Le genre Uncarina est endémique de l’île de Madagascar. C’est-à-dire que ces végétaux ne poussent naturellement nulle par ailleurs dans le monde. Ces plantes xérophytes appartiennent à la famille des Pédaliacées. Les anglophones les nomment mouse trap trees (en français : arbres souricières).
Qualités ornementales
L’aspect ornemental repose en partie sur le port pachycaule des plantes. Les exemplaires développent avec le temps une base élargie, souvent nommée un caudex. Le caudex reste généralement enterré mais les collectionneurs aiment souvent le faire apparaître.
Les floraisons sont également intéressantes et l’on observe une diversité des couleurs entre les espèces du genre : jaune, blanc et rose. La plupart des espèces portent de belles fleurs jaunes.

Les feuilles sont entières ou lobées. Elles sont couvertes par une pilosité et dégagent une odeur caractéristiques lorsqu’on les touche. Les plantes sont caduques et tendent à perdre leurs feuilles durant les périodes sans eau. En culture, il s’agit de la période hivernale. Mais lorsque les plantes sont gardées l’hiver en intérieur elles gardent leurs feuilles.
Production des graines et multiplication
Les plantes du genre Uncarina sont aussi remarquables pour leur adaptation à la zoochorie. En effet, les fruits sont armés de crochets qui leur permettent de s’accrocher au pelage des animaux, comme les lémuriens par exemple. Les fruits peuvent ainsi parcourir une distance importante et les graines peuvent germer à distance de la plante mère. La zoochorie permet aux plantes de coloniser de vastes étendues rapidement.

En culture, la production spontanée de ces fruits armés est rare. Pour a plupart des espèces du genre Uncarina, la fécondation doit être croisée et mobilisée obligatoirement le jardinier. Car les plantes ne sont pas auto-fertiles. Dans une collection, les fruits ne sont ni une nuisance ni un danger. Dans la nature, le transport du pollen – d’une fleur à une autre – est accompli par de petits scarabées.
Si la production des graines peut-être obtenue pour celui qui maîtrise la fécondation, la germination est plus problématique. Chez ces plantes, la levée des graines est assez aléatoire. Comme pour beaucoup de succulentes, il est préférable de ne pas jeter les terrines où le semis a été pratiqué. Mais de les garder un moins une seconde année pour espérer de nouvelles germinations.
L’effort de cultiver les arbres souricières est entrepris par les pépiniéristes et les jardins botaniques. Il permet de réduire le prélèvement des plantes sauvages.
Deux espèces sont d’ailleurs protégées par la CITES et figurent en annexe 2 de la Convention de Washington. Il s’agit d’Uncarina stellulifera et d’Uncarina grandidieri. Et d’autres espèces seront probablement intégrées par la suite. Le commerce international de ces espèces sera alors réglementé.
Comment cultiver ces plantes succulentes ?
Ces plantes se cultivent facilement. Elles sont suffisamment robustes pour former de beaux spécimens même chez les jardiniers débutants. La règle est d’offrir un substrat drainant aux plantes.
Sous climat tempéré, la culture en pot est la plus courante. Mais les plus beaux spécimens sont cultivés en pleine terre et sous serre. Pour s’en rendre compte, vous pouvez vous rendre dans la serre des plantes succulentes du Jardin botanique de Lyon.

Les plantes du genre Uncarina sont sensibles au gel. À zéro degré Celcius, les feuilles sont touchées et ne partent pas à chuter. Si le froid persiste les bourgeons sont tués. La plante entière peut être détruite par des température négatives. Par contre, le froid au dessus du gel est bien supporté. La croissance est ralentie, mais les plantes survivent.
Principales espèces d’Uncarina
Les plantes du genre Uncarina sont rarement cultivées par les collectionneurs et dans les jardins botaniques. Mais les espèces suivantes peuvent vous intéresser :
- Uncarina abbreviata
- Uncarina ankaranensis
- Uncarina decaryi
- Uncarina dimidiata
- Uncarina grandidieri
- Uncarina ihlenfeldtiana
- Uncarina leandrii
- Uncarina leptocarpa
- Uncarina peltata
- Uncarina perrieri
- Uncarina platycarpa
- Uncarina roeosliana
- Uncarina sakalava
- Uncarina stellulifera
- Uncarina turicana
Les plus belles collections d’Uncarina au monde (où voir de “vrais” sujets bien cultivés)
Le mot “plus belles” reste subjectif. Ici, je retiens surtout des collections publiques où l’on peut observer des Uncarina bien identifiés, cultivés depuis longtemps, et souvent présentés dans de bonnes conditions (serres xérophytes, jardins secs, espaces “Madagascar”, etc.). C’est idéal pour comparer les espèces, le port, la forme du caudex et la floraison.
1) Palmengarten (Francfort, Allemagne) – la collection “référence”
Le Palmengarten est souvent cité comme une référence européenne pour les plantes de collections, avec un vrai travail de traçabilité et de diversité. Si vous aimez comparer les espèces une par une (feuilles, port, vitesse de croissance, variation des caudex), c’est l’un des meilleurs endroits.
À observer sur place : différences de feuillage (plus ou moins velouté/lobé), architecture des branches, et surtout la façon dont les sujets sont conduits (exposition, substrat, taille).
2) The Huntington (Californie, USA) – “succulentes & caudex” en climat très favorable
Le Huntington est un grand classique pour tout ce qui touche aux plantes succulentes et aux pachycaules. Le climat du sud de la Californie permet d’obtenir des plantes très structurées, avec un beau rythme de croissance et une floraison plus régulière quand la saison chaude est bien marquée.
À observer : la tenue des sujets en pleine lumière, la ramification, et la gestion du repos (souvent plus “naturel” en climat doux).
3) Fairchild Tropical Botanic Garden (Miami, USA) – grands sujets en extérieur subtropical
Fairchild Tropical Botanical Garden met en valeur des plantes tropicales/subtropicales et communique régulièrement sur les floraisons. Les Uncarina y sont intéressants car on peut y voir des sujets conduits dehors, dans un environnement chaud, parfois très vigoureux.
À observer : taille, densité de feuillage en saison, floraison (souvent fin printemps/été), et comportement après périodes plus humides.
4) Adelaide Botanic Garden – Palm House (Australie) – ambiance “Madagascar” en serre
La Palm House d’Adelaide est connue pour ses présentations thématiques, dont des plantes de milieux secs (Madagascar notamment). C’est un bon endroit pour comprendre les Uncarina dans une logique “écosystème”, avec d’autres espèces de forêts sèches et fourrés épineux.
À observer : substrats, drainage, et surtout la gestion “sec / repos” en culture sous serre.
5) Jardin Exotique de Monaco – Centre Botanique (Monaco) – culture méditerranéenne haut niveau
Monaco fait partie des lieux historiques de l’acclimatation des succulentes en Europe. On y voit des plantes conduites avec une grande rigueur horticole, souvent dans des conditions très lumineuses et bien drainées.
À observer : la forme des caudex, la conduite des branches, et la manière de sécuriser la culture (repos sec, protection contre l’humidité froide, substrats très minéraux).
Petit conseil si vous visitez : pour les Uncarina, la période la plus “parlante” est souvent printemps–été (feuilles + croissance + fleurs). En hiver, beaucoup de sujets sont en repos (caducs), ce qui est normal et même souhaitable.
