Zamia furfuracea est une cycadale du Mexique, endémique de l’État de Veracruz, où elle pousse près de la côte du golfe du Mexique, notamment sur des dunes littorales. Cette espèce du genre Zamia, vendue comme plante d’intérieur sous le nom anglais de « cardboard palm », est une plante à tige souterraine et à grandes folioles épaisses et raides, couvertes d’un duvet roux quand elles sont jeunes. Elle n’est pas un palmier mais une plante à cônes, très toxique, surtout par ses graines rouges. Classée en danger par l’UICN dans la nature, elle se cultive surtout en pot en France, où elle ne supporte guère le gel.
L’essentiel sur Zamia furfuracea
- Nom accepté : Zamia furfuracea L.f. (1789), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté directement
- Anciens noms et synonymes : Zamia latifolia Lodd. ex Miq. (1849), Zamia muricata var. obtusifolia Miq. (1843), Zamia furfuracea var. trewii A.DC. (1868), Palmifolium furfuraceum (L.f.) Kuntze (1891)
- Famille : Zamiaceae, ordre des Cycadales
- Noms communs : aucun nom français attesté ; en anglais cardboard palm, cardboard plant, cardboard cycad (aussi cardboard sago, Jamaican sago, Mexican cycad) ; en espagnol palma bola
- Répartition naturelle : Mexique, État de Veracruz, près de la côte (0 à 50 m d’altitude selon un inventaire de 2014)
- Statut UICN : en danger (EN B1ab(v)), évaluation de J.D. Bösenberg publiée en 2022
- CITES et autres protections : annexe II de la CITES ; annexe B dans l’Union européenne ; protégée au Mexique par la norme NOM-059-SEMARNAT-2010 (catégorie différente selon les sources)
- Rusticité documentée : feuillage abîmé vers −2 °C selon un cultivateur italien ; plante morte à −4 °C par temps humide en Bretagne ; zones USDA 9b à 11 selon l’université de Floride (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : soleil à mi-ombre, sol bien drainé, sableux ou limoneux, acide à calcaire ; bonne tolérance à la sécheresse et au sel (UF/IFAS)
- Port et dimensions adultes : tige souterraine, souvent ramifiée en touffe ; 0,6 à 1,5 m de haut pour 1,5 à 2,5 m d’étalement en culture (UF/IFAS)
- Toxicité : toxique pour l’humain et les animaux, surtout les graines (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Zamia furfuracea ?
On la reconnaît à ses feuilles en rosette, raides, dont les folioles sont larges, épaisses, obovales (élargies vers le sommet), au toucher de carton, d’où ses noms anglais. Les jeunes feuilles sont couvertes de poils roux, à l’origine du nom furfuracea.
La description originale, publiée en 1789 dans le Hortus Kewensis, la définit par des folioles en coin, droites, glabres, dentées du milieu jusqu’au sommet et furfuracées (comme couvertes de son) à la face inférieure, et par un pétiole épineux. Les fiches horticoles de l’université de Floride (UF/IFAS) et de l’université d’État de Caroline du Nord donnent les repères suivants pour les plantes cultivées :
- port arrondi, souvent en touffe, de 0,6 à 1,5 m de haut et 1,5 à 2,5 m de large, à croissance lente ;
- feuilles pennées disposées en spirale, avec 6 à 12 paires de folioles raides et duveteuses, de 7,5 à 20 cm sur 2,5 à 5 cm, à bord entier ou denté dans le tiers supérieur ;
- plantes mâles et femelles séparées ; le cône femelle, brun rouille, se forme au centre de la plante et contient de nombreuses graines rouges.

Le nombre de chromosomes est de 2n = 18, d’après une étude cytogénétique de 2022 portant sur une plante du jardin botanique de l’université Masaryk de Brno (Vozárová et ses collègues, 2022). Des formes à folioles plus étroites existent en culture : la fiche de l’université de Caroline du Nord en montre des photographies.
Hybrides
Aucun hybride horticole nommé n’est publié, mais l’hybridation est un sujet ancien chez cette espèce. Selon Pérez-Farrera et ses collègues (2012), qui résument des travaux antérieurs non consultés ici, Vovides (1988) a étudié une forme de l’intérieur des terres de Zamia furfuracea, intermédiaire pour six caractères morphologiques et onze caractères anatomiques entre Zamia loddigesii et la forme des dunes côtières, et la considérait comme un hybride introgressif possible entre les deux. Norstog (1987) a obtenu en culture des hybrides fertiles entre un Zamia furfuracea mâle et un Zamia spartea femelle, et Schutzman (2004) voyait dans la plante de Norstog un hybride introgressif avec la forme des dunes. Ces hypothèses portent sur des populations sauvages ; rien ne permet de dire, à partir des données publiées, quelle part des plantes vendues en serait issue.
Confusions possibles
Avec Zamia integrifolia et Zamia pumila
L’université de Caroline du Nord signale que Zamia furfuracea est souvent confondue avec Zamia integrifolia, le « coontie » de Floride, autre Zamia courant en culture. Les folioles les séparent sans difficulté : larges, épaisses et duveteuses chez Zamia furfuracea, étroites, lisses et luisantes chez Zamia integrifolia. La confusion touche aussi les retours de culture : sur le forum des Fous de palmiers, un message de 2015 sur un Zamia planté en pleine terre près de Marseille ne permet pas de savoir de laquelle des deux espèces il s’agit.
La confusion avec Zamia pumila est d’abord historique. Linné, en décrivant Zamia pumila en 1763, citait des planches de Plukenet que Linné fils a rattachées en 1789 à Zamia furfuracea ; et le Hortus Kewensis de 1789 donnait en même temps le nom de Zamia integrifolia à la plante de Floride que Linné avait appelée Zamia pumila. Selon Eckenwalder (1980), Smith (1961) en avait même conclu que le nom Zamia pumila aurait dû désigner l’espèce mexicaine. Ces noms ont longtemps circulé l’un pour l’autre ; aujourd’hui, Zamia pumila désigne une espèce des Antilles (Cuba, Hispaniola, Porto Rico) et Zamia integrifolia celle de Floride, toutes deux à folioles étroites (The World List of Cycads).
Avec Zamia loddigesii
Zamia loddigesii, répandu sur le versant atlantique du Mexique, a des folioles plus étroites et plus fines, sans le duvet épais de Zamia furfuracea. The World List of Cycads range parmi les synonymes de Zamia furfuracea le nom Zamia latifolia, que Schuster (1932) avait traité comme une variété de Zamia loddigesii (Zamia loddigesii var. latifolia) : les deux espèces ont donc déjà été mêlées dans la nomenclature. Les formes intermédiaires citées dans la section Hybrides compliquent encore l’identification des plantes de l’intérieur du Veracruz.
Avec Cycas revoluta
En jardinerie, on rencontre parfois les deux plantes côte à côte, et certains noms communs anglais (« sago ») sont partagés avec Cycas revoluta, le « sago palm ». Les feuilles de Cycas revoluta portent de très nombreuses folioles étroites à nervure centrale, alors que celles de Zamia furfuracea ont quelques paires de folioles larges, sans nervure centrale.
Taxonomie
Zamia furfuracea a été publiée en 1789 par William Aiton dans le Hortus Kewensis (volume 3, page 477), sous le nom de Linné fils (L.f.), qui en avait rédigé la description. Le texte la dit originaire des Antilles et cultivée depuis 1691 au jardin royal de Hampton Court ; il cite comme références des planches de Plukenet, de Hermann (Paradisus Batavus, 1698) et de Trew, et lui donne le nom anglais de « Broad-leav’d Zamia ». L’origine antillaise est une erreur : l’espèce n’est connue à l’état sauvage que du Veracruz (The World List of Cycads). Faute de spécimen d’herbier, Stevenson et Sabato ont désigné en 1986 comme lectotype la planche 210 du Paradisus Batavus de Hermann (The World List of Cycads).
The World List of Cycads retient comme synonymes Zamia muricata var. obtusifolia Miq. (1843), Zamia latifolia Lodd. ex Miq. (1849) et ses combinaisons, et Zamia furfuracea var. trewii A.DC. (1868). D’autres noms parfois donnés comme synonymes ne figurent pas dans cette liste : Zamia vestita Van Houtte et Zamia crassifolia B.S.Williams ex T.Moore & Mast. existent bien dans IPNI, mais leur rattachement n’a pas pu être vérifié à la source ; Zamia ottonis Miq. est un nom tout différent, rattaché à une espèce de Cuba ; et aucun nom Zamia maritima n’est enregistré dans IPNI. IPNI signale aussi une variété chinoise publiée en 2021, Zamia furfuracea var. curvativivillosa T.B.Chao & Zhi X.Chen, que The World List of Cycads ne mentionne pas.
Aucune phylogénie moléculaire consultée ne précise ici la place de l’espèce dans le genre. En 2018, une étude du génome du chloroplaste de Zamia fischeri a groupé cette plante avec un autre Zamia, Zamia furfuracea (Lei et ses collègues, 2018).
Étymologie et histoire
L’épithète vient du latin furfuraceus, « couvert de son, écailleux », en référence aux poils brun roux des jeunes feuilles (Haynes, 2022, repris par The World List of Cycads). D’après le Hortus Kewensis, la plante était cultivée en Angleterre dès 1691.
Elle est devenue un modèle pour l’étude de la pollinisation des cycadales. Dès 1986, Norstog, Stevenson et Niklas montraient le rôle d’un charançon dans sa pollinisation, et plusieurs études récentes ont été menées sur des plantes du Montgomery Botanical Center, en Floride (Salzman et ses collègues, 2020 ; Valencia-Montoya et ses collègues, 2025).
Noms communs
Aucun nom français n’est attesté par une source fiable. En anglais, l’université de Floride donne cardboard plant, cardboard cycad et cardboard palm, et l’université d’État de Caroline du Nord ajoute cardboard sago, Jamaican sago et Mexican cycad ; Species+ cite « cardboard palm » en anglais et « palma bola » en espagnol. Le Hortus Kewensis de 1789 l’appelait « Broad-leav’d Zamia ». Ces noms prêtent à confusion : la plante n’est pas un palmier, « sago » désigne aussi Cycas revoluta, et « Jamaican » ne correspond pas à son origine mexicaine.
Dans la nature
Zamia furfuracea est endémique du Veracruz (The World List of Cycads). L’inventaire des Zamiaceae du Mexique de Nicolalde-Morejón et ses collègues (2014) la situe entre 0 et 50 m d’altitude, dans la région biogéographique du golfe du Mexique. Une étude de 2025 sur le risque d’extinction des cycadales du Veracruz la décrit comme une espèce des dunes côtières et retient quatre localités, une zone d’occurrence de 1 998 km², une perte d’habitat de 56 % et 84 % de son aire hors des aires protégées, sur dix communes (Gómez Díaz, 2025, d’après Favian-Vega et ses collègues, 2022). Aucune description primaire plus détaillée de son milieu n’a pu être lue.
Sa pollinisation est l’une des mieux étudiées chez les cycadales. Elle repose sur un mutualisme obligatoire avec un petit charançon, Rhopalotria furfuracea (autrefois Rhopalotria mollis), qui accomplit tout son développement dans les cônes mâles ; sans lui, la plante ne forme pas de graines (Salzman et ses collègues, 2020, d’après Norstog et ses collègues, 1986). Les cônes s’échauffent chaque jour au moment de la pollinisation et dégagent des odeurs qui attirent puis repoussent les insectes, un mécanisme dit « push-pull » (attirer puis repousser) qui les pousse des cônes mâles vers les cônes femelles (Salzman et ses collègues, 2020). Les charançons sont aussi guidés par l’humidité plus forte qui entoure les cônes (Salzman et ses collègues, 2023), et, selon une étude publiée dans Science en 2025, par le rayonnement infrarouge émis par les cônes chauffés : leurs antennes portent des neurones sensibles à l’infrarouge, réglés sur la température de leur plante hôte (Valencia-Montoya et ses collègues, 2025).
L’ampleur de l’échauffement varie selon les sources : Salzman et ses collègues (2020), citant des mesures antérieures, donnent un pic de 2,5 °C au-dessus de l’air ambiant pour les cônes mâles et de 0,8 °C pour les cônes femelles, alors que la gazette de l’université Harvard, présentant l’étude de 2025, écrit que Zamia furfuracea peut chauffer ses cônes de 46 °F (environ 25 °C) au-dessus de l’air ambiant. Le résumé de l’étude de 2025 ne donne pas de chiffre.
Statut de conservation et réglementation
Zamia furfuracea est classée en danger (EN) sur la Liste rouge de l’UICN, selon l’évaluation de J.D. Bösenberg publiée en 2022 (datée de 2020), au titre des critères B1ab(v) : une zone d’occurrence réduite et un déclin continu du nombre d’individus adultes (The World List of Cycads ; la Liste rouge n’a pas pu être consultée directement). La précédente évaluation était celle de J. Chemnick et T. Gregory (2010). L’étude de Gómez Díaz (2025) la range parmi les trois Zamia du Veracruz les plus menacés, avec Zamia vazquezii et Zamia inermis, et propose de les faire passer à l’annexe I de la CITES.
Au Mexique, l’espèce figure dans la norme NOM-059-SEMARNAT-2010, mais les sources ne s’accordent pas sur sa catégorie : « soumise à protection spéciale » (Pr) dans le tableau de Nicolalde-Morejón et ses collègues (2014), « en danger d’extinction » (P) dans celui de Gómez Díaz (2025). Le texte officiel n’a pas été consulté.
Comme tous les Zamia à l’exception de Zamia restrepoi, l’espèce relève de l’annexe II de la CITES, où le genre figure depuis le 4 février 1977 ; Species+ lui consacre une fiche propre. L’annotation #4 (version issue de la CoP20, en vigueur depuis le 5 mars 2026) exclut de la CITES les graines, le pollen, ainsi que les plantules et cultures de tissus obtenues in vitro et transportées en conteneurs stériles ; le commerce international des plantes exige un permis d’exportation. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. En Floride, l’université de Floride classe son potentiel invasif dans la catégorie « caution » : elle peut être plantée, mais doit être surveillée pour éviter qu’elle ne s’échappe des jardins.
Bases consultées le 19 octobre 2026 (Species+, GBIF, The World List of Cycads, IPNI, Crossref). Ces informations ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat et préférez des plantes issues de semis en culture.
Culture
Zamia furfuracea se cultive facilement en pot et à l’intérieur, et en pleine terre seulement sous climat sans gel. Les fiches de l’université de Floride (UF/IFAS) et de l’université d’État de Caroline du Nord résument ses besoins :
- Exposition : plein soleil à mi-ombre ; en intérieur, une place bien lumineuse.
- Sol : bien drainé ; la plante tolère les sols sableux, limoneux, acides ou calcaires, et supporte bien le sel.
- Arrosage : modéré ; la plante tolère bien la sécheresse une fois installée, et il faut laisser sécher le substrat entre deux arrosages, dans un pot bien percé.
- Croissance : lente, ce qui en fait une bonne plante de pot.
Les retours français (voir Rusticité) plaident pour la culture en pot, avec un hivernage hors gel et lumineux, hors des sites les plus doux. Le site spécialisé Cycadales.eu (2023) range l’espèce parmi les Zamia du Mexique et du nord de l’Amérique centrale, de difficulté moyenne. Pour ce groupe, il conseille un substrat drainant, neutre ou légèrement calcaire et en grande partie minéral, des hivers de 5 à 10 °C avec des remontées vers 20-25 °C en journée et un substrat assez sec mais jamais desséché, des étés de 15 à 20 °C la nuit et de 25 à 30 °C le jour, et au moins quatre à six mois de températures estivales. Il rappelle qu’un substrat froid et détrempé favorise la pourriture des racines.
Les retours d’amateurs vont dans le même sens. À Palerme, une plante vit depuis plus de vingt ans en pleine terre, au soleil, dans un sol lourd jamais travaillé (forum Tropicamente, 2010). À l’inverse, des cultivateurs français ont perdu des plantes en hiver, au gel ou par excès d’humidité (voir Rusticité).
Multiplication
Zamia furfuracea se multiplie par semis et, selon l’université de Floride et celle de Caroline du Nord, par division des touffes. D’après UF/IFAS, les graines germent assez bien quelques mois après avoir été nettoyées et semées. En l’absence du charançon pollinisateur, une pollinisation manuelle est nécessaire pour obtenir des graines, avec un pied mâle et un pied femelle. Un cultivateur de Montpellier a perdu de nombreux semis dans une serre jamais descendue sous 15 °C, et l’attribue à la gestion de l’arrosage (forum des Fous de palmiers, 2010) : les plantules craignent l’excès d’eau.
Maladies et ravageurs
Selon l’université de Floride, le principal ravageur est la cochenille rouge de Floride (Chrysomphalus aonidum), qui peut tuer la plante si on la laisse se développer ; aucune maladie n’est jugée importante. En culture, l’excès d’eau en période fraîche provoque la pourriture de la tige souterraine et des racines.
Rusticité
Zamia furfuracea est peu rustique : son feuillage souffre dès les premières gelées et la plante meurt par froid humide modéré. L’université de Floride la recommande en zones USDA 9b à 11 (minimales moyennes au-dessus de −3,9 °C), l’université de Caroline du Nord en zones 9a à 11b, et précise qu’en Caroline du Nord il faut la rentrer l’hiver.
En France
- Bretagne, Concarneau (Finistère) : un cultivateur indique sur le forum des Fous de palmiers que sa plante, au jardin, est morte à la mi-décembre 2007 après un pic à −4 °C par temps humide. La station Météo-France de Melgven, à quelques kilomètres, a relevé −4,0 °C le 16 décembre 2007.
- Centre-ouest, Deux-Sèvres : en 2010, sur le même forum, un membre au lieu non précisé indique avoir perdu deux plantes, l’une au gel, l’autre par excès d’humidité de l’air ; un cultivateur des Deux-Sèvres répond avoir eu la même expérience, et un cultivateur de Montpellier pense plutôt que le froid est en cause, éventuellement aggravé par l’humidité.
- Littoral méditerranéen : aucun retour de pleine terre d’identification sûre n’est documenté ; le seul message (Côte Bleue, 2015) peut concerner Zamia integrifolia, et la plante n’avait pas connu de gel. Aucune observation du Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures n’est publiée pour Zamia furfuracea ; à titre de comparaison, un Zamia integrifolia y a survécu à −7 °C en février 2012, avec des dégâts sur les feuilles.
Aucun retour n’est documenté pour l’intérieur continental ou la montagne, où la culture en pot rentrée l’hiver s’impose.
Repères internationaux
- Italie, Palerme (Sicile) : une plante vit depuis plus de vingt ans en pleine terre (forum Tropicamente, 2010) ; un autre membre écrivait en 2009 qu’au jardin botanique de Palerme l’espèce vit bien en pleine terre, sans dégâts.
- Italie, Naples (Campanie) : pendant l’hiver 2008-2009, deux grosses plantes en pot, paillées et sous double voile, ont eu beaucoup de feuilles brûlées, alors que des Dioon spinulosum traités de la même façon n’avaient que quelques rougeurs (forum Tropicamente).
- Italie, Rome (Latium) : un cultivateur indique sur le forum des Fous de palmiers (juillet 2010) qu’une plante en pleine terre sans protection depuis deux ans a failli mourir une fois ; un membre de Tropicamente, au lieu non précisé, dit avoir perdu deux plantes en pleine terre au quatrième hiver.
- Italie, Ravenne (Émilie-Romagne) : un cultivateur situe le début des dégâts sur les feuilles vers −2,2 °C et rentre sa plante l’hiver (forum Tropicamente, 2009-2010).
- États-Unis : culture de pleine terre recommandée en zones 9b à 11 en Floride (UF/IFAS).
Un participant du forum des Fous de palmiers citait en 2009 deux livres, l’un donnant la destruction des feuilles à partir de −3 °C (The Cycads, Whitelock), l’autre des cas de survie à −9 °C (Cycads of the World, Jones) ; ces chiffres n’ont pas pu être vérifiés dans les ouvrages et ne doivent pas servir de seuils. Au total, ces retours suggèrent un feuillage abîmé vers −2/−3 °C et une mort possible dès −4 °C en sol humide : c’est une synthèse de témoignages isolés, pas une mesure.
Toxicité et précautions
Zamia furfuracea est toxique pour l’humain et pour les animaux. Le risque est documenté dans le genre : des études pharmacologiques citées par The Gymnosperm Database ont trouvé chez les Zamia des glycosides toxiques (cycasine, macrozamine), dont dérive le méthylazoxyméthanol. Pour cette espèce, l’ASPCA, centre antipoison vétérinaire américain, la classe toxique pour les chiens, les chats et les chevaux et cite la cycasine, la BMAA (un acide aminé neurotoxique) et une neurotoxine non identifiée chez les bovins ; les signes décrits vont des vomissements et de la diarrhée sanglante à l’atteinte du foie et à la mort. L’université de Caroline du Nord indique que les graines sont la partie toxique et juge la plante toxique pour l’humain.
Placez la plante hors de portée des enfants et des animaux, retirez les cônes femelles mûrs si des animaux y ont accès et portez des gants pour manipuler les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Aucun usage traditionnel propre à Zamia furfuracea n’est documenté. Son usage principal aujourd’hui est ornemental.
FAQ
Le « cardboard palm » est-il un palmier ?
Non. C’est une cycadale de la famille des Zamiaceae, une plante à graines nues qui se reproduit par des cônes. Le nom anglais vient de ses folioles épaisses au toucher de carton.
Peut-on le planter en pleine terre en France ?
Rarement. Il est donné pour les zones USDA 9b à 11 et son feuillage souffre dès −2/−3 °C ; une plante est morte à −4 °C par temps humide en Bretagne. Hors des sites les plus doux du littoral méditerranéen, cultivez-le en pot et rentrez-le l’hiver.
Comment le distinguer de Zamia integrifolia ?
Par les folioles : larges, épaisses, duveteuses et obovales chez Zamia furfuracea, étroites, lisses et luisantes chez Zamia integrifolia. Les deux sont souvent confondus en culture.
Est-il toxique pour les chiens et les chats ?
Oui. L’ASPCA le classe toxique pour les chiens, les chats et les chevaux, et les graines sont la partie la plus dangereuse. En cas d’ingestion, contactez immédiatement un vétérinaire ou un centre antipoison.
Comment l’arroser en intérieur ?
Modérément : laissez sécher le substrat entre deux arrosages, dans un pot bien drainé, et réduisez les apports en hiver. L’excès d’eau au frais est la première cause de pourriture.
Comment le multiplier ?
Par semis de graines nettoyées, ou par division d’une touffe. Les graines ne se forment qu’avec un pied mâle et un pied femelle, et une pollinisation manuelle en l’absence du charançon pollinisateur.
Est-il menacé dans la nature ?
Oui. L’UICN le classe en danger (2022) : il ne vit que sur une petite partie du littoral du Veracruz, dont une grande part de l’habitat a été détruite.
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Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Zamia furfuracea : https://cycadlist.org/scientific_name/468 — auteur, publication, lectotype (Hermann, pl. 210), répartition (Veracruz), statut UICN (EN B1ab(v)), synonymes, étymologie. Liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN ; consultée le 19 octobre 2026.
- Hortus Kewensis, vol. 3 (1789), Internet Archive : https://archive.org/details/mobot31753000624111 — description originale (p. 477), origine indiquée, culture à Hampton Court en 1691, nom anglais ancien. Source primaire ; texte lu.
- IPNI, Zamia furfuracea : https://www.ipni.org/n/270522-2 — publication (Hort. Kew. 3 : 477, 1789), variétés et noms voisins (Zamia vestita, Zamia crassifolia, Zamia ottonis). Index nomenclatural de référence ; consulté le 19 octobre 2026.
- Species+ (PNUE-WCMC), Zamia furfuracea : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/25376/legal — annexe II de la CITES, annexe B de l’Union européenne, noms communs anglais et espagnol. Base officielle ; consultée le 19 octobre 2026.
- UF/IFAS, Zamia furfuracea, Cardboard Plant, Cardboard Cycad (FPS-618) : https://ask.ifas.ufl.edu/publication/FP618 — noms communs, zones USDA 9B-11, dimensions, sols, sécheresse et sel, multiplication, cochenille rouge de Floride, potentiel invasif. Fiche universitaire, fiable.
- NC State Extension, Zamia furfuracea : https://plants.ces.ncsu.edu/plants/zamia-furfuracea/ — noms communs, confusion avec Zamia integrifolia, zones 9a-11b, culture en pot, folioles, toxicité. Fiche universitaire, fiable.
- ASPCA Animal Poison Control, Cardboard Cycad : https://www.aspca.org/pet-care/aspca-poison-control/toxic-and-non-toxic-plants/cardboard-cycad — toxicité pour les chiens, les chats et les chevaux, principes toxiques. Centre antipoison vétérinaire, fiable.
- The Gymnosperm Database, Zamia : https://www.conifers.org/za/Zamia.php — glycosides (cycasine, macrozamine) et méthylazoxyméthanol chez les Zamia. Base de référence ; donnée de niveau genre.
- Cycadales.eu, Comment cultiver les Zamia en climat tempéré (6 janvier 2023, mis à jour le 27 mai 2023) : https://cycadales.eu/comment-cultiver-les-zamia-en-climat-tempere/ — groupes de culture des Zamia, substrats et températures conseillés. Pépinière spécialisée : conseils d’expérience pour un groupe d’espèces.
- Harvard Gazette, First male gets heated up, then female… (décembre 2025) : https://news.harvard.edu/gazette/story/2025/12/first-male-gets-heated-up-then-female-and-then-you-know/ — présentation de l’étude de 2025 sur l’infrarouge, échauffement des cônes. Article de vulgarisation universitaire ; chiffre à manier avec prudence.
- Forum des Fous de palmiers : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=47744 (Concarneau, 2007) ; https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=97088 (Rome, 2010) ; https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=97117, https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=97119 et https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=97120 (pertes d’hiver et de semis, 2010) ; https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=388862 (Côte Bleue, 2015, espèce incertaine) ; https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=58928 (citations de livres, 2009). Retours datés, cités sans nom.
- Forum Tropicamente (Italie) : https://www.tropicamente.it/forums/topic/nuove-arrivate-3/ (Palerme, 2010) ; https://www.tropicamente.it/forums/topic/zamia-furfuracea-e-dion-spinulosum/ (Palerme, Rome, Ravenne, 2009-2012) ; https://www.tropicamente.it/forums/topic/rusticita-dioon-spinulosum/ (Naples, 2008-2009). Retours datés, cités sans nom.
Bibliographie
- Aiton, W. (1789). Hortus Kewensis 3 : 477. [Description originale de Zamia furfuracea, due à Linné fils ; texte lu sur Internet Archive.]
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