Zamia vazquezii

Zamia vazquezii est une cycadale naine endémique du nord de l’État de Veracruz, dans l’est du Mexique, et l’une des espèces du genre Zamia les plus menacées de la planète. Décrite tardivement en 1995-1996 par Dennis Stevenson, Sergio Sabato et Paolo De Luca dans la revue Delpinoa, elle a été séparée de Zamia fischeri à l’issue d’une révision taxonomique fondamentale qui a montré que la quasi-totalité des plantes en culture sous ce dernier nom à travers le monde, depuis les années 1930, correspondaient en réalité à cette espèce nouvelle. Zamia vazquezii se distingue par un caudex subterranéen subglobuleux, des frondes érigées atteignant jusqu’à un mètre portant douze à vingt-cinq paires de folioles ovales fortement dentelées, à émergence typiquement brun-rougeâtre. Paradoxalement, alors que l’espèce est extrêmement répandue en collection horticole et chez les amateurs de cycadales — où elle a longtemps été commercialisée sous le nom Zamia fischeri —, elle compte parmi les rares cycadales évaluées En danger critique d’extinction (Critically Endangered) par l’IUCN, avec seulement une cinquantaine d’individus matures connus en milieu naturel, répartis sur deux populations.

Comment reconnaître Zamia vazquezii

L’identification de Zamia vazquezii repose sur une combinaison de caractères de stature modeste, de feuillage abondant et finement dentelé qui la distinguent des autres Zamia mexicains.

Le tronc est essentiellement subterranéen, subglobuleux à tubéreux, atteignant environ dix centimètres de diamètre chez les sujets matures, parfois plus chez les très vieux pieds qui peuvent atteindre trente-cinq centimètres de longueur axiale et tendre à se ramifier. Seul l’apex affleure souvent au-dessus du sol, portant la couronne foliaire. Cette anatomie souterraine est partagée avec d’autres Zamia mexicains comme Zamia fischeri et Zamia loddigesii.

Les cataphylles qui protègent les bourgeons au repos sont ovales, courtes, mesurant un à un centimètre et demi de long sur un centimètre et demi à deux centimètres de large.

La couronne foliaire est nettement plus fournie que chez Zamia fischeri : on compte généralement trois à trente frondes selon l’âge et la vigueur du sujet, érigées à semi-érigées, atteignant trente centimètres à un mètre de longueur totale — une stature deux à trois fois supérieure à celle de Zamia fischeri. Le pétiole, de quinze à quarante centimètres, peut être lisse ou présenter quelques aiguillons épars — caractère discriminant face à Zamia fischeri, dont le pétiole est totalement dépourvu d’aiguillons.

Les folioles sont nettement plus nombreuses, douze à vingt-cinq (occasionnellement trente) paires par fronde, de texture papyracée à légèrement coriace, ovales à obpyriformes (en poire inversée), à base cunéiforme et apex acuminé. Les marges présentent de nombreuses serrations dans les deux tiers distaux, caractère diagnostique précieux. Les folioles médianes mesurent six à sept (parfois huit) centimètres de long sur trois à quatre centimètres de large — des dimensions très supérieures aux folioles minuscules de Zamia fischeri (trois à cinq centimètres de long sur cinq à dix millimètres de large).

L’émergence des nouvelles feuilles présente une coloration brun-rougeâtre caractéristique, virant progressivement au vert pâle puis au vert franc à maturité. Cette flush colorée contribue à l’attrait ornemental de l’espèce.

Le caractère dioïque impose la séparation des sexes sur des pieds distincts. Les cônes mâles, ovoïdes à ovoïdes-cylindriques, fauves, mesurent cinq à sept (parfois huit) centimètres de long sur deux à deux centimètres et demi de diamètre ; le pédoncule atteint un à deux centimètres et demi. Les cônes femelles, plus volumineux, sont cylindriques à ovoïdes-cylindriques, gris-vert à fauves à maturité. Les graines portent une sarcotesta charnue rouge à maturité.

Le nombre chromosomique est de 2n = 18, déterminé par Moretti et collaborateurs et confirmé par Caputo et collaborateurs dans le contexte des travaux qui ont conduit à la séparation de l’espèce. Ce nombre constitue un caractère discriminant rigoureux face à Zamia fischeri sensu stricto, dont les populations présentent invariablement 2n = 16.

Hybrides connues

Aucun hybride naturel validé scientifiquement n’est documenté pour Zamia vazquezii. La séparation géographique avec sa proche parente Zamia fischeri (Sierra Madre Oriental versus piémont de Veracruz) exclut les contacts naturels entre ces deux taxons morphologiquement proches.

En culture, le potentiel d’hybridation reste théoriquement ouvert, étant donné la longue confusion historique qui a vu les deux espèces cultivées simultanément dans les collections sous le nom Zamia fischeri. Aucun hybride horticole stabilisé n’a toutefois fait l’objet d’une publication formelle, et la majorité des plantes commercialisées en collection relèvent en réalité de Zamia vazquezii pur plutôt que d’authentiques croisements. Le contraste caryologique (2n = 16 chez Z. fischeri contre 2n = 18 chez Z. vazquezii) constitue par ailleurs une barrière potentielle à l’hybridation viable.

Confusion avec d’autres espèces

La confusion historique majeure oppose Zamia vazquezii à Zamia fischeri Miq. ex Lem. C’est précisément pour résoudre cette confusion que Stevenson, Sabato et De Luca ont décrit Zamia vazquezii en 1995-1996. Avant cette révision, et depuis les années 1930, les plantes de Veracruz étaient massivement étiquetées Zamia fischeri dans les collections, les herbiers et le commerce horticole mondial. Les critères de distinction sont aujourd’hui établis : Zamia vazquezii présente plus de feuilles, des feuilles nettement plus longues, des folioles plus grandes et plus larges, un nombre chromosomique 2n = 18 contre 2n = 16 chez Zamia fischeri, et une distribution restreinte au nord de l’État de Veracruz, géographiquement disjointe de l’aire de Zamia fischeri dans la Sierra Madre Oriental (Hidalgo, Querétaro, San Luis Potosí, Tamaulipas). Toute plante commercialisée sous le nom Zamia fischeri a aujourd’hui de très fortes chances d’être en réalité Zamia vazquezii.

Zamia inermis Vovides, J.D. Rees & Vázq.Torres partage avec Zamia vazquezii l’absence de marqueurs forts sur le pétiole (l’épithète inermis signifie « sans armes »), mais s’en distingue facilement par ses folioles entières (non dentelées), plus larges et plus coriaces, par son port plus robuste et par sa distribution restreinte à un secteur particulier de Veracruz, sur substrats basaltiques.

Zamia loddigesii Miq., autre cycadale mexicaine à tronc subterranéen présente dans plusieurs états dont Veracruz, s’en distingue par des frondes plus longues encore, un nombre de folioles bien plus élevé, des folioles plus étroites et lancéolées, et des aiguillons généralement présents et marqués sur le pétiole.

Zamia furfuracea L.f. ex Aiton, également originaire de Veracruz et fréquemment rencontrée en culture, ne pose pas de problème d’identification : ses folioles épaisses, coriaces, fortement pubescentes-furfuracées sur la face inférieure et son port plus robuste excluent toute confusion avec Zamia vazquezii.

Taxonomie

Zamia vazquezii a été publiée en 1995-1996 (effectivement imprimée en 1998) par les botanistes Dennis William Stevenson (Jardin botanique de New York), Sergio Sabato (Université de Naples) et Paolo De Luca (Université de Naples) dans la revue italienne Delpinoa nouvelle série, volume 37-38, pages 9-17, dans l’article fondamental intitulé What is Zamia fischeri Miquel?. La description était fondée sur du matériel collecté à Veracruz le 22 janvier 1989 par Mario Vázquez Torres et collaborateurs (numéro 3990). L’identifiant IPNI de l’espèce est 1016948-1.

L’holotype est conservé à l’herbier du Jardin botanique de New York (NY), avec des isotypes déposés à FTG (Fairchild Tropical Botanic Garden, Floride), MO (Missouri Botanical Garden), NY, U (Université d’Utrecht) et XALU (Universidad Veracruzana, Xalapa).

L’épithète spécifique honore le Dr Santiago Mario Vázquez Torres, chercheur à l’Instituto de Investigaciones Biológicas de Xalapa (Veracruz, Mexique), spécialiste des cycadales mexicaines et centraméricaines, qui a découvert l’espèce et collecté le matériel-type (Haynes, 2022). Cette dédicace s’inscrit dans une tradition de reconnaissance, dans la cycadologie néotropicale, des botanistes mexicains ayant contribué à la connaissance taxonomique et conservationniste du genre.

Sur le plan nomenclatural, POWO ne reconnaît aucun synonyme à Zamia vazquezii, ce qui s’explique aisément par la jeunesse de la description (1995-96) : aucun nom alternatif n’a eu le temps d’être publié pour ce taxon. Cette stabilité taxonomique contraste avec celle de Zamia loddigesii (vingt-six synonymes accumulés au XIXᵉ siècle) ou de Zamia fischeri (trois synonymes accumulés à la même époque).

Sur le plan historique, la description de Zamia vazquezii clôt une confusion taxonomique persistante : depuis les années 1930, les plantes de Veracruz avaient été massivement attribuées à Zamia fischeri, masquant l’existence d’une espèce distincte aux caractères morphologiques, géographiques et caryologiques différents. La révision de 1995-96 a établi sur des bases solides que les plantes de Veracruz présentaient invariablement 2n = 18 chromosomes, contre 2n = 16 chez les plantes de San Luis Potosí conformes à la description originale de Miquel — une différence caryologique stable, confirmée par Caputo, Moretti et Sabato dans les années 1990-2000 et constituant un argument décisif pour la séparation spécifique.

Plus récemment, le traitement taxonomique de Nicolalde-Morejón, Vovides et Stevenson (2009) sur les Zamia du « Méga-Mexique » a confirmé la validité spécifique de Zamia vazquezii et son endémisme strict au nord de Veracruz.

Dans la nature

Zamia vazquezii est strictement endémique du nord de l’État de Veracruz, dans l’est du Mexique. Les deux populations sauvages connues, géographiquement très restreintes, totalisent une cinquantaine d’individus matures au maximum, situées dans des fragments de forêt tropicale humide entre cinquante et trois cent cinquante mètres d’altitude.

L’habitat typique correspond aux forêts tropicales sempervirentes (« bosques tropicales perennifolios » sensu Rzedowski, 1978) de basse altitude, sur des sols argileux profonds, riches en humus. L’espèce occupe le sous-bois (understorey) de ces formations, à l’ombre filtrée d’une canopée dense. La position subterranéenne du caudex lui confère une certaine résilience face aux variations stationnelles.

Le climat local est tropical humide à subhumide, caractérisé par des précipitations annuelles de 1 500 à 2 000 millimètres, des températures estivales moyennes de 20 à 30 °C et des températures hivernales pouvant descendre à 10-20 °C — ce qui place l’espèce dans un régime thermique légèrement plus tempéré que les Zamia strictement équatoriales d’Amérique centrale.

L’évaluation IUCN classe Zamia vazquezii en En danger critique d’extinction (Critically Endangered, CR) selon une combinaison de critères exceptionnellement sévère : A2cd ; B1ab(i,ii,iii,v)+2ab(i,ii,iii,v) ; C2a(i) ; D. Cette classification reflète à la fois une réduction observée et projetée des effectifs supérieure à 80 %, une aire géographique extrêmement restreinte (extent of occurrence et area of occupancy très limités), un déclin observé du nombre d’individus matures, et un effectif total estimé inférieur au seuil de cinquante individus matures. Les menaces principales tiennent à la destruction de l’habitat forestier par expansion agricole et de l’élevage bovin dans le nord de Veracruz, à la fragmentation des populations restantes, et à la collecte illégale historique pour le commerce horticole — quoique le matériel horticole circulant aujourd’hui dans le monde provienne très majoritairement de la propagation séminale en collections (essentiellement à partir de plantes ex situ rétroactivement identifiées).

Comme l’ensemble des Cycadales, l’espèce est inscrite à l’annexe II de la CITES, ce qui réglemente strictement son commerce international.

Le système racinaire héberge, comme chez l’ensemble des cycadales, des racines coralloïdes abritant des cyanobactéries du genre Nostoc fixatrices d’azote, contribuant à la nutrition azotée de la plante en sols forestiers parfois pauvres.

Le paradoxe culture/conservation de Zamia vazquezii est notable : alors que l’espèce est extrêmement rare en nature, elle est probablement l’un des Zamia mexicains les plus communs en collection à travers le monde, du fait de sa diffusion massive au XXᵉ siècle sous le nom erroné Zamia fischeri. Cette situation, qui résulte de la confusion taxonomique historique, signifie que des collections ex situ vastes et génétiquement diversifiées existent en réalité dans de nombreux jardins botaniques et chez les collectionneurs, constituant potentiellement une réserve génétique précieuse pour la conservation et la réintroduction.

Culture de Zamia vazquezii

Zamia vazquezii compte parmi les Zamia mexicains les plus aisément cultivables, ce qui explique sa très large diffusion historique en collection. Son caudex subterranéen, sa taille modeste, sa résistance relative aux variations thermiques modérées et sa croissance régulière en font une espèce accessible aux amateurs, à condition de respecter ses besoins en lumière filtrée et en humidité atmosphérique modérée à élevée.

Culture en pot

La culture en conteneur est la formule la plus courante hors zone biogéographique compatible. On choisira un pot relativement profond pour accommoder le caudex subterranéen tubéreux et le système racinaire pivotant, drainé par plusieurs orifices, de dimensions adaptées à la stature de l’espèce — un pot de vingt à trente centimètres de diamètre convient aux sujets adultes.

Le substrat doit conjuguer richesse organique et drainage parfait, reproduisant les sols argileux profonds et humifères de l’habitat naturel. Un mélange équilibré associant terreau forestier, écorces de pin compostées, pouzzolane fine et sable grossier convient, éventuellement enrichi d’une fraction limono-argileuse modérée pour reproduire la texture des sols de Veracruz. Le pH doit être proche de la neutralité ou légèrement acide. Un apport régulier de matière organique stabilisée bénéficie à la vigueur et à l’esthétique du feuillage.

L’exposition doit être lumineuse mais filtrée, sans soleil direct prolongé. Une position sous canopée légère, derrière un voile d’ombrage, ou en lumière indirecte vive convient parfaitement. Les folioles fines et papyracées sont sensibles aux brûlures solaires en air sec ; la mi-ombre lumineuse stable est l’objectif.

Les arrosages doivent être réguliers en saison de croissance, suivis d’une période de ralentissement modéré en saison fraîche, reproduisant la saisonnalité tropicale de l’habitat. Le substrat doit rester durablement humide sans engorgement chronique, et s’assécher modérément entre deux arrosages en repos hivernal. L’hygrométrie ambiante modérée à élevée est préférable, l’espèce tolérant toutefois mieux que les Zamia strictement tropicales les ambiances un peu plus sèches grâce à son adaptation à un régime de saisonnalité hydrique marqué. La fertilisation s’effectue avec un engrais équilibré faiblement dosé en saison de croissance, complété par un apport ponctuel de magnésium et d’oligo-éléments — les Cycadales étant sensibles aux carences en manganèse et magnésium qui se manifestent par des chloroses internervaires sur les folioles matures.

L’hivernage doit garantir un minimum thermique opérationnel (voir section Rusticité) et une légère diminution des arrosages, conforme à la saisonnalité naturelle.

Culture en pleine terre

La mise en pleine terre est envisageable en climat subtropical à tempéré chaud sans gel sévère, sur des sites à ombre filtrée et à sol profond, riche et bien drainant. La petite taille de l’espèce et son caudex subterranéen en font une bonne candidate pour les rocailles ombragées, les jardins de sous-bois et les compositions mixtes avec d’autres petites cycadales, fougères et plantes vivaces de sol forestier. Une protection hivernale par paillage organique épais est recommandée dans les zones climatiques limites.

Une fois installée, Zamia vazquezii demande peu d’entretien : arrosages d’appoint en saison sèche, renouvellement périodique du paillage, surveillance sanitaire. La croissance reste lente : plusieurs années sont nécessaires pour qu’un jeune sujet atteigne sa pleine maturité morphologique.

Multiplication

La multiplication de Zamia vazquezii s’effectue essentiellement par semis. L’espèce produit également plus volontiers que Zamia fischeri des rejets basaux exploitables chez les sujets âgés à caudex ramifié, ce qui permet une multiplication végétative occasionnelle.

Le caractère dioïque impose la coexistence de sujets adultes des deux sexes pour obtenir des graines viables, ce qui suppose plusieurs plantes parvenues à maturité sexuelle, atteinte tardivement, après plusieurs années à plus d’une décennie de culture. La pollinisation naturelle dans les populations sauvages est assurée par des charançons spécialisés (Curculionidae) inféodés aux cycadales, attirés par un mécanisme combinant thermogenèse cônique, émissions olfactives et signaux visuels. En culture, la pollinisation manuelle s’effectue par récolte du pollen sur un cône mâle en pleine déhiscence et application au pinceau ou par insufflation sur les sporophylles d’un cône femelle réceptif. La large diffusion historique de Zamia vazquezii en collection (sous le nom Zamia fischeri) facilite paradoxalement la mise en culture parentale, par disponibilité du matériel.

Les graines mûres se reconnaissent à la coloration rouge de leur sarcotesta. On les débarrasse de cette pulpe charnue par macération dans l’eau tiède pendant 24 à 48 heures puis frottement (gants impératifs : la sarcotesta contient des cycasines et macrozamines toxiques irritantes pour la peau et les muqueuses). Les semences nues, rincées, doivent être semées rapidement, leur viabilité décroissant dans les semaines suivant la récolte.

Le semis se fait à plat ou à demi-enterré sur un substrat très drainant à base de perlite ou sable grossier additionné d’un peu de matière organique, maintenu humide mais jamais détrempé, à une température constante de 22 à 28 °C sous hygrométrie modérée à élevée. La germination, hypogée, peut intervenir en quelques semaines à plusieurs mois selon les lots. La sensibilité aux pourritures fongiques pendant les premiers mois est notable ; ventilation, modération de l’humidité de surface et éventuel traitement fongicide préventif réduisent les pertes. Le repiquage s’effectue après émission de la première fronde, dans des godets profonds adaptés au système racinaire pivotant.

La multiplication végétative par division de rejets basaux est envisageable chez les sujets âgés, en veillant à conserver suffisamment de racines fonctionnelles sur chaque éclat et à laisser cicatriser les sections avant rempotage dans un substrat très drainant.

Maladies et ravageurs

Zamia vazquezii partage avec l’ensemble des cycadales cultivées une sensibilité à un nombre limité mais bien identifié d’organismes nuisibles.

La cochenille asiatique des cycas, Aulacaspis yasumatsui, demeure à l’échelle mondiale le ravageur le plus préoccupant des collections de cycadales depuis sa dispersion accidentelle hors d’Asie du Sud-Est à partir des années 1990. Cette cochenille à bouclier blanc colonise massivement la face inférieure des folioles puis l’ensemble de la plante, provoquant en quelques mois la chlorose, le dessèchement et la mort en l’absence de traitement. La lutte combine traitements systémiques à base d’imidaclopride ou de dinotéfurane, applications topiques d’huiles minérales et, dans les régions où ces auxiliaires sont établis, mobilisation du prédateur Cybocephalus nipponicus et du parasitoïde Coccobius fulvus dans des programmes intégrés. Les folioles fines et papyracées de Zamia vazquezii sont particulièrement vulnérables à la dégradation rapide en cas d’infestation.

Les pourritures racinaires et caulinaires d’origine fongique (Pythium, Phytophthora, Fusarium) constituent un risque réel pour cette espèce à caudex tubéreux subterranéen, particulièrement en cas d’arrosage excessif ou de substrat insuffisamment drainant. Une aération correcte du substrat, un drainage rigoureux et un suivi attentif des plantules limitent ces incidents.

Les cochenilles farineuses et les acariens apparaissent occasionnellement en serre ou en intérieur lors d’épisodes secs ; un bassinage régulier du feuillage en saison chaude et une hygrométrie modérée à élevée les tiennent généralement à distance.

Sur le plan sanitaire humain, toutes les parties de la plante — feuilles, tige, graines — contiennent des composés neurotoxiques (cycasines, macrozamines, BMAA) responsables d’intoxications graves en cas d’ingestion non préparée. La sarcotesta charnue rouge des graines, particulièrement attractive, doit être tenue hors de portée des enfants et des animaux domestiques.

Rusticité

Zamia vazquezii présente une rusticité modérée, supérieure à celle des Zamia strictement tropicales équatoriales en raison de son origine en forêt tropicale humide de basse altitude soumise à une saisonnalité thermique sensible, et de son caudex subterranéen qui bénéficie de la protection thermique du sol.

L’habitat naturel à Veracruz connaît des températures hivernales descendant régulièrement entre 10 et 20 °C, sans gel. L’espèce se place ainsi en zone USDA 10 à 10b, avec une tolérance opérationnelle en culture autour de 5 à 8 °C minimum, voire de très courts épisodes au voisinage du point de congélation tolérés par les sujets bien établis grâce à la position subterranéenne du caudex. Les frondes aériennes sont en revanche sensibles : elles peuvent souffrir dès 5 °C en air humide, et le gel provoque leur dépérissement. La capacité du caudex à reformer une nouvelle couronne foliaire après dégâts hivernaux constitue toutefois un avantage notable comparé aux Zamia à tronc strictement aérien.

En culture extérieure, l’espèce est envisageable en climat subtropical à tempéré chaud sans gel sévère prolongé, sur emplacement protégé sous canopée filtrante, à condition d’assurer un drainage parfait du substrat et un paillage organique épais pour limiter les écarts thermiques racinaires. En climat à hivers plus rigoureux, la culture relève de la serre froide à tempérée, de la véranda hors gel ou de l’intérieur lumineux, avec un minimum thermique opérationnel maintenu entre 10 et 15 °C en repos hivernal.

Usages traditionnels éventuels

L’ethnobotanique de Zamia vazquezii est peu documentée, en cohérence avec la rareté de l’espèce et la description tardive du taxon. Le terme générique mésoaméricain chamal (parfois décliné en chamalillo, « petit chamal »), bien attesté pour désigner Dioon edule dans le nord-est du Mexique et appliqué localement à diverses cycadales du genre Zamia, est parfois rencontré dans le commerce horticole anglo-saxon en référence à Zamia vazquezii (sous l’appellation commerciale « Little Chamal Cycad »). L’usage authentiquement vernaculaire de ce nom pour cette espèce précise dans son aire d’origine n’est toutefois pas clairement établi dans la littérature ethnobotanique de référence.

Comme l’ensemble des cycadales mexicaines, Zamia vazquezii a probablement fait l’objet d’usages alimentaires traditionnels reposant sur l’extraction d’amidon à partir du caudex, après détoxification rigoureuse (lessivages prolongés, fermentations, cuissons successives) destinée à neutraliser les cycasines et macrozamines neurotoxiques. La petite taille du caudex limite toutefois considérablement le rendement et la portée pratique de cet usage, qui n’a jamais constitué une ressource alimentaire majeure et n’est aujourd’hui plus pratiqué. À l’inverse de Zamia loddigesii, dont l’usage alimentaire est mieux documenté chez plusieurs peuples mésoaméricains, Zamia vazquezii n’occupe pas une place culturelle structurée.

Sur le plan horticole et ornemental, Zamia vazquezii est aujourd’hui l’une des cycadales mexicaines les plus diffusées en collection à l’échelle mondiale, héritage de plusieurs décennies de culture sous le nom erroné Zamia fischeri. Sa croissance régulière, sa taille adaptée à la culture en pot, son feuillage finement dentelé et l’émergence brun-rougeâtre de ses jeunes frondes en font un sujet apprécié des amateurs comme des jardins botaniques. La diffusion horticole responsable s’effectue désormais à partir de semences issues de plantes en collections vérifiées, dans le respect du cadre CITES, contribuant à maintenir une réserve génétique ex situ précieuse compte tenu de la précarité de l’espèce en milieu naturel.

FAQ pour Zamia vazquezii

Comment distinguer Zamia vazquezii de Zamia fischeri ? Les deux espèces partagent un caudex subterranéen subglobuleux mais diffèrent par toutes leurs proportions. Zamia vazquezii présente plus de feuilles (3-30 par plante), nettement plus longues (30 cm à 1 m contre seulement 15-30 cm chez Z. fischeri), avec 12-25 paires de folioles plus grandes (6-7 × 3-4 cm contre 3-5 × 0,5-1 cm) et plus larges, ovales à obpyriformes (contre lancéolées chez fischeri). Le pétiole peut porter quelques aiguillons épars chez Z. vazquezii (absents chez Z. fischeri). Le nombre chromosomique est de 2n = 18 (contre 2n = 16 chez Z. fischeri). Enfin, Z. vazquezii est endémique du nord de Veracruz, tandis que Z. fischeri sensu stricto se trouve dans la Sierra Madre Oriental (Hidalgo, Querétaro, San Luis Potosí, Tamaulipas).

Pourquoi cette espèce est-elle aussi répandue en culture si elle est en danger critique d’extinction ? C’est un paradoxe lié à l’histoire taxonomique de l’espèce. Depuis les années 1930, les plantes de Veracruz ont été massivement diffusées dans les jardins botaniques et les collections privées du monde entier sous le nom erroné Zamia fischeri. Ce n’est qu’en 1995-1996 que Stevenson, Sabato et De Luca ont démontré qu’il s’agissait d’une espèce distincte. Aujourd’hui, Zamia vazquezii est probablement l’un des Zamia mexicains les plus communs en collection, alors qu’elle ne compte plus qu’une cinquantaine d’individus matures connus en nature, répartis sur deux populations.

Quel substrat utiliser pour le rempotage ? Un mélange drainant à base de terreau forestier, d’écorces de pin compostées, de pouzzolane et de sable grossier, légèrement enrichi en matière organique, reproduit correctement les sols argileux profonds et humifères des forêts tropicales de Veracruz. Le pH doit être proche de la neutralité ou légèrement acide, et le drainage parfait pour éviter les pourritures du caudex.

Peut-on cultiver Zamia vazquezii à l’extérieur dans les régions tempérées ? Dans les climats subtropicaux à tempérés chauds sans gel sévère prolongé, la culture extérieure est envisageable sur emplacement protégé sous canopée filtrante, avec drainage parfait et paillage organique épais. Le caudex subterranéen confère à l’espèce une tolérance supérieure à celle des Zamia à tronc aérien : de très courts épisodes près du point de congélation peuvent être tolérés par les sujets établis. Sous climats à hivers plus rigoureux, la culture en serre froide à tempérée hors gel est requise, avec un minimum thermique opérationnel entre 10 et 15 °C en repos hivernal.

Pourquoi mes folioles présentent-elles des taches jaunâtres et un aspect crayeux sur la face inférieure ? Ces symptômes évoquent une infestation par la cochenille asiatique des cycas (Aulacaspis yasumatsui), parasite majeur des cycadales en collection. Inspecter attentivement la face inférieure des frondes ; en cas de confirmation, un traitement systémique combiné à des huiles minérales s’impose sans délai. Les folioles fines et papyracées de Zamia vazquezii sont particulièrement vulnérables.

Les graines sont-elles toxiques ? Oui. Toutes les parties de la plante, y compris la sarcotesta charnue rouge des graines, contiennent des cycasines, macrozamines et BMAA neurotoxiques. La manipulation des graines lors du dépulpage s’effectue avec des gants, et l’accès aux cônes mûrs doit être interdit aux enfants et aux animaux domestiques.

Sites de référence

Plants of the World Online (POWO, Kew) — fiche taxonomique officielle : https://powo.science.kew.org/taxon/urn:lsid:ipni.org:names:1016948-1

International Plant Names Index (IPNI) — protologue et identifiant nomenclatural : https://www.ipni.org/n/1016948-1

World List of Cycads (Calonje, Stevenson et collaborateurs) — fiche détaillée sur Cycadlist : https://cycadlist.org/scientific_name/567

World Flora Online — traitement de l’espèce : https://www.worldfloraonline.org/taxon/wfo-0000429681

IUCN Red List of Threatened Species — évaluation du statut de conservation : https://www.iucnredlist.org/

CITES Species+ — statut commercial international (annexe II) : https://www.speciesplus.net/

Wikipedia (langue anglaise) — synthèse référencée : https://en.wikipedia.org/wiki/Zamia_vazquezii

Bibliographie

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