Le genre Xanthorrhoeae est endémique d’Australie et de Tasmanie. Ces plantes xérophytes sont nommées Grasstrees ou Grass Trees par les anglophones. Ce surnom s’appuie sur la forme des feuilles longues et fines qui rappellent des herbes. On rencontre aussi, dans la littérature ancienne et l’usage populaire, le terme “blackboy/black boys” (ou “blackboy tree”). Ce surnom fait référence au stipe sombre (tronc) et à l’aspect noirci après incendie. Toutefois, ce terme est aujourd’hui controversé (racisme) et largement évité dans la communication contemporaine : le plus neutre et recommandé reste grass tree / grasstree.
Une résine emblématique
Le nom Xanthorrhoea vient du grec xanthos (jaune) et rheo (couler) : littéralement, “jaune qui coule”, en référence à la résine produite par ces plantes.
Cette résine a été une ressource importante pour les Premières Nations : elle était ramollie à la chaleur, puis utilisée comme colle (assemblage d’outils, fixation de pointes), comme enduit d’étanchéité (récipients, contenants) et parfois comme vernis.
Les longues hampes florales servaient également de tiges légères (par exemple pour des éléments de lances), et la floraison fournit du nectar exploité par la faune (et parfois en boisson douce légèrement fermentée selon les régions).
Des plantes rarement cultivées en dehors d’Australie
Les Xanthorrhoea sont très lents : on estime fréquemment une croissance du stipe de l’ordre de 1 à 2 cm par an (variable selon espèces et conditions).
Conséquence directe : un sujet de plusieurs mètres observé en nature (ou dans de très rares collections anciennes) peut être âgé de plusieurs siècles ; une estimation “5 mètres de stipe équivalent à 200 à 600 ans d’âge” est souvent citée dans la littérature horticole australienne grand public (Australian Plants Society).

Historiquement, des plants adultes ont été proposés à la vente (souvent après collectes réglementées). Les documents australiens soulignent que la récolte commerciale de grasstrees (Xanthorrhoea) existe dans plusieurs États, et qu’elle a concerné des plants entiers, du feuillage, des graines, etc., pour des marchés domestiques et parfois d’exportation, dans un cadre légal.
La reprise des sujets prélevés dans la nature est réputée délicate : ces plantes sont sensibles au stress racinaire, et la gestion sanitaire (sols, pathogènes) est un enjeu important, y compris dans les recommandations officielles liées au prélèvement et au déplacement.
Où les voir en France ?
On rencontre quelques sujets dans des jardins botaniques et chez des passionnés de flore australienne. En France, il est notamment possible d’observer de beaux spécimens au Domaine du Rayol (Var), et ponctuellement dans certaines collections privées ou jardins botaniques littoraux.
Conditions de culture
Exposition
Les Xanthorrhoea poussent naturellement en milieux ouverts. En culture, privilégiez :
- plein soleil (idéal),
- ou mi-ombre très lumineuse dans les situations de forte réverbération.
Certaines fiches australiennes mentionnent aussi que certaines espèces (ex. Xanthorrhoea australis) n’aiment pas les sites trop ventés : un emplacement lumineux mais un peu abrité peut améliorer l’aspect et la tenue.
Sol et emplacement
Comme beaucoup de plantes australiennes de milieux drainants, elles demandent un sol :
- très drainant, plutôt pauvre,
- neutre à légèrement acide
- jamais gorgé d’eau en hiver.
En climat tempéré humide, la meilleure stratégie est la butte (ou rocaille surélevée) avec un substrat très minéral sur 40 à 60 cm d’épaisseur. Le système racinaire et le collet de la plante doivent ressuyer rapidement après pluie.

Attention à la concurrence racinaire : certaines plantes australiennes (notamment de grands Acacia et Eucalyptus) peuvent créer une concurrence forte et une ombre sèche défavorable à moyen terme.
Arrosage
- Après plantation : arrosages réguliers en été (1 à 2 fois/semaine en période chaude) pour favoriser l’émission de nouvelles racines, mais en laissant toujours le substrat ressuyer.
- Une fois installée : bonne tolérance à la sécheresse estivale, mais une croissance plus régulière avec des apports d’eau espacés en période chaude.
La plupart des échecs en culture viennent d’un sol trop humide, surtout en saison froide. Toutefois, ne pas arroser suffisamment les sujets nouvellement plantés peut conduire à leur mort.
Paillage : Si vous utilisez du BRF comme paillage, gardez une zone dégagée au collet pour éviter humidité stagnante.
Maladies, reprise et arrosage sucré
Le genre Xanthorrhoea est souvent décrit comme sensible aux problèmes de pourriture racinaire et au stress post-transplantation.
Les recommandations officielles australiennes liées à la récolte/déplacement insistent sur l’importance de l’hygiène, de la gestion des pestes et maladies et de la vigilance vis-à-vis des pathogènes du sol avant replantation.

Dans la communauté horticole australienne (notamment via l’Australian Plants Society), on retrouve aussi une recommandation “ancienne école” souvent citée : arroser mensuellement pendant les deux premières années avec un mélange d’eau et de sucre brun (par exemple “le volume d’une tasse dans un seau de 10 litres”), avec l’idée d’aider la vie microbienne/mycorhizienne lors de l’installation.
Croissance
Les premières années, la plante ressemble à une “touffe” dense. Le stipe se forme lentement, par accumulation des bases de feuilles anciennes.
En conditions favorables, une croissance du stipe autour de 1–2 cm/an est souvent citée, mais elle varie selon l’espèce (et la chaleur disponible).
Cela explique pourquoi les grands sujets visibles en Australie sont fréquemment multi-centenaires.
Floraison et lien au feu
La floraison des Xanthorrhoea est spectaculaire : une hampe (souvent très haute selon espèces) émerge du centre de la touffe. Les fleurs, nombreuses, produisent beaucoup de nectar et attirent une large diversité d’insectes, oiseaux et autres animaux (d’après Bush Heritage Australia).
Cette source indique que la croissance et/ou la floraison peuvent être stimulées par le passage du feu : on observe fréquemment des floraisons abondantes après incendie, stratégie partagée par de nombreuses espèces australiennes adaptées au feu.
Résistance aux gelées
La résistance au froid varie selon les espèces et la durée du froid. Certaines espèces du sud (dont la Tasmanie) sont décrites comme tolérantes au gel faible à modéré. En Europe, l’acclimatation durable est généralement à réserver :
- aux jardins littoraux très doux (Méditerranée, microclimats atlantiques abrités),
- ou à une culture avec protection hivernale (voile + protection de pluie) sur jeunes sujets.
Espèces du genre Xanthorrhoeae
La collecte/production (lorsqu’elle est légale) concerne différentes espèces selon les États australiens. Un document de référence sur la gestion/récolte cite notamment : Xanthorrhoeae australis, Xanthorrhoeae johnsonii, Xanthorrhoeae glauca, et Xanthorrhoeae preissii.
On peut rencontrer dans les collections spécialisées, les espèces suivantes :
- Xanthorrhoeae australis
- Xanthorrhoeae glauca
- Xanthorrhoea johnsonii
- Xanthorrhoeae media
- Xanthorrhoeae preissii
- Xanthorrhoeae thorntonii
Confusions possibles : Kingia sp. et Dasylirion longissimum
Les Xanthorrhoea peuvent rappeler :
- Dasylirion longissimum (Mexique) par l’aspect de touffe à feuilles fines et rigides — mais ce sont des groupes très différents, sans lien géographique ni familial direct.
- Kingia sp. (Australie) par la silhouette, seule la floraison diffère
