Cycas sexseminifera

Cycas sexseminifera appartient au genre Cycas, le plus vaste et le plus largement réparti des cycadales actuels. C’est un cycas calcicole largement répandu sur les karsts du sud de la Chine (Guangxi) et du nord du Vietnam. Relativement commun et de culture facile, il fait partie des cycas asiatiques les plus présents en collection. Il est aussi le centre d’un complexe d’espèces décrites sur les massifs calcaires sino-vietnamiens, dont beaucoup sont aujourd’hui ramenées à sa synonymie.

Comment reconnaître Cycas sexseminifera ?

C’est un cycas de taille modeste, au tronc le plus souvent court et trapu, parfois en partie souterrain, parfois dressé sur quelques dizaines de centimètres, couronné d’un petit nombre de feuilles pennées. Les feuilles, d’un vert vif à vert foncé, sont relativement courtes ; les folioles, lancéolées, portent une nervure médiane unique et bien marquée, et les jeunes feuilles émergent enroulées en crosse, comme chez tous les cycas.

L’espèce est dioïque. Comme les autres cycas de la section Stangerioides, elle présente des cônes mâles à sporophylles molles, des ovules glabres et un sclérotesta verruqueux. L’épithète sexseminifera (« qui porte six graines ») renvoie aux six graines comptées sur la mégasporophylle du spécimen type ; ce n’est qu’un trait du type, et non une constante, le nombre d’ovules et de graines étant variable dans le genre. Les graines sont relativement petites par comparaison avec les grandes graines des cycas littoraux.

Hybrides connus

Aucun hybride horticole nommé ni hybride naturel formellement décrit n’est attesté pour Cycas sexseminifera. La complexité de l’espèce relève plutôt d’un débat de délimitation : plusieurs taxons décrits séparément sur les karsts de Chine du Sud se sont révélés appartenir à une même entité variable (voir Taxonomie).

Confusion avec d’autres espèces

Cycas sexseminifera est étroitement apparenté à Cycas ferruginea et à Cycas tropophylla, autres cycas calcicoles des karsts sino-vietnamiens. De Cycas tropophylla, le cycas de la baie d’Ha Long, il se distingue par des feuilles à section plus plane (et non fortement carénées en V). De Cycas ferruginea, qui partage les mêmes falaises calcaires du Guangxi et du nord du Vietnam, la séparation repose sur des caractères fins des feuilles et des sporophylles. Ces espèces forment, avec quelques autres, un ensemble morphologiquement délicat dit « complexe de Cycas sexseminifera », dont les limites ont été récemment réexaminées à l’aide de données génomiques.

Taxonomie

Cycas sexseminifera a été décrit en 1996 par Fa-Nan Wei, dans la revue Guihaia (16(1) : 1). L’identifiant nomenclatural IPNI est 988620-1 et l’holotype est conservé à l’herbier de l’Institut de botanique du Guangxi (IBK). L’épithète vient du latin sex (« six ») et seminifera (« qui porte des graines »), en référence aux six graines de la mégasporophylle du type.

L’espèce est rangée dans la section Stangerioides, le vaste groupe sino-vietnamien caractérisé par des sporophylles mâles molles, des ovules glabres et un sclérotesta verruqueux. Elle constitue le cœur d’un complexe d’espèces : de nombreux noms décrits sur les karsts du sud de la Chine à la fin des années 1990 sont aujourd’hui considérés comme ses synonymes par Plants of the World Online, parmi lesquels Cycas longisporophylla F.N.Wei (1997), Cycas spiniformis (1997), Cycas brevipinnata (1998), Cycas septemsperma (1998), Cycas acuminatissima (1998) et Cycas crassipes (1999). Une étude de délimitation intégrative récente, fondée sur des données génomiques (ddRAD-seq) et morphologiques, a confirmé l’existence d’un « complexe de Cycas sexseminifera » et précisé les limites de l’espèce vis-à-vis de ses proches.

Dans la nature

Cycas sexseminifera est réparti depuis le sud et le centre du Guangxi, en Chine, jusqu’au nord du Vietnam (provinces de Cao Bằng, Thanh Hóa et Ninh Bình). C’est un calcicole des reliefs karstiques : il croît sur les collines et falaises calcaires, dans les fentes de rochers et sur les pentes pierreuses, souvent en situation exposée et toujours sur substrat parfaitement drainé, sous un climat subtropical à tropical de mousson. Cette large répartition sur un habitat abondant explique qu’il soit, parmi les cycas calcicoles de la région, l’un des plus communs.

Sur le plan de la conservation, l’espèce est évaluée « Préoccupation mineure » (LC) sur la Liste rouge de l’UICN, selon la World List of Cycads et Plants of the World Online — une situation relativement favorable qui tient à sa large aire et à l’abondance de son habitat karstique (certaines sources plus anciennes la classaient « Quasi menacée »). Comme toute la famille des Cycadaceae, l’espèce relève néanmoins de l’Annexe II de la CITES : toute plante commercialisée doit pouvoir justifier d’une origine issue de culture.

Culture

Cycas sexseminifera est l’un des cycas asiatiques les plus faciles et les plus appréciés en culture. Son origine calcicole et rupicole oriente vers un substrat très drainant, volontiers calcaire (alcalin), une exposition lumineuse à légèrement ombragée et un climat chaud. Les arrosages sont réguliers durant la végétation, mais le drainage doit être impeccable, l’espèce étant adaptée aux parois où l’eau ne stagne pas. Son tronc compact, sa taille modeste et sa relative vigueur en font un excellent cycas de pot ou de pleine terre en climat doux. La croissance reste lente, comme chez la plupart des cycas, mais l’espèce est réputée plus accommodante que bien d’autres.

Multiplication

La multiplication se fait par semis, à partir de graines fraîches. L’espèce étant dioïque, l’obtention de graines viables suppose des pieds mâles et femelles et, en culture, une pollinisation manuelle. La sarcotesta charnue est nettoyée avant le semis ; les graines demandent de la chaleur et un substrat drainant maintenu légèrement humide pour germer, lentement. L’espèce produit par ailleurs assez volontiers des rejets basaux, qui peuvent être prélevés et enracinés pour une multiplication végétative.

Maladies et ravageurs

Les ennemis sont communs à l’ensemble des cycas cultivés : la cochenille du cycas (Aulacaspis yasumatsui), particulièrement redoutable sous climat chaud et humide, ainsi que les cochenilles farineuses et les araignées rouges. La chenille du papillon Luthrodes pandava (le « bleu des cycas »), ravageur des jeunes pousses de cycadales dans la région indo-pacifique, peut s’attaquer aux jeunes feuilles. La pourriture des racines et du tronc, liée à un excès d’humidité ou à un mauvais drainage, est le principal trouble physiologique — d’autant plus à surveiller chez une espèce adaptée aux substrats secs et parfaitement drainés.

Rusticité

Issu des karsts subtropicaux à tropicaux du sud de la Chine et du nord du Vietnam, Cycas sexseminifera est globalement sensible au gel et à réserver aux climats chauds (zones de rusticité USDA de l’ordre de 9b à 11). Son origine, sur des collines calcaires parfois soumises à des hivers frais dans le nord de son aire, lui confère sans doute une tolérance à de courts épisodes frais supérieure à celle des cycas strictement tropicaux, mais aucun retour d’expérience chiffré et fiable spécifique à cette espèce n’a pu être trouvé sur les forums spécialisés pour préciser un seuil de résistance au froid. Dans le doute, et partout où des gelées sont possibles, la culture en bac hivernée à l’abri reste la solution la plus sûre.

Usages traditionnels

Aucun usage traditionnel propre et fiablement documenté n’est associé à Cycas sexseminifera en particulier. De manière générale, il faut rappeler que les cycas renferment des composés toxiques, notamment la cycasine : graines et tissus ne doivent jamais être consommés sans traitement de détoxification approprié. L’espèce est en revanche couramment cultivée comme plante ornementale, notamment en Chine du Sud.

FAQ

Que signifie l’épithète sexseminifera ? « Qui porte six graines », en référence aux six graines comptées sur la mégasporophylle du spécimen type — un trait du type, et non une règle, le nombre de graines étant variable.

Où pousse-t-il à l’état sauvage ? Sur les karsts calcaires du sud et du centre du Guangxi (Chine) et du nord du Vietnam (Cao Bằng, Thanh Hóa, Ninh Bình), dans les fentes de rochers et sur les pentes calcaires.

Est-il facile à cultiver ? Oui, c’est l’un des cycas asiatiques les plus accommodants, à condition de lui offrir un substrat très drainant et de la chaleur. Il produit volontiers des rejets.

Quels sont ses plus proches parents ? Cycas ferruginea et Cycas tropophylla, autres cycas calcicoles de la section Stangerioides ; les trois font partie d’un ensemble morphologiquement proche.

Qu’est-ce que le « complexe de Cycas sexseminifera » ? Un ensemble d’espèces très semblables décrites sur les karsts de Chine du Sud, dont plusieurs (par exemple Cycas longisporophylla ou Cycas spiniformis) sont aujourd’hui ramenées à la synonymie de Cycas sexseminifera.

Sites de référence

Plants of the World Online (POWO) — nom accepté, répartition et synonymie : https://powo.science.kew.org/taxon/urn:lsid:ipni.org:names:988620-1

International Plant Names Index (IPNI) — données nomenclaturales : https://www.ipni.org/n/988620-1

Cycad List, The World List of Cycads (cycadlist.org) — type, étymologie, synonymie et statut UICN : https://cycadlist.org/scientific_name/210

Bibliographie

Wei, F.N. (1996). [Cycas sexseminifera F.N.Wei.] Guihaia 16(1) : 1. [Description originale (protologue).]

Hill, K.D. (2008). The genus Cycas (Cycadaceae) in China. Telopea 12(1) : 71-118. [Cadre de classification infragénérique du genre en Chine ; placement en section Stangerioides.]

Haynes, J.L. (2022). Etymological compendium of cycad names. Phytotaxa 550(1) : 1-31. [Étymologie des noms de cycadales.]

Zheng, Y., Liu, J., Gong, X. et al. (2017). The distribution, diversity, and conservation status of Cycas in China. Ecology and Evolution 7(9) : 3212-3224. [Répartition, diversité et conservation des cycas de Chine.]

Osborne, R., Calonje, M.A., Hill, K.D., Stanberg, L. & Stevenson, D.W. (2012). The world list of cycads. Memoirs of the New York Botanical Garden 106 : 480-510. [Référence taxonomique mondiale des cycadales.]