Cycas pschannae appartient au genre Cycas, le plus vaste et le plus largement réparti des cycadales actuels. C’est un grand cycas arborescent endémique des îles Andaman, dans le golfe du Bengale, où il croît dans les forêts littorales en bord de mer. Décrit en 2015, il appartient à la section Cycas (sous-section Rumphiae), celle des cycas côtiers à grosses graines flottantes, et se rattache au groupe de Cycas zeylanica. C’est le nom accepté sous lequel a été placé Cycas andamanica.
Comment reconnaître Cycas pschannae ?
C’est l’un des plus grands cycas de la région : le tronc, arborescent, peut dépasser 9 m de hauteur, et n’est pas renflé à la base — un caractère qui le sépare de l’autre grand cycas des Andaman, Cycas dharmrajii. Comme chez tous les cycas, les feuilles sont pennées, à folioles munies d’une nervure médiane unique, et les jeunes feuilles émergent enroulées.
L’espèce est dioïque. Les cônes mâles sont cylindriques. Le caractère le plus distinctif concerne les mégasporophylles femelles : leur lame stérile est semi-orbiculaire à orbiculaire, terminée par une pointe brusquement et longuement acuminée, et porte à la base de la portion stérile deux structures latérales en forme de corne, courbées et inégales. C’est précisément cette paire de « cornes » qui distingue Cycas pschannae de ses voisins du golfe du Bengale. Comme chez les autres membres de la sous-section Rumphiae, les graines possèdent un endocarpe spongieux qui les fait flotter.
Hybrides connus
Aucun hybride horticole nommé ni hybride naturel formellement décrit n’est attesté pour Cycas pschannae. L’espèce s’inscrit en revanche dans un ensemble de cycas des îles Andaman-et-Nicobar dont la délimitation a été très discutée, ce qui a donné lieu à la description de plusieurs noms aujourd’hui mis en synonymie.
Confusion avec d’autres espèces
Cycas pschannae est proche de Cycas zeylanica et de Cycas edentata, au sein de la sous-section Rumphiae. Dans les îles Andaman, la clé de distinction repose sur le port et les mégasporophylles : Cycas zeylanica a un tronc de moins de 9 m et une lame de mégasporophylle lancéolée à marge obscurément dentée ; Cycas pschannae a un tronc de plus de 9 m, non renflé à la base, un cône mâle cylindrique et une mégasporophylle semi-orbiculaire à deux cornes latérales inégales ; Cycas dharmrajii, enfin, a un tronc renflé à la base, un cône mâle lancéolé et une mégasporophylle portant de 10 à 28 paires de structures latérales en crochet. Enfin, Cycas andamanica n’est pas une espèce distincte mais un synonyme de Cycas pschannae.
Taxonomie
Cycas pschannae a été décrit en 2015 par R. C. Srivastava et Lalji Singh, dans l’International Journal of Current Research in Biosciences and Plant Biology (volume 2(8), pages 35-37) ; l’identifiant nomenclatural IPNI est 60469421-2. L’espèce avait d’abord été repérée en 2001 sur des plantes cultivées au jardin botanique Acharya Jagadish Chandra Bose (région de Howrah, Bengale-Occidental), introduites des îles Andaman, où des populations sauvages ont ensuite été trouvées à partir de 2014 ; l’holotype provient de ce jardin botanique. L’épithète pschannae honore le Dr Paramjit Singh Channa, directeur du Botanical Survey of India.
L’espèce est rangée dans la section Cycas, sous-section Rumphiae (les cycas littoraux à graines flottantes), et se rattache au groupe de Cycas zeylanica. La révision des cycas des îles Andaman-et-Nicobar publiée par Singh et Misra en 2020 a placé Cycas andamanica (décrit la même année, en 2015, par K. Prasad, M. V. Ramana, M. Sanjappa et B. R. P. Rao) en synonyme de Cycas pschannae ; POWO suit ce traitement, de même que la Flora of Andaman and Nicobar Islands (2023). On notera que ce groupe de cycas insulaires reste taxonomiquement délicat, plusieurs noms ayant changé de statut au fil des révisions récentes.
Dans la nature
Cycas pschannae est endémique des îles Andaman, dans le nord et le centre de l’archipel (golfe du Bengale, Inde). Il croît en milieu tropical humide, dans les forêts littorales sempervirentes proches de la mer, sur sols sableux, à très basse altitude — on le signale par exemple du côté de Cuthbert Bay (Rangat) et de la forêt littorale de Ramnagar. Ses graines à endocarpe spongieux flottent, ce qui a favorisé la dispersion côtière des cycas de la sous-section Rumphiae à travers l’océan Indien et le Pacifique.
Sur le plan de la conservation, c’est un endémique insulaire à aire restreinte, vulnérable à la destruction des forêts côtières (agriculture, aménagements, urbanisation) et au prélèvement. Comme toute la famille des Cycadaceae, l’espèce relève de l’Annexe II de la CITES : toute plante commercialisée doit pouvoir justifier d’une origine issue de culture. En l’absence d’évaluation mondiale formelle stabilisée pour ce taxon récemment décrit, il convient de rester prudent quant à une catégorie de menace précise, même si sa situation d’endémique côtier appelle une vigilance particulière.
Culture
La culture de Cycas pschannae est très peu répandue et l’espèce reste rare en collection. Comme les autres cycas littoraux tropicaux de la sous-section Rumphiae (proches de Cycas rumphii ou Cycas edentata), c’est une plante thermophile, exigeante en chaleur et frileuse (zones de rusticité USDA de l’ordre de 10b à 11), appréciant le plein soleil à une ombre légère, un sol drainant et sableux et des arrosages réguliers durant la végétation. Elle tolère vraisemblablement les sols sableux et les embruns, comme ses proches. De grande taille à terme, elle relève surtout des collections de climat tropical ou subtropical ; sous climat tempéré, la culture en grand bac chauffé, hors gel, s’impose.
Multiplication
La multiplication se fait par semis, à partir de graines fraîches. L’espèce étant dioïque, l’obtention de graines viables suppose des pieds mâles et femelles et, en culture, une pollinisation manuelle. La sarcotesta charnue est nettoyée avant le semis ; les graines, pourvues d’un endocarpe spongieux, demandent de la chaleur et un substrat drainant maintenu humide pour germer. Compte tenu de la rareté de l’espèce et de son statut d’endémique insulaire, seul du matériel issu de semis et de sources légales doit être recherché.
Maladies et ravageurs
Les ennemis sont communs à l’ensemble des cycas cultivés : la cochenille du cycas (Aulacaspis yasumatsui), particulièrement redoutable sous climat chaud et humide, ainsi que les cochenilles farineuses et les araignées rouges. Dans les îles Andaman, la chenille du papillon Luthrodes pandava (le « bleu des cycas »), ravageur bien connu des jeunes pousses de cycadales, a été signalée sur Cycas pschannae : ses larves consomment les jeunes feuilles et peuvent compromettre la croissance, ce qui constitue une menace supplémentaire pour cette espèce déjà localisée. La pourriture du tronc et des racines, liée à un excès d’humidité ou à un mauvais drainage, reste le principal trouble physiologique.
Rusticité
Issu des forêts littorales tropicales des îles Andaman, Cycas pschannae est sensible au gel et réservé aux climats chauds (zones de rusticité USDA de l’ordre de 10b à 11). Aucun retour d’expérience fiable et spécifique à cette espèce n’a pu être trouvé sur les forums spécialisés, ce qui s’explique par sa rareté et sa description récente. Partout où des gelées sont possibles, la culture en bac hivernée à l’abri, au chaud et à la lumière, reste la seule option raisonnable.
Usages traditionnels
Aucun usage traditionnel propre à Cycas pschannae n’est documenté de façon fiable. De manière générale, il faut rappeler que les cycas renferment des composés toxiques, notamment la cycasine : graines et tissus ne doivent jamais être consommés sans traitement de détoxification approprié. La rareté de cet endémique insulaire et son inscription à la CITES proscrivent par ailleurs tout prélèvement dans la nature.
FAQ
Où pousse Cycas pschannae à l’état sauvage ? Uniquement dans les îles Andaman (nord et centre de l’archipel), en forêt littorale sempervirente, sur sols sableux proches de la mer.
Qu’est-ce qui le distingue de Cycas zeylanica ? Surtout son port plus élevé (tronc de plus de 9 m, contre moins de 9 m chez Cycas zeylanica) et ses mégasporophylles semi-orbiculaires à deux cornes latérales (lame lancéolée et obscurément dentée chez Cycas zeylanica).
Est-ce la même chose que Cycas andamanica ? Oui : Cycas andamanica est aujourd’hui considéré comme un synonyme de Cycas pschannae (Singh et Misra, 2020 ; POWO).
Que signifie l’épithète pschannae ? Elle honore le Dr Paramjit Singh Channa, directeur du Botanical Survey of India.
À quel groupe appartient-il ? À la section Cycas, sous-section Rumphiae : les cycas littoraux à grosses graines flottantes, proches de Cycas zeylanica et Cycas edentata.
Sites de référence
Plants of the World Online (POWO) — nom accepté, répartition et synonymie (dont Cycas andamanica) : https://powo.science.kew.org/taxon/urn:lsid:ipni.org:names:60469421-2
International Plant Names Index (IPNI) — données nomenclaturales : https://www.ipni.org/n/60469421-2
Cycad List, The World List of Cycads (cycadlist.org) — fiche taxonomique, type et étymologie : https://cycadlist.org/scientific_name/794
Bibliographie
Srivastava, R.C. & Singh, L.J. (2015). A new species of Indian Cycas. International Journal of Current Research in Biosciences and Plant Biology 2(8) : 35-37. [Description originale (protologue) de Cycas pschannae ; affinités avec Cycas zeylanica ; caractère des mégasporophylles à deux cornes latérales.]
Prasad, K., Ramana, M.V., Sanjappa, M. & Rao, B.R.P. (2015). Cycas andamanica (Cycadaceae) : a new species from Andaman Islands, India. International Journal of Innovative Science and Research 4(9) : 473-476. [Description du synonyme Cycas andamanica.]
Singh, L.J. & Misra, D.R. (2020). Reappraisal of the genus Cycas L. (Cycadaceae) in Andaman and Nicobar Islands, India. Indian Journal of Forestry 43(1) : 46-57. [Révision plaçant Cycas andamanica en synonyme de Cycas pschannae.]
Karthigeyan, K., Pandey, R.P. & Mao, A.A. (éds.) (2023). Flora of Andaman and Nicobar Islands, vol. 2 : 1-689. Botanical Survey of India. [Traitement floristique régional ; Cycas pschannae.]
Osborne, R., Calonje, M.A., Hill, K.D., Stanberg, L. & Stevenson, D.W. (2012). The world list of cycads. Memoirs of the New York Botanical Garden 106 : 480-510. [Référence taxonomique mondiale des cycadales.]
