Euphorbia canariensis

Euphorbia canariensis est l’euphorbe cactiforme emblématique des îles Canaries, où elle porte le nom de cardón. Ses tiges dressées, à section carrée ou pentagonale, forment des touffes candélabriformes de deux à quatre mètres de haut qui peuvent couvrir plusieurs dizaines de mètres carrés au sol. Décrite par Linné en 1753, elle appartient au genre Euphorbia, l’un des plus vastes des plantes à fleurs, et compte parmi les deux seules euphorbes succulentes épineuses de port colonnaire présentes naturellement dans l’archipel, avec Euphorbia handiensis. Elle est le symbole végétal officiel de la Grande Canarie et structure, avec les tabaïbas, la formation appelée cardonal-tabaibal qui occupe l’étage basal des îles.

Sa silhouette rappelle celle d’un cactus, mais il s’agit d’une convergence de forme : les cyathes, le latex blanc et le fruit en capsule trilobée la rattachent sans ambiguïté aux Euphorbiaceae.

Comment reconnaître Euphorbia canariensis ?

La plante est un arbuste succulent multicaule, ligneux à la base, de 2 à 4 m de hauteur. Les tiges naissent presque au ras du sol et montent parallèlement, droites et peu ramifiées au-dessus de la base. Un même pied peut en porter plusieurs dizaines, et les sources horticoles évoquent jusqu’à cent cinquante rameaux sur les sujets âgés.

Les tiges sont charnues, columnaires, d’environ 8 à 10 cm de diamètre, de section le plus souvent quadrangulaire ou pentagonale, plus rarement hexagonale, parfois légèrement vrillées en spirale. La couleur va du vert clair au vert glauque bleuté, les parties âgées virant au gris argenté.

Euphorbia canariensis
Euphorbia canariensis au Palmetum (Tenerife, Îles Canaries)

Les feuilles sont réduites à des épines appariées, courtes, de l’ordre du centimètre, recourbées vers le haut et régulièrement alignées le long de chaque arête. Ce dispositif d’épines jumelles portées par les angles, sans aréole ni glochides, est le premier caractère à vérifier pour écarter un cactus.

Les inflorescences sont des cyathes solitaires à pédoncule court, insérés sur les arêtes de la portion apicale des tiges. D’abord verdâtres, ils virent au rouge intense, ce qui donne aux sommets fleuris une teinte caractéristique. Le fruit est une capsule tricarpellée (tricoque) rouge à brun rougeâtre.

La touffe adulte occupe en moyenne une trentaine de mètres carrés, et certains individus dépassent 100 m².

Hybrides

Aucun hybride naturel ni horticole n’est documenté pour Euphorbia canariensis. Plants of the World Online ne reconnaît aucun taxon hybride impliquant l’espèce. Les deux noms infraspécifiques que l’on rencontre encore dans la littérature horticole, Euphorbia canariensis var. spiralis et Euphorbia canariensis f. viridis, ne sont pas des hybrides mais de simples synonymes de l’espèce, fondés sur des variations de torsion des tiges et de coloration.

L’autre euphorbe cactiforme de l’archipel, Euphorbia handiensis, occupe le même secteur géographique que les populations naturelles de Euphorbia canariensis à Fuerteventura, la péninsule de Jandía, sans qu’aucune hybridation ait été signalée entre elles.

Confusion possible

La confusion la plus fréquente est générique : Euphorbia canariensis est régulièrement prise pour un cactus colonnaire. Une entaille suffit à trancher, le latex blanc abondant étant absent chez les Cactaceae, mais l’opération est à éviter compte tenu de la causticité du suc. L’observation des épines suffit d’ailleurs : elles sont ici jumelles et portées par l’arête, sans le coussinet feutré (aréole) caractéristique des cactus.

Euphorbia handiensis, endémique de Fuerteventura, a des tiges plus grêles à côtes nombreuses et peu anguleuses, et des épines nettement plus longues, souvent de 3 cm et pouvant atteindre 5 cm, blanchissant avec l’âge. Elle dépasse rarement 1 m de haut.

Euphorbia officinarum subsp. echinus, du sud marocain, forme des coussins hémisphériques denses de tiges courtes et digitiformes, sans port en candélabre.

Euphorbia resinifera, également marocaine, possède bien des tiges quadrangulaires à épines appariées, mais elle ne dépasse guère 1 à 1,5 m et constitue des coussins bas et compacts pouvant s’étendre largement au sol.

Les grandes euphorbes arborescentes africaines cultivées en jardin méditerranéen, comme Euphorbia ingens, Euphorbia ammak ou Euphorbia abyssinica, s’en distinguent par leur tronc unique bien individualisé, leurs rameaux nettement ailés et leur diamètre bien supérieur.

Enfin, les tabaïbas canariennes (Euphorbia balsamifera, Euphorbia lamarckii, Euphorbia regis-jubae), qui partagent son habitat, sont des arbustes feuillus dépourvus d’épines et ne prêtent pas à confusion une fois observées de près.

Taxonomie

Euphorbia canariensis L. a été publiée dans Species Plantarum (1 : 450), daté du 1er mai 1753. L’identifiant IPNI de ce nom est 345920-1. Le nom est accepté par Plants of the World Online, qui lui rattache cinq synonymes : Tithymalus canariensis (L.) H.Karst. et Torfasadis canariensis (L.) Raf., homotypiques ; Euphorbia canariensis var. spiralis Bolle ex Boiss., Euphorbia canariensis f. viridis G.Kunkel et Euphorbia tribuloides Lam., hétérotypiques.

Le nom de genre honore Euphorbus, médecin du roi Juba II de Maurétanie, auquel la tradition attribue la découverte des propriétés médicinales de certaines euphorbes. L’épithète renvoie à l’archipel canarien.

Les travaux moléculaires sur le genre placent l’espèce dans le sous-genre Euphorbia, le grand clade des euphorbes succulentes de l’Ancien Monde, aux côtés de Euphorbia handiensis. Les autres euphorbes canariennes relèvent de lignées distinctes : Euphorbia balsamifera appartient au sous-genre Athymalus, tandis que les tabaïbas arborescentes du groupe de Euphorbia lamarckii et Euphorbia regis-jubae se rattachent au sous-genre Esula. La flore euphorbienne de l’archipel résulte donc de plusieurs colonisations indépendantes, et non d’une radiation unique à partir d’un ancêtre commun insulaire.

Dans la nature

L’espèce est endémique des îles Canaries. Elle est présente à El Hierro, La Palma, La Gomera, Tenerife, la Grande Canarie et Fuerteventura. Elle est absente ou considérée comme éteinte à l’état spontané à Lanzarote, où son indigénat reste discuté, ainsi que des îlots de l’archipel Chinijo et de Lobos. En dehors de son aire naturelle, Plants of the World Online la signale introduite en Tunisie.

Euphorbia canariensis
Euphorbia canariensis (Mirador del Caballo, Tenerife)

Elle est commune dans les îles occidentales, en particulier à Tenerife, ainsi qu’en Grande Canarie. À Fuerteventura, elle est rare et naturellement cantonnée à la péninsule de Jandía et aux abords de Montaña Cardones.

Son habitat est constitué de versants rocheux, d’éboulis et de coulées de lave des zones arides et semi-arides, du niveau de la mer jusque vers 900 m, exceptionnellement au-delà, à la limite inférieure de la pineraie. Les précipitations y sont faibles, mais les brumes côtières apportent une humidité atmosphérique régulière.

Euphorbia canariensis est l’espèce structurante des cardonales, formation qu’elle partage avec Euphorbia balsamifera, Euphorbia lamarckii, Euphorbia regis-jubae, Periploca laevigata, Kleinia neriifolia, Rubia fruticosa et diverses Asparagus. La floraison intervient au printemps et au début de l’été, l’Inventaire espagnol des connaissances traditionnelles retenant la période de mai à juillet. Par les journées chaudes de l’été, la déhiscence explosive des capsules est audible et projette les graines à plusieurs mètres. L’espèce se multiplie aussi végétativement, par enracinement de fragments de tiges tombés au sol.

Une touffe âgée fonctionne comme un micro-écosystème. Ses tiges serrées et armées abritent des plantes indigènes qui échappent ainsi à la dent des herbivores introduits, et des invertébrés spécialisés s’y développent, tel le longicorne du cardón, Lepromoris gibba, dont les larves se développent exclusivement dans les tiges mortes.

L’espèce est évaluée en préoccupation mineure sur la Liste rouge de l’UICN. Elle figure à l’annexe II de la CITES, comme l’ensemble des euphorbes succulentes non inscrites à l’annexe I, et à l’annexe II de l’ordonnance du 20 février 1991 sur la protection de la flore vasculaire sauvage de la Communauté autonome des Canaries.

Culture

Euphorbia canariensis demande une exposition en plein soleil et un substrat très drainant, à dominante minérale : mélange de pouzzolane ou de lapilli, de pierre ponce et d’une faible fraction organique. Les stagnations d’eau au collet sont la première cause d’échec.

En culture, la croissance est lente et l’espèce se conduit volontiers en grand conteneur pendant des années. Le rempotage se pratique au début du printemps, tous les trois ou quatre ans, en protégeant les mains, les avant-bras et surtout les yeux.

Euphorbia canariensis
Euphorbia canariensis au Parque del Drago (Icod de los Vinos, Tenerife)

L’arrosage suit un rythme saisonnier net : apports espacés du printemps à la fin de l’été, en laissant le substrat se dessécher complètement entre deux, puis arrêt complet en hiver. Un repos hivernal sec conditionne la bonne tenue des tiges et limite considérablement les risques de pourriture.

Une fertilisation légère, avec un engrais pauvre en azote, une ou deux fois pendant la saison de végétation, suffit largement.

Le passage de l’intérieur ou de la serre au plein air demande une acclimatation progressive : l’épiderme se brûle facilement lorsque l’exposition change brutalement, et les marques restent visibles des années.

L’espèce sert par ailleurs de porte-greffe pour des euphorbes succulentes réputées difficiles sur leurs propres racines, Euphorbia lorifolia étant l’exemple le plus souvent cité.

Toute manipulation impose des précautions : le latex est caustique pour la peau et dangereux pour les yeux. Gants, manches longues et lunettes de protection sont indispensables, et la plante doit être tenue hors de portée des enfants et des animaux domestiques.

Multiplication

Le semis est la voie principale. Les graines se sèment au printemps, à chaud, sur substrat minéral maintenu légèrement humide. La germination est irrégulière et les plantules poussent lentement.

Le bouturage de tiges est possible, mais réputé délicat chez cette espèce. La coupe libère un latex abondant qu’il faut rincer à l’eau pour arrêter l’écoulement, avant de laisser la bouture cicatriser à sec, à l’ombre et à l’air libre, pendant une à trois semaines selon le diamètre. Plusieurs cultivateurs francophones rapportent des échecs répétés sur des boutures de petit calibre, qui se dessèchent sans émettre de racines ou développent des moisissures pendant la cicatrisation. Les boutures de fort diamètre, prélevées en début de saison chaude, donnent de meilleurs résultats.

Dans la nature, l’espèce se reproduit aussi par enracinement spontané de fragments de tiges détachés, ce qui explique la formation de colonies clonales denses.

Maladies et ravageurs

En culture, les problèmes tiennent davantage aux conditions d’entretien qu’aux parasites proprement dits.

Les pourritures basales et racinaires, favorisées par un substrat trop rétenteur ou par un arrosage hivernal, constituent la cause de mortalité la plus fréquente. Une tige qui se ramollit à la base doit être sectionnée en zone saine, la partie supérieure pouvant alors être traitée comme une bouture.

Les cochenilles farineuses s’installent dans les sillons entre les arêtes et à la base des épines, où elles passent longtemps inaperçues. Les cochenilles des racines apparaissent le plus souvent à l’occasion d’un rempotage.

Les acariens tétranyques provoquent des plages liégeuses grisâtres sur les jeunes pousses en atmosphère chaude et sèche.

Les taches brunes ou noires consécutives à une exposition au froid ne sont pas des maladies, mais des lésions définitives du parenchyme, sans conséquence sur la survie tant qu’elles restent superficielles.

Dans son aire naturelle, le longicorne Lepromoris gibba colonise les tiges déjà mortes et ne constitue pas un ravageur des sujets sains.

Rusticité

Les données de rusticité de cette espèce doivent être maniées avec précaution : son aire naturelle, cantonnée à l’étage basal des Canaries, ne connaît pratiquement pas de gel. Les valeurs publiées proviennent donc de la culture et non de l’habitat.

La fiche de l’encyclopédie Au Cactus Francophone retient une tolérance ponctuelle à -2 °C, tout en recommandant de ne pas descendre sous 7 °C pour maintenir la plante en bon état. Les compilations anglo-saxonnes issues de Dave’s Garden sont plus optimistes et rangent l’espèce entre -2,8 °C et -3,9 °C.

Une discussion consacrée à l’hivernage des grandes euphorbes sur le forum Au Cactus Francophone, en 2022, souligne précisément cet écart entre les sources. Elle conclut, pour les régions à hivers pluvieux et peu ensoleillés, qu’il est plus sûr de maintenir l’espèce strictement hors gel : l’exposition à des températures négatives ne tue pas nécessairement la plante, mais provoque des taches et des dégâts esthétiques irréversibles. Les intervenants du fil cultivent en climat continental de basse montagne, dans l’Aude notamment, avec hivernage sous serre maintenue à +6 °C et sortie des plantes en extérieur à la belle saison.

Des essais de culture en pleine terre sont documentés en Italie sur le forum Cactofili, sans que la localité ni le climat de référence soient précisés dans les fils consultés, ce qui interdit d’en tirer une valeur de rusticité utilisable.

En pratique, pour un jardin méditerranéen, l’espèce ne peut être installée en pleine terre que dans les situations les plus abritées du littoral, sur sol parfaitement drainé et à l’abri des pluies hivernales. Partout ailleurs, la culture en conteneur avec hivernage sous abri lumineux, sec et hors gel reste la solution raisonnable. L’humidité hivernale combinée au froid est bien plus destructrice que le froid sec seul.

Usages traditionnels

Les savoirs associés au cardón forment l’un des corpus ethnobotaniques les mieux documentés de l’archipel.

L’usage le plus célèbre est l’embarbascado, technique de pêche consistant à jeter des tiges broyées dans les mares littorales ou les vasques de barrancos pour étourdir poissons, poulpes et anguilles. Attribuée à la population préhispanique, elle est attestée par les archives depuis le XVIe siècle et s’est maintenue localement jusqu’au milieu du XXe siècle. Elle est aujourd’hui interdite.

En médecine populaire, le latex a été employé pour cautériser fistules, plaies et ulcères, brûler verrues et cors, calmer les rages de dents en déposant une goutte sur la molaire douloureuse, et traiter les tumeurs cutanées, la peau environnante étant protégée à l’huile d’olive ou au lait de chèvre. Mélangé à de l’huile, il entrait dans des onguents pectoraux et des préparations contre furoncles et eczémas. Ingéré, il était considéré comme un purgatif drastique et un émétique, ce que les sources anciennes décrivent avec des mises en garde explicites.

En médecine vétérinaire, il a été largement utilisé contre les affections des mamelles du bétail, en particulier les mammites, ainsi que contre la gale des chevaux et divers abcès.

Les usages matériels sont nombreux : bois de feu, fumage du fromage à Tenerife, clôtures de goros à bétail, litière séchée pour la fabrication du fumier, cerclages de tamis et anses de paniers obtenus à partir des tiges non ramifiées passées au feu puis trempées, cercles de tambours tajarastes, glu pour la capture des oiseaux. Le latex était aussi pulvérisé sur les vignes pour dissuader les voleurs de raisin, l’intéressé se trahissant par le gonflement des lèvres.

L’espèce a par ailleurs une valeur apicole dans les zones arides, le miel obtenu étant décrit comme amer et légèrement piquant, et les chèvres consomment ses inflorescences à Tenerife.

Contre les brûlures dues au latex, la pharmacopée paysanne canarienne recourait à la sève du cornical (Periploca laevigata) ou de la gomereta (Aeonium lindleyi), ainsi qu’à des cataplasmes d’huile d’olive.

Le cardón occupe enfin une place symbolique forte. Il est le symbole végétal officiel de la Grande Canarie depuis une décision du Parlement des Canaries du 17 avril 1991, et figure aux armes de Santiago del Teide, adoptées en 1986. Le cardón de Buenavista del Norte, à Tenerife, qui avait attiré l’attention de Humboldt lors de son passage en 1799 et couvrait près de 148 m², n’existe plus qu’à l’état de fragments, mais reste inscrit sur les armoiries municipales.

FAQ

Est-ce un cactus ? Non. Malgré son port colonnaire, il s’agit d’une euphorbe. Les épines naissent par paires sur les arêtes, sans aréole, et la plante produit un latex blanc absent des Cactaceae.

Le latex est-il dangereux ? Oui. Il est caustique pour la peau, très agressif pour les yeux et toxique par ingestion. Les sources historiques canariennes signalent même des irritations chez les personnes exposées aux émanations lors de récoltes abondantes. Gants et lunettes sont indispensables, et un contact oculaire justifie un rinçage prolongé puis un avis médical.

Quelle température minimale supporte-t-elle ? Les valeurs publiées vont de -2 °C à environ -4 °C pour de brèves expositions au sec. Pour conserver une plante indemne de marques, on ne descend pas sous 5 à 7 °C.

Peut-on la bouturer ? Oui, mais le taux de reprise est médiocre, en particulier sur les fragments de petit diamètre. Le semis reste la voie la plus fiable.

Puis-je acheter ou rapporter une plante prélevée aux Canaries ? Non. L’espèce est protégée par la réglementation canarienne et inscrite à l’annexe II de la CITES. Les plants doivent provenir de production horticole, accompagnés des documents correspondants.

Combien de temps vit-elle ? Les grandes touffes des cardonales atteignent plusieurs dizaines d’années. Certaines fiches canariennes évoquent plus d’un siècle pour les individus les plus étendus, sans que cette estimation repose sur une datation publiée.

Sites de référence

https://powo.science.kew.org/taxon/urn:lsid:ipni.org:names:345920-1 Plants of the World Online (Kew) : autorité nomenclaturale retenue ici. Fournit le statut accepté du nom, la liste des cinq synonymes, l’aire naturelle et la mention d’introduction en Tunisie.
https://www.ipni.org/n/345920-1 International Plant Names Index : identifiant du nom, protologue et date de publication exacte (1er mai 1753).
https://www.iucnredlist.org/species/79727248/79727254 Liste rouge de l’UICN : fiche d’évaluation de l’espèce, classée en préoccupation mineure.
https://www.miteco.gob.es/content/dam/miteco/es/biodiversidad/temas/inventarios-nacionales/iect_euphorbia_canariensis_tcm30-164143.pdf Inventaire espagnol des connaissances traditionnelles relatives à la biodiversité, fiche cardón. Source la plus complète et la plus fiable pour la partie ethnobotanique, la phénologie et les dimensions des sujets âgés. Chaque usage y est référencé à une source primaire.
https://floracanaria.com/especies/euphorbiaceae/Euphorbia_canariensis.html Flora de Canarias : description, cortège végétal associé, déhiscence explosive des capsules et rôle de micro-écosystème de la touffe.
https://www.conecte.es/index.php/es/plantas/866-euphorbia-canariensis/usos-tradicionales CONECT-e, plateforme collaborative de savoirs traditionnels espagnols. Complète l’Inventaire national sur les usages artisanaux et médicinaux relevés à Tenerife.
https://www.atlasruraldegrancanaria.com/fichas/cardon/ Atlas rural de Grande Canarie : répartition détaillée sur l’île, morphologie des tiges et des épines.
https://www.macaronesian.org/es/show/cardon-cardon-canario-euphorbia-canariensis Macaronesian.org : diamètre des tiges, amplitude altitudinale et statut à Lanzarote.
https://www.aytolalaguna.es/servicios/medio-ambiente/guia-botanica-del-jardin-del-drago/Tabaibal-Cardonal/Euphorbia-canariensis/ Guide botanique du Jardín del Drago (mairie de La Laguna) : reproduit le commentaire de Viera y Clavijo sur la toxicité du latex et les antidotes traditionnels.
https://www.cactuspro.com/encyclo/Euphorbia/canariensis Au Cactus Francophone, fiche encyclopédique : dimensions en culture, statut CITES et température minimale conseillée.
https://www.cactuspro.com/forum/read.php?1,826979 Au Cactus Francophone, forum, fil consacré à l’hivernage des grandes euphorbes (2022) : comparaison chiffrée des sources de rusticité et retours d’expérience de collections hivernées à +6 °C sous serre, en climat de basse montagne audoise.
https://www.cactuspro.com/forum/viewtopic.php?t=660861 Au Cactus Francophone, forum : échecs documentés de bouturage sur fragments de petit calibre.
https://forum.cactofili.org/viewtopic.php?t=14541 Cactofili (Italie) : photographies de sujets cultivés en pleine terre, sans indication de localité ni de climat, d’où l’impossibilité d’en tirer une donnée de rusticité.
https://llifle.com/Encyclopedia/SUCCULENTS/Family/Euphorbiaceae/23775/Euphorbia_handiensis LLIFLE, fiche Euphorbia handiensis : caractères différentiels utilisés dans la section Confusion possible.
https://www.giromagicactusandsucculents.com/euphorbia-canariensis/ Giromagi : nombre de rameaux par pied, torsion des tiges et dimensions des cyathes. Source commerciale, à recouper.
https://www.gobiernodecanarias.org/boc/1991/035/002.html Bulletin officiel des Canaries : texte de l’ordonnance du 20 février 1991 et régime juridique attaché à l’annexe II.

Bibliographie

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Govaerts, R., Frodin, D. G. & Radcliffe-Smith, A. 2000. World Checklist and Bibliography of Euphorbiaceae (and Pandaceae), 4 vol. Royal Botanic Gardens, Kew. [Référence nomenclaturale mondiale du groupe. C’est l’une des sources suivies par POWO pour l’acceptation du nom et le traitement des synonymes.]

Sauerbier, H., Cabrera Calixto, F. & Muer, T. 2023. Flora Vascular de Canarias. Turquesa, Santa Cruz de Tenerife. [Flore canarienne la plus récente, également suivie par POWO. Ouvrage de référence pour le traitement taxonomique actuel de la flore de l’archipel.]

Bramwell, D. & Bramwell, Z. 2001. Flores silvestres de las islas Canarias, 4e éd. Rueda, Madrid. [Flore de terrain classique, largement citée pour les noms vernaculaires canariens et l’écologie des formations basales.]

Beech, E. 2017. Euphorbia canariensis. The IUCN Red List of Threatened Species 2017 : e.T79727248A79727254. doi:10.2305/IUCN.UK.2017-3.RLTS.T79727248A79727254.en [Évaluation en préoccupation mineure, fondée sur une aire de répartition large et des populations non fragmentées.]

Álvarez Escobar, A. & Rodríguez Delgado, O. Euphorbia canariensis L. In : Inventario Español de los Conocimientos Tradicionales relativos a la Biodiversidad, p. 161-165. Ministerio para la Transición Ecológica, Madrid. [Synthèse ethnobotanique de référence, avec appareil de notes renvoyant à plus de quatre-vingt-dix sources primaires. L’année d’édition ne figure pas sur le tiré à part consulté en ligne et n’est donc pas indiquée ici.]

Álvarez Escobar, A. 2011. Contribución al estudio etnobotánico de la isla de Tenerife. [Travail de terrain dont proviennent la plupart des relevés tinerféniens repris par l’Inventaire national et par CONECT-e.]

Bruyns, P. V., Klak, C. & Hanáček, P. 2011. Age and diversity in Old World succulent species of Euphorbia (Euphorbiaceae). Taxon, 60(6) : 1717-1733. doi:10.1002/tax.606016 [Phylogénie moléculaire de référence pour les euphorbes succulentes de l’Ancien Monde. Place Euphorbia canariensis et Euphorbia handiensis dans le sous-genre Euphorbia, distinct des lignées auxquelles appartiennent les tabaïbas canariennes.]

Bruyns, P. V., Mapaya, R. J. & Hedderson, T. 2006. A new subgeneric classification for Euphorbia (Euphorbiaceae) in southern Africa based on ITS and psbA-trnH sequence data. Taxon, 55(2) : 397-420. [Établit le découpage en quatre sous-genres aujourd’hui admis, cadre dans lequel se lit le placement de l’espèce.]

Viera y Clavijo, J. de. Diccionario de Historia Natural de las Islas Canarias. [Source historique du XVIIIe siècle. Contient la description classique du latex, de sa causticité et de l’antidote tiré du cornical, abondamment reprise par la littérature canarienne ultérieure.]

Orden de 20 de febrero de 1991, sobre protección de especies de la flora vascular silvestre de la Comunidad Autónoma de Canarias. Boletín Oficial de Canarias 35, 18 mars 1991. [Texte réglementaire inscrivant l’espèce à l’annexe II : prélèvement, culture en pépinière, transfert entre îles et réintroduction soumis à autorisation préalable.]