Les aloïdes

Sous le nom d’aloïdes, on désigne l’ensemble des plantes succulentes apparentées aux aloès : Aloe, Gasteria, Haworthia, Haworthiopsis et les genres récemment séparés d’Aloe. Ce groupe, traité selon les auteurs comme la tribu des Aloeae ou comme la sous-famille des Alooideae, appartient à la famille des Asphodelaceae, rattachée à l’ordre des Asparagales. Il est centré sur l’Afrique australe et orientale, Madagascar et la péninsule Arabique.

Classification

Dans la classification APG IV (2016), la famille des Asphodelaceae est prise au sens large : elle réunit une quarantaine de genres et environ 900 espèces, répartis en trois sous-familles.

  • Asphodeloideae — la plus riche ; elle comprend les aloïdes ainsi que des genres apparentés comme Asphodelus, Bulbine ou Kniphofia.
  • Hemerocallidoideae — les hémérocalles (Hemerocallis), Phormium, Dianella…
  • Xanthorrhoeoideae — un seul genre, Xanthorrhoea, les « grass trees » endémiques d’Australie.

Xanthorrhoea n’est donc pas un aloïde au sens strict : il appartient à la même famille, les Asphodelaceae, mais à une sous-famille distincte. Il est présenté ici en raison de cette parenté et de son intérêt pour les jardins secs.

La taxonomie des aloïdes a été profondément remaniée à partir de 2013, à la lumière des études moléculaires. Le genre Aloe, qui n’était pas monophylétique, a été scindé : sont apparus notamment Aloidendron (aloès arborescents), Aloiampelos, Aristaloe, Gonialoe et Kumara. De même, l’ancien genre Haworthia a été divisé en Haworthia, Haworthiopsis et Tulista.

Caractères distinctifs

Les aloïdes forment des rosettes de feuilles charnues, souvent bordées de dents, dont les tissus renferment un gel mucilagineux qui stocke l’eau — une différence nette avec les agaves, dont les feuilles sont fibreuses. Les fleurs, tubulaires, sont portées par des hampes souvent élevées ; rouges, orangées ou jaunes chez Aloe, elles sont pollinisées dans la nature par des oiseaux nectarivores. Les tailles varient considérablement : de petites rosettes de quelques centimètres chez Haworthiopsis jusqu’à de véritables arbres chez Aloidendron. Les hybrides, y compris entre genres, sont fréquents.

Intérêt ornemental et culture

Les grands aloès sont des plantes de jardin sec de premier ordre dans les régions à hiver doux, tandis que les petits genres (Haworthiopsis, Gasteria, Haworthia) comptent parmi les meilleures succulentes d’intérieur, car ils se contentent d’une lumière vive sans soleil brûlant. Tous réclament un substrat très drainant et des arrosages espacés, réduits pendant la période de repos. La plupart craignent le gel, surtout en sol humide ; quelques espèces supportent toutefois de courtes gelées en situation sèche.

Genres présentés sur Succulentes

  • Aloe — le genre central, avec environ 600 espèces, de l’Afrique à la péninsule Arabique et à Madagascar.
  • Haworthiopsis — les anciens « Haworthia durs » d’Afrique du Sud, aux feuilles coriaces souvent ornées de tubercules blancs.
  • Xanthorrhoea — les « grass trees » australiens (Asphodelaceae, sous-famille des Xanthorrhoeoideae).