Cycas andamanica est un nom de cycas du genre Cycas, le plus vaste et le plus largement réparti des cycadales actuels, appliqué à une plante des îles Andaman, dans le golfe du Bengale. Décrit comme espèce nouvelle en 2015, ce nom n’est toutefois pas accepté aujourd’hui : Plants of the World Online (POWO) et la World List of Cycads le considèrent comme un synonyme de Cycas pschannae, à la suite de la révision des cycas des îles Andaman-et-Nicobar publiée par Singh et Misra en 2020. Cet article présente le concept andamanica en signalant clairement ce statut ; les caractères décrits sont ceux de Cycas pschannae, sous lequel il est aujourd’hui rangé.
Une mise au point taxinomique préalable
Les cycas des îles Andaman-et-Nicobar ont fait l’objet, dans les années 2010, de la description de plusieurs espèces nouvelles aux limites très discutées : Cycas andamanica, Cycas pschannae, Cycas sainathii, Cycas darshii et Cycas dharmrajii. La révision de Singh et Misra (2020) a remis de l’ordre dans cet ensemble en plaçant plusieurs de ces noms en synonymie : Cycas andamanica sous Cycas pschannae, Cycas sainathii sous Cycas zeylanica, et Cycas darshii sous Cycas sphaerica. POWO suit ce traitement. Cycas andamanica est donc aujourd’hui un synonyme de Cycas pschannae, espèce acceptée des îles Andaman.
On notera que, dans un premier temps, Cycas andamanica avait même été rapporté à Cycas sainathii avant d’être rattaché à Cycas pschannae : ce nom apparaît donc, selon les sources et les dates, sous l’une ou l’autre étiquette, d’où l’intérêt de s’appuyer sur une référence unique et à jour comme POWO.
Comment reconnaître Cycas andamanica ?
Les plantes rapportées à ce nom sont de grands cycas arborescents littoraux, conformes au concept de Cycas pschannae. Le tronc, non renflé à la base, peut dépasser 9 m de hauteur — une taille considérable pour un cycas. Comme chez tous les cycas, les feuilles sont pennées, à folioles munies d’une nervure médiane unique, et les jeunes feuilles émergent enroulées.
L’espèce est dioïque. Les cônes mâles sont cylindriques. Les mégasporophylles femelles ont une lame stérile semi-orbiculaire à orbiculaire, portant deux structures latérales en forme de corne, courbées et inégales, et se terminant par une pointe brusquement et longuement acuminée. Ce sont précisément ces caractères des organes femelles, joints au port élevé, qui servent à distinguer Cycas pschannae des autres cycas des îles Andaman.
Hybrides connus
Aucun hybride horticole nommé ni hybride naturel formellement décrit n’est attesté sous le nom Cycas andamanica. La situation relève d’un débat de délimitation au sein du groupe de Cycas zeylanica, et non d’une hybridation.
Confusion avec d’autres espèces
Les auteurs de Cycas andamanica le rapprochaient de Cycas edentata et de Cycas zeylanica, au sein de la sous-section Rumphiae. Sous le nom accepté Cycas pschannae, les comparaisons utiles, dans les îles Andaman, sont les suivantes : Cycas zeylanica a un tronc de moins de 9 m et une lame de mégasporophylle lancéolée à marge obscurément dentée ; Cycas pschannae a un tronc de plus de 9 m, non renflé à la base, un cône mâle cylindrique et une mégasporophylle semi-orbiculaire à deux cornes latérales inégales ; Cycas dharmrajii, enfin, se distingue par un tronc renflé à la base, un cône mâle lancéolé et une mégasporophylle portant de 10 à 28 paires de structures latérales en crochet. La frontière entre ces taxons reste néanmoins discutée.
Taxonomie
Le nom Cycas andamanica a été publié en 2015 par Kothareddy Prasad, M. Venkat Ramana, M. Sanjappa et B. R. P. Rao (dans l’International Journal of Innovative Science and Research 4(9) : 473-476). L’holotype provient des îles Andaman (North Andamans, forêt littorale de Ramnagar, 0-10 m ; K. Prasad & M.V. Ramana 1288, conservé à CAL). Ses auteurs le rattachaient à la section Cycas, sous-section Rumphiae — le groupe des cycas littoraux à grosses graines flottantes —, en le rapprochant de Cycas edentata et Cycas zeylanica.
La même année, R. C. Srivastava et L. J. Singh décrivaient Cycas pschannae (dans l’International Journal of Current Research in Biosciences and Plant Biology 2(8) : 35-37 ; identifiant IPNI 60469421-2), à partir d’une plante cultivée au jardin botanique Acharya Jagadish Chandra Bose de Calcutta, introduite des îles Andaman ; l’épithète honore le Dr Paramjit Singh Channa, directeur du Botanical Survey of India. En 2020, la révision de Singh et Misra a conclu que Cycas andamanica et Cycas pschannae désignaient la même plante, Cycas pschannae étant retenu comme nom accepté. Cycas andamanica est donc aujourd’hui un synonyme. L’épithète andamanica renvoie simplement aux îles Andaman, lieu d’origine de la plante.
Dans la nature
Sous le nom accepté Cycas pschannae, l’espèce est endémique des îles Andaman (nord et centre de l’archipel), dans le golfe du Bengale. Elle croît en milieu tropical humide, dans les forêts littorales sempervirentes, à très basse altitude. Comme les autres cycas de la sous-section Rumphiae, ses graines à endocarpe spongieux flottent, ce qui a favorisé la dispersion côtière du groupe à travers l’océan Indien et le Pacifique.
Sur le plan de la conservation, ces cycas insulaires à aire restreinte sont vulnérables à la destruction des forêts côtières (agriculture, aménagements, urbanisation) et au prélèvement. Comme toute la famille des Cycadaceae, l’espèce relève de l’Annexe II de la CITES : toute plante commercialisée doit pouvoir justifier d’une origine issue de culture. En l’absence d’évaluation mondiale formelle stabilisée pour ce taxon récemment décrit et longtemps confondu, il convient de rester prudent quant à une catégorie de menace précise.
Culture
La culture des plantes rapportées à Cycas andamanica (c’est-à-dire à Cycas pschannae) ne se distingue pas de celle des autres cycas littoraux tropicaux de la sous-section Rumphiae, proches de Cycas rumphii ou Cycas edentata. Ce sont des plantes thermophiles, exigeantes en chaleur et frileuses (zones de rusticité USDA de l’ordre de 10b à 11), appréciant le plein soleil à une ombre légère, un sol drainant et des arrosages réguliers durant la végétation. Elles tolèrent souvent les sols sableux et les embruns. De grande taille à terme, elles relèvent surtout des collections de climat tropical ou subtropical ; sous climat tempéré, la culture en grand bac chauffé, hors gel, s’impose.
Multiplication
La multiplication se fait par semis, à partir de graines fraîches. L’espèce étant dioïque, l’obtention de graines viables suppose des pieds mâles et femelles et, en culture, une pollinisation manuelle. La sarcotesta charnue est nettoyée avant le semis ; les graines, à endocarpe spongieux, demandent de la chaleur et un substrat drainant maintenu humide pour germer. Compte tenu de la rareté et du statut de conservation de ces cycas insulaires, seul du matériel issu de semis et de sources légales doit être recherché.
Maladies et ravageurs
Les ennemis sont communs à l’ensemble des cycas cultivés : la cochenille du cycas (Aulacaspis yasumatsui), particulièrement redoutable sous climat chaud et humide, ainsi que les cochenilles farineuses et les araignées rouges. La pourriture du tronc et des racines, liée à un excès d’humidité ou à un mauvais drainage, est le principal trouble physiologique.
Rusticité
Issu des forêts littorales tropicales des îles Andaman, ce cycas est sensible au gel et réservé aux climats chauds (zones de rusticité USDA de l’ordre de 10b à 11). Aucun retour d’expérience fiable et spécifique n’a pu être trouvé sur les forums spécialisés, ce qui s’explique par sa rareté et son statut nomenclatural. Partout où des gelées sont possibles, la culture en bac hivernée à l’abri, au chaud et à la lumière, reste la seule option raisonnable.
Usages traditionnels
Aucun usage traditionnel propre à ce taxon n’est documenté de façon fiable. De manière générale, il faut rappeler que les cycas renferment des composés toxiques, notamment la cycasine : graines et tissus ne doivent jamais être consommés sans traitement de détoxification approprié. La rareté de ces cycas insulaires et leur inscription à la CITES proscrivent en outre tout prélèvement dans la nature.
FAQ
Est-ce une espèce valide ? Non : Cycas andamanica est aujourd’hui considéré par POWO et la World List of Cycads comme un synonyme de Cycas pschannae, à la suite de la révision de Singh et Misra (2020).
D’où vient le nom « andamanica » ? Des îles Andaman, dans le golfe du Bengale, d’où provient la plante décrite en 2015.
Quel est le nom accepté ? Cycas pschannae R.C.Srivast. & L.J.Singh, dédié au Dr Paramjit Singh Channa, du Botanical Survey of India.
Où pousse-t-il à l’état sauvage ? Dans les îles Andaman (nord et centre de l’archipel), en forêt littorale sempervirente.
À quel groupe appartient-il ? À la section Cycas, sous-section Rumphiae : les cycas littoraux à grosses graines flottantes, proches de Cycas zeylanica et Cycas edentata.
Sites de référence
Plants of the World Online (POWO) — nom accepté Cycas pschannae et synonymie (dont Cycas andamanica) : https://powo.science.kew.org/taxon/urn:lsid:ipni.org:names:60469421-2
Cycad List, The World List of Cycads (cycadlist.org) — fiche de Cycas andamanica (traité comme synonyme de Cycas pschannae) : https://cycadlist.org/scientific_name/795
Cycad List, The World List of Cycads (cycadlist.org) — fiche du nom accepté Cycas pschannae : https://cycadlist.org/scientific_name/794
Bibliographie
Prasad, K., Ramana, M.V., Sanjappa, M. & Rao, B.R.P. (2015). Cycas andamanica (Cycadaceae) : a new species from Andaman Islands, India. International Journal of Innovative Science and Research 4(9) : 473-476. [Description originale du synonyme andamanica ; affinités avec Cycas edentata et Cycas zeylanica.]
Srivastava, R.C. & Singh, L.J. (2015). A new species of Indian Cycas. International Journal of Current Research in Biosciences and Plant Biology 2(8) : 35-37. [Description originale du nom accepté Cycas pschannae.]
Singh, L.J. & Misra, D.R. (2020). Reappraisal of the genus Cycas L. (Cycadaceae) in Andaman and Nicobar Islands, India. Indian Journal of Forestry 43(1) : 46-57. [Révision plaçant Cycas andamanica en synonyme de Cycas pschannae.]
Osborne, R., Calonje, M.A., Hill, K.D., Stanberg, L. & Stevenson, D.W. (2012). The world list of cycads. Memoirs of the New York Botanical Garden 106 : 480-510. [Référence taxonomique mondiale des cycadales.]
