Cycas schumanniana

Cycas schumanniana est un cycas des prairies de l’intérieur du nord-est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, connu des provinces de Madang, de Morobe et des Hautes-Terres orientales, jusqu’à 1 350 m d’altitude. Ce membre du genre Cycas a été décrit en 1900 par le botaniste allemand Carl Lauterbach et dédié à Karl Moritz Schumann, du musée botanique de Berlin. Longtemps oublié, il a été rétabli comme espèce par K.D. Hill en 1994. Ses folioles étroites, de moins de 1 cm de large, et ses microsporophylles à pointe courte et brusquement relevée le caractérisent. L’UICN le classe quasi menacé.

L’essentiel sur Cycas schumanniana

  • Nom accepté : Cycas schumanniana Lauterb. (1900), accepté par The World List of Cycads (version 2026.08.15) ; POWO n’a pas pu être consulté
  • Anciens noms et synonymes : aucun synonyme enregistré par The World List of Cycads ; une partie des récoltes citées sous Cycas campestris par Hill (1994) lui a été rapportée par de Laubenfels et Adema (1998)
  • Famille : Cycadaceae, ordre des Cycadales
  • Noms communs : aucun nom français attesté
  • Répartition naturelle : Papouasie-Nouvelle-Guinée (provinces de Madang, de Morobe et des Hautes-Terres orientales), de part et d’autre de la grande chaîne centrale
  • Statut UICN : quasi menacé (NT), évaluation de K.D. Hill (2010)
  • CITES et autres protections : annexe II de la CITES (graines exemptées par l’annotation #4) ; annexe B dans l’Union européenne
  • Rusticité documentée : aucune donnée (voir Rusticité)
  • Exposition et substrat : en nature, prairies ouvertes jusqu’à 1 350 m ; aucune donnée de culture
  • Port et dimensions adultes : tronc jusqu’à 2,5 m, de 20 à 25 cm de diamètre, parfois ramifié ; feuilles de 75 à 150 cm
  • Toxicité : aucune donnée propre à l’espèce ; à considérer comme toxique, comme tous les cycas (voir Toxicité et précautions)

Comment reconnaître Cycas schumanniana

Dans la clé de De Laubenfels et Adema (1998), Cycas schumanniana est le seul cycas de son groupe dont les folioles mesurent toujours moins de 10 mm de large. La description qui suit est la leur ; le protologue de Lauterbach et la description de Hill (1994) n’ont pas pu être lus.

Le tronc atteint 2,5 m de haut pour 20 à 25 cm de diamètre, et se ramifie parfois. Les feuilles mesurent 75 à 150 cm et portent 50 à 105 folioles de chaque côté ; le pétiole, long de 24 à 55 cm, porte quelques épines ou aucune. Les folioles mesurent 9 à 22 cm sur 5 à 9 mm, à bord légèrement recourbé, vert foncé brillant dessus, plus pâles dessous, avec une nervure plus saillante dessous.

Les cônes mâles, ovoïdes, mesurent 17 à 20 cm sur 8 à 10 cm sur un pédoncule de 2,5 à 4 cm (description faite sur des cônes sans doute immatures) ; les microsporophylles, jusqu’à 20 mm de large, ont une extrémité obtuse prolongée par une courte pointe d’environ 3 mm, brusquement relevée. Les mégasporophylles portent 2 à 6 ovules ; leur partie stérile, triangulaire, mesure 25 à 40 mm sur 19 à 29 mm, avec 10 à 20 dents de chaque côté (1 à 2 mm à la base, 2 à 4 mm vers le haut) et une pointe de 10 à 15 mm. Les graines, jaunes à orange, mesurent 28 à 42 mm sur 23 à 34 mm.

Hybrides

Aucun hybride n’est documenté. De Laubenfels et Adema (1998) estiment toutefois que Cycas schumanniana est nettement intermédiaire entre Cycas armstrongii (au sens large, incluant alors Cycas papuana) et Cycas scratchleyana, et n’excluent pas une origine hybride ; cette hypothèse n’a pas été vérifiée.

Confusions possibles

Les récolteurs l’ont souvent identifié comme Cycas papuana ou comme Cycas media. Selon De Laubenfels et Adema (1998), ces deux espèces ont des microsporophylles à extrémité allongée et effilée, dont seule la pointe se relève vers le sommet du cône, alors que Cycas schumanniana a une extrémité obtuse prolongée par une pointe brusquement relevée ; Cycas papuana a en outre des folioles en général plus étroites, et Cycas media des mégasporophylles à extrémité plus longue. Dès 1992, Hill notait que les cycas du nord de la Papouasie-Nouvelle-Guinée ressemblent à Cycas media mais gardent un duvet plus persistant, et qu’ils représentent probablement Cycas schumanniana.

Cycas campestris, des environs de Port Moresby, appartient au même groupe ; De Laubenfels et Adema (1998) lui opposent les folioles bien plus étroites de Cycas schumanniana et ses dents plus courtes à l’extrémité des mégasporophylles. Cycas scratchleyana, cycas forestier, a des folioles de 10 à 16 mm et un pétiole épineux sur presque toute sa longueur.

Taxonomie

Cycas schumanniana est un nom accepté par The World List of Cycads ; POWO n’a pas pu être consulté. Carl Lauterbach l’a décrit en 1900 dans Die Flora der deutschen Schutzgebiete in der Südsee (p. 154-155), d’après une récolte des monts Bismarck. L’holotype, conservé à Berlin, a été détruit ; The World List of Cycads indique un lectotype conservé à l’herbier de Wrocław (WRSL), alors que De Laubenfels et Adema (1998) jugeaient nécessaire de désigner un néotype : la typification reste à vérifier dans Hill (1994), qui n’a pas pu être lu.

Le nom est resté longtemps inutilisé. Dans son étude du groupe de Cycas media en Nouvelle-Guinée, Hill (1994) reconnaît trois espèces : Cycas campestris, nouvelle, et Cycas papuana et Cycas schumanniana, rétablies après avoir été placées en synonymie ; le même article crée la série Armstrongianosae et lectotypifie la sous-section Endemicae, à laquelle appartient ce groupe. Seul le résumé de cet article a été lu : le rattachement précis de l’espèce à une série n’est donc pas donné ici. De Laubenfels et Adema (1998) ont accepté l’espèce en lui rapportant la plupart des récoltes que Hill avait citées sous Cycas campestris ; The World List of Cycads suit Hill et accepte les deux espèces.

Étymologie et histoire

L’épithète honore Karl Moritz Schumann (1851-1904), botaniste allemand et conservateur du musée botanique de Berlin (Haynes 2022), coauteur avec Lauterbach de la flore des colonies allemandes du Pacifique où l’espèce a été publiée. Aucune histoire d’introduction en culture n’est documentée.

Noms communs

Aucun nom commun n’est attesté pour cette espèce, en français ou dans une langue de Nouvelle-Guinée, dans les sources consultées.

Dans la nature

Cycas schumanniana vit en Papouasie-Nouvelle-Guinée, de part et d’autre de la grande chaîne centrale, dans les provinces de Madang, de Morobe et des Hautes-Terres orientales (The World List of Cycads). C’est une plante des prairies ouvertes, jusqu’à 1 350 m d’altitude (De Laubenfels et Adema 1998). Ces auteurs soulignent qu’il pousse dans des prairies enclavées dans la zone de forêt pluviale, un habitat proche de celui de Cycas papuana et de Cycas media. La pollinisation et la phénologie ne sont pas documentées dans les sources consultées.

Statut de conservation et réglementation

L’UICN classe Cycas schumanniana quasi menacé (NT), d’après l’évaluation de K.D. Hill (2010), avec la mention des critères B1b(iii,v) : l’aire d’occurrence est limitée, et un déclin de la qualité de l’habitat et du nombre d’individus matures est observé ou prévu, sans que tous les seuils d’une catégorie menacée soient atteints.

Comme toutes les espèces du genre à l’exception de Cycas beddomei, Cycas schumanniana relève de l’annexe II de la CITES, où la famille des Cycadaceae figure depuis le 4 février 1977. L’inscription porte l’annotation #4 (version issue de la CoP20, en vigueur depuis le 5 mars 2026) : les graines, le pollen, les plantules et cultures de tissus obtenues in vitro et transportées en conteneurs stériles, ainsi que les fleurs coupées de plantes reproduites artificiellement, ne sont pas soumis à la CITES. Le commerce international des plantes elles-mêmes exige en revanche un permis d’exportation. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de l’annexe B du règlement (CE) n° 338/97, dont les annexes en vigueur sont fixées par le règlement (UE) 2026/1383, applicable depuis le 29 juin 2026. Species+, la base officielle de la CITES, nomme l’espèce et confirme ce statut (consultation du 3 octobre 2026).

Ces informations générales ne remplacent pas les textes officiels : vérifiez la réglementation en vigueur avant tout achat ou échange, demandez au vendeur les justificatifs de provenance et préférez des plantes issues de semis en culture.

Culture

Cycas schumanniana n’est documenté en culture par aucune institution consultée, et aucun retour de cultivateur n’a été trouvé sur les forums francophones ou italiens. Des graines sont proposées sous ce nom par un grainetier spécialisé, sans indication de provenance vérifiable. Plante de prairies tropicales d’altitude moyenne, elle relèverait en France de la serre tempérée chaude, en pot.

Multiplication

La plante est dioïque : il faut un pied mâle et un pied femelle pour obtenir des graines. Aucune donnée de germination propre à l’espèce n’a été publiée. Les graines sont exemptées de la CITES par l’annotation #4.

Maladies et ravageurs

Aucun ravageur ni aucune maladie propre à l’espèce n’est documenté.

Rusticité

Aucune donnée de résistance au froid n’existe pour Cycas schumanniana. Sa présence jusqu’à 1 350 m d’altitude laisse supposer une certaine tolérance à la fraîcheur nocturne, mais aucune mesure ni aucun retour de culture ne permet d’en déduire une résistance au gel.

En France

Aucun résultat de culture n’a été publié en France métropolitaine pour Cycas schumanniana, ni en pleine terre ni en pot, quelle que soit la zone (littoral méditerranéen, façade atlantique, Bretagne, intérieur continental, montagne). Une recherche sur le forum des Fous de palmiers et sur le forum italien Tropicamente n’a donné aucun retour de résistance au froid pour cette espèce, et aucun épisode de gel daté ne la concerne.

Repères internationaux

Aucun relevé de froid ni aucun retour de culture daté n’a été trouvé hors de France, ni sur les forums ni dans les jardins botaniques consultés.

Toxicité et précautions

Aucune analyse de toxicité propre à Cycas schumanniana n’a été trouvée. Le risque est en revanche bien documenté dans le genre : les tissus des Cycas, et surtout leurs graines, contiennent de la cycasine, que la digestion transforme en méthylazoxyméthanol, toxique pour le foie et le système nerveux, ainsi qu’un acide aminé neurotoxique, la BMAA. L’ASPCA classe le sagou du Japon (Cycas revoluta) parmi les plantes toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux. Faute de preuve contraire, considérez la plante comme toxique : graines et feuilles hors de portée des enfants et des animaux, gants pour nettoyer les graines. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Usages traditionnels

Aucun usage n’est documenté pour cette espèce dans les sources consultées.

FAQ

Où pousse Cycas schumanniana ?

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, dans les prairies des provinces de Madang, de Morobe et des Hautes-Terres orientales, jusqu’à 1 350 m d’altitude.

À qui l’espèce est-elle dédiée ?

À Karl Moritz Schumann (1851-1904), botaniste allemand du musée botanique de Berlin.

Comment le reconnaître ?

Par ses folioles étroites (5 à 9 mm), son pétiole peu ou pas épineux et ses microsporophylles à extrémité obtuse prolongée par une pointe courte et relevée.

Est-ce le même cycas que Cycas campestris ?

Non. The World List of Cycads accepte les deux espèces, même si de Laubenfels et Adema (1998) rapportaient à Cycas schumanniana une partie des récoltes de Cycas campestris.

Est-il menacé ?

En partie. L’UICN le classe quasi menacé : son aire est limitée et son habitat se dégrade.

Est-il rustique ?

Rien ne permet de le dire. Aucune donnée de froid n’existe ; il vit en climat tropical, jusqu’à 1 350 m.

Est-il toxique ?

Il faut le supposer. Aucune analyse propre à l’espèce n’existe, mais tous les cycas étudiés contiennent des toxines graves, surtout dans les graines.

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Sites de référence

Bibliographie

  • Lauterbach, C. (1900). Cycadaceae. In : Schumann, K. & Lauterbach, C. (éd.), Die Flora der deutschen Schutzgebiete in der Südsee : 153-155. Borntraeger, Leipzig. [Protologue ; non consulté (Biodiversity Heritage Library inaccessible), cité d’après The World List of Cycads.]
  • Hill, K.D. (1994). The Cycas media group (Cycadaceae) in New Guinea. Australian Systematic Botany 7(6) : 527-541. doi:10.1071/SB9940527 [Rétablissement de l’espèce ; seul le résumé a été lu (Crossref).]
  • Hill, K.D. (1992). A preliminary account of Cycas (Cycadaceae) in Queensland. Telopea 5(1) : 177-206. doi:10.7751/telopea19924964 [Remarque sur les cycas du nord de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (p. 185) ; texte intégral consulté.]
  • Laubenfels, D.J. de & Adema, F. (1998). A taxonomic revision of the genera Cycas and Epicycas gen. nov. (Cycadaceae). Blumea 43(2) : 351-400. [Description (p. 375), clé, habitat ; texte consulté.]
  • Whitelock, L.M. (2002). The Cycads. Timber Press, Portland. [Ouvrage de synthèse cité par The World List of Cycads pour la description et l’étymologie ; non consulté.]
  • Hill, K.D. (2010). Cycas schumanniana. The IUCN Red List of Threatened Species : e.T42082A10623647. [Évaluation de la Liste rouge ; référence relevée sur The World List of Cycads et Crossref, page de la Liste rouge non consultée (accès bloqué).]
  • Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. doi:10.11646/phytotaxa.550.1.1 [Source des étymologies reprises par The World List of Cycads ; non consulté directement.]
  • Calonje, M., Stevenson, D.W. & Osborne, R. (2026). The World List of Cycads, version 2026.08.15. Montgomery Botanical Center, Coral Gables. doi:10.5281/zenodo.21958524 [Liste de référence ; consultée directement.]