Cycas seemannii est le cycas du Pacifique sud-ouest : il pousse surtout près des côtes à Fidji, aux Tonga, au Vanuatu et en Nouvelle-Calédonie, où il est aussi très planté. Membre du groupe des cycas côtiers à graines flottantes du genre Cycas, il a longtemps été rattaché à Cycas circinalis puis à Cycas rumphii, et une révision le range encore dans Cycas celebica. Classé vulnérable, il a une grande importance culturelle au Vanuatu. Plante strictement tropicale, il est rare en culture en Europe.
L’essentiel sur Cycas seemannii
- Nom accepté : Cycas seemannii A.Braun (1876), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; également accepté par la WCVP, base de POWO (consultée par l’intermédiaire de GBIF le 31 octobre 2026)
- Anciens noms : Cycas circinalis subsp. seemannii (A.Braun) J.Schust. (1932), Cycas rumphii var. seemannii (A.Braun) Parham (1948) ; inclus dans Cycas celebica par de Laubenfels et Adema (1998)
- Famille : Cycadaceae, ordre des Cycadales ; sous-section Rumphiae K.D.Hill
- Noms communs : aucun nom français attesté ; logologo en fidjien (Species+)
- Répartition naturelle : Fidji, Nouvelle-Calédonie, Tonga, Vanuatu ; Keppel (2009) y ajoute les îles du détroit de Torres
- Statut UICN : vulnérable (VU A4cd), évaluation de J.D. Bösenberg publiée en 2022
- CITES et autres protections : annexe II de la CITES (graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne
- Rusticité documentée : aucune mesure publiée ; espèce de climats tropicaux maritimes sans gel (voir Rusticité)
- Exposition et substrat : dans la nature, surtout des milieux côtiers ; en culture, chaleur, lumière vive et substrat drainant
- Port et dimensions adultes : tronc jusqu’à 15 m et 14 à 30 cm de diamètre, souvent ramifié, selon de Laubenfels et Adema (1998), qui y incluent d’autres populations ; feuilles de 1 à 3 m
- Toxicité : aucune analyse propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme tous les cycas (voir Toxicité et précautions)
Comment reconnaître Cycas seemannii ?
Cycas seemannii est un grand cycas à feuilles plates, à pétiole peu ou pas épineux, dont les cônes mâles ont des écailles à pointe courte et dont les graines, grosses et munies d’une petite crête, flottent grâce à une couche spongieuse (de Laubenfels et Adema 1998 ; Lindstrom, Hill et Stanberg 2009). Keppel (2009) souligne que l’espèce est très variable : les caractères qu’il a mesurés varient beaucoup d’une population à l’autre, sans lien avec les différences génétiques.
La seule description détaillée consultée est celle de Cycas celebica par de Laubenfels et Adema (1998), qui englobe Cycas seemannii et Cycas micronesica. Le tronc y atteint 15 m et 14 à 30 cm de diamètre, souvent ramifié. Les feuilles mesurent 100 à 300 cm et portent 65 à 150 folioles de chaque côté ; le pétiole, de 25 à 60 cm, porte peu ou pas d’épines. Les folioles mesurent 15 à 32 cm sur 10 à 16 mm et sont nettement acuminées quand elles dépassent 12 mm de large.
Les cônes mâles, ovoïdes, mesurent 32 à 60 cm sur 8 à 15 cm ; chaque microsporophylle se termine par une pointe de 4 à 5 mm. Les mégasporophylles portent 2 à 6 ovules et une lame triangulaire ou allongée de 35 à 60 mm, à 7 à 14 dents de chaque côté et pointe de 7 à 30 mm. Les graines, fauves, mesurent 55 à 70 mm sur 45 à 60 mm. Elles mettent deux ans à mûrir (Lindstrom, Hill et Stanberg 2009). Selon Keppel (2001), les plantes femelles portent en moyenne des feuilles plus longues et plus fournies en folioles que les mâles.
Hybrides
Aucun hybride naturel ni aucun hybride horticole de Cycas seemannii n’est documenté.
Confusions possibles
Un nom longtemps fondu dans d’autres espèces
Seemann a d’abord publié la plante de Fidji sous le nom de Cycas circinalis (1865), avant qu’A. Braun la décrive en 1876. Schuster (1932) l’a ensuite rangée comme sous-espèce de Cycas circinalis, et Parham (1948) comme variété de Cycas rumphii (de Laubenfels et Adema 1998). Or Cycas circinalis, d’Inde, n’a pas de graines flottantes : le rapprochement est aujourd’hui abandonné. En Nouvelle-Calédonie, un jardinier de Tontouta signale sur le forum des Fous de palmiers (2012) que l’espèce se trouve « partout » dans l’île, et un pépiniériste spécialisé corrigeait en 2011, dans un fil consacré à ces plantes, le nom de « Cycas circinalis » qui leur était donné.
Comment le distinguer des espèces voisines
- Cycas rumphii, d’Indonésie orientale : pétiole souvent épineux sur toute sa longueur, folioles plus larges (12 à 18 mm), graines à crête marquée (de Laubenfels et Adema 1998 ; Lindstrom, Hill et Stanberg 2009).
- Cycas micronesica, de Guam et des Mariannes : séparé par Hill (1994) d’après la lame des mégasporophylles, elliptique plutôt que triangulaire, et des dents latérales moins nombreuses ; de Laubenfels et Adema (1998) jugent ces caractères instables.
- Cycas thouarsii, d’Afrique de l’Est et de Madagascar : pétiole épineux sur la plus grande partie de sa longueur, microsporophylles à pointe crochue de 5 à 8 mm, graines rouges (de Laubenfels et Adema 1998).
- Cycas bougainvilleana, de Papouasie-Nouvelle-Guinée : autre espèce du groupe décrite par Hill (1994), que de Laubenfels et Adema (1998) rattachaient à Cycas rumphii.
Taxonomie
A. Braun a décrit Cycas seemannii en 1876 d’après la récolte de Berthold Seemann n° 572, faite à Fidji en 1860 ; un lectotype conservé à Kew a été désigné par Smith (1979), avec des isotypes à Londres et à Genève (The World List of Cycads ; de Laubenfels et Adema 1998).
Les révisions divergent nettement. Hill (1994) accepte Cycas seemannii dans sa sous-section Rumphiae et en sépare Cycas micronesica pour les plantes des Mariannes (résumé de l’article et citation de de Laubenfels et Adema). De Laubenfels et Adema (1998), qui ont examiné du matériel des Mariannes, de Nouvelle-Calédonie, de Fidji et des Tonga, y ont trouvé les deux extrêmes partout ; ils rangent Cycas seemannii et Cycas micronesica dans Cycas celebica Miq., qu’ils distinguent de Cycas rumphii par ses folioles plus étroites et son pétiole sans épines. Lindstrom, Hill et Stanberg (2009) ont ensuite placé Cycas celebica en synonymie de Cycas rumphii. The World List of Cycads, que suit le site, accepte Cycas seemannii et Cycas micronesica comme espèces distinctes.
La génétique appuie l’isolement des populations : Keppel (2002) y a trouvé une faible diversité génétique et une forte différenciation entre populations, et un second article de 2002, dans le Journal of Heredity, conclut dès son titre à un long isolement.
Étymologie et histoire
L’épithète honore Berthold Carl Seemann (1825-1871), naturaliste et éditeur allemand, auteur de la récolte type (Haynes 2022, d’après The World List of Cycads). Seemann avait traité la plante sous le nom de Cycas circinalis dans sa Flora Vitiensis (1865).
Noms communs
Aucun nom français n’est attesté. Species+ donne en fidjien logologo.
Dans la nature
The World List of Cycads limite Cycas seemannii à Fidji, à la Nouvelle-Calédonie, aux Tonga et au Vanuatu. Keppel (2009) étudie aussi des populations des îles du détroit de Torres, entre l’Australie et la Nouvelle-Guinée ; Species+ cite l’Australie. Keppel (2002) estimait prudemment à 17 000 le nombre d’individus restant dans la nature, dont plus de la moitié au Vanuatu.
L’espèce occupe plusieurs types de milieux, mais surtout des sites côtiers (Keppel 2001). Elle se reproduit surtout par graines et par bulbilles ; le vent semble être le principal agent de pollinisation, et la dispersion des graines, en dehors de la voie océanique, paraît peu efficace. Sa croissance est d’environ 5 à 15 cm par an, et les sexes sont à peu près à égalité. Les larves d’un papillon non identifié minent ses folioles ; elles sont elles-mêmes parasitées par au moins deux espèces de guêpes (Keppel 2001).
Statut de conservation et réglementation
L’UICN classe Cycas seemannii comme vulnérable (VU A4cd), dans l’évaluation de J.D. Bösenberg publiée en 2022 (catégorie vérifiée par GBIF et The World List of Cycads). La précédente évaluation, par K.D. Hill, date de 2010. Keppel (2002) recommandait déjà ce classement : la population décline, surtout à cause des feux répétés, mais aussi de la perte d’importance culturelle de la plante et de la protection qui l’accompagnait, de la transformation des habitats pour l’agriculture et l’urbanisation, et d’une faible capacité de recolonisation. Sur les îles les plus peuplées, comme Viti Levu (Fidji) ou autour de Nuku’alofa (Tonga), l’espèce serait localement en danger, voire en danger critique. Comme les populations sont génétiquement différenciées, il recommande de les conserver île par île.
Comme toute la famille des Cycadaceae, l’espèce est inscrite à l’annexe II de la CITES depuis le 4 février 1977, avec l’annotation #4 (version de la CoP20, en vigueur depuis le 5 mars 2026) : graines, pollen et plantules en conteneurs stériles ne sont pas soumis à la CITES. Dans l’Union européenne, elle relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97 (annexes fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026). Vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange et préférez des plantes issues de semis en culture.
Culture
Keppel (2009) indique que Cycas seemannii est largement cultivé comme plante ornementale dans son aire. En Nouvelle-Calédonie (Tontouta), un jardinier qui le cultive en pleine terre lui trouve un seul défaut : sa lenteur (forum des Fous de palmiers, 2014). En Europe, il reste rare : selon la base BGCI, il est cultivé dans quelques jardins botaniques britanniques, sous serre.
En France métropolitaine, aucune culture en pleine terre n’est documentée. Ses origines tropicales maritimes en font une plante de serre chaude ou de véranda, en pot, avec un substrat très drainant, de la lumière vive et de la chaleur toute l’année : c’est une déduction tirée de son aire naturelle. Le Jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures, dans le Var, n’a publié aucune observation sur l’espèce.
Multiplication
Cycas seemannii se multiplie par semis et, dans la nature, par bulbilles (Keppel 2001). Il faut un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines, qui mettent deux ans à mûrir (Lindstrom, Hill et Stanberg 2009). Aucun protocole de germination propre à l’espèce n’est documenté. Les graines sont exemptées de la CITES.
Maladies et ravageurs
Dans la nature, les folioles sont minées par les larves d’un papillon non identifié (Keppel 2001). En Floride, l’Université de Floride a observé la cochenille asiatique des cycas, Aulacaspis yasumatsui, sur Cycas seemannii dans le comté de Miami-Dade (Weissling, Howard et Hamon, fiche EENY-096).
Rusticité
Aucune mesure de rusticité n’a été publiée pour Cycas seemannii, et aucun retour de culture en extérieur n’est documenté hors des tropiques.
En France
Aucun retour de culture en pleine terre n’est documenté en France métropolitaine, ni sur la Côte d’Azur, ni sur la façade atlantique, en Bretagne, à l’intérieur ou en montagne. Cultivez-le en pot, en serre ou en véranda chauffée en hiver.
Repères internationaux
L’espèce pousse dans des archipels tropicaux sans gel, et elle est cultivée en pleine terre en Nouvelle-Calédonie (zone USDA 11b selon le jardinier de Tontouta cité plus haut). Aucune donnée ne permet d’estimer sa tolérance au froid.
Toxicité et précautions
Aucune analyse de toxicité propre à Cycas seemannii n’est documentée, mais toutes les espèces de Cycas étudiées contiennent de la cycasine, que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, et un acide aminé neurotoxique, la BMAA, surtout dans les graines. L’ASPCA classe Cycas revoluta parmi les plantes toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux. Considérez la plante comme toxique : graines hors de portée des enfants et des animaux, gants pour les manipuler et, en cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.
Usages traditionnels
Keppel (2009) souligne la grande importance culturelle de la plante au Vanuatu, et l’utilisation de ses graines comme source d’amidon. Il s’inquiète des conséquences de la perte de cette importance culturelle, qui assurait autrefois la protection de la plante (Keppel 2002). Les sources publiées ne détaillent pas les préparations ; comme chez les autres cycas, toute consommation suppose une détoxication longue, à ne jamais tenter soi-même.
FAQ
Où pousse Cycas seemannii ?
À Fidji, aux Tonga, au Vanuatu et en Nouvelle-Calédonie, surtout près des côtes ; plus de la moitié des plantes sauvages se trouveraient au Vanuatu.
Comment le distinguer de Cycas rumphii ?
Par son pétiole peu ou pas épineux, ses folioles plus étroites et sa crête de graine plus faible, selon de Laubenfels et Adema (1998). Mais l’espèce est très variable.
Est-ce une espèce distincte ?
Oui pour The World List of Cycads, que suit le site, et pour Hill (1994). De Laubenfels et Adema (1998) la rangeaient dans Cycas celebica, aujourd’hui rattaché à Cycas rumphii.
Est-il menacé ?
Oui, il est classé vulnérable (2022) : feux répétés, perte d’importance culturelle et transformation des habitats réduisent ses populations, peu diversifiées génétiquement.
Peut-on le cultiver en France ?
Seulement en pot, sous serre ou en véranda chauffée : c’est une plante tropicale, et aucun essai en pleine terre n’est documenté.
Pousse-t-il vite ?
Non : environ 5 à 15 cm de tronc par an dans la nature (Keppel 2001), et un jardinier néo-calédonien le juge lent.
Est-il toxique ?
Il faut le supposer. Aucune analyse propre n’existe, mais tous les cycas étudiés contiennent des toxines graves, surtout dans les graines.
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Sites de référence
- The World List of Cycads (version 2026.08.15), Cycas seemannii : https://cycadlist.org/scientific_name/206 — protologue (Sitzungsber. Ges. Naturf. Freunde Berlin : 114-115, 1876), type (Seemann 572, Fidji, 1860 ; LT K), répartition (Fidji, Nouvelle-Calédonie, Tonga, Vanuatu), VU A4cd, synonymes, étymologie d’après Haynes (2022). Liste de référence du groupe de spécialistes des cycadales de l’UICN, fiable ; consultée le 19 octobre 2026.
- GBIF, WCVP (Cycas seemannii) : https://api.gbif.org/v1/species/206945227 — nom accepté dans la World Checklist of Vascular Plants (base de POWO), publié dans Sitzungsber. Ges. Naturf. Freunde Berlin 1876 : 114 (1876). Données de Kew diffusées par GBIF, fiables ; consultées le 31 octobre 2026.
- GBIF (API), Cycas seemannii : https://api.gbif.org/v1/species/2683297/iucnRedListCategory — catégorie actuelle de la Liste rouge de l’UICN (VU). Infrastructure de données de référence ; consultée le 19 octobre 2026.
- Species+ (UNEP-WCMC), Cycas seemannii : https://speciesplus.net/species#/taxon_concepts/27087/legal — annexe II de la CITES, annexe B de l’UE, nom fidjien, répartition (avec l’Australie). Base officielle de la CITES et de l’UE ; consultée le 19 octobre 2026.
- University of Florida (EDIS), Cycad Aulacaspis Scale (EENY-096/IN253), T.J. Weissling, F.W. Howard et A.B. Hamon : https://edis.ifas.ufl.edu/publication/IN253 — Cycas seemannii parmi les cycas infestés en Floride. Fiche universitaire, fiable.
- BGCI PlantSearch : https://plantsearch.bgci.org/ — Cycas seemannii signalé à Kew, Édimbourg et Glasgow. Base mondiale des collections ; consultée en octobre 2026.
- Forum des Fous de palmiers : https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=215090 (Nouvelle-Calédonie, 2012), https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=324447 (Tontouta, 2014) et https://www.fousdepalmiers.fr/html/forum/viewtopic.php?p=147500 (pépiniériste, 2011). Retours datés, cités sans nom.
- Règlement (UE) 2026/1383 de la Commission : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=OJ:L_202601383 — annexes du règlement (CE) n° 338/97 en vigueur depuis le 29 juin 2026. Texte officiel.
- ASPCA Animal Poison Control, Sago Palm : https://www.aspca.org/pet-care/aspca-poison-control/toxic-and-non-toxic-plants/sago-palm — toxicité de Cycas revoluta pour les chiens, les chats et les chevaux. Centre antipoison vétérinaire américain, fiable ; donnée au niveau du genre.
Bibliographie
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- Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Étymologie ; utilisé par l’intermédiaire de The World List of Cycads.]
- Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence.]