Peu de plantes du genre Euphorbia sont aussi répandues, aussi anodines en apparence et aussi mal connues que Euphorbia tirucalli. On la trouve partout : en pot dans les intérieurs européens, en haie vive dans les campagnes est-africaines, en massif dans les jardins secs californiens, naturalisée dans une bonne partie de la ceinture tropicale. Son architecture de rameaux verts cylindriques, fins comme des crayons, lui a valu ses noms les plus courants, arbre-crayon ou pencil tree. Derrière cette banalité horticole se cachent deux dossiers scientifiques inattendus : celui de la plante-pétrole, retenue dans les années 1970 par le prix Nobel Melvin Calvin comme candidate à la production d’hydrocarbures végétaux, et celui, autrement plus sombre, de son latex, soupçonné de jouer un rôle de cofacteur dans le lymphome de Burkitt endémique.
Comment reconnaître Euphorbia tirucalli ?
C’est un arbuste ou un petit arbre succulent, entièrement dépourvu d’épines, haut de 5 m environ en buisson et pouvant atteindre 12 à 15 m sous forme arborescente en climat favorable. Il paraît souvent dioïque, les cyathes d’un même pied étant généralement soit tous mâles, soit tous femelles.
Le tronc et les branches maîtresses sont ligneux et bruns ; l’écorce des vieux sujets est grise et rugueuse, parcourue de sillons longitudinaux qui se fragmentent. Les jeunes rameaux, eux, sont succulents, lisses, glabres, vert franc, cylindriques et épais de 5 à 8 mm, marqués de fines striures blanches longitudinales. Ils se groupent en bouquets ou en verticilles à l’extrémité des branches : c’est cette masse de tiges en forme de crayons qui fait toute la silhouette de l’espèce.
Les feuilles sont rares, minuscules, linéaires-lancéolées à étroitement obovales, charnues, présentes uniquement sur les pousses neuves et très éphémères. La photosynthèse est assurée par les rameaux verts.
Les cyathes sont jaunes et discrets, réunis par deux à six en cymes congestionnées à l’apex des rameaux courts ou à l’aisselle des ramifications, se divisant deux à quatre fois. Le cyathe mesure environ 3 × 4 mm, avec cinq glandes jaune vif, subsphériques à elliptiques transversalement, de 1,5 × 2 mm au plus. Le fruit est une capsule tripartite subsphérique d’environ 8 × 8,5 mm, parfois jusqu’à 12 mm, portée par un pédicelle tomenteux et déhiscente sur la plante. Les graines sont ovoïdes, de 3 à 4 mm, à petite caroncule blanche. Dans l’hémisphère sud, la floraison s’étale de septembre à décembre et la fructification en novembre et décembre.
Au moindre bris, toutes les parties de la plante laissent échapper un latex blanc abondant et caustique. C’est le caractère le plus fiable, et le plus dangereux, du diagnostic sur le terrain.
Hybrides
Aucun hybride n’est enregistré pour cette espèce. En revanche, et contrairement à la plupart des euphorbes succulentes, Euphorbia tirucalli a donné naissance à un cultivar horticole devenu considérablement plus connu que le type.
Euphorbia tirucalli ‘Sticks on Fire’, diffusé également sous le nom ‘Rosea’ et sous les appellations commerciales Firesticks ou Fire Sticks, se distingue par des rameaux dont les extrémités virent à l’orange, au corail puis au rouge vif, coloration qui s’intensifie en hiver et sous forte lumière. C’est aujourd’hui l’un des cultivars de succulentes les plus largement diffusés dans le commerce international. Sa conduite est identique à celle du type, avec une réserve : à l’ombre, la coloration s’atténue et les rameaux peuvent redevenir entièrement verts, ce qui vide le cultivar de son intérêt.
Attention à une confusion fréquente chez les débutants : sur un sujet vert de l’espèce type, un rougissement généralisé n’est pas un signe de bonne santé mais, le plus souvent, l’indice d’un système racinaire qui ne s’est pas correctement développé.
Confusion avec d’autres espèces
Le port en rameaux cylindriques aphylles se retrouve dans plusieurs lignées d’euphorbes, et le nom vernaculaire d’arbre-crayon circule d’une espèce à l’autre.
Euphorbia aphylla, endémique des Canaries, appartient à la même section Tirucalli et présente une silhouette très voisine. Les deux espèces cohabitent d’ailleurs dans l’archipel, où Euphorbia tirucalli a été introduite, et leur écophysiologie comparée a fait l’objet de travaux spécifiques. Le critère décisif y est le statut : l’une est une endémique canarienne, l’autre une plante ornementale échappée des jardins.
Euphorbia larica, du sud de l’Iran et du sud-est de la péninsule Arabique, est un arbrisseau semi-succulent au port comparable, mais son aire ne recoupe pas celle de Euphorbia tirucalli.
Euphorbia damarana et Euphorbia gregaria, les melkbos de Namibie, forment elles aussi des buissons de tiges grêles sans épines, mais grises plutôt que vertes, et en milieu strictement désertique.
Euphorbia antisyphilitica, la candelilla du désert de Chihuahua, se distingue au premier coup d’œil par ses tiges dressées non ramifiées, gris givré, couvertes d’une couche de cire qui s’exfolie, caractère absent chez l’arbre-crayon.
Enfin, la ressemblance avec certains Rhipsalis, cactées épiphytes à rameaux cylindriques, est purement analogique ; elle a laissé une trace nomenclaturale, puisque Euphorbia rhipsaloides figure parmi les synonymes de l’espèce. Le latex blanc, absent chez les Rhipsalis, tranche immédiatement.
Taxonomie
Euphorbia tirucalli a été décrite par Linné dans le Species Plantarum : 452 (1753). C’est donc l’une des toutes premières euphorbes succulentes nommées selon la nomenclature binomiale. L’épithète reprend un nom vernaculaire du Malabar, tiru kalli, latinisé par Linné ; les formes tirukalli et kalli sont toujours en usage en tamoul et en malayalam pour désigner cette plante.
POWO accepte le nom et recense treize synonymes. Trois sont homotypiques, Arthrothamnus tirucalli (L.) Klotzsch & Garcke, Tirucalia indica Raf. et Tirucalia tirucalli (L.) P.V.Heath, témoignages des tentatives récurrentes de démembrement du genre Euphorbia. Les dix autres sont hétérotypiques, parmi lesquels Euphorbia media N.E.Br., Euphorbia scoparia N.E.Br., Euphorbia viminalis Mill., Euphorbia rhipsaloides Lem., ainsi que deux noms décrits à Madagascar, Euphorbia geayi Costantin & Gallaud et Euphorbia laro Drake. Cette synonymie abondante, issue de régions très éloignées les unes des autres, reflète une longue histoire de descriptions indépendantes à partir de populations cultivées ou naturalisées.
L’espèce est classée dans le sous-genre Euphorbia, section Tirucalli, qui rassemble les euphorbes à rameaux cylindriques aphylles de l’Ancien Monde.
Les noms vernaculaires sont innombrables, ce qui en dit long sur la diffusion de la plante : arbre-crayon, euphorbe effilée, arbre de Saint-Sébastien et garde-maison en français, pencil tree, milk bush, petroleum plant ou naked lady en anglais, kraalnaboom en afrikaans, aveloz et almeidinha en portugais, 绿玉树 en chinois.
Dans la nature
C’est ici que la fiche appelle une mise en garde. POWO, dans son traitement actuel, ne retient comme aire indigène que Madagascar, et classe comme introduites la totalité des autres présences, y compris en Afrique continentale : Angola, Tanzanie, Mozambique, Zambie, Rwanda, Kenya, Éthiopie, Namibie, Afrique du Sud, mais aussi Inde, Chine du Sud, Asie du Sud-Est, Arabie saoudite, Canaries, Antilles, Hawaii, Australie-Méridionale, Espagne et Tunisie. Cette lecture, appuyée sur les révisions récentes des euphorbes d’Afrique australe, s’écarte nettement de la littérature horticole et ethnobotanique, qui présente traditionnellement l’espèce comme originaire d’Afrique de l’Est et australe, avec une aire s’étendant de l’Angola au Mozambique et à l’Afrique du Sud.
Cette divergence n’est pas une erreur de l’un ou de l’autre : elle traduit une difficulté réelle. L’espèce est utilisée et transportée par l’homme depuis si longtemps, comme haie, comme remède et comme combustible, que la part respective de l’indigénat et de la naturalisation ancienne est devenue très difficile à démêler. Les compilations spécialisées le reconnaissent explicitement. Le lecteur retiendra donc que l’aire naturelle exacte reste discutée, et que la présence de la plante dans une région donnée ne préjuge pas de son statut indigène.
Sur le plan écologique, l’espèce occupe des climats tropicaux semi-arides, du niveau de la mer jusqu’à 2 000 m, dans des milieux très variés : savanes ouvertes, forêts claires, collines herbeuses, affleurements rocheux, crêtes et abords des cours d’eau. Elle forme fréquemment des fourrés denses et peut constituer à elle seule des barrières végétales. Les cyathes jaunes attirent papillons, abeilles et divers insectes. L’espèce est classée en préoccupation mineure par l’UICN ; les pressions signalées sur les populations tiennent à la dégradation et au défrichement des habitats, au feu et à la coupe pour le charbon de bois.
Culture
C’est une plante facile, l’une des plus faciles du genre, ce qui explique sa diffusion mondiale comme plante d’appartement.
Elle réclame le plein soleil en extérieur, mais supporte une ombre modérée ; les jeunes sujets prospèrent en intérieur devant une fenêtre lumineuse, où ils atteignent rapidement le plafond. Un point mérite attention : le passage brutal de l’ombre au plein soleil provoque de graves brûlures. Toute plante ayant hiverné à l’intérieur doit être réacclimatée progressivement au printemps.
Le substrat sera aéré et essentiellement minéral, à base d’argile expansée, de pouzzolane et de pumice, avec une faible proportion de matière organique. Les arrosages sont réguliers pendant la croissance, de mars à septembre, en évitant absolument toute eau stagnante au niveau des racines, puis quasi nuls en hiver.
La croissance est rapide et la longévité importante. En pleine terre sous climat adapté, un sujet devient un élément structurant du jardin en trois à cinq ans. La plante apprécie les pots plutôt petits ; le rempotage se fait à la sortie de l’hiver. La taille de formation est possible et bien supportée.
Un défaut pratique mérite d’être anticipé : les rameaux sont cassants et, sous vent fort, s’entrechoquent et se blessent mutuellement, laissant des cicatrices définitives. Mieux vaut choisir un emplacement abrité.
Enfin, une règle absolue : toute taille, tout bouturage, tout rempotage libère un latex extrêmement irritant. Gants, lunettes de protection et manches longues sont indispensables, et il faut prévoir un point d’eau à proximité. C’est particulièrement important pour une plante que l’on cultive en intérieur, à portée d’enfants et d’animaux domestiques, et que l’on manipule sans y penser.
Multiplication
Le bouturage est la méthode de référence, et il est d’une simplicité déconcertante. On prélève un rameau à la fin du printemps ou en été, on rince la coupe pour arrêter l’écoulement du latex, on laisse cicatriser au sec un à plusieurs jours, puis on plante dans un substrat sec, meuble et très drainant. La reprise est rapide et le taux de réussite élevé.
Cette facilité explique en partie la diffusion mondiale de l’espèce : les plantations expérimentales de biomasse lancées par Calvin en 1977 étaient elles-mêmes établies par boutures, et les haies vives se reproduisent de la même façon, ce qui favorise la propagation de clones plutôt que de populations issues de semis.
Le semis est possible mais anecdotique en culture, la fructification étant rare hors des zones tropicales et la plante paraissant souvent dioïque, ce qui suppose de disposer de deux pieds de sexes différents.
Les précautions de manipulation valent ici plus encore qu’ailleurs, puisque le bouturage multiplie les surfaces de coupe : outil désinfecté à l’alcool avant et après l’opération, protection oculaire systématique.
Maladies et ravageurs
L’espèce est robuste et peu sujette aux parasites. Les cochenilles farineuses sont de loin le problème le plus courant en intérieur et sous abri, plus rarement les cochenilles à bouclier. Le traitement local à l’alcool sur coton-tige fonctionne bien, à condition de ne pas entamer l’épiderme.
Les pourritures du collet et des racines résultent presque toujours d’un excès d’eau, d’un substrat trop organique ou d’un arrosage maintenu en hiver. Elles évoluent vite ; le sauvetage passe par le prélèvement de boutures saines dans la partie haute.
Les cicatrices brunes et les zones liégeuses sur les rameaux sont fréquentes. Elles proviennent des brûlures solaires, des chocs et du frottement des tiges entre elles par grand vent. Elles sont définitives mais sans gravité pour la plante.
Rusticité
Euphorbia tirucalli est une espèce franchement gélive, et sur ce point les sources ne divergent guère.
Les pépiniéristes et les bases horticoles la situent en zones USDA 10 à 12, avec un seuil pratique autour de 0 à −1 °C pour de très courtes durées, et des dégâts dès la première vraie gelée. Certaines fiches commerciales recommandent même de ne pas descendre sous 5 à 10 °C pour maintenir la plante en bon état, ce qui correspond davantage à un optimum de conservation qu’à une limite de survie. Les compilations spécialisées la classent simplement comme gélive, à réserver aux zones sans gel.
Sur le pourtour méditerranéen français, la culture en pleine terre reste donc un pari, envisageable seulement en situation littorale très abritée et sur substrat parfaitement drainé, avec la perspective de perdre le sujet lors d’un épisode froid marqué. La règle générale est la culture en pot, sortie à l’extérieur d’avril à octobre et hivernage en serre ou en véranda lumineuse, hors gel, à 10 °C au minimum, en maintenant le substrat sec.
Comme chez la plupart des succulentes tropicales, la combinaison du froid et de l’humidité est plus destructrice que le froid seul, et la faible luminosité hivernale de nos latitudes aggrave encore le risque de pourriture. Un hivernage frais et sec dans un local lumineux vaut mieux qu’un hivernage chaud et sombre dans un salon.
Usages traditionnels
L’usage le plus répandu, et le plus ancien, est la haie vive. Le nom afrikaans kraalnaboom, l’euphorbe des enclos, dit exactement à quoi elle sert : ses rameaux denses et son latex dissuasif en font une clôture végétale efficace pour le bétail, dans toute l’Afrique orientale et australe. Le bois et les tiges séchées servent aussi de combustible.
L’usage médicinal traditionnel est extraordinairement large : le latex a été employé, sous des cieux très divers, contre les verrues et les excroissances, les tumeurs, l’asthme, la toux, les otalgies, les névralgies, les rhumatismes ou les rages de dents. Au Brésil et au Portugal, sous le nom d’aveloz, la plante circule encore comme remède anticancéreux populaire. Cet usage doit être formellement déconseillé, et pas seulement pour la causticité du latex : les données disponibles indiquent au contraire des propriétés immunosuppressives et promotrices de tumeurs.
C’est le point le plus documenté de la littérature scientifique consacrée à l’espèce. Le latex contient des esters de 4-désoxyphorbol. Des travaux menés à partir des années 1990 ont montré que ces composés réactivent le cycle lytique du virus d’Epstein-Barr, réduisent l’immunité cellulaire spécifique dirigée contre lui et favorisent, en culture, les remaniements chromosomiques caractéristiques du lymphome de Burkitt. Une étude de 2003 a confirmé que du latex non purifié réactivait le cycle lytique viral de façon dose-dépendante, jusqu’à des dilutions extrêmement faibles. L’hypothèse d’un rôle de cofacteur environnemental dans le lymphome de Burkitt endémique repose sur la coïncidence géographique entre la ceinture du lymphome en Afrique tropicale et l’abondance de la plante, très présente autour des habitations, utilisée en médecine traditionnelle et manipulée par les enfants qui jouent avec son latex. Il s’agit d’une hypothèse étayée, non d’une causalité démontrée, le paludisme holoendémique et l’infection par le virus restant les deux facteurs majeurs identifiés.
La toxicité directe, elle, ne fait aucun doute. Le contact cutané provoque irritation sévère, rougeur et brûlure ; le contact oculaire entraîne des douleurs intenses et, dans certains cas, une cécité temporaire de plusieurs jours, les symptômes pouvant s’aggraver pendant les douze premières heures. L’ingestion provoque des brûlures de la bouche et des muqueuses, et des décès ont été rapportés.
Reste le volet le plus surprenant. Dans les années 1970, le chimiste Melvin Calvin, prix Nobel de chimie 1961, a proposé d’exploiter les euphorbes comme plantes-pétrole, leurs latex renfermant des hydrocarbures dont la distribution moléculaire évoque celle du pétrole brut. Deux espèces furent retenues pour des plantations expérimentales lancées en 1977, Euphorbia lathyris, annuelle et semée, et Euphorbia tirucalli, pérenne et bouturée, avec un rendement annoncé de plus de dix barils par acre et par an sans amélioration génétique ni agronomique. La piste n’a jamais débouché sur une filière économiquement viable, mais elle n’est pas morte : l’espèce fait toujours l’objet de recherches comme culture énergétique pour terres marginales, arides et salines.
FAQ
Peut-on garder cette plante dans un salon ? Oui, c’est même l’un de ses usages les plus courants, mais à deux conditions : la placer hors de portée des enfants et des animaux, et ne jamais la tailler sans gants et lunettes. Les rameaux cassent facilement, et une simple casse accidentelle suffit à libérer du latex.
Que faire si du latex atteint un œil ? Rincer immédiatement à l’eau fraîche pendant au moins quinze minutes, recommencer quelques minutes plus tard, et consulter sans attendre. Les symptômes peuvent s’aggraver dans les douze heures qui suivent, y compris quand la gêne initiale paraît modérée.
L’aveloz soigne-t-il le cancer ? Non. Cette réputation populaire, très ancrée au Brésil, n’a aucune validation clinique. Les données expérimentales vont dans le sens exactement inverse : les esters de phorbol du latex sont des promoteurs de tumeurs et réduisent l’immunité cellulaire. Cet usage est à proscrire.
Pourquoi mon ‘Sticks on Fire’ est-il redevenu vert ? Par manque de lumière. La coloration orange et rouge exige une exposition intense et s’accentue au froid. Une plante placée trop loin d’une fenêtre reverdit progressivement, sans que sa santé soit en cause.
Ma plante verte rougit, est-ce normal ? Sur l’espèce type, un rougissement généralisé traduit le plus souvent un enracinement défaillant, à ne pas confondre avec la coloration recherchée du cultivar. Il faut vérifier l’état des racines et le drainage.
Peut-elle passer l’hiver dehors en France ? Non, sauf pari sur une situation littorale exceptionnellement abritée. C’est une plante gélive, à hiverner hors gel, au sec et à la lumière, à 10 °C au minimum.
Sites de référence
Plants of the World Online (Kew) — https://powo.science.kew.org/taxon/urn:lsid:ipni.org:names:348517-1 Autorité nomenclaturale retenue ici : nom accepté, protologue de Linné, treize synonymes et répartition. C’est aussi la source du traitement, discuté dans cet article, qui restreint l’aire indigène à Madagascar.
LLIFLE, Encyclopedia of Living Forms — https://www.llifle.com/Encyclopedia/SUCCULENTS/Family/Euphorbiaceae/23187/Euphorbia_tirucalli Description morphologique détaillée, données d’habitat et d’altitude, conduite de culture et avertissements toxicologiques repris ici. La fiche donne également une lecture classique de l’aire indigène, opposée à celle de POWO, et reconnaît explicitement la difficulté à démêler indigénat et naturalisation ancienne.
North Carolina State Extension, Plant Toolbox — https://plants.ces.ncsu.edu/plants/euphorbia-tirucalli/ Fiche de vulgarisation universitaire américaine, utile pour les noms communs et l’étymologie de l’épithète. Rédigée pour le jardinier, elle simplifie certaines questions taxonomiques.
Useful Tropical Plants — https://tropical.theferns.info/viewtropical.php?id=Euphorbia+tirucalli Base de données ethnobotanique consacrée aux plantes utiles des tropiques ; utile pour l’inventaire des usages traditionnels et la synonymie. Compilation, à croiser avec la littérature primaire.
World of Succulents — https://worldofsucculents.com/euphorbia-tirucalli-sticks-on-fire/ Source des données horticoles sur le cultivar ‘Sticks on Fire’, y compris l’équivalence avec ‘Rosea’ et les zones de rusticité annoncées. Site amateur de bonne tenue, à considérer comme une source horticole et non botanique.
Bibliographie
Linné C. (1753). Species Plantarum 1 : 452. [Protologue de l’espèce, retenu comme référence de publication valide par POWO.]
Bruyns P. V. (2022). Euphorbia in Southern Africa, volume 2 : 475-985. Springer. [Monographie récente suivie par POWO, à la base du traitement actuel de la répartition et du statut indigène de l’espèce en Afrique australe.]
Calvin M. (1979). Petroleum plantations for fuel and materials. BioScience 29(9) : 533-538. [Article fondateur de la piste des plantes-pétrole ; décrit les plantations expérimentales de 1977 portant sur Euphorbia lathyris et Euphorbia tirucalli et le rendement annoncé de plus de dix barils par acre et par an.]
Mies B., Jiménez M. S. & Morales D. (1996). Ecophysiology and distribution of the endemic leafless spurge Euphorbia aphylla and the introduced Euphorbia tirucalli (Euphorbiaceae, Euphorbia sect. Tirucalli) in the Canary Islands. Plant Systematics and Evolution 202 : 27-36. [Étude comparée des deux espèces là où elles cohabitent ; base de la section Confusion et confirmation de leur appartenance commune à la section Tirucalli.]
MacNeil A., Sumba O. P., Lutzke M. L., Moormann A. & Rochford R. (2003). Activation of the Epstein-Barr virus lytic cycle by the latex of the plant Euphorbia tirucalli. British Journal of Cancer 88(10) : 1566-1569. [Démonstration in vitro de la réactivation dose-dépendante du cycle lytique viral par le latex non purifié ; pièce centrale du dossier du lymphome de Burkitt endémique.]
Hastilestari B. R., Mudersbach M., Tomala F., Vogt H., Biskupek-Korell B., Van Damme P., Guretzki S. & Papenbrock J. (2013). Euphorbia tirucalli L. — comprehensive characterization of a drought tolerant plant with a potential as biofuel source. PLoS ONE 8(5) : e63501. [Caractérisation moderne de l’espèce sous l’angle agronomique et énergétique, avec discussion de la tolérance à la sécheresse et à la salinité.]
