Le genre Beschorneria

Le genre Beschorneria Kunth rassemble des plantes succulentes en rosettes de feuilles souples et sans épines, originaires des montagnes du Mexique, avec une espèce qui atteint le Guatemala et le Honduras. Il appartient à la famille des Asparagaceae, dans la sous-famille des Agavoideae, aux côtés des agaves et des yuccas. Plants of the World Online (POWO) y reconnaît neuf espèces, et une dixième a été décrite en 2025. Leur attrait tient à leurs hampes florales arquées, dont les bractées rouge rosé portent des fleurs vertes pendantes. Beschorneria yuccoides, la seule espèce courante dans les jardins européens, pousse en pleine terre dans les régions aux hivers doux, notamment en Bretagne et sur le littoral méditerranéen.

L’essentiel sur Beschorneria

  • Nom accepté (POWO) : Beschorneria Kunth, publié en 1850 dans Enumeratio Plantarum 5 : 844
  • Nombre d’espèces acceptées : 9 selon POWO (décompte relayé par Wikipédia, non lu directement sur POWO), plus Beschorneria starrii, décrite en 2025
  • Famille : Asparagaceae, sous-famille des Agavoideae (anciennement Agavacées)
  • Répartition naturelle : du Mexique au Honduras (POWO), surtout dans l’est et le centre du Mexique
  • Protections : aucune inscription CITES connue (non vérifié sur Species+) ; trois espèces sont protégées au Mexique (NOM-059-SEMARNAT-2010)
  • Rusticité documentée : Beschorneria yuccoides est classé H3 par la Royal Horticultural Society ; des valeurs de −5 à −9,5 °C sont citées selon les sources (voir Culture)
  • Exposition et substrat : soleil ou mi-ombre selon le climat, sol drainé mais pas forcément pauvre
  • Port : rosettes sans tronc ou à tronc court, formant des touffes ; hampes arquées jusqu’à environ 1,5 m chez Beschorneria yuccoides
  • Toxicité : aucune donnée fiable trouvée (voir Toxicité et précautions)

Caractères du genre Beschorneria

Un Beschorneria ressemble à un agave aux feuilles molles : sa rosette de feuilles en lanière, légèrement charnues, d’un vert grisâtre souvent glauque, ne porte ni épine terminale ni dents acérées. La plupart des espèces n’ont pas de tronc visible et forment peu à peu des touffes de plusieurs rosettes.

C’est l’inflorescence qui fait l’identité du genre. Chez Beschorneria yuccoides, décrite par Trees and Shrubs Online et le Ruth Bancroft Garden :

  • une hampe rouge corail s’élève de la rosette et se courbe sous son propre poids ;
  • vers le sommet, de courts rameaux retombants naissent chacun à l’aisselle d’une bractée rouge ;
  • chaque rameau porte trois à cinq fleurs pendantes, tubulaires, d’un vert vif parfois lavé de rouge à la base.

Les fleurs sont en général vert jaunâtre à rougeâtre selon les espèces. Le fruit est une capsule. La forme et la couleur des fleurs orientent vers une pollinisation par les colibris, observée chez certaines espèces selon Wikipédia, mais les données publiées restent minces.

Taxonomie et classification

Beschorneria est un genre accepté par POWO, placé dans les Agavoideae. Il faisait autrefois partie des Agavacées, famille que la classification APG a intégrée aux Asparagaceae. Bogler, Pires et Francisco-Ortega (2006, Aliso) le rangent parmi les Agavacées au sens strict, avec Agave, Furcraea, Hesperaloe, Manfreda, Polianthes et Yucca. Les analyses moléculaires plus récentes (Smith et al. 2008 ; Halpin et Fishbein 2013, citées dans Phytotaxa en 2025) placent Beschorneria dans le groupe frère des yuccas, avec Agave au sens strict, Manfreda et Polianthes.

Un genre en cours d’exploration

Le nombre d’espèces a changé récemment, ce qui explique les écarts entre les sources :

  • Abisaí García-Mendoza, spécialiste mexicain du genre, a décrit Beschorneria calcicola (1986) et Beschorneria septentrionalis (1988) ;
  • Beschorneria carolinae a été décrite par Jimeno-Sevilla et García-Gutiérrez dans Phytoneuron en décembre 2024, d’après des plantes de la sierra de Zongolica (Veracruz) ; POWO l’accepte ;
  • Tristan J. Davis et Gonzalo Juárez García ont décrit en 2025 (Haseltonia) une nouvelle espèce des collines calcaires du centre du Veracruz et du Puebla voisin, jusque-là confondue avec Beschorneria calcicola : c’est Beschorneria starrii. Son acceptation par POWO n’a pas pu être vérifiée.

Deux noms anciens concernent le lecteur. Beschorneria tubiflora a d’abord été décrit comme Furcraea tubiflora Kunth & C.D.Bouché avant d’être transféré dans Beschorneria par Kunth en 1850. Beschorneria yuccoides comprend, selon POWO, une sous-espèce dekosteriana (K.Koch) García-Mend., que certains pépiniéristes vendent sous des noms non reconnus par POWO, par exemple associée à Beschorneria septentrionalis.

Étymologie et histoire du genre

Le genre honore Friedrich Wilhelm Christian Beschorner (1806-1873), botaniste amateur allemand. Carl Sigismund Kunth l’a publié en 1850 dans le cinquième volume de son Enumeratio Plantarum. L’espèce type n’a pas pu être vérifiée dans les sources consultées.

En culture, Beschorneria yuccoides est aujourd’hui présent dans des jardins d’Europe de l’Ouest : le jardin botanique de l’université de Cambridge le présente dans ses collections, et la RHS lui consacre une fiche. La date de son introduction en Europe n’a pas été retrouvée dans une source fiable.

Noms communs

Aucun nom français attesté n’a été trouvé : on dit simplement « beschorneria ». En anglais, Beschorneria yuccoides est appelé « Mexican lily » ; au Mexique et dans les catalogues américains, il porte aussi le nom d’« amole », mot espagnol employé pour plusieurs plantes à usage de savon. Ce nom est ambigu et ne désigne pas le seul genre Beschorneria.

Biogéographie et écologie

Les Beschorneria sont avant tout des plantes des montagnes mexicaines, souvent à l’ombre légère des forêts de chênes et de pins ou sur des rochers calcaires, bien loin des déserts brûlants de beaucoup d’agaves. La plupart des espèces ont une aire restreinte :

  • Nord-est du Mexique : Beschorneria septentrionalis et Beschorneria dubia (Tamaulipas) ; Beschorneria rigida (Guanajuato, San Luis Potosí, Tamaulipas), en sous-bois de chênes et de pins entre environ 1 800 et 2 400 m selon Pacific Horticulture.
  • Centre-est : Beschorneria yuccoides (Hidalgo, Puebla, Veracruz) ; Beschorneria tubiflora (Hidalgo, Querétaro, Veracruz) ; Beschorneria calcicola (sud du Puebla, nord-ouest de l’Oaxaca, Veracruz) ; Beschorneria carolinae et Beschorneria starrii (Veracruz et Puebla voisin).
  • Ouest et centre : Beschorneria wrightii (Michoacán, État de Mexico).
  • Sud : Beschorneria albiflora, de l’Oaxaca et du Chiapas au Guatemala et au Honduras.

Hors de son aire, Beschorneria yuccoides est signalé comme plante exotique occasionnelle en Nouvelle-Zélande, sans y former de populations établies.

Réglementation et conservation

Aucune protection internationale ne vise le genre, mais plusieurs espèces sont protégées au Mexique. Aucune espèce de Beschorneria ne figure, à notre connaissance, aux annexes de la CITES (non vérifié directement sur Species+), et aucune évaluation de la Liste rouge de l’UICN n’a été trouvée. D’après la base eFloraMEX de l’UNAM, la norme mexicaine NOM-059-SEMARNAT-2010 classe :

  • Beschorneria calcicola et Beschorneria tubiflora comme « menacées » (amenazada) ;
  • Beschorneria wrightii comme « sujette à protection spéciale » (sujeta a protección especial).

Les plantes vendues en Europe sont issues de culture. Statuts consultés en septembre 2026 ; ils peuvent évoluer.

Culture des Beschorneria

Les Beschorneria se cultivent comme des agaves plus tolérants : ils acceptent un sol plus riche et un peu d’ombre, mais redoutent les fortes gelées et l’eau stagnante en hiver. Les conseils publiés concernent presque tous Beschorneria yuccoides.

  • Exposition : plein soleil dans un site abrité, orienté au sud ou à l’ouest selon NC State Extension et la RHS ; Beschorneria septentrionalis fleurit mieux, selon Plant Delights Nursery, avec seulement deux ou trois heures de soleil direct.
  • Sol : limon riche en humus mais très bien drainé (RHS).
  • Arrosage : modéré en saison de croissance, réduit en hiver.
  • En pot : possible, mais la plante y est un peu moins résistante au froid qu’en pleine terre.

Rusticité et contexte français

Les chiffres de rusticité varient selon les sources, et aucun ne s’appuie sur un relevé publié :

  • la RHS classe Beschorneria yuccoides en H3 (de −5 à −1 °C), certaines fiches indiquant H3 à H4 ;
  • NC State Extension recommande un site où la température ne descend pas sous −5 °C ;
  • Wikipédia cite −9,5 °C en pleine terre, moins en pot ;
  • Plant Delights Nursery (Caroline du Nord) cultive Beschorneria septentrionalis en zones USDA 7b à 10b.

En France, un pépiniériste et Wikipédia indiquent que Beschorneria yuccoides est fréquent dans les jardins bretons et méditerranéens, ce qui correspond à des hivers doux et, en Bretagne, humides. Aucun résultat documenté n’a été trouvé zone par zone, ni aucun relevé de dégâts lors d’un hiver précis. Dans le Midi, le principal danger documenté n’est pas le froid mais le charançon de l’agave (Scyphophorus acupunctatus). Au Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures, dans le Var, les Beschorneria se sont montrés particulièrement sensibles à ce ravageur, au même titre que les Furcraea : toutes les plantes de ces deux genres y ont été détruites en quelques années.

Multiplication et cultivars

On multiplie les Beschorneria en séparant les rejets qui se forment autour des touffes, ou par semis. Le cultivar panaché ‘Flamingo Glow’ (dénomination ‘BESYS’), sélection de Beschorneria yuccoides, est protégé par un brevet de plante américain (PP22162) et figure dans la base de la RHS.

Toxicité et précautions

Aucune donnée fiable ne documente la toxicité des Beschorneria pour l’humain ou les animaux domestiques, mais aucune ne démontre leur innocuité. Au Mexique, les racines et les feuilles de Beschorneria yuccoides sont traditionnellement employées comme savon, selon NC State Extension, ce qui évoque la présence de substances moussantes sans que leur nature ait été vérifiée. Chez les agaves voisins, la sève contient des cristaux d’oxalate de calcium et des saponines irritants pour la peau. Par prudence, portez des gants pour manipuler les feuilles coupées ; en cas d’ingestion ou de réaction, contactez un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Selon NC State Extension, Beschorneria yuccoides est utilisé au Mexique comme aliment (fleurs et boutons floraux), comme savon (racines et feuilles) et pour l’extraction de fibres (feuilles). Aucune source primaire ethnobotanique n’a pu être consultée pour préciser ces usages.

Espèces du genre Beschorneria

La liste suit la nomenclature de POWO, complétée par l’espèce décrite en 2025, par ordre alphabétique.

  • Beschorneria albiflora Matuda : l’espèce la plus méridionale, de l’Oaxaca et du Chiapas au Honduras.
  • Beschorneria calcicola García-Mend. : sud du Puebla, nord-ouest de l’Oaxaca, Veracruz ; décrite en 1986 ; menacée au Mexique.
  • Beschorneria carolinae (Jimeno-Sevilla et García-Gutiérrez, 2024) : sierra de Zongolica (Veracruz) ; décrite en 2024.
  • Beschorneria dubia Carrière : Tamaulipas.
  • Beschorneria rigida Rose : Guanajuato, San Luis Potosí, Tamaulipas ; sous-bois de chênes et de pins d’altitude.
  • Beschorneria septentrionalis García-Mend. : Tamaulipas ; découverte en 1987, décrite en 1988 ; cultivée aux États-Unis jusqu’en zone USDA 7b.
  • Beschorneria starrii (Davis et Juárez García, 2025) : collines calcaires du centre du Veracruz et du Puebla voisin ; décrite en 2025, statut POWO non vérifié.
  • Beschorneria tubiflora (Kunth & C.D.Bouché) Kunth : Hidalgo, Querétaro, Veracruz ; anciennement Furcraea tubiflora ; menacée au Mexique.
  • Beschorneria wrightii Hook.f. : Michoacán, État de Mexico ; protégée au Mexique.
  • Beschorneria yuccoides K.Koch : Hidalgo, Puebla, Veracruz ; l’espèce cultivée en Europe, avec la sous-espèce dekosteriana.

FAQ sur les Beschorneria

Beschorneria yuccoides résiste-t-il au gel ?

Oui, à des gelées modérées. La RHS le classe H3 et les sources citent des limites de −5 à −9,5 °C en pleine terre, avec un sol drainé et un emplacement abrité. En pot, il est un peu moins résistant, et un hivernage à l’abri s’impose dans les régions froides.

Un Beschorneria meurt-il après la floraison ?

Cela dépend de ce qu’on appelle la plante. Les sources consultées ne tranchent pas nettement le sort de la rosette qui a fleuri, mais les touffes, formées de plusieurs rosettes, continuent de vivre et de fleurir les années suivantes, contrairement à un agave isolé.

Quelle différence entre Beschorneria et agave ?

Surtout les feuilles et les fleurs. Les Beschorneria ont des feuilles souples sans épine terminale, et des fleurs vertes pendantes entourées de bractées rouges sur une hampe arquée ; les agaves ont des feuilles rigides, souvent armées, et des fleurs dressées.

Peut-on cultiver un Beschorneria à l’ombre ?

À mi-ombre, oui, dans les climats chauds. Plant Delights Nursery conseille pour Beschorneria septentrionalis deux ou trois heures de soleil direct seulement. En climat frais, la RHS recommande au contraire le plein soleil dans un site abrité.

Pourquoi mon Beschorneria dépérit-il dans le Midi ?

Pensez au charançon de l’agave. Les Beschorneria sont particulièrement sensibles à Scyphophorus acupunctatus, dont les larves creusent le cœur de la plante. L’excès d’eau en hiver est l’autre cause fréquente de pourriture.

Le Beschorneria est-il toxique ?

On ne sait pas. Aucune donnée fiable n’existe pour le genre ; son usage traditionnel comme savon et la sève irritante des agaves voisins incitent à la prudence. En cas d’ingestion, consultez un médecin ou un vétérinaire.

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Sites de référence

Bibliographie

  • Kunth, C.S. (1850). Enumeratio Plantarum 5 : 844. [Publication du genre ; référence relevée via POWO, texte original non consulté.]
  • García-Mendoza, A. (1986). Beschorneria calcicola. Herbertia 42 : 28. [Description de l’espèce ; relevé via POWO.]
  • Bogler, D.J., Pires, J.C. & Francisco-Ortega, J. (2006). Phylogeny of Agavaceae based on ndhF, rbcL, and ITS sequences: implications of molecular data for classification. Aliso 22 : 313–328. [Article à comité de lecture ; place de Beschorneria dans les Agavacées au sens strict.]
  • Ayala-Hernández, M.M., Fehlberg, S.D., García-Mendoza, A.J., Solano, E., García-Sandoval, R. & Samain, M.-S. (2025). Phylogenetic relationships and character evolution in Yucca (Agavoideae, Asparagaceae). Phytotaxa 687(2) : 176–200. [Article à comité de lecture ; synthèse des relations entre Yucca, Agave, Beschorneria et genres voisins. Consulté par résumé.]
  • Jimeno-Sevilla & García-Gutiérrez (2024). Description de Beschorneria carolinae. Phytoneuron 2024-83. [Littérature primaire ; prénoms des auteurs, titre exact et pagination non vérifiés.]
  • Davis, T.J. & Juárez García, G. (2025). A new species of Beschorneria Kunth from central Mexico. Haseltonia 32(1). doi:10.2985/026.032.0102 [Littérature primaire ; description de Beschorneria starrii. Titre complet et pagination non vérifiés.]