Ceratozamia matudae est une cycadale du sud du Chiapas, au Mexique, où elle pousse sur des rochers calcaires dans les forêts tropicales sempervirentes de la Sierra Madre de Chiapas, entre 1 000 et 1 500 m d’altitude. Décrite en 1939, c’est l’une des espèces les plus originales du genre Ceratozamia : son pétiole et l’axe de ses feuilles sont jaunes, et ses cônes femelles, presque ronds, pendent au bout d’un long pédoncule. Elle donne son nom à l’un des trois grands groupes du genre, le clade Matudae. Classée en danger par l’UICN, elle est très rare en culture.
L’essentiel sur Ceratozamia matudae
- Nom accepté : Ceratozamia matudae Lundell (1939), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) et Species+ ; POWO n’a pas pu être consulté directement
- Anciens noms et synonymes : aucun synonyme ; des plantes du Guatemala, longtemps rapportées à cette espèce, ont été décrites en 2024 sous le nom de Ceratozamia guatemalensis
- Famille : Zamiaceae, ordre des Cycadales
- Noms communs : aucun nom attesté, ni en français ni au Mexique
- Répartition naturelle : Mexique, sud du Chiapas (Sierra Madre de Chiapas : municipalités d’Acacoyagua, Escuintla et Siltepec), de 1 000 à 1 500 m d’altitude
- Statut UICN : en danger (EN, critère B1ab(ii,iii,v)), évaluation publiée en 2022
- CITES et autres protections : annexe I de la CITES depuis 1985 (tout le genre) ; annexe A dans l’Union européenne, graines comprises
- Rusticité documentée : aucune donnée (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : dans la nature, rochers karstiques en forêt tropicale sempervirente de montagne ; aucune recommandation de culture publiée
- Port et dimensions adultes : tronc aérien de 30 à 50 cm ; 3 à 14 feuilles retombantes de 0,8 à 1,55 m
- Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme toutes les cycadales (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Ceratozamia matudae
Selon la monographie du genre publiée en 2022, Ceratozamia matudae se distingue de tous les autres Ceratozamia par son pétiole et l’axe de ses feuilles jaunes ou jaune verdâtre, par la base jaune de ses folioles, et par ses cônes femelles globuleux, à pointe effilée, portés par un pédoncule pendant aussi long ou plus long que le cône lui-même. Description détaillée d’après cette monographie :
- Tronc : aérien, de 30 à 50 cm de long et de 20 à 30 cm de diamètre, dressé puis couché ; cataphylles persistantes, triangulaires, brun rougeâtre, laineuses.
- Feuilles : 3 à 14, retombantes, de 80 à 155 cm ; vertes à leur sortie avec des poils bruns, puis glabres. Le pétiole, de 30 à 79 cm, vert, est inerme ou porte 18 à 36 aiguillons fins ; l’axe est jaune à jaune verdâtre sur les feuilles adultes.
- Folioles : 23 à 53 paires, lancéolées, minces comme du papier, vertes à base jaune ; celles du milieu mesurent 23 à 40 cm sur 0,6 à 1,3 cm. Leur articulation sur l’axe est jaune.
- Cônes mâles : solitaires, cylindriques, dressés, de 9,5 à 16 cm sur 3,5 à 5 cm, vert jaunâtre puis crème jaunâtre à poils brun rougeâtre.
- Cônes femelles : solitaires, globuleux, de 8 à 15 cm sur 5 à 8 cm, vert jaunâtre puis vert foncé à poils noirâtres, à pointe effilée ; ils sont portés par un pédoncule de 11 à 17 cm, pendant. Les 16 à 25 écailles portent deux longues cornes recourbées, de 6 à 15 mm.
- Graines : globuleuses, grosses, de 2,9 à 4 cm, à enveloppe charnue blanc jaunâtre à jaune avant maturité, brun clair à maturité.
Hybrides
Aucun hybride, naturel ou obtenu en culture, n’est documenté.
Confusions possibles
Les cônes femelles pendants sont rares dans le genre, et c’est ce caractère qui a longtemps entretenu des confusions. Selon la description de Ceratozamia guatemalensis publiée en 2024 dans Phytotaxa, trois espèces voisines par la géographie ont été mêlées sur cette base :
- Ceratozamia matudae, du sud du Chiapas : axe et pétiole jaunes, cônes femelles globuleux ;
- Ceratozamia vovidesii, de la Sierra Madre de Chiapas ;
- Ceratozamia guatemalensis, de la Sierra de los Cuchumatanes (Guatemala) : folioles médianes plus larges, articulations plus larges et cônes femelles verts.
La même étude rappelle qu’une phylogénie récente place Ceratozamia guatemalensis et Ceratozamia vovidesii côte à côte, alors que Ceratozamia matudae appartient à un clade éloigné : la ressemblance des cônes ne traduit donc pas une parenté proche.
Taxonomie
Ceratozamia matudae est un nom accepté par The World List of Cycads et par Species+ ; POWO n’a pas pu être consulté directement. Il n’a pas de synonyme. L’espèce a été décrite en 1939 par le botaniste américain Cyrus Lundell dans la revue Lloydia (volume 2, pages 75-76).
Dans la phylogénie du genre fondée sur des transcriptomes, publiée en 2023 par Habib et ses collaborateurs, les Ceratozamia se répartissent en trois grands clades, nommés Matudae, Miqueliana et Mexicana ; le premier porte le nom de cette espèce. Le détail de sa composition n’a pas été vérifié dans le texte intégral de l’étude.
Étymologie et histoire
L’épithète honore Eizi Matuda (1894-1978), botaniste né au Japon, installé au Mexique, explorateur de la flore du Chiapas, qui a découvert l’espèce dans le sud de cet État (The World List of Cycads, d’après le compendium étymologique de Haynes, 2022 ; monographie de 2022).
L’holotype est une plante mâle récoltée par Matuda en février 1939 sur le versant nord du mont Ovando, au Chiapas, vers 1 000 m d’altitude (récolte Matuda 2645). Il est conservé à l’herbier de l’université du Michigan (MICH), avec des isotypes à CAS, MEXU et US. Matuda a récolté de nouveau l’espèce en 1940 dans la municipalité de Siltepec.
Noms communs
Aucun nom commun n’est attesté. La monographie de 2022 n’en relève aucun, et aucun nom français ou anglais propre à l’espèce n’a été trouvé.
Dans la nature
Ceratozamia matudae est endémique du Chiapas. Selon la monographie de 2022, il pousse sur des rochers karstiques, en forêt tropicale sempervirente, entre 1 000 et 1 500 m d’altitude, dans la Sierra Madre de Chiapas ; les spécimens examinés viennent des municipalités d’Acacoyagua, d’Escuintla et de Siltepec.
Aucune étude de population, de pollinisation ou de phénologie propre à l’espèce n’a été trouvée.
Statut de conservation et réglementation
Ceratozamia matudae est classé en danger (EN) sur la Liste rouge de l’UICN, selon le critère B1ab(ii,iii,v), dans une évaluation de J.D. Bösenberg publiée en 2022 : son aire est réduite et la surface occupée, la qualité de l’habitat et le nombre d’adultes déclinent. La monographie de 2022 cite la même catégorie, avec en plus le critère C1, qui porte sur une population de petite taille en déclin.
Comme toutes les espèces du genre, Ceratozamia matudae est inscrit à l’annexe I de la CITES depuis le 1er août 1985 (le genre figurait à l’annexe II depuis 1977). Le commerce international de plantes prélevées dans la nature à des fins commerciales est interdit ; seules circulent, avec les documents requis, des plantes issues de reproduction artificielle. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe A du règlement (CE) n° 338/97, dont la liste en vigueur est fixée par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Aucune dérogation n’existe pour les graines : elles sont soumises aux mêmes règles que les plantes.
Statut CITES et européen relu sur Species+ le 2 octobre 2026 ; statut UICN relevé sur The World List of Cycads, la Liste rouge n’ayant pas pu être consultée directement. Ces informations générales ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, et demandez toujours au vendeur les justificatifs de provenance.
Culture
Aucune recommandation de culture propre à Ceratozamia matudae n’a été publiée, et aucun retour de culture n’a été trouvé sur les forums francophones, italophones ou anglophones consultés. L’espèce reste une rareté de collection.
Son habitat, des rochers calcaires en forêt tropicale humide de montagne, suggère une culture à mi-ombre, dans un substrat très drainant, avec une humidité régulière. Ces indications sont déduites du milieu naturel ; elles n’ont pas été validées par des essais publiés.
Multiplication
Aucune donnée propre à l’espèce. Comme tous les Ceratozamia, elle a des plantes mâles et des plantes femelles ; on la multiplie par semis de graines fraîches issues d’une pollinisation, à la main en culture. Ses graines sont grosses pour le genre, jusqu’à 4 cm. Manipulez-les avec des gants.
Maladies et ravageurs
Aucun ravageur ni aucune maladie propre à l’espèce n’est documenté. Les risques habituels des cycadales en culture sont la pourriture en sol froid et mouillé et les cochenilles.
Rusticité
Aucune donnée de résistance au froid n’existe pour Ceratozamia matudae. Il vit en forêt tropicale de montagne au sud du Chiapas, entre 1 000 et 1 500 m ; aucune observation ne dit s’il supporte le gel.
En France
Aucun résultat de culture n’a été publié en France pour Ceratozamia matudae, ni en pleine terre ni en pot, quelle que soit la zone (littoral méditerranéen, façade atlantique, Bretagne, intérieur continental, montagne). Une recherche sur le forum des Fous de palmiers et sur le forum italien Tropicamente n’a donné aucun message sur cette espèce, et aucun épisode de gel daté ne la concerne. En attendant des essais, cultivez-le hors gel.
Repères internationaux
Aucun relevé de froid n’a été trouvé hors de France, ni sur les forums ni dans les jardins botaniques.
Toxicité et précautions
Aucune étude de toxicité propre à Ceratozamia matudae n’a été trouvée. Le risque est en revanche bien documenté chez les autres cycadales : leurs tissus, et surtout leurs graines, contiennent de la cycasine et de la macrozamine, que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. Chiens, bétail et êtres humains peuvent être gravement intoxiqués. Faute de preuve contraire, considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
La monographie de 2022 ne relève aucun usage pour cette espèce.
FAQ
Comment reconnaître Ceratozamia matudae ?
Par la couleur jaune du pétiole, de l’axe des feuilles et de la base des folioles, un caractère unique dans le genre. Ses cônes femelles, presque ronds, pendent au bout d’un long pédoncule.
Qui était Matuda ?
Eizi Matuda (1894-1978), botaniste d’origine japonaise installé au Mexique, grand explorateur de la flore du Chiapas. Il a récolté la plante type en 1939 sur le mont Ovando.
Quelle différence avec Ceratozamia guatemalensis ?
Ce sont deux espèces distinctes, longtemps confondues parce qu’elles ont toutes deux des cônes femelles pendants. Ceratozamia guatemalensis, du Guatemala, a des folioles plus larges et appartient à un autre clade du genre.
Est-il menacé ?
Oui. Il est classé en danger par l’UICN (évaluation publiée en 2022), avec une aire réduite dans la Sierra Madre de Chiapas.
Est-il rustique ?
On ne sait pas. Aucune donnée de froid n’existe ; c’est une espèce de forêt tropicale de montagne, à cultiver hors gel en attendant des essais.
Peut-on en acheter librement ?
Non, pas sans documents. Comme tout le genre, il figure à l’annexe I de la CITES et à l’annexe A du règlement européen, graines comprises.
Est-il toxique ?
Il faut le supposer. Aucune analyse propre à l’espèce n’existe, mais les cycadales étudiées contiennent des toxines graves pour le foie et le système nerveux, surtout dans les graines.
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Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Ceratozamia matudae : https://cycadlist.org/scientific_name/32 — auteurs, protologue, type, répartition, statut UICN (évaluation de 2022), étymologie. Liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN ; consultée directement le 2 octobre 2026.
- PhytoKeys, Monograph of Ceratozamia (2022) : https://phytokeys.pensoft.net/article/80382/ — description détaillée, type, répartition, altitude, habitat, noms communs, usages, discussion de l’espèce. Article à comité de lecture en accès libre ; texte intégral consulté.
- Species+ (PNUE-WCMC), Ceratozamia matudae : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/22795/legal — annexe I de la CITES depuis le 1er août 1985 (inscription du genre), annexe A de l’Union européenne (règlement (UE) 2026/1383). Base officielle de la CITES et de l’UE ; interrogée le 2 octobre 2026.
- Règlement (UE) 2026/1383 de la Commission : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/PDF/?uri=OJ:L_202601383 — annexes du règlement (CE) n° 338/97 en vigueur depuis le 29 juin 2026. Texte officiel.
- Phytotaxa, Ceratozamia guatemalensis (Zamiaceae): a new cycad species from Mesoamerica (2024) : https://doi.org/10.11646/phytotaxa.668.1.4 — confusion historique avec Ceratozamia guatemalensis et Ceratozamia vovidesii, place de l’espèce dans un clade éloigné. Article à comité de lecture ; résumé consulté.
Bibliographie
- Lundell, C.L. (1939). [Description de Ceratozamia matudae.] Lloydia 2(2) : 75-76. [Protologue ; référence relevée sur The World List of Cycads, non consulté.]
- Martínez-Domínguez, L., Nicolalde-Morejón, F., Vergara-Silva, F. & Stevenson, D.W. (2022). Monograph of Ceratozamia (Zamiaceae, Cycadales): an endangered genus. PhytoKeys 208 : 1-102. doi:10.3897/phytokeys.208.80382 [Monographie du genre ; texte intégral consulté.]
- Pérez-Farrera, M.A., Díaz-Jiménez, P., Quezada, M.L., Marroquín-Tintí, A., Delgado Montejo, H.M., Mendoza-Montejo, S.A. & Gutiérrez-Ortega, J.S. (2024). Ceratozamia guatemalensis (Zamiaceae): a new cycad species from Mesoamerica. Phytotaxa 668(1) : 63-80. doi:10.11646/phytotaxa.668.1.4 [Comparaison avec Ceratozamia matudae ; résumé consulté.]
- Habib, S., Gong, Y., Dong, S., Lindstrom, A., Stevenson, D.W., Wu, H. & Zhang, S. (2023). Phylotranscriptomics shed light on intrageneric relationships and historical biogeography of Ceratozamia (Cycadales). Plants 12(3) : 478. doi:10.3390/plants12030478 [Phylogénie du genre ; consulté par résumé.]
- Bösenberg, J.D. (2022). Ceratozamia matudae. The IUCN Red List of Threatened Species 2022 : e.T42125A69864867. doi:10.2305/IUCN.UK.2022-1.RLTS.T42125A69864867.en [Évaluation publiée dans la version 2022-1 de la Liste rouge ; référence relevée sur The World List of Cycads et Crossref, page de la Liste rouge non consultée (accès bloqué).]
- Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Source des étymologies reprises par The World List of Cycads ; non consulté directement.]
- Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]