aux plantes dont le caudex ne dépasse pas 15 cm de diamètre, et une nouvelle consultation, ouverte le 16 septembre 2026, sur l’ensemble du genre. En France, une plante proposée à la vente doit être issue de culture et accompagnée des documents CITES et européens exigés. Bases consultées le 20 octobre 2026 ; vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat.
Culture
Encephalartos altensteinii est l’une des cycadales les plus faciles : PlantZAfrica le présente comme une plante de longue vie, qui s’adapte à la plupart des conditions pourvu que le sol soit bien drainé et qu’elle ne subisse pas de fortes gelées. Il pousse au soleil comme à l’ombre légère ; ses feuilles sont plus courtes en plein soleil. Un arrosage régulier et un apport d’engrais au début de l’été entretiennent une plante saine. PlantZAfrica met en garde contre les systèmes d’arrosage automatique, dont la pression abîme feuilles et troncs et qui conduisent à l’excès d’eau. Les grandes plantes se transplantent bien, à condition de retirer toutes les feuilles avant l’opération, ce qui facilite la manutention et limite les pertes d’eau. Jeune, il fait une bonne plante en bac ; adulte, il demande un grand jardin.
Sur le forum Fous de palmiers, plusieurs membres le jugent rapide pour un Encephalartos : une plante en véranda près d’Agen produisait en moyenne deux couronnes de feuilles par été (2011), et un autre cultivateur cite « le classique altensteinii » parmi les espèces qui font deux pousses par an (2014). Un membre cite en 2012 un Encephalartos altensteinii parmi les plantes du jardin du Plantier de Costebelle, à Hyères. Plus à l’est, le catalogue de 1897 des plantes cultivées en plein air au jardin Hanbury de La Mortola, à Vintimille, près de la frontière, le mentionne déjà, comme celui de 1912.
Multiplication
Encephalartos altensteinii se multiplie par graines, qui demandent des plantes des deux sexes et, en collection, une pollinisation manuelle ; les plantes qui conent près d’autres espèces peuvent donner des graines hybrides. Il émet aussi des rejets à la base du tronc (PlantZAfrica), que l’on peut séparer et enraciner. Palmer et Pitman (1972), cités par la Gymnosperm Database, rapportent une observation de Marloth : des troncs restés quatre ans dans un hangar ont repris et donné de nouvelles feuilles l’été suivant leur plantation. Aucun protocole de semis propre à l’espèce n’a été publié. Graines et plantes relèvent de l’annexe I de la CITES.
Maladies et ravageurs
Aucune maladie ni aucun ravageur propre à Encephalartos altensteinii n’est décrit. Comme pour les autres Encephalartos, le principal risque en culture est la pourriture des racines et du tronc dans un sol qui reste humide par temps froid ; PlantZAfrica signale aussi les dégâts des jets d’arrosage.
Rusticité
Encephalartos altensteinii supporte de légères gelées, mais n’est pas une espèce de climat froid : dans son aire, le gel est rare (PlantZAfrica). Les retours de culture montrent un feuillage abîmé dès −4 °C environ et des pertes en France à −6 ou −7 °C, alors qu’un jardin de Caroline du Nord a vu des plantes défoliées survivre à des froids bien plus vifs. Comme pour tous les Encephalartos, les survies au froid concernent souvent de jeunes plants dont le caudex est encore enterré, protégé par l’inertie thermique du sol, voire par la neige ; les sujets adultes à tronc aérien n’ont pas cette protection, et leur tolérance est plus faible.
En France
Sur le littoral méditerranéen, un cultivateur de Carqueiranne (Var) indique sur le forum Fous de palmiers, en janvier 2011, que le feuillage de l’espèce gèle à −4 °C, le tronc pouvant résister davantage ; il ne précise ni l’hiver ni les conditions de culture. En Roussillon, un cultivateur indique sur le même forum qu’après quatre nuits de gel, dont une à −5 °C, en décembre 2009, son Encephalartos altensteinii était intact. Il écrit en novembre 2010 avoir perdu un Encephalartos natalensis et un Encephalartos altensteinii à −7 °C, sans préciser l’hiver (il a connu deux fois −7 °C en plus de dix hivers), puis, en août 2026, qu’un Encephalartos altensteinii est mort chez lui « le premier hiver » à −6 °C. Il cultivait aussi un grand Encephalartos vert, importé en 1994, dont il ne savait plus s’il s’agissait d’altensteinii ou de natalensis : à peine abîmé par l’hiver 2009-2010 (25 jours de gel, de la neige et −7 °C), il avait seulement les feuilles sorties de la neige roussies. Ce dernier cas, d’identité incertaine, n’est pas retenu comme donnée sur l’espèce.
Aucun retour daté n’est documenté pour la façade atlantique, la Bretagne (un membre nantais évoque en 2012 des essais à Roscoff, sans résultat publié), l’intérieur ou la montagne. Le Jardin zoologique tropical n’a publié aucune observation sur cette espèce. Au vu de ces retours, la pleine terre n’est envisageable que sur la partie la plus douce du littoral méditerranéen, dans un sol très drainant ; ailleurs, la culture en bac, à l’abri du gel l’hiver, est plus sûre.
Repères internationaux
En Caroline du Nord (États-Unis), le Juniper Level Botanic Garden, à Raleigh, a publié en août 2014 la liste des cycadales qui avaient survécu en pleine terre, sans protection ni paillage, à des minimums de −13 à −16 °C (9 à 4 °F) selon les emplacements pendant l’hiver 2013-2014 : Encephalartos altensteinii en faisait partie, mais presque toutes les plantes de la liste avaient perdu leur feuillage. L’article ne précise ni l’âge ni la taille des plantes. Un cultivateur du Roussillon juge ces résultats peu transposables sur le forum Fous de palmiers (août 2026) : selon lui, une cycadale défoliée chaque hiver ne peut pas durer.
En Italie, un visiteur du jardin de l’Ottone, près de Portoferraio (île d’Elbe), signale sur le forum Tropicamente, en mai 2012, une plante en pleine terre au feuillage brûlé, « probablement par le gel », après l’hiver 2011-2012, sans température relevée.
Toxicité et précautions
Aucune étude de toxicité n’a été publiée spécifiquement pour Encephalartos altensteinii, mais PlantZAfrica le classe parmi les plantes toxiques. Le risque est documenté dans le genre : la toxicité d’Encephalartos horridus a été démontrée dès 1944 (Van der Walt), et les cycadales contiennent des glycosides toxiques (cycasine, macrozamine), dont dérive le méthylazoxyméthanol, une toxine du foie et du système nerveux ; les graines sont la partie la plus dangereuse. Palmer et Pitman (1972), cités par la Gymnosperm Database, notent que dans le district d’East London certains habitants croyaient les graines comestibles, mais que cette innocuité n’a jamais été démontrée. Portez des gants pour manipuler les graines et gardez plantes et graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, contactez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Les Encephalartos doivent leur nom au pain que l’on tirait de la moelle de leur tronc : Lehmann (1834), après Thunberg (1775), rapporte que les habitants la faisaient griller pour la manger, et PlantZAfrica décrit une préparation par fermentation dans le sol, puis cuisson sous la cendre. Ces récits concernent le genre et non spécifiquement cette espèce. Pour Encephalartos altensteinii, PlantZAfrica cite la récolte pour la médecine traditionnelle parmi les causes de son déclin ; le plan d’action de l’UICN (Donaldson, 2003) décrit cette pratique, qui consiste à prélever des bandes d’écorce sur les troncs, dans le Cap-Oriental et au KwaZulu-Natal. Aujourd’hui, son principal usage est ornemental.
Questions fréquentes
Encephalartos altensteinii est-il rustique en France ?
Peu. Son feuillage gèle vers −4 °C, et des cultivateurs du Roussillon ont perdu des plantes à −6 et −7 °C. Seules les zones les plus douces du littoral méditerranéen permettent d’essayer la pleine terre ; ailleurs, la culture en bac, à l’abri du gel, est plus sûre.
Comment le distinguer d’Encephalartos natalensis ?
Par la base des feuilles. Chez Encephalartos natalensis, les folioles se réduisent à plusieurs épines de part et d’autre du pétiole ; chez Encephalartos altensteinii, elles diminuent sans devenir des épines. Dans la nature, le premier vit à l’intérieur des terres, le second surtout près de la côte.
Quelle taille atteint-il ?
Il devient grand : ses troncs atteignent environ 4 m, rarement 7 m, et ses feuilles 1,5 à 3 m. Il peut se ramifier à la base et former une touffe de plusieurs troncs.
Pousse-t-il vite ?
Oui, pour un Encephalartos. Des cultivateurs français observent souvent deux couronnes de feuilles par an au chaud, mais la croissance du tronc reste lente : le spécimen de Kew n’aurait grandi que d’environ 2,5 cm par an.
Est-il menacé ?
Oui. Il est classé vulnérable par l’UICN : sa population sauvage a perdu 30 à 50 % de ses effectifs en un siècle, surtout à cause du prélèvement de grandes plantes pour les jardins et des aménagements côtiers.
Ses graines sont-elles toxiques ?
Il faut le supposer. Leur innocuité, parfois affirmée localement, n’a jamais été démontrée, et les graines d’autres Encephalartos sont toxiques. Gardez-les hors de portée des enfants et des animaux.
Peut-on en acheter légalement ?
Oui, s’il s’agit de plantes issues de culture accompagnées des documents CITES et européens. L’espèce est à l’annexe I de la CITES et à l’annexe A dans l’Union européenne.
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Sites de référence
- The World List of Cycads, Encephalartos altensteinii : https://cycadlist.org/scientific_name/272 — nom accepté, publication (15 mars 1834), type, synonymes, répartition, étymologie (Haynes 2022), statut UICN et critères, références. Liste de référence des cycadales (version 2026.08.15), fiable ; consultée directement le 20 octobre 2026.
- The World List of Cycads, description originale (PDF) : https://cycadlist.org/storage/proto/Encephalartos_altensteinii.pdf — Lehmann (1834), Nov. Stirp. Pug. 6 : création du genre, découverte par Ecklon et Zeyher en 1832, habitat, diagnose et description. Source primaire (latin) ; passages sur l’espèce lus.
- PlantZAfrica (SANBI), Encephalartos altensteinii : https://pza.sanbi.org/encephalartos-altensteinii — noms communs, description, statut selon la Liste rouge sud-africaine, répartition, climat, écologie, culture (J. Winter, Kirstenbosch, novembre 2004). Institution nationale sud-africaine, fiable ; consultée le 20 octobre 2026.
- Species+ (PNUE-WCMC), Encephalartos altensteinii : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/24330/legal — annexe I de la CITES, annexe A de l’UE, avis de l’UE, synonymes, noms anglais. Base officielle de la CITES et de l’UE, fiable ; consultée par son API publique le 20 octobre 2026.
- GBIF, Encephalartos altensteinii : https://www.gbif.org/species/2683722 — statut du nom et catégorie UICN (VU). Base de référence, fiable ; consultée par son API.
- Juniper Level Botanic Garden, Winter Hardy Cycads (7 août 2014) : https://www.juniperlevelbotanicgarden.org/winter-hardy-cycads/ — survie en pleine terre, sans protection, à 4-9 °F pendant l’hiver 2013-2014. Jardin botanique, fiable pour le résultat brut ; lu le 20 octobre 2026.
- The Cycad Society, « Portrait of a species » (juillet 1983, PDF) : http://www.cycad.org/documents/TCN-Focus-Jul-1983-Encephalartos-horridus-altensteinii.pdf — répartition, habitat au nord d’East London, hybrides, forme de la rivière Bushmans. Bulletin de société spécialisée ; lu par reconnaissance de caractères.
- The Gymnosperm Database, Encephalartos altensteinii : https://www.conifers.org/za/Encephalartos_altensteinii.php — citations de Palmer et Pitman (1972) : nom zoulou, graines réputées comestibles, vitalité des troncs. Site de compilation, à recouper ; lu le 20 octobre 2026.
- Live Science, Oldest Potted Plant’s Deep Roots Go Back to 1775 (6 janvier 2011) : https://www.livescience.com/29975-oldest-potted-plant-kew-gardens.html — histoire du spécimen de Kew d’après Kew. Presse de vulgarisation, à recouper ; lu le 20 octobre 2026.
- Forum Fous de palmiers : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/ — retours de culture datés (Carqueiranne 2011, Roussillon 2009-2026, Agen 2011), jardin du Plantier de Costebelle (2012), identification d’une plante de la villa Thuret (2014). Forum de cultivateurs, retours individuels ; messages lus le 20 octobre 2026.
- Forum Tropicamente : https://www.tropicamente.it/forums/topic/giardino-dellottone/ — plante au feuillage brûlé à l’île d’Elbe après l’hiver 2011-2012. Forum de cultivateurs, observation isolée ; lu le 20 octobre 2026.
- Crossref, évaluation UICN : https://doi.org/10.2305/IUCN.UK.2022-1.RLTS.T41908A50823149.en — auteur et date de l’évaluation (28 mai 2020). Métadonnées officielles ; consultées par l’API.
Bibliographie
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- Thunberg, C.P. (1775). In : Nova Acta Regiae Societatis Scientiarum Upsaliensis 2 : 284 et 287. [Nom « broodboom » et préparation du pain d’Encephalartos, d’après Lehmann (1834) ; titre et pagination non vérifiés, non consulté.]
- Dyer, R.A. (1965). The cycads of southern Africa. Bothalia 8 : 405-515. [Description, répartition, hybrides, distinction d’avec Encephalartos natalensis et Encephalartos longifolius ; lu directement.]
- Palmer, E. & Pitman, N. (1972). Trees of southern Africa, covering all known indigenous species in the Republic of South Africa, South-West Africa, Botswana, Lesotho & Swaziland. A.A. Balkema, Le Cap. [Noms, graines, vitalité des troncs, d’après la Gymnosperm Database ; non consulté.]
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- Bösenberg, J.D. (2022). Encephalartos altensteinii. The IUCN Red List of Threatened Species 2022 : e.T41908A50823149. [Évaluation citée par The World List of Cycads et Crossref ; non consultée directement.]
- Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. [Étymologie, via The World List of Cycads.]
- Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]