Avant ‘Zwartkop’, il y avait ‘Atropurpureum’. Pendant près d’un siècle, c’est ce cultivar d’Aeonium qui a tenu, à lui seul, le rôle de « Aeonium à feuillage sombre » dans les pépinières et les jardins méditerranéens. Sélectionné dès le XIXe siècle à partir de la variabilité naturelle de l’espèce Aeonium arboreum, longtemps traité au rang de variété botanique, distingué par l’Award of Garden Merit de la Royal Horticultural Society en 1999, il demeure l’un des cultivars les plus répandus et les plus accessibles du genre. Plus rouge que noir, plus tolérant que ‘Zwartkop’ à la mi-ombre, conservant un cœur de rosette franchement vert qui souligne en transparence la pigmentation pourpre des feuilles externes, Aeonium arboreum ‘Atropurpureum’ constitue souvent le premier cultivar pigmenté qu’un amateur introduit dans son jardin — et l’une des meilleures portes d’entrée vers la collection des Aeonium.
Une longue histoire taxonomique : variété, puis cultivar
L’histoire d »Atropurpureum’ illustre parfaitement les ambiguïtés nomenclaturales que la botanique horticole du XIXe et du début du XXe siècle a léguées à l’amateur contemporain. La forme à feuillage pourpre fut d’abord décrite par le botaniste britannique W.A. Nicholson au XIXe siècle, puis reprise et formalisée comme variété botanique par le botaniste Alwin Berger sous le binôme Aeonium arboreum var. atropurpureum (W.A. Nicholson) A. Berger. Berger, célèbre pour sa monographie monumentale de la famille des Crassulaceae publiée en 1930, a contribué à structurer la connaissance moderne du genre Aeonium et a laissé son nom dans plusieurs combinaisons taxonomiques toujours en usage.
Le statut de variété botanique a été conservé tout au long du XXe siècle dans la littérature horticole et dans les catalogues de pépinières. On rencontre encore très fréquemment, dans les ouvrages anciens et même dans certaines bases de données contemporaines, la mention Aeonium arboreum var. atropurpureum. Mais cette interprétation n’est plus retenue par la taxonomie moderne. Plants of the World Online (POWO, Royal Botanic Gardens, Kew) ne reconnaît pas la variété atropurpureum comme un taxon distinct : elle est aujourd’hui placée en synonymie de l’espèce Aeonium arboreum.
Pourquoi ce déclassement ? Parce que les caractères distinctifs invoqués par Nicholson et Berger — essentiellement la coloration pourpre des feuilles — relèvent de la plasticité phénotypique et non de différences génétiques structurelles. La couleur foliaire varie continûment dans les populations sauvages selon l’exposition lumineuse, l’état hydrique et la génétique individuelle. Aucune barrière reproductive ni aucun caractère morphologique stable ne sépare les formes vertes et les formes pourpres. La variété, faute de fondement biologique, est donc absorbée dans la variabilité de l’espèce.
Subsiste cependant le clone horticole — la lignée propagée végétativement par les pépiniéristes depuis le XIXe siècle, sélectionnée pour sa coloration pourpre stable en culture. Cette lignée mérite un nom. Conformément au Code international de nomenclature des plantes cultivées, elle est aujourd’hui désignée Aeonium arboreum ‘Atropurpureum’ — cultivar et non plus variété, nom de cultivar entre apostrophes simples, avec majuscule initiale, en caractères droits et non en italique. C’est cette désignation qui doit être utilisée par les pépiniéristes, les jardiniers et les auteurs aujourd’hui.
L’Award of Garden Merit de 1999
La Royal Horticultural Society a distingué ‘Atropurpureum’ par son Award of Garden Merit (AGM) en 1999. Cette reconnaissance est la principale distinction horticole britannique : elle certifie qu’un taxon est excellent à des fins ornementales sous le climat britannique, qu’il est disponible dans le commerce, robuste, fiable, et qu’il prospère sans soins extraordinaires.
L’attribution à ‘Atropurpureum’ est notable à plusieurs titres. D’abord parce qu’elle confère au cultivar un sceau d’autorité que les amateurs reconnaissent immédiatement. Ensuite parce qu’elle complète celle obtenue six ans plus tôt par ‘Zwartkop’ (AGM 1993) : la RHS reconnaît ainsi deux cultivars de feuillage sombre dans cette lignée, signalant qu’ils ne sont ni redondants ni interchangeables. Enfin parce qu’elle confirme que ‘Atropurpureum’, malgré la concurrence du « plus noir » ‘Zwartkop’ désormais omniprésent dans le commerce, conserve une valeur ornementale propre et un public fidèle.
La désignation RHS s’accompagne d’une cote de rusticité H1C — plante à protéger en hiver dans la majeure partie du Royaume-Uni, à cultiver sous serre froide ou dans les jardins du sud-ouest britannique en position abritée. Pour le jardinier méditerranéen, cette cote est rassurante : un cultivar qui résiste aux hivers humides et frais du sud de l’Angleterre prospèrera a fortiori sur la côte d’Azur.
Filiation et place dans le genre Aeonium
‘Atropurpureum’ est un cultivar de l’espèce Aeonium arboreum, dont il hérite l’architecture et la physiologie. Il appartient donc à la section Aeonium du genre, qui regroupe les espèces arborescentes à port dressé et rosettes terminales — incluant Aeonium balsamiferum, Aeonium percarneum et Aeonium undulatum, avec lesquelles l’espèce parente s’hybride volontiers en culture.
L’espèce parente Aeonium arboreum est endémique des îles Canaries occidentales (Grande Canarie pour la sous-espèce type, autres îles occidentales pour subsp. holochrysum) et du sud-ouest marocain (subsp. korneliuslemsii, seul Aeonium du continent africain). ‘Atropurpureum’ n’est rattaché à aucune sous-espèce particulière : il représente une sélection clonale issue de la variabilité phénotypique de l’espèce, indépendamment de l’origine géographique précise du matériel-souche.
Une question récurrente dans la littérature mérite d’être éclairée : quelle est la relation entre ‘Atropurpureum’ et ‘Zwartkop’ ? Les deux cultivars partagent le même fonds génétique d’Aeonium arboreum, mais ils sont apparus à plusieurs décennies d’intervalle dans des contextes différents. Plusieurs auteurs considèrent que ‘Zwartkop’ représente une mutation somatique apparue dans la lignée d »Atropurpureum’, une intensification de la pigmentation pourpre vers le quasi-noir. D’autres y voient une sélection indépendante issue d’un autre lot d’Aeonium arboreum. La généalogie exacte ne sera probablement jamais reconstituée — les pépiniéristes du XIXe et de la première moitié du XXe siècle ne tenaient pas de registres généalogiques.
Description morphologique
‘Atropurpureum’ présente le port arborescent classique de l’espèce parente : tiges grises à brunes, ramifiées dès la base et le long du tronc, formant à terme un sous-arbrisseau d’allure de petit arbre. La hauteur typique est de 60 centimètres à 1 mètre en culture courante, parfois 1,2 à 1,5 mètre sur de très vieux sujets. Cette taille est un peu plus modeste que celle de ‘Zwartkop’, dont les tiges peuvent atteindre 1,5 à 2 mètres.
Les rosettes terminales mesurent 12 à 18 centimètres de diamètre — légèrement plus petites que celles de ‘Zwartkop’ (15 à 20 cm) à conditions de culture égales. Chaque rosette est composée de feuilles obovales à oblancéolées, de 5 à 12 centimètres de long, à marge ciliée et à surface luisante.
La couleur foliaire est l’élément central du cultivar. En plein soleil, les feuilles externes prennent une teinte pourpre rougeâtre profonde, parfois presque bordeaux, mais le cœur de la rosette reste typiquement vert ou vert tendre. C’est ce contraste interne — feuilles externes pourpres, jeunes feuilles centrales vertes — qui distingue ‘Atropurpureum’ au premier coup d’œil de ‘Zwartkop’. La rosette d »Atropurpureum’ lit donc une histoire : les feuilles jeunes émergent vertes, foncent progressivement à mesure qu’elles s’exposent au soleil, et atteignent leur teinte maximale en feuilles externes mûres avant de finir par tomber.
En exposition tamisée ou en intérieur, la pigmentation s’estompe : les rosettes redeviennent vertes, parfois avec un simple liseré pourpre sur les marges. Le retour en plein soleil restaure la coloration en quelques semaines, à mesure que les nouvelles feuilles émergent dans des conditions lumineuses adéquates.
L’inflorescence reproduit fidèlement celle de l’espèce parente : panicule conique terminale de 10 à 25 centimètres, fleurs étoilées jaune doré, floraison printanière (mars à mai). Le contraste entre les rosettes pourpres et les hampes florales jaunes est d’un grand effet ornemental, comparable à celui de ‘Zwartkop’ tout en étant moins théâtral.
‘Atropurpureum’ face à ‘Zwartkop’ : sept caractères distinctifs
Les deux cultivars sombres les plus diffusés du genre sont régulièrement confondus. Voici les sept caractères les plus utiles pour les distinguer en pratique :
- Couleur de rosette en plein soleil. ‘Atropurpureum’ atteint un pourpre rougeâtre profond, parfois bordeaux, mais ne devient jamais véritablement noir. ‘Zwartkop’ atteint un noir-violacé uniforme, le plus sombre disponible dans le commerce.
- Cœur de rosette. ‘Atropurpureum’ conserve un cœur vert ou vert tendre, contrasté avec les feuilles externes pourpres. ‘Zwartkop’ présente une pigmentation uniforme, sans contraste interne marqué.
- Hauteur des tiges. ‘Atropurpureum’ est plus compact (60 cm à 1 m typique). ‘Zwartkop’ développe des tiges plus élancées (1 à 2 m).
- Diamètre des rosettes. ‘Atropurpureum’ : 12 à 18 cm. ‘Zwartkop’ : 15 à 20 cm, parfois davantage.
- Tolérance à la mi-ombre. ‘Atropurpureum’ conserve une pigmentation honorable en exposition tamisée. ‘Zwartkop’ verdit beaucoup plus rapidement et perd son intérêt ornemental en mi-ombre.
- Disponibilité commerciale. ‘Atropurpureum’ est plus largement diffusé et souvent moins cher en jardinerie généraliste. ‘Zwartkop’ a une notoriété plus forte mais reste plus présent en pépinières spécialisées.
- Date de l’AGM. ‘Atropurpureum’ : RHS AGM 1999. ‘Zwartkop’ : RHS AGM 1993. Les deux cultivars sont distingués séparément par la RHS, soulignant leur valeur ornementale propre.
En cas de doute, observer la rosette en plein soleil pendant plusieurs semaines : si le cœur reste vert tendre, c’est ‘Atropurpureum’ ; s’il se confond avec les feuilles externes en une pigmentation uniformément sombre, c’est ‘Zwartkop’.
Aeonium arboreum ‘Atropurpureum’ f. cristatum : la forme crêtée
Une forme tératologique du cultivar mérite une mention particulière : Aeonium arboreum ‘Atropurpureum’ f. cristatum, parfois commercialisée sous l’appellation Aeonium arboreum ‘Atropurpureum’ fasciée ou crêtée. Il s’agit d’une aberration de croissance dans laquelle le méristème apical, normalement ponctuel, s’allonge en une crête sinueuse. La rosette ne se forme plus régulièrement autour d’un point central : elle se déploie le long d’un axe en éventail ou en cerveau, produisant des sculptures végétales fascinantes et imprévisibles.
La cristation chez les Aeonium est instable. Un sujet crêté peut, à tout moment, produire de nouveaux méristèmes normaux et réverser vers le port arborescent classique. Inversement, des plants de typologie courante peuvent occasionnellement émettre des branches crêtées. Cette instabilité fait du f. cristatum une plante de collection plutôt qu’un cultivar de jardin standard. Les exemplaires bien crêtés et stables sont recherchés et commercialisés à des prix élevés en pépinière spécialisée et chez les marchands de plantes succulentes de collection.
Les soins sont identiques à ceux du cultivar standard, avec une exposition légèrement tamisée recommandée pour préserver l’intégrité des tissus crêtés (qui peuvent se déshydrater plus rapidement que les rosettes normales).
Confusions possibles
Outre ‘Zwartkop’ déjà discuté, plusieurs autres cultivars et taxons peuvent être confondus avec ‘Atropurpureum’ :
- ‘Velour’. Cultivar à feuillage pourpre velouté, à mi-chemin entre ‘Atropurpureum’ et ‘Zwartkop’ en intensité. Souvent décrit comme légèrement plus mat. Origine incertaine, parfois rattaché à des hybrides interspécifiques.
- ‘Cyclops’. Hybride Aeonium arboreum × Aeonium undulatum, à très grandes rosettes (jusqu’à 20 cm) et feuillage rouge-bronze à cœur vert. Plus grand et plus rouge qu »Atropurpureum’.
- Formes naturelles à feuilles rougeâtres. Dans les populations sauvages d’Aeonium arboreum exposées à un fort ensoleillement, certaines plantes développent une teinte rougeâtre transitoire qui peut faire penser à ‘Atropurpureum’. La distinction se fait par la stabilité de la pigmentation : la teinte sauvage s’estompe rapidement en culture, alors que celle d »Atropurpureum’ reste fidèlement reproduite par les boutures.
- Aeonium arboreum subsp. holochrysum à feuilles teintées. Cette sous-espèce des Canaries occidentales peut prendre des marges rougeâtres en exposition extrême, sans atteindre la pigmentation pourpre généralisée d »Atropurpureum’.
- Plantules issues de semis. Les graines récoltées sur ‘Atropurpureum’ produisent une descendance variable, dont une fraction conserve une pigmentation pourpre à des degrés divers. Ces plants ne doivent pas être commercialisés sous le nom ‘Atropurpureum’ — ils ne sont pas conformes au type.
Culture en climat méditerranéen
La culture d »Atropurpureum’ suit les principes généraux du genre Aeonium et de l’espèce parente : croissance hivernale, dormance estivale, exposition très lumineuse, drainage parfait. Le cultivar est cependant l’un des plus tolérants et indulgents du genre, ce qui en fait une excellente porte d’entrée pour le jardinier débutant.
Exposition
Plein soleil pour la pigmentation maximale, mi-ombre lumineuse acceptable au prix d’une coloration moins intense. C’est précisément ce point qui distingue favorablement ‘Atropurpureum’ de ‘Zwartkop’ : même en mi-ombre, ‘Atropurpureum’ conserve une teinte pourpre honorable, là où ‘Zwartkop’ verdit complètement. Cette tolérance étend sensiblement les contextes d’utilisation possibles, notamment pour les balcons partiellement exposés et les patios mi-ombragés.
En intérieur, près d’une baie vitrée plein sud uniquement, ou sous éclairage horticole d’appoint. Sous une exposition est ou ouest faiblement lumineuse, le cultivar perdra sa pigmentation et sera moins intéressant qu’en extérieur.
Substrat
Mélange drainant standard pour Crassulacées : 50 % de terreau de qualité, 50 % de matériau drainant (perlite, pumice, pouzzolane fine). En pleine terre méditerranéenne, sur sols argileux ou peu drainants, plantation sur butte ou en rocaille avec amendement minéral généreux. Le drainage prime absolument.
Arrosage
Pendant la saison de croissance (de septembre-octobre à mai-juin sur la côte méditerranéenne), arroser abondamment lorsque les deux ou trois premiers centimètres du substrat sont secs — typiquement tous les 7 à 14 jours en pot. Réduire fortement les arrosages en été : la plante entre en dormance dès que les températures dépassent durablement 30 °C. Quelques arrosages légers tous les 3 ou 4 semaines suffisent jusqu’à la reprise automnale.
Fertilisation
Engrais liquide équilibré pour plantes succulentes, dilué de moitié, mensuel pendant la saison de croissance uniquement. Aucune fertilisation pendant la dormance estivale. Comme pour ‘Zwartkop’, un excès d’azote favorise le développement foliaire au détriment de la pigmentation : la chlorophylle prend alors le pas sur les anthocyanes, et le cultivar verdit malgré une bonne exposition.
Conduite
‘Atropurpureum’ développe naturellement, avec l’âge, une silhouette de petit arbuste à tronc grêle et rosettes terminales. Pour rajeunir un sujet déséquilibré ou trop élancé, on peut étêter les rosettes (boutures de 10 à 15 cm) en fin d’automne, à la reprise de la croissance. La souche se ramifie en réponse, et les boutures prélevées s’enracinent sans difficulté.
Multiplication
Comme tous les cultivars, ‘Atropurpureum’ se propage exclusivement par voie végétative par boutures de tige. Les semis produisent une descendance variable et ne reproduisent pas fidèlement la pigmentation pourpre du clone-mère.
Procédé standard :
- Sélectionner une tige saine portant une rosette, en automne ou au début du printemps.
- Couper proprement, à 10–15 centimètres sous la rosette.
- Laisser cicatriser à l’air libre, à l’ombre, pendant 3 à 5 jours.
- Planter dans un substrat drainant légèrement humide.
- Maintenir à l’ombre claire, en arrosant très parcimonieusement, jusqu’à apparition de nouvelles racines (2 à 4 semaines).
- Reprendre une culture normale et exposer progressivement au plein soleil.
Le taux de réussite est extrêmement élevé, supérieur à 90 % en conditions standard. C’est l’un des cultivars les plus faciles à propager du genre, et il fait souvent partie des premières expériences de bouturage des jardiniers débutants en succulentes.
Maladies, ravageurs et accidents physiologiques
Sensibilités classiques du genre Aeonium, sans particularité aggravante propre à ‘Atropurpureum’ :
- Pucerons au printemps, notamment sur les hampes florales — pulvérisation savonneuse ou auxiliaires.
- Cochenilles farineuses en serre et intérieur, dans les aisselles foliaires — alcool isopropylique à 70 % ou produit spécifique.
- Acarien des galles de l’Aeonium, qui provoque des déformations ligneuses irréversibles — pas de traitement curatif, suppression des parties atteintes pour limiter la propagation.
- Pourritures fongiques sur substrat saturé en été — drainage et discipline d’arrosage.
- Brûlures solaires sur les feuilles pourpres lors des pics de chaleur (au-dessus de 35 °C en exposition plein sud) — ombrage temporaire ou repositionnement à l’ombre légère pendant la canicule.
- Verdissement en cas de luminosité insuffisante — relocalisation en plein soleil, retour progressif de la pigmentation sur les nouvelles feuilles.
- Cristation spontanée. Plus rare, mais pas impossible. Une branche peut soudainement développer un méristème crêté, donnant naissance à une excroissance fasciée. Phénomène intéressant pour le collectionneur, neutre pour le jardinier.
Rusticité
‘Atropurpureum’ partage la rusticité limitée de l’espèce parente, sans amélioration notable :
- −1 °C : seuil de prudence, protection souhaitable au-delà.
- −2 à −3 °C bref et en air sec : survie possible des sujets adultes bien établis, généralement avec perte d’une partie du feuillage.
- −4 °C ou en deçà : dégâts sévères probables, mort fréquente du feuillage et risque de mort de la charpente.
En métropole française, la culture en pleine terre n’est durable qu’en zone 10a, sur les côtes méditerranéennes les plus chaudes (Côte d’Azur abritée, frange littorale varoise, Cap d’Antibes, certains microclimats catalans), en position abritée et sur sol drainant. Partout ailleurs, la culture en pot avec hivernage sous abri lumineux non gélif reste la solution la plus sûre.
Comme pour ‘Zwartkop’, l’humidité hivernale est un facteur aggravant majeur : un froid de −3 °C en air sec est mieux toléré qu’un froid de −1 °C accompagné de pluie persistante. Une couverture temporaire pendant les épisodes froids et humides protège efficacement les sujets en pleine terre. La RHS classe ‘Atropurpureum’ en H1C, soit l’une des cotes les plus exigeantes en termes de protection hivernale dans le système britannique.
Usages au jardin et en composition
Là où ‘Zwartkop’ impose un noir théâtral, ‘Atropurpureum’ offre un pourpre plus chaleureux et plus accommodant. Cette nuance change considérablement les usages possibles :
- En contenant isolé, ‘Atropurpureum’ produit un effet ornemental immédiat dès la première saison, là où ‘Zwartkop’ demande plusieurs années pour développer toute sa stature.
- En association avec des feuillages dorés ou jaune-vert (Aeonium ‘Sunburst’, Sedum nussbaumerianum, Crassula ovata ‘Hummel’s Sunset’), le pourpre rougeâtre crée un contraste chaud très méditerranéen.
- Avec des fleurs orange et pêche (Echeveria ‘Afterglow’, Aloe striata, Kniphofia), il accompagne les compositions automnales.
- En rocaille mi-ombre, il reste l’un des rares Aeonium ornementaux à conserver une coloration intéressante. C’est dans ce contexte qu’il prend tout son intérêt face à ‘Zwartkop’.
- En sujet de collection, la forme crêtée f. cristatum ouvre un univers ornemental autonome — sculpture végétale imprévisible et collectionnable.
‘Atropurpureum’ tolère les embruns salins, ce qui en fait un candidat sérieux pour les jardins littoraux méditerranéens. Il est résistant aux cervidés et considéré comme non toxique pour l’homme et les animaux domestiques.
Foire aux questions
‘Atropurpureum’ est-il une variété ou un cultivar ?
Aujourd’hui, c’est un cultivar : Aeonium arboreum ‘Atropurpureum’. La désignation au rang de variété botanique (Aeonium arboreum var. atropurpureum) a été abandonnée par la taxonomie moderne (POWO), faute de fondement biologique stable. La forme à feuillage pourpre est aujourd’hui considérée comme une lignée horticole sélectionnée et propagée végétativement, non comme une entité taxonomique distincte de l’espèce.
Peut-on planter ‘Atropurpureum’ à la place de ‘Zwartkop’ ?
Pour un jardinier débutant ou pour un emplacement partiellement ombragé, ‘Atropurpureum’ est souvent un meilleur choix : plus tolérant, plus accommodant, plus précoce ornementalement. Pour un effet visuel théâtral en plein soleil, ‘Zwartkop’ reste irremplaçable. Les deux cultivars sont d’ailleurs très complémentaires en composition.
Mon ‘Atropurpureum’ a un cœur vert. Est-il malade ?
Non. Le cœur vert est un caractère normal du cultivar, qui le distingue précisément de ‘Zwartkop’. Si l’ensemble de la rosette devient vert (y compris les feuilles externes), il s’agit alors d’un manque de lumière à corriger.
Comment obtenir une plante crêtée ?
La cristation est un phénomène spontané et imprévisible — on ne peut pas la provoquer artificiellement. On peut acheter un sujet déjà crêté en pépinière spécialisée. Le port crêté est instable et peut s’estomper avec le temps : il faut alors recouper à proximité de la zone fasciée pour favoriser sa repousse.
Combien de temps vit un ‘Atropurpureum’ ?
Plusieurs décennies pour un sujet bien conduit. Les rosettes individuelles meurent après floraison, mais la ramification de la charpente assure la pérennité de l’individu.
‘Atropurpureum’ est-il toxique ?
Non. Le genre Aeonium est considéré comme non toxique pour l’homme et les animaux domestiques. Aucun composé toxique majeur n’est documenté.
Mon ‘Atropurpureum’ fleurit. Va-t-il mourir ?
Seule la rosette qui fleurit mourra après la floraison (monocarpie au niveau de la rosette). Les autres ramifications de la plante restent vivantes et continuent à se développer normalement. Si vous tenez à conserver une rosette spécifique, vous pouvez supprimer la hampe florale dès son émergence.
Quelle est la différence entre ‘Atropurpureum’ et ‘Black Beauty’ ?
« Black Beauty » est un nom commercial anglo-saxon utilisé indistinctement pour ‘Zwartkop’ ou ‘Atropurpureum’ selon les pépinières. Cette appellation n’est pas conforme aux règles de nomenclature des plantes cultivées et doit être considérée comme un nom vernaculaire ambigu. En cas d’achat, demander toujours le nom de cultivar entre apostrophes (par exemple ‘Atropurpureum’) pour identifier précisément le matériel végétal.
Sites de référence
- POWO (Plants of the World Online) — fiche taxonomique de l’espèce parente Aeonium arboreum, Royal Botanic Gardens, Kew : https://powo.science.kew.org/
- Royal Horticultural Society (RHS) — fiche du cultivar et statut Award of Garden Merit 1999 : https://www.rhs.org.uk/
- International Crassulaceae Network (ICN) — ressource taxonomique spécialisée pour la famille des Crassulacées : https://www.crassulaceae.ch/
- World of Succulents — fiche du cultivar avec photographies : https://worldofsucculents.com/
- San Marcos Growers (Californie) — données de culture en climat méditerranéen : https://www.smgrowers.com/
- Cactus and Succulent Society of America (CSSA) — publications spécialisées et bibliographie : https://cssainc.org/
- Llifle (Encyclopedia of Living Forms) — fiches descriptives pour les cultivars succulents, y compris la forme crêtée : https://www.llifle.com/
Bibliographie
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